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Funky front covers - Part XI

Avec un peu de retard sur le calendrier des festivités, ouvrons ensemble en cette dernière semaine de l'année 2017 la onzième édition des Funky front covers ©, ou le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80. Chaud devant !

A l'heure où les nantis se prélassent durant les fêtes de fin d'année sous les tropiques, jetons un œil en guise de mise en bouche sur les pochettes à la gloire du maillot de bain :

    

Funky front covers - Part X

Jouez hautbois, résonnez musettes ! Elles sont de retour, chantons tous l'avènement de la dixième saison des Funky front covers ©, ou une fois encore, le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.

Commençons en douceur, et offrons à notre lectorat féminin en guise d'apéritif quelques conseils avisés en matière de mode capillaire eighties :

  

Cronico Ristretto : Depeche Mode - Tomahawk (2013)

   
Après un très décevant et fade Sounds of the Universe, deux choix possibles s'ouvraient au préposé docteur en apprenant la sortie prochaine du nouvel album de Depeche Mode : d'une part une indifférence teintée de résignation, d'autre part une curiosité (malsaine ?) héritée d'une déviance qu'il n'est plus besoin de justifier. Intitulé Delta Machine, ce disque a déjà une première particularité, celle d'être le premier album signé chez Columbia/Sony, DM ayant quitté après plus de trente ans de loyauté le label Mute [1]. Deuxième caractéristique, l'initié notera, après deux décennies d'absence, le retour de Flood (cantonné) au mixage. Enfin, dernière singularité (plus mesquine), cet album confirmera t-il l’existence d'une jurisprudence Exciter [2] ? Trois raisons légitimant finalement une écoute du DM de DM, non ?

Live report : Tindersticks à La cigale - 07/11/2012

Voir pour la première fois les Tindersticks s'annonçait une soirée riche en émotion, qui plus est à la découverte des nombreux obstacles qui apparurent lors de ce second concert parisien en support à leur dernier album, le très bon The Something Rain.

Arrivés trop tard pour apprécier les deux premiers groupes Mermonte et Daughter (laissons leur le bénéfice du doute), le préposé et sa dame eurent le loisir de profiter de la performance de la deuxième tête d'affiche de cette troisième soirée du Festival Inrocks, à savoir Lambchop... enfin subir serait plutôt le qualificatif approprié tant la formation étasunienne aura marqué nos esprits par une présence des plus pénibles, l'ambiance festive émanant des happy few offrant le seul contre point salvateur à cette purge pour cowboys neurasthéniques. Guidé par un Kurt Wagner collé à sa chaise, au morne charisme et la voix douteuse (imitant néanmoins avec un certain talent le grabataire radoteur), le set d'une heure seulement (?!) s’avéra sinon un supplice, tout du moins un passage obligé et douloureux avant l'entrée des élégants britanniques (1). Mais la soirée n'en avait pas fini avec son lot de déconvenues et de surprises...

Funky front covers part V

En partenariat cette année avec les talentueux Mario Labs ®, ouvrons comme le veut la tradition la nouvelle saison des Funky front covers © pour une mise en ligne croisée en mondovision à la gloire des pochettes sexy, déviantes ou par mégarde ridicules que les décennies passées ont pu offrir à la plèbe amatrice de débordement visualo-musical.

Et pour fêter cette cinquième édition, toute l'équipe (bon ok, le préposé et l'agent comptable...) a décidé de s'éloigner momentanément du funk originel (bouuuuuh!!!) pour d'autres horizons plus exotiques (aaaah!!), en gardant à l'esprit bien évidemment l'essence même des funky covers : une ode aux corps moites et à la chair frémissante.

En préambule, afin de solder les comptes pour reprendre les termes poético-financier de notre agent préféré, et avant de s'enfoncer irrémédiablement vers le grotesque (oh, l'autre!), il est bon de se rappeler qu'une femme nue n'est pas forcément un argument facile de vendeurs de soupe (gniiii?)... tout du moins pas forcément comme le prouvent les trois exemples suivants.

         

Cronico Ristretto: Senior - Röyksopp (2010)

Après le foncièrement pop et printanier Junior (2009), le duo norvégien Röyksopp remet rapidement le couvert cette année avec son jumeau instrumental Senior, ou la face sombre du disque précédent ? N'allons pas trop vite...

