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Cronico Ristretto : Heads For The Dead - Serpent's Curse (2018)

Paru le 24 septembre 2018 sur le label Transcending Obscurity Records, le premier album des Heads For The Dead, Serpent's Curse, aura été sans aucun doute, du moins de notre point de vue, l'une des révélations deathmetalliques de l'année passée. Comptant dans ses rangs le vocaliste Ralf Hauber de la formation native d'Aalen en Allemagne Revel in Flesh, HFTD aurait pu se limiter à n'être que le nouveau des nombreux side-projects du genre du multi-instrumentiste Jonny Pettersson, déjà responsable des dénommés Wombbath, Just Before Dawn, Henry Kane ou Ursinne avec Dave Ingram, ex-Benediction. Or, il n'en est rien.

Inspirés par les vieux films d'horreur (les amateurs reconnaitront, dès les premières secondes du clip de la chanson éponyme Serpent's Curse la belle actrice francienne Britt Nichols dans le culte La révolte des morts-vivants d'Amando de Ossorio [1]), ce premier disque convoque autant l'esprit des grandes formations suédoises du siècle dernier (Entombed, Dismember, Unleashed) que l'efficacité rugueuse crust punk (l'album contient en guise conclusion une chanson du groupe Wolfbrigade).

Live report : Pestilence @ Gibus, Paris, 28 février 2019

2008 avait sonné le réveil de Pestilence, après la séparation du groupe, quatorze ans plus tôt, et la tournée de leur controversé album Spheres. Trois albums plus tard et le retour du guitariste originel Patrick Uterwijk et du bassiste Jeroen Paul Thesseling, le leader Patrick Mameli avait de nouveau mis en pause sa formation, avant un deuxième come-back, et la sortie du dernier album studio en date Hadeon en janvier de l'année dernière. Faisant suite à leur précédente tournée 2018 intitulée "Fight the Plague" [1], Mameli sacrifiait cette année à la mode des tournées hommages au glorieux passé, en conviant la troupe des nostalgiques et autres quadragénaires à fêter le trentième anniversaire du deuxième album du groupe.

Cinq ans après leur dernier passage au Gibus, les néerlandais revenaient sur Paris, avec cet unique concert français de leur tournée européenne "Reduced to Ashes" de 29 dates, débutée à Glasgow sept jours plus tôt [2]. Accompagné des nouveaux membres, Calin Paraschiv à la guitare, Septimiu Hărşan à la batterie, et Edward Negrea à la basse, Patrick Mameli investit la scène du Gibus en terrain conquis, fort de l'aura culte de sa formation et de l'album qui allait concentrer la majeure partie de la setlist du concert, le non moins culte Consuming Impulse.

Auteur d'un disque fondateur du death metal made in Europe, quelques mois avant le séminal Left Hand Path des scandinaves Entombed, Pestilence avait signé avec ce deuxième album en 1989 un opus du même calibre que les récents Slowly We Rot et Altars of Madness de leurs pairs étasuniens Obituary et Morbid Angel, sans, détail notable, jouer les imitateurs. Produit par Harris Johns (Kreator, Sodom), Consuming Impulse se distinguait enfin pour être le dernier disque avec Martin Van Drunen au chant et à la basse, Mameli se chargeant par la suite (bon an, mal an) des vocaux.

Cronico Ristretto : Assmonster - Bill Zebub (2006)

Le cas a déjà été examiné par le passé. Bill Zebub a débuté au mitan des années 2000 une filmographie des plus improbables, située entre la comédie dite transgressive, la sexploitation et le film d'horreur supra-fauché. Conjuguant musique métallique et obsession mammaire, les productions Zebub se plaisent, si on en croit le premier intéressé, à jouer avec l'intransigeance monomaniaque des puristes. Soit. Délaissant un temps l'horreur, après Jesus Christ: Serial Rapist et le bien nommé The Worst Horror Movie Ever Made, le metalfreak natif du New-Jersey réalisait en 2006 sa nouvelle comédie intitulée Assmonster. Présenté par Zebub comme son premier long métrage parodiant les productions indépendantes, le film, sous-titré The Making of a Horror Movie, s'inscrivait comme le nouvel avatar dégénéré du King of the B Movies (?!). Avis aux amateurs.

