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Jess Franco et la musique - L'indic, Noir magazine n°20

"Je me suis toujours considéré comme un musicien de jazz qui fait des films avant d'être réalisateur" confiait le madrilène Jess Franco. 

Né en 1930, Jesús Franco Manera de son vrai nom débuta très tôt une formation musicale le menant jusqu'au Conservatoire Royal avant d'entamer à Paris, après avoir abandonné son droit au début des années 1950, des études de cinéma à l'Idhec. Auteur entre 1957 et jusqu'à sa mort en 2013 de pas moins de deux cent films, Franco resta marqué toute sa vie par la musique et en particulier par le jazz. Habitué à signer ses métrages sous divers pseudonymes, l'homme aimait se cacher derrière le nom d'anciens jazzmen, son plus connu étant l'étoile filante des 50's, le trompettiste Clifford Brown. 

Jesús Franco (1930-2013)

Il est des nouvelles qui touchent plus que d'autres, celle de la mort du réalisateur espagnol Jesús Franco en fait partie. Un an après le décès de sa muse, celui qui était plus connu sous le pseudonyme Jess Franco a donc rejoint Lina Romay ce 2 avril. A défaut d'écrire une sempiternelle biographie, le Rocky Horror Critic Show lui rendant un hommage perpétuel depuis la chronique de Doriana Gray, le préposé docteur vous propose plutôt un petit diaporama des différents rôles ou apparitions du génial cinéaste madrilène au cours de sa faramineuse filmographie (presque 200 films).
  

Hommage à Lina Romay (1954-2012)

Pouvait-il en être autrement depuis l'annonce officielle d'hier soir. Comment ne pas rendre un hommage, même humble, à Lina Romay, l'éternelle Comtesse noire du cinéma bis qui nous a quittés le 15 février dernier. Muse et compagne du prolifique Jesús Franco, Lina fut sans conteste l'une des grandes figures du cinéma d'exploitation des années 70. Coïncidence anecdotique, le préposé apprit la triste nouvelle hier soir de la bouche de sa dame bottée, quelques minutes après avoir mis à jour justement la chronique la plus populaire du RHCS, celle de Doriana Grey.

Apparue comme dans un rêve aux dires de Franco, la jeune Rosa Maria Almirall surgit dans la vie du réalisateur ibère à une époque où il connu deux terribles évènements personnels : la mort accidentelle de sa première muse, la poupée psychédélique Soledad Miranda (Vampyros Lesbos, Les nuits de Dracula, Eugénie de Sade) en 1970, et la fin de son premier mariage. Une période de solitude et de tristesse qui cédera sa place à une histoire d'amour, une collaboration et une symbiose artistique où les deux amants deviendront indissociables, indivisibles [1] redéfinissant à eux seuls la notion de partage et de création.

Abbey Lincoln (1930-2010)

Triste nouvelle, une de plus pourrait-on ajouter pour les amateurs de jazz, si ces derniers n'étaient pas habitués à cette fatalité, l'une des dernières grandes voix, sinon la dernière grande voix noire du 20ème siècle vient de s'éteindre à 80 printemps passée, le 14 août dernier. Abbey Lincoln n'est plus.

Connue pour son engagement pour les droits civiques dans les années 60 aux côtés de son mari et mentor, le batteur de jazz Max Roach, participant aux premières manifestations contre la ségrégation, Abbey enregistra aussi plusieurs disques engagés tel son album solo Straight Ahead (1961) ou sur l'historique We Insist! Max Roach's Freedom Now Suite de Roach sorti l'année précédente. Blacklistée très rapidement par les labels américains désirant la cantonner dans un rôle de belle chanteuse aseptisée du fait de sa plastique avantageuse, il a fallu attendre la deuxième moitié des années 80 pour revoir celle qui fut, à juste titre, considérée comme la digne héritière de Billie "Lady Day" Holiday [1].
  
En guise d'humble hommage et en dépit des propos de la dame, celle-ci considérant son disque de 1961 comme son premier véritable disque, je reprendrai une ancienne chronique consacrée à son album précédent, Abbey is Blue, celui qui m'a fait découvrir cette grande dame.

"Je t'ai manqué?" - "A jamais"

20h30. Samedi 14 mars. J'apprends qu'Alain Bashung a tiré sa révérence. Une fois de plus, le crabe emporte un artiste qui m'est cher.

Le premier réflexe aurait été d'écouter mon disque préféré de ce monsieur, son joyaux noir sorti en 2002, L'Imprudence. Et pourtant, quitte à lui rendre un dernier hommage, une dernière pensée, ne vaut il mieux pas un témoignage public? Je sors alors de mon PC le bootleg de son concert à Lille le 5 avril dernier. Et j'en viens à regretter de ne pas l'avoir vu lors de sa dernière tournée... tandis que j'étais parmi les mangeurs les goudas... Il me restera toujours ce souvenir de janvier (ou février j'ai un doute d'un coup) 2003 lors de son passage à Rouen au Théâtre des Arts.