Car autant Junior débordait de légèretés faisant la part belle au meilleur (?!) des musiques électroniques des vingt et trente dernières années, autant le dernier disque de la paire Berge & Brundtland, pourrait prétendre, à l'image de son titre, à être son versant sage,  croulant, voire soporifique ; enfin c'est ce pourrait prétendre l'adepte d'un "jeunisme" eighties.

A l'inverse, Junior pourrait se résumer par ses rythmes bondissants échevelés digne d'un Giorgio Moroder 2.0, son lot de chanteuses scandinaves ersatz d'Alison Goldfrapp [1], en somme un album de son (triste) temps synthétisant idéalement les errements de l'électropop putassier des 00's dont Senior se devait d'être dès lors le versant opposé. Match nul, balle au centre. Voici l'heure de faire les comptes.

Live report : David Murray - Tempo Rives 2010

En attendant un retour prochain, je republie quelques photos déjà postées en partie sur le blog de mon Apolline du concert donné par David Murray et ses Gwo Ka Masters le jeudi 23 juillet dernier à l'occasion de la manifestation musicale Tempo Rives sur les bords de la Maine en face du château (du bon roi René).

Un concert gratuit débuté par la première partie Sweet Gum Tree, formation angevine menée par le dénommé Arno Sojo, ou un pop rock efficace dont le point fort fut le son de sa Gretsch (?) et ses quelques trop rares distorsions soniques.

Mondo Cane - Mike Patton (2010)

Sorti le 4 mai dernier sous le titre Mondo Cane, le nouvel album du prolifique Mike Patton est tout sauf une véritable surprise pour l'habitué. Album prévu depuis deux ans, longtemps reporté, ce nouveau disque compile les performances live du frontman de Faith No More, lors de sa première tournée transalpine accompagné de soixante-cinq musiciens, où il reprenait à son compte plusieurs chansons du répertoire de la variété italienne des années 50-60. Une non surprise tant le chanteur, par le passé, a toujours su jongler entre les styles au sein de Faith No More, mais aussi et surtout au sein du groupe qu'il forma avec Trey Spruance et Trevor Dunn durant ses années lycée, Mr Bungle. Doté d'un des plus beaux organes que le rock ait connu, aussi à l'aise en costard dans le rôle du crooner que dans celui du brailleur hurleur amateur de projets barrés, pouvait-il donc étonner son auditoire en reprenant de la pop italienne surannée [1], qui plus est en connaissant son goût pour la langue de Dante et ses accointances avec le grand Morricone [2?

Par ordre de sortie, après ses deux bandes originales, celle du court-métrage A Perfect Place (2008) et celle plus dispensable de Crank: High Voltage (2009), Mike Patton remet le couvert et propose donc sa nouvelle production annuelle... en attendant peut-être l'année prochaine le premier disque de son nouveau projet avec le producteur Dan The Automator, Crudo. L'amateur éclairé et objectif admettra que hormis la reformation de Faith No More sur scène l'année dernière, l'actualité autour du chanteur semblait plutôt morne. Si l'artiste protéiforme n'avait pas totalement perdu de son éclat, difficile de prétendre toutefois le contraire. Les dernières productions pattoniennes n'avaient aucune mesure avec celles de la décennie précédente ou de la première moitié des années 2000. Restait évidemment ses collaborations zorniennes ou celle avec le groupe italien Zu par exemple, mais rien qui n'empêchait de ronger son frein [3].

Les sept morceaux qui tournent en ce moment III


Pyramid of The Moon - Shrinebuilder [2009]

2009 aura vu l'une des belles surprises du doom metal et apparenté, un casting de luxe pour un supergroupe qui ô joie n'enquille pas les déceptions et autres désillusions à grand renfort de publicités ravageuses. Cela dit, qui à part un amateur de riff rampant peut s'émerveiller de voir Scott "Wino" Weinrich des cultes St Vitus/The Obsessed, Scott Kelly le leader de Neurosis, le bassiste de Om/Sleep Al Cisneros et rien de moins que le batteur des Melvins, Dale Crover au sein d'une même formation? Un casting de luxe, pour un album réjouissant, mise en boîte en seulement trois jours, où chacun apporte sa touche personnelle à des compositions bien plus inspirées que les dernières productions des dits musiciens: tel Wino et sa science stoner, baroudeur d'un psychédélisme mal embouché ou Cisneros nous conviant le temps d'un Pyramid of The Moon à une de ses transes stoner dont il a le secret. Shrinebuilder ou l'exception confirmant la règle que quelquefois, supergroupe ne rime pas avec baudruche. Le 20 avril à La Maroquinerie sur Paris.