Rencontré dans un parc, Bill (Bill Zebub) fait la connaissance de Lou Siffer (Fred Barnes), qui se présente comme réalisateur de films d'horreur et lui donne le DVD de son dernier long métrage, Vampire Suck, dans l'espoir qu'il en fasse la chronique pour son magazine The Grimoire of Exalted Deeds. De retour chez lui, Bill invite ses amis à le regarder. Film amateur vendu dans les conventions horrifiques pour la somme de trente dollars, Vampire Suck n'a rien de professionnel et s'avère être finalement une arnaque. De ce constat, Bill décide de faire de même et se lance dans la réalisation d'un film d'horreur...
  

Cronico Ristretto : Scream Bloody Gore - Death (1987)

Sorti le 25 mai 1987, Scream Bloody Gore marqua l'histoire du métal extrême comme le véritable premier album de death metal. Deux années après le dénommé Seven Churches de Possessed, qui s'inscrivait davantage comme un disque de transition proto-death metal [1], les californiens ayant toutefois la primeur de baptiser ce nouveau genre métallique du nom d'une de leur chanson rangée désormais parmi les classiques dudit genre, ce premier album de Death fit, on l'aura compris, beaucoup de bruit au sein de l'underground métallique. Possessed avait montré la voie, Death devenait l'incarnation même du genre.

Rappel des faits. 1983. Âgé de quinze ans, le guitariste Chuck Schuldiner fonda à Orlando en Floride, avec les non moins jeunes Rick Rozz à la guitare et Barney "Kam" Lee à la batterie, Mantas. Influencé par Venom et Slayer à leur début, le trio enregistra au cours de leurs trois premières années d'existence trois démos, Death By Metal (1983), Reign Of Terror (1984) puis Infernal Death (1985), qui firent rentrer la formation dans la légende du tape-trading comme l'un des groupes les plus extrêmes et brutaux de son époque. Suivirent pour le groupe, désormais nommé Death, plusieurs mois d'instabilités, Schuldiner cumulant les collaborations sans suite, dont une avec le batteur de D.R.I., Eric Brecht, avant que le guitariste ne rencontre finalement à San Francisco un autre batteur, Chris Reifert. Les deux musiciens enregistrèrent dans la foulée en avril 1986 une nouvelle démo trois titres, Mutilation, qui leur ouvrit la porte pour un contrat pour plusieurs albums avec le label Combat Records. L'histoire était en marche.

Cronico Ristretto : The End Complete - Obituary (1992)

Un peu plus d'un an et demi après la sortie de leur précédent album, le désormais classique Cause of Death, qui fut suivi par une première tournée mondiale avec en point d'orgue leur participation au non moins culte Dynamo Open Air [1], Obituary signait son grand retour en avril 1992 avec The End Complete. Mieux, non content de compter dans ses rangs, de nouveau, le guitariste soliste Allen West, ce troisième disque devenait l'un des grands succès commerciaux du genre death metal de l'année, avec plus de 500 000 copies vendus en ce bas monde, confirmant, au besoin, leur statut de leaders de la scène mondiale, aux côtés de leurs compatriotes Death, Morbid Angel et Deicide

Enregistré à la maison, à Tampa, au Morrisound Recording et produit par Scott Burns, devenu entretemps, depuis ses débuts avec Sepultura et Obituary, trois ans plus tôt, l'une des figures incontournables de la scène floridienne et étasunienne (au même titre que le studio des frères Jim et Tom Morris) [2], The End Complete augurait du meilleur. Or, près d'un quart de siècle plus tard, force est de constater que son notable succès commercial est davantage le fruit d'un heureux concours de circonstances.

