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Cronico Ristretto : Free - Iggy Pop (2019)

Annoncé le 17 juillet dernier, suivi un mois plus tard par la sortie du premier single James Bond, le dix-huitième album solo d'Iggy Pop sortait le 6 septembre dernier. Décrit à la presse comme un disque « exclusivement sombre et contemplatif », à l'image du premier extrait éponyme, Free faisait suite, pour rappel, au remarqué Post Pop Depression (2016), où l'Iguane accompagné de Josh Homme, leader des Queens of the Stone Age [1], se proposait de rendre un hommage appuyé à ses années berlinoises. D'un album, qui s'apparentait davantage à un side-project, annoncé à l'époque par le premier intéressé comme son tout dernier disque, l'année 2019 aura donc vu, une fois encore, l'iguane changer de peau et nous la faire à l'envers. Au jeu du verre à moitié plein ou à moitié vide, et à la décharge du désormais septuagénaire, PPP était effectivement, et sans aucun doute, son dernier album 100 % rock. A l'instar de la voie tracée par ce dernier depuis plus deux décennies, James Osterberg enfilait une fois encore son costume de crooner reptilien. A bon entendeur.

Lulu - Lou Reed & Metallica (2011)

L'annonce ressemblait à un poisson d'avril. Mais la saison des canulars printaniers n'étaient plus d'actualité. Lou Reed et Metallica collaboraient à un album commun. De quoi attiser la curiosité du badaud ? Du préposé, pas vraiment, tant le dernier The Raven de papy Reed avait refroidi l'enthousiasme suscité par l'excellent Ecstasy (2000). Et un intérêt d'autant plus relatif à l'écoute de la dernière livraison des four horsemen (comme on dit dans le milieu), Death Magnetic, qui tentait de revenir vainement au thrash de leurs jeunes années. Bref, à part être attiré par une curiosité malsaine et morbide, la sortie de Lulu n'allait aucunement bouleversé le quotidien des amateurs de musique. Or c'était oublier un peu vite le goût pour la viande faisandée qui anime le RHCS.

Promis en quelque sorte comme le chaînon manquant entre le lourdingue Berlin (1973) et le heavy Master of Puppets (1986), Lulu pouvait-il dans ce cas susciter un quelconque regain d'intérêt ? Sur le papier, le doute restait de mise, mais en bon charognard, la chronique d'une catastrophe annoncée devenait trop tentante, la date de sortie du délit méritait donc d'être notée quelque part... le 31 Octobre 2011. Inspiré par deux pièces de théâtre écrites par l'Allemand Frank Wedekind, l'album du quintette (accompagné d'un ensemble à cordes) se décompose [1] en deux disques d'une quarantaine de minutes pour dix chansons au total : faites le calcul, gare à l'indigestion...

Street Hassle : Lou Reed, Parrain du Punk ?

Non content d'être indissociable du punk, comme pouvait l'être le twist à St Tropez, New-York fut pendant très longtemps un véritable bouillon de culture. Et tandis que les Television et autres Ramones foutaient le feu au CBGB, Lou Reed ne pouvait regarder ces drôles énergumènes, rejetons du VU, que d'un drôle d'œil, qui plus est depuis son sobriquet de parrain du Punk, soit le genre de titre et récompense qu'on file aux artistes finis.

Dès lors, après avoir écrit son album le plus délicat, Lou prend tant bien que mal le train en marche et très (trop) rapidement, lâche en novembre 1976, Rock and Roll Heart, ou son premier album pour le label Arista. Mais l'album est une déception. Bâclé, à vouloir surfer sur la vague naissante, Lou se plante lamentablement : mauvaises critiques et vente insignifiante (Lou n'a jamais vendu des masses, mais là, c'est moins que moins !).

Dans ces cas là, une petite remise en cause est de bon aloi. Et justement, Lou Reed met à profit un temps de réflexion pour concocter un album qui fleure bon la misanthropie et le retour d'une ambition artistique qu'il avait plus ou moins mise en veille depuis le suicidaire Berlin. En somme, Lou laisse passer la vague punk, et en profite pour enregistrer un nouveau disque volontairement mal léché, cru et sombre : Street Hassle.