Crazy Life - Gino Vannelli (1973)

On a beaucoup glosé sur l'influence qu'a pu avoir la diaspora italo-sicilienne dans la musique, et cette propension à regarder tomber la neige, quand la demoiselle ne vient pas le soir. Pourtant, on aurait tort ô sinistre public français d'oublier l'un des plus bels étalons que la Botte transalpine ait offerte au continent nord-américain et au monde entier [1], le beau et fringant Gino Vannelli.

Découvert il y a peu par le préposé, le hasard faisant décidément bien les choses, notre chanteur à la crinière au vent fait étrangement partie des rares artistes anglophones mondialement connus, qui furent sacrifiés sur l'autel de la sacro-sainte diversité culturelle française. C'était également sans compter, faut-il le rappeler, le monopole, voire la vile OPA lancée par les chanteurs italo-belges sur notre belle contrée barrant ainsi sournoisement la route à un artiste au charme ravageur, dont le seul défaut aura été de chanter dans la langue de Barry Manilow.

Notre bellâtre canadien à la peau mat et chemise ouverte eut très tôt droit à une éducation musicale, le jeune Gino ayant grandi dans une famille où la musique tenait une place importante avec un père chanteur de jazz. Se forgeant ainsi une oreille au cours de son adolescence passant du jazz, à la pop en passant par le R&B et la musique classique, Vannelli s'octroyait une formation solide et un passeport pour une future carrière dans la chanson, comptant sur son éclectisme et sa fougue pour lui ouvrir les portes de la gloire.

...But Seriously - Phil Collins (1989) : ou la revanche de l'agent comptable

Je vois déjà mon lectorat s'interroger sur ma santé mentale. Depuis le temps que les signes l'annonçaient, il fallait s'en douter un jour où l'autre, le bon docteur a définitivement craqué (encore un effet secondaire malheureux dû au latex pourra toujours rétorquer Guic'). Certes, on a beau cultiver avec un plaisir non dissimulé un certain éclectisme en ce lieu où le plus innocent des fétichismes croise l'art du ninjutsu le plus échevelé, peut-on sérieusement tenter de manière aussi incontrôlée un tel dérapage? A sa décharge, le frankNfurter (1) est une espèce qui aime les défis et quand monsieur Sunalee lui a proposé de rédiger la chronique d'un album de l'homme qui tua les années 80 (2), il ne s'est pas fait prier... d'autant plus qu'il n'avait pas totalement le choix, de toute façon. C'était sans compter en effet sur le pouvoir de nuisance d'un sinistre et vil personnage qui erre sur ce blog depuis déjà bien trop longtemps, l'agent comptable. Et c'est ainsi, alors qu'il se faisait une joie d'être l'esclave d'une maîtresse tout de bottes vêtue, le bon docteur se vit devenir l'otage d'un quadragénaire bedonnant à moitié sourd (3) le forçant sans aucune hésitation, ni la moindre compassion, à co-écrire une chronique de l'album de Phil Collins, ...But Seriously.

Low - David Bowie (1977)

On a beau être prêt à relever les défis les plus vicieux, accepter de participer au désormais fameux (et célèbre) David Bowie Blog Tour 2009, n'avait rien d'un pari sans risque. Or contrairement à mes autres camarades de jeu, le préposé à la chronique a réussi (non sans grâce) à éviter le piège tendu par Xavier, laissant à Arbobo, Thom ou Grisé les funestes albums des 80's de sieur David Robert Jones. Enfin... c'était avant de devoir chroniquer l'un des albums de Bowie les plus difficiles à chroniquer, soit le premier volet de sa trilogie berlinoise: Low. Prenons alors le problème inverse, fouillons les internets et retrouvons la retranscription d'une réunion qui s'est tenue dans les locaux de la maison de disque RCA datant de fin 1976.