Cronico Ristretto : Terminal - Bongripper (2018)

Quatre années après l'ultra massif Miserable, Bongripper revenait le 6 juillet dernier avec un nouvel et septième album studio nommé Terminal. Formation culte en provenance de Chicago, les quatre musiciens cultivent depuis leur début un goût pour le doom instrumental à la croisée du sludge, du drone et du stoner. Sorti comme à l'accoutumé sur leur propre label The Great Barrier Records, Terminal amorce une légère évolution après un avant-dernier album des plus post-apocalyptiques. 

Enregistré, mixé et masterisé par Dennis Pleckham, guitariste de Bongripper, au Comatose Studio, le disque se compose en deux longues pistes pour un peu plus de quarante-trois minutes de musique tellurique. Une bande-son en somme idéale pour accompagner une lente mort, pour reprendre les noms des deux titres de l'album ? A peu de choses près, ou plutôt l'illustration sonore d'une lente décomposition, à l'image du bouc en putréfaction signé Sam Alcarez [1], car c'était sans compter également sans la présence et le parfum capiteux des fleurs fanées de ladite pochette. Mais n'allons pas trop vite.
 

Cronico Ristretto : Dead - Obituary (1998)

Unique disque live d'Obituary, le bien, et ironiquement, nommé Dead s'inscrivait lors de sa sortie, de prime abord, comme le témoignage sonore tardif d'une formation réputée depuis ses débuts pour la qualité de ses prestations scéniques. D'un public parti vers d'autres horizons plus noirs depuis le mitan de la décennie, à un groupe dont certains membres ne cachaient plus leur lassitude, la mention dudit album tendait à indiquer paradoxalement que les floridiens n'étaient finalement pas encore totalement décédés. Auteurs d'un récent et (toutefois) convaincant Back from the Dead qui présentait, bon an mal an, une formation portée à bout de bras par le guitariste Trevor Peres, Obituary débutait quelques semaines avant la sortie officielle de ce cinquième album studio leur nouvelle tournée européenne par l'Allemagne, suivie quatre mois plus tard par son pendant nord-américain. Deux ans après Entangled in Chaos [1] de Morbid Angel, et six mois avant la sortie de When Satan Lives de Deicide, Dead se présentait en somme comme un nouveau testament live d'un des groupes majeurs de la scène death metal US du début de la décennie 90.   
 

Cronico Ristretto : Ubiquitous Falsehood - Cavernlord (2018)

Obscur. Ce side-project l'est assurément. A l'instar de son instigateur, le dénommé Nathaniel Leveck. De son auteur, nous devrons nous contenter d'une biographie officielle des plus succinctes. Né au milieu des années 70 dans le Midwest, et désormais résident au Wyoming depuis 2005, nous n'en saurons pas plus sur celui que se fait également appelé Namtaräum. Qu'importe. L'homme alterne depuis cinq années les différentes formations, toutes auto-produites, à un rythme soutenu, symptôme d'une schizophrénie stakhanoviste avec pas moins de trois groupes officiels, les black metal Natanas (d'obédience doom) et Telerumination (d'obédience dark ambient) et l'introspectif Uls De Tol, et une cohorte de side-projets, dont le noise Hydrogen Sulfide et celui qui nous intéresse, le sludge Cavernlord dont le récent Ubiquitous Falsehood vient de paraitre le 26 février dernier.

Deuxième véritable album après un disque éponyme sorti quasiment une année auparavant, et deux E.Ps sortis sur Vibrio Cholerae Records, l'évidence, du moins le réflexe premier, serait de s'arrêter sur cette expressive pochette tirée dont on ne sait quelle maison close crapoteuse du début du siècle dernier.

Cronico Ristretto : Fouth - Lento (2017)

Cinq longues années sans nouvel album de la part de nos romains préférés. Une éternité tant leurs trois premiers disques, en sus du tellurique Supernaturals record one enregistré de concert avec leurs compatriotes d'Ufomammut, avaient marqué nos esprits amateurs de déflagrations soniques. Et cinq longues années synonymes également de remise à plat pour cette formation instrumentale. Du line-up originel qui comptait trois guitares en 2004, Lento est désormais un trio. Un changement et une formule première sinon salutaires, qui apportent du moins aux italiens un certain renouveau dans l'approche de leur musique hybride, après leur complexe et avant-dernier effort, Anxiety Despair Languish [1], dernier disque signé sur le label Denovali Records.