Comme je le soulignais dans un précédent post, l'oeuvre de Bashung m'a longtemps intrigué, l'homme étant capable d'alterner album difficile, sombre, exigeant avec d'autre plus accessibles, plus à l’écoute du public pour certains. Rare sont les artistes catalogués chanson française qui pouvaient se targuer d'avoir vu Joy Division aux Bains Douches en 1979, de citer les DAF comme référence ou sortir de son chapeau Colin Newman de Wire et les guitaristes Blixa Bargeld, Phil Manzanera ou Marc Ribot comme invités de luxe. Certes, certains de ses albums sont dispensables, d'autres handicapés par une production datée. L'homme s'est longtemps cherché aussi, a mis du temps avant de pouvoir se démarquer des influences anglo-saxonnes, il n'empêche.

Comme c'est souvent le cas, l'annonce de sa disparition comme l'avait déjà fait auparavant celle de sa maladie, provoquera un intérêt morbide pour son dernier album en date, Bleu Pétrole. Album "léger" suivant une fois de plus sa démarche de l'alternance des 80-90's, Bleu Pétrole diamétralement opposé à la noirceur de L'Imprudence? Album plus empreint à la mélancolie finalement, où Bashung retrouve ses anciens réflexes folk et country.

On se souviendra des calambours de Bergman à ses débuts ou de sa poésie abstraite, celle de la période Jean Fauque. Pourtant je retiens en premier les paroles qui ont germé de sa seule collaboration avec Gainsbourg, la chanson J'croise aux hébrides sur Play Blessures, un Bashung qui digère mal le succès populaire signant son arrêt de mort sur l'autel de la célébrité, et ainsi signer le départ d'une oeuvre de plus en plus personnelle: "Je dédie cette angoisse à un chanteur disparu, Mort de soif dans le désert de Gaby, Respectez une minute de silence, Faites comme si j'étais pas arrivé".


Papayou en deuil

Quoi qu'est ce que j'apprends? Jean-Chrysostome Dolto vient de mourir d'un cancer foudroyant! Petit rappel des faits, enfin disons plutôt remettons en ordre les premiers souvenirs que j'ai du garçon dans un premier temps.

Je crois que le premier véritable souvenir que j'ai de Carlos c'est son look bon enfant en provenance d'une quelconque île paradisiaque: une barbe fleurie, une chemise hawaïenne (ceci dit dans ce cas présent je garde une préférence pour Thomas Magnum) et une dégaine de bon vivant. Je me souviens aussi que dans les années 80 on voyait Carlos faire la réclame pour une boisson à base d'orange avec le fameux jingle "Oasis, Oasis, c'est bon, c'est bon". Quoi de mieux pour faire vendre ce breuvage une tête de gondole que les gamins apprécient (après tout y'a bien une chaîne de restauration rapide qui a demandé à un décérébré de TF1 de faire de la pub pour son tout nouveau burger, qui portait le nom du guignol au passage... savent brosser dans le sens du poil les responsables marketing).

Maintenant, il serait dommage de retenir que ces bribes, car finalement ce qu'on retient de Carlos ce n'est pas son amour pour la pêche au gros, mais sa carrière de chanteur. Celle ci débuta par un duo avec Sylvie Vartan, Deux minutes trente cinq de bonheur (à l'écoute du bousin, je me demande ce qu'ils ont pris pour oser annoncer un truc pareil...). Heureusement, par la suite Carlos gratifia la France franchouillarde de quelques hymnes durant les 70's et 80's. Bref Patrick Sébastien lui doit tout, avouons le!

En allant sur le site Bide et Musique et en tapant Carlos, vous pourrez voir le nombre élevé de chansons qu'a pu faire le bonhomme... 46! Et j'ai honte de le dire, mais je n'en connais même pas la moitié... trop zaraf! N'empêche, les nostalgiques du 1D20 se souviendront la larme à l'oeil des Tout nu, tout bronzé ("on fait trempette chez les mouettes...", du Tirelipimpon et de son délicat refrain ("Tirelipimpon sur le Chihuahua, Tirelipimpon avec la tête avec les bras, Tirelipimpon un coup en l'air un coup en bas, Touche mes castagnettes moi je touche à tes ananas!") ou du fameux Papayou (la vidéo du jour).

Salut l'artiste!


Joe Zawinul 1932-2007

Décidément, ce blog ressemble de plus en plus à la rubrique des chiens écrasés... Et aujourd'hui, la faucheuse nous a pris qui? Et bien encore un grand jazzman qui a laissé son empreinte dans la musique du XXeme siècle, à savoir, monsieur Joe Zawinul.