Depeche Mode ou les mikados multicolores

Il faut admettre qu'en général je ne suis pas du genre à attendre grand chose des nouveaux disques sortis par les groupes qui viennent de fêter leurs 30 ans d'existence (1). Le nouveau Cure, le nouveau U2? Un peu de sérieux. A moins d'avoir oublié tout sens du raisonnable, défendre mordicus des groupes qui ont perdu lentement (mais surement) toute crédibilité au cours de ces 15-20 dernières années (2) relève de la pathologie, tout du moins du sacerdoce voire du sacrifice, à vous faire passer pour la nouvelle Sainte Rita. Concernant Depeche Mode, je dois avouer que depuis la douche froide Exciter (3), je suis loin de jouer les midinettes en attendant le cœur serré les nouveaux râles de Dave Gahan. Dès lors, même si Playing the Angel m'avait réconcilié avec l'ancien groupe de garçons coiffeurs, contrairement à certains admirateurs encore nombreux, j'étais loin de piaffer en attendant la sortie de leur nouvelle offrande au titre faussement arrogant, Sounds of the Universe.

Comme je l'annonçais dans mon introduction et contrairement à ce qu'on serait tenté de penser dans mon entourage, la question de savoir si Depeche était encore capable de sortir un album valable me parait suffisamment louable, qui plus est après trois décennies dans les pattes. Leur avant-dernier album ayant été une bonne surprise, un album qui rassura en grande partie les fans, les qualités de songwriter de Martin Gore étant de retour (4). Néanmoins, ma nature méfiante restait tout de même sur ses gardes concernant le nouveau Sounds of the Universe. Gore pourrait-il maintenir le cap?

The World Is Saved - Stina Nordenstam

En matière de chanteuse, je suis loin d'être un fan des brameuses, la technique vocale est loin d'être une priorité selon moi. La preuve, ma chanteuse préférée de jazz (voire tout style confondu, encore que, j'oublie pas l'ange de la mort, Nico) reste et restera la sublime Billie Holiday. Et chez elle, tout passait par l'émotion, la souffrance dans son cas, il est vrai... Finalement, y'en a pour tout le monde, la puissance d'Ella Fitzgerald, la technique parfaite de Sarah Vaughan ou Billie... Dès lors, pas étonnant que je recherche des demoiselles qui soient dans le registre vocale de l'interprète immortelle de Strange Fruit.

Alors aujourd'hui, petit post consacré à une chanteuse suédoise qui mériterait un peu plus de reconnaissance (donc là vous avez compris que je parlerais pas de Lisa Ekdahl), Stina Nordenstam. Depuis le début des années 90, celle demoiselle brouille les pistes, à savoir créer son propre univers musical où se rencontre la pop, le jazz avant-gardiste, le trip-hop et la folk. En 1994 Stina commence à faire parler d'elle avec And She Closed Her Eyes enregistré sous la houlette du trompettiste Jon Hassel. Vue la nationalité de mademoiselle Nordenstam, il serait cliché de définir ses chansons comme froides, et pourtant... ceci dit, rien à voir avec l'interprète de Mütterlein, univers froid, certes, mais surtout intimiste aidé par cette voix mutine. En 1998 Stina décide de sortir un album de reprises, qui vont de Leonard Cohen, the Doors à Prince. Et justement, sa reprise de Purple Rain est tout simplement bluffante, tout en retenu, épurée à l'extrême, très loin de l'exubérante version originale du nain pourpre.

Son dernier album en date, The World Is Saved, sorti en 2004 nous montre son visage le plus abordable. Et pourtant, il s'agit à mon avis de son meilleur opus (comme quoi). Chaque titre ressemble à un conte chanté par la fée Stina. A la différence des albums précédents, Stina a gardé son univers mélancolique mais a poli les angles cette fois-ci, rendant l'objet plus facile d'accès à travers des mélodies plus pop, cachant à l'auditeur l'aspect complexe et sombre du propos. Seul regret, Stina ne s'est jamais produit en concert...

The end of a love affair
The world is born again
If things doesn't look the same
It's cause they constantly change