Enregistré et mixé par le guitariste Lorenzo Stecconi à Rome entre octobre 2016 et février 2017, le nouveau disque Fourth se distingue, on l'aura vite deviné, par sa maturité, l'écriture des compositions ayant débuté, deux ans plus tôt, à partir de décembre 2014. Un disque donc mûrement réfléchi qui profite toutefois des possibilités offertes par la trinité rock guitare-basse-batterie. Plus direct, moins sophistiqué que leur précédent opus, ce quatrième album marque une nouvelle étape dans leur discographie.

Back from the Dead - Obituary (1997)

Trois ans. Une éternité en somme que les floridiens n'avaient pas donné signe de vie, du moins n'étaient revenus d'entre les morts [1] depuis leur précédent World Demise. Album marqué par les expérimentations initiées par la paire Trevor Peres et Donald Tardy, ce disque, quoique inégal, s'inscrivait dans une démarche louable d'émancipation, au risque de perdre un auditoire conservateur davantage habitué aux sempiternelles recettes. Dont acte. A la vision de la pochette et du titre de l'album, force est de constater que l'envie de classer ce Back from the Dead comme un retour au bercail mortifère apparaîtrait comme une évidence. Or si ce cinquième album d'Obituary augurait un retour évident à leurs origines gore, ce disque n'en demeurait pas moins une fois encore, et pour la dernière fois, un opus atypique à l'image du choix du producteur, Jaime Locke, ayant précédemment fait ses armes du côté du hardcore new-yorkais.

Premier point. D'un premier album Slowly We Rot qui les voyait côtoyer le récent sludge louisanien [2] à un World Demise se rapprochant d'un hardcore mid-tempo, Obituary n'avait jamais caché son attrait pour un genre éloigné des habituelles considérations musicales de leurs pairs. Dès lors rien d'étonnant sur le papier de proposer le poste précédemment occupé au culte Scott Burns à Jaime Locke, ingénieur du son sur One Voice (1992) d'Agnostic Front et producteur du Set It Off (1994) et du Demonstrating My Style (1996) de Madball (pour marquer cette rupture, l'album, contrairement aux précédents, fut cette fois-ci enregistré au Criteria Recording de Miami et non au Morrisound Recording).

Live report : Napalm Death + Brujeria + Lockup @ Glazart, Paris, 13 mai 2017

Inoxydable. Imputrescible. Insubmersible. Immortel ? Ok, pause, c'est fini. Au-delà de cette série d'adjectifs emphatiques, Napalm Death n'en demeure pas moins un des rares groupes de rock, au sens généraliste du terme, à ne pas connaître les ouvrages néfastes du temps. Ou si peu. Trois décennies après la sortie du séminal Scum, acte de naissance du grindcore, le groupe britannique continue d'enregistrer des disques à un rythme quasi-régulier, avec une rigueur jusqu'au-boutiste et une absence de compromis forçant le respect, sinon l'admiration. Auteur en janvier 2015 d'un seizième album, l'excellent Apex Predator – Easy Meat, qui synthétisait au mieux leur abécédaire punk death métallique, la formation culte multiplie depuis deux ans et demi les dates à travers la planète prêchant la bonne parole grind. A l'affiche de l'actuel Campaign for Musical Destruction tour, Napalm Death traverse le vieux continent depuis le 25 avril dernier en compagnie des joyeux drilles Brujeria, des thrashers Power Trip, et enfin de Lock Up, side-project du bassiste Shane Embury. Le 13 mai, ces quatre groupes faisaient escale à Paris au Glazart. Mais n'allons pas trop vite...

Comptant désormais au micro Kevin Sharp, ex-Brutal Truth, après non des moindres Peter Tägtgren (Hypocrisy) et Tomas Lindberg (At The Gates), Lock Up version 2017 ouvrait ainsi la dix-septième date de cette « campagne pour la destruction musicale ». En support à leur dernier disque, Demonization, six années après leur troisième album, ce premier set servit autant de tour de chauffe aux spectateurs parisiens venu chercher leur dose d'adrénaline qu'à l'endurant Shane Embury, ce dernier n'enquillant rien de moins que trois sets par soirée au cours de cette tournée (il joue également avec Brujeria sous le délicieux sobriquet de Hongo). Complété par l'imposant batteur Nicholas Barker et le guitariste Anton Reisenegger, le supergroupe offrit comme on pouvait s'y attendre une prestation carrée, et bien plus marquante que les disques finalement anecdotiques enregistrés par Lock Up depuis 1999. Mention spéciale au nouveau venu, Kevin Sharp, pieds nus, impressionnant de maîtrise et à un Shane Embury qui lançait sous les meilleurs augures son marathon destructeur.

Live report : All Them Witches - La Maroquinerie, Paris, 10 octobre 2016

Chroniqué en janvier dernier, le troisième album des All Them Witches, Dying Surfer Meets His Maker, demeure, près d'un an après sa sortie le 30 octobre 2015, l'un des coups de cœur de l'année passée du RHCS. Auteurs d'un album conciliant feeling blues et groove stoner rock, les quatre musiciens originaires de Nashville étaient de nouveau de passage à Paris après leur précédent concert, le 8 mars dernier, à La mécanique ondulatoire. Dans le cadre de leur nouvelle tournée européenne de 17 dates, du 2 octobre à Bristol au 21 octobre à Anvers, faisant donc suite à leur précédente tournée sur le vieux continent en début d'année (1), ATW fit escale le 10 octobre à La Maroquinerie, pour un concert annoncé une fois encore complet, à l'instar de la majorité des dates de ladite tournée.

Accompagnant les étasuniens au cours de ce périple européen, les israéliens de The Great Machine avaient la charge d'ouvrir la soirée. Formation en provenance de Tel Aviv, le trio a à son actif trois disques, deux EPs, un premier sorti en mai 2013, un second en avril de cette année, et un album éponyme datant de décembre 2014. Adepte d'un stoner débridé, à l'image du look bigarré des frangins Omer et Aviran Haviv, guitariste et bassiste/chanteur, la musique de TGM évoque par moment le Mondo Generator de Nick Oliveri, entre desert rock, poussées punk et riffs plombés. Une bonne mise en bouche.
 

Dickshark - Bill Zebub (2015)

Créateur au début des années 90 du fanzine metal The Grimoire of Exalted Deeds, le dénommé Bill Zebub est devenu au cours de la décennie suivante un des réalisateurs bis les plus prolifiques avec environ 3 à 4 sorties direct-to-video par an. Tout en continuant ses activités dans la musique, The Grimoire continue d'être publié, l'homme caché sous le pseudonyme Professor Dum Dum anime une émission sur une radio locale dans son New-Jersey natal, et publie en DVD depuis le bien nommé Metalheads en 2001 moult documentaires et interviews de ses groupes préférés (telle la série des Metal Retardation), Zebub s'est fait connaître par le contenu atypique de ses productions, mêlant mauvais goût et budget minimaliste, à l'instar d'une de ses premières productions, Jesus Christ: Serial Rapist [1] en 2004 (et réédité en 2011), narrant l'histoire d'un psychopathe, kidnappeur de jeunes femmes, amateur de bondage et se prenant pour le fils de dieu, premier volet d'une série de longs métrages mettant en scène de près ou de loin le dit nazaréen (Zombiechrist, Jesus the Daughter of God ou bien encore Jesus The Total Douchbag). 2015, comme à l'accoutumée, Zebub ne manque pas de projets, et celui que certains ont nommé le King of the B Movies (?!) réalise plusieurs parodies, Nightmare on Elmo's Street et le méfait qui nous intéresse : Dickshark, connu également sous le nom de Frankenshark

Un couple est sur le point de faire l'amour, quand l'homme décide d'appliquer sur son sexe une crème censée augmenter la taille de son appendice. Catastrophe. Si la taille de son pénis a bien augmenté, celui-ci a pris la forme d'un requin. Après plusieurs essais infructueux avec sa partenaire, l'homme rejoint par dépit la salle de bain, quand celui-ci est attaqué par son squale génital qui lui sectionne un doigt ! Alerté par son petit ami, la jeune femme sort son revolver et tire sur le requin qui se sépare de son compagnon, et plonge dans la cuvette des toilettes disparaissant à jamais. Du moins, le croyait-on... 

Live report : Bongripper + Suma + Ghold - Glazart, Paris, 30 mai 2016

Pour paraphraser Pierre Desproges, « Tout dans la vie est une affaire de choix ». Or un dilemme cornélien s'offrait au préposé docteur à la chronique le 30 mai sur Paris : le concert des chicagoans Bongripper, ou bien celui des montréalais Sunns dans le cadre du festival Villette Sonique. Les papes du doom instrumental ayant dégainé les plus vites, l'issue était prévisible, ce qui n'empêcha nullement une pointe d'amertume et une légère déception face à cette prise de décision arbitraire : préférer une formation n'ayant jamais posé auparavant un pied sur le sol français, au détriment des géniteurs de Hold-Still ou l'un des albums marquants de l'année 2016. Fort heureusement cette soirée au Glazart du 30 mai allait faire oublier cette mésaventure (1).

Apparu au mitan des années 2000 à Chicago, Bongripper (clin d'œil décalée au Dopesmoker de Sleep) sont devenus au fil du temps une référence en matière de metal lourd dans le milieu underground. En 2010, les quatre musiciens gagnent en popularité après la sortie de leur cinquième album, le très remarqué Satan Worshipping Doom (chroniqué par nos soins à l'époque ici), soit la synthèse de leur doom dronien avec un black metal originel. Mieux, le disque leur ouvre enfin les portes de l'Europe en étant à l'affiche pour deux concerts au festival néerlandais Roadburn du 14 au 15 avril 2012, où fut joué le premier jour l'intégralité de SWD, avant de retraverser l'Atlantique l'année suivante pour leur première tournée sur le seul sol britannique. Quatre ans plus tard, une éternité pour un groupe qui enregistra pas moins de quatre albums entre 2006 et 2008 (2), Bongripper sort en juillet leur dernier album en date, Miserable, confirmant autant leur statut culte que la quintessence de leur art doom (avec en sus un nouveau passage au Roadburn en 2015 pour deux dates et l'intégralité de Miserable). 2016, Bongripper débute dix ans après leur début sa première et véritable tournée européenne, huit dates passant par la France, la Belgique, l'Allemagne, les Pays-Bas et enfin la Grande-Bretagne, du 29 mai à Nantes au 5 juin à Manchester.
           

Mike and the Melvins - Three Men and a Baby (2016)

En attendant Basses Loaded, le « nouvel » album des Melvins [1] qui devrait poindre désormais rapidement, soit le 3 juin prochain, toujours chez Ipecac Recordings, Buzz Osborne and co et le label Sub Pop se sont rappelés au bon souvenir d'un autre album, longtemps inachevé, débuté à la fin du siècle dernier, et finalisé l'année dernière : Three Men and a Baby. Un disque qui tend à confirmer, dans ce cas, l'adage populaire « mieux vaut tard que jamais ». Rappel des faits de ce nouveau retour vers le passé [2].

1999, orphelin de son groupe godheadSilo depuis la blessure de son batteur Dan Haugh l'année précédente, le bassiste Mike Kunka suit les Melvins en tournée, avant d'enregistrer avec King Buzzo et Dale Crover, accompagnés de leur nouveau bassiste Kevin Rutmanis [3], l'essentiel de ce qui adviendra l'album Three Men and a Baby. Mises en sommeil durant seize longues années, les bandes enregistrées à l'époque par Tim Green (producteur de la trilogie à suivre The Maggot/The Bootlicker/The Crybaby), ressortent des tiroirs, tandis que les musiciens retournent en studio, sous la houlette cette fois-ci de Toshi Kasai (guitariste de Big Business - on ne soulignera jamais assez l'aspect familial chez les Melvins), pour boucler ce qui aurait pu s'apparenter à un album maudit.

Live report : Pelican + Wiegedood - La Maroquinerie, Paris, 5 mai 2016

Trois années après leur passage parisien, (déjà) à La maroquinerie pour la sortie de leur dernier album, Forever Becoming, et au lendemain de leur concert à Tourcoing au Grand Mix, le groupe Pelican était de retour à la capitale. Figure tutélaire du genre post-metal depuis leur premier EP au début du millénaire, les quatre musiciens de l'Illinois ont débuté depuis le 28 avril dernier une mini-tournée européenne printanière qui se conclura le 13 mai prochain, en attendant un jour prochain (1) un nouvel album (le dernier enregistrement studio en date fut l'EP The Cliff en 2015, suivi en mars dernier par leur second live officiel Live at The Empty Bottle December 15, 2015 disponible gratuitement sur leur site bandcamp (2)).

Surprise de la programmation, à ceux mal informés qui pensaient devoir patienter (et ronger leur frein) devant un clone d'Isis ou Neurosis, en première partie du concert, la stupéfaction fut totale avec la présence de Wiegedood. Formation flamande de black metal en provenance de Gant, et auteur d'un premier album, De Doden Hebben Het Goed, sorti l'année dernière (en écoute également sur bandcamp), le groupe tire son patronyme néerlandophone du syndrome de la mort subite du nourrisson. Ambiance garantie. Bien en place, les trois musiciens livrèrent une prestation massive à l'image des longues compositions de leur répertoire (dix minutes de moyenne), alternant passage atmosphérique et brutalité old school des plus directes. A suivre.
  

Live report : Overkill - Trabendo, Paris, 3 avril 2016

Deux jours après leur venue en territoire lyonnais, ouvrant le début de leur mini-tournée européenne printanière (1), le groupe de thrash culte du New Jersey, Overkill, débarquait au Trabendo ce dimanche 3 avril. En attendant la sortie de leur dix-huitième album en octobre prochain (acté au 28 sur le label Nuclear Blast), le groupe profite de ces quatorze dates pour faire le plein de vibrations scéniques avant d'entrer en studio le mois suivant.

Leur précédent effort, White Devil Armory (2014), avait confirmé au besoin l'état de forme du groupe, souvent nommé à raison le Motörhead du thrash metal : inusable, infatigable, à l'image de la paire originelle formée du chanteur Bobby "Blitz" Ellsworth et du bassiste D.D. Verni. Fidèle à leurs influences punk/hardcore et heavy metal, la formation n'a ainsi jamais dévié d'un iota de leur ligne thrash initiale, que ce soit au gré des divers changements de guitaristes et batteurs (dont le fracassant départ du guitariste Bobby Gustafson en 1990) ou des diverses modes musicales du moment. Sortant à un rythme régulier un album quasiment tous les deux ans depuis le séminal Feel the Fire en 1985, si Overkill n'a jamais eu sa place auprès des grands noms du Big Four, ces artisans du thrash n'ont cependant jamais démérité au cours des 35 ans d'existence du groupe, signant au passage quelques disques que tout bon thrasher se doit de connaitre et d'apprécier (au hasard la triplette des jeunes années Under the Influence (1988) / The Years of Decay (1989) / Horrorscope (1991)).
          

Cronico Ristretto : Asia | Urban Dance | Warpath - Boris (2015)

Après leur précédent album très rock Noise en 2014, dans la lignée de Attention Please et New Album, trois ans plus tôt, qui avait vus Boris s'offrir une nouvelle mue shoegaze et dream pop, avant d'aborder à leur manière un rock alternatif post-Sonicyouthien, la formation tokyoïte créa la surprise en annonçant fin avril 2015, via le réseau social Zuckerbergien, la sortie imminente et simultanée d'une trilogie le 2 mai. Asia, Urban Dance et Warpath, soit leur vingtième, vingt-et-unième et vingt-deuxième album, promettaient, en sus de confirmer les poussées créatrices du trio (1), le retour de leurs aspirations expérimentales, comme semblait indiquer le choix d'éditer ces trois disques sur leur propre label, Fangs Anal Satan.

Live report - Om au Divan du monde, Paris, 22 novembre 2015

Heureuse coïncidence ou hasard des calendriers, se sont produit la même semaine et au même endroit, les deux formations nées des cendres du groupe culte Sleep : Om et High On Fire (1), soit respectivement la section rythmique et le guitariste chanteur des auteurs du monstrueux Dopesmoker. Mené désormais par le bassiste Al Cisneros, le batteur originel Chris Hakius s'étant retiré des affaires musicales, Om faisait escale à Paris dans le cadre d'une mini tournée européenne (débutée le 14 novembre en République Tchèque), soit trois ans et demi après leur dernière venue à La Maroquinerie en avril 2012, trois mois avant la sortie de leur dernier album, Advaitic Songs.

En guise de préambule, avant les mantras soniques d'Om, les belges de The Black Heart Rebellion, en provenance de Gant, avaient pour tâche de faire patienter un public venu en masse (concert complet) pour Cisneros and co. Venu présenter leur nouvel album, People, when you see the smoke, do not think it is fields they're burning sorti le 29 octobre dernier, la musique de TBHR s'inscrivait idéalement dans le sillage de leurs « grands frères » étasuniens par leur goût prononcé d'insuffler à leur post-rock des influences world depuis leur précédent disque de 2012, Har Nevo. Riche sans être pompier, la prestation augurait du meilleur, leurs derniers disques évoquant par moment les ambitions des derniers Master musicians of bukkake en plus rock. Las. Si les disques et le mixage arrivaient à cacher les faiblesses du chanteur, sa voix dans les conditions du live plomba durablement la prestation du groupe. Sans épaisseur ou relief, doté d'un charisme anonyme, avouons que leur musique pour éviter ce goût d'inachevé aurait mieux fait de rester au stade instrumental. Dommage.
   

Cronico Ristretto : Repentless - Slayer (2015)

Continuer ou arrêter, statu quo ou transition, telles étaient les possibilités qui s'offraient à Slayer, et à son duo originel, depuis la disparition de Jeff Hanneman. Le choix d'un remplaçant, Gary Holt, du vivant du guitariste blond et les certitudes de Kerry King après l'annonce du décès indiquaient, tout d'abord, en dépit des doutes premiers de Tom Araya, la volonté de ne pas mettre un terme au groupe trentenaire. Point plus délicat, l'absence d'Hanneman, compositeur principal de la plupart des classiques de Slayer, pouvait-elle être comblée ? En d'autre terme, leur musique n'allait-elle pas perdre de sa substance sachant que l'une des forces de la paire formée par Hanneman et King [1] était leur complémentarité. Moins probable, mais sous-jacente, était enfin l'évolution, du moins la direction, que prendrait Slayer compte tenu de la nouvelle position dominante de Kerry King. Autant de questions existentielles qui n'appelaient pas forcément de réponses immédiates avant l'annonce de la sortie (maintes fois repoussée) de Repentless, leur onzième album et premier signé sur le label allemand Nuclear Blast (après quasiment trois décennies passées chez American Recording), le 11 septembre dernier, soit la même date que... celle de God Hates Us All... en 2001 (mais n'allons pas trop vite).

Album du deuxième retour du batteur Paul Bostaph suite au renvoi médiatisé de Dave Lombardo, et premier disque avec le guitariste d'Exodus, l'écoute de Repentless inspirait autant une certaine crainte, le contractuel [2] World Painted Blood sorti six années plus tôt n'ayant pas laissé un souvenir mémorable (doux euphémisme), qu'elle pouvait susciter une curiosité plus ou moins malsaine pour l'auditeur (et le préposé docteur) du fait des précédentes interrogations.