A froid, on doit à ce pianiste de renom deux grandes contributions, la création d'un des grands groupes de jazz-fusion des 70's avec son accolyte Wayne Shorter, le Weather Report, et aussi rien que ça, d'avoir été musicien et compositeur pour les deux oeuvres jazz ultimes de l'année 1969, In a silent way et Bitches Brew pour Miles Davis.

Né en Autriche en 1932, il s'intéresse très tôt à la musique, apprenant l'accordéon à 6 et le piano à 12 ans. Déjà influencé par le jazz, il décide de rejoindre les USA fin 50's où il intègre la prestigieuse Berklee School. Il commence dès lors à se faire connaître par des musiciens de jazz de premier ordre tel que Maynard Ferguson, Dinah Washington et surtout le fameux joueur de saxophone alto, monsieur Cannonball Adderley. Avec ce dernier, en plus de composer pour son leader quelques uns de ses plus grands succès tel que Mercy, Mercy, Mercy ou Country Preacher, il va aussi suivre justement l'évolution que la jazz va vivre durant les 60's, à savoir la place de plus en plus importante que va avoir la soul sur le jazz, mais surtout l'arrivée de la fée électricité dans l'orchestration. En effet, Joe fit parti des premiers jazzmen à jouer du piano électrique dans les sixties, et d'aborder ainsi ce nouveau son et les nouvelles possibilités qu'apporte cet instrument.
Fin de cet décennie, un certain Miles Davis toujours à l'affût musicalement, découvrant Hendrix et le rock de la nouvelle génération, décide de débaucher ce fameux pianiste, histoire de graver les deux pierres angulaires du jazz-rock. On retiendra donc sa patte sur le morceau éponyme In a Silent Way ainsi que sur le morceau qui ouvre Bitches Brew, le mystérieux Pharaoh's Dance. Puis en 1970, Joe avec un autre ancien sideman de Miles, Wayne Shorter, fonde le Weather Report, groupe référence et pourtant atypique selon moi dans le paysage jazz-fusion des années 70. Tout comme Miles, on saluera le talent de Joe pour s'entourer, incroyable le nombre de musiciens talentueux qui graviteront autour du bulletin météo, les bassistes Miroslav Vitous, Alphonso Johnson, Victor Bailey et Jaco Pastorius, les batteurs Alphonse Mouzon et Peter Erskine, les percussionnistes Mino Cinelu et Airto Moreira.

Puis après la dissolution du Weather Report en 1985, Joe continua ses expérimentations entre la musique du monde et le jazz avec son fameux Zawinul Syndicate. Pour finir, Zawinul disait de son groupe Weather Report en parlant de son jeu avec le saxophoniste Wayne Shorter:" Chaque note compte... Nous tissons des mélodies et nous enflammons la scène". Tout est dit...
Pour les curieux, je ne vais pas vous proposer une chanson du Weather Report, mais plutôt l'enregistrement d'un concert du groupe donné durant le Montreux Jazz Festival en 1976 (avec donc le demi-dieu de la basse, Jaco Pastorius!!!) via un lien sur l'excellent site Mixdelux et pis une vidéo de 1978 d'un concert au Stadthalle Offenbach où l'un des morceaux les plus connus du Weather est joué, Birdland.



Weather Report - Live at Montreux Jazz Festival 1976

101.5 FM en deuil

Triste nouvelle ce matin, Jean-François Bizot le papa du magazine Actuel et de surtout la radio parisienne Nova (la seule qui compte à mes yeux et surtout à mes oreilles), est mort hier... le crabe a eu raison de lui...
Un grand merci à ce monsieur.
RIP.

Max Roach RIP

Bon je viens d'apprendre une triste nouvelle, le monde du jazz est en deuil, monsieur Max Roach vient de mourrir. snif... Après le géant qu'était Elvin Jones, voici donc l'un des batteurs les plus talentueux et charismatiques qui vient de tirer sa révérence.

Parmi le CV de ce géant, on retiendra qu'il joua à ses débuts avec les étoiles du bop, comme Charlie "Bird" Parker ,Thelonius Monk ou Dizzy Gillespie. Puis ce génie de la percussion joua ensuite avec la valeur montante de la jeune génération, Miles Davis, pour qui il enregistra le culte Birth of the cool, puis ensuite le suivi ainsi que les musiciens qui graviteront plus ou moins autour, dans ce qu'il deviendra le hard bop tel que Sonny Rollins.

Pis Max cultivait l'éclectisme, jouant ainsi avec des jazzmen tel que Stan Getz, Charles Mingus, Duke Ellington ou Clifford Brown. En 1958, sa conscience politique se montre au grand jour en s'engageant activement pour la défense des droits civiques des afro-américains, à ce titre on retiendra son manifeste We insist! Freedom Now Suite en 1960, brûlot montrant son intérêt pour la toute jeune scène free jazz. Puis après son mariage avec la sublime Abbey Lincoln, Max joua avec les musiciens d'avant-garde Archie Shepp, Cecil Taylor ou Anthony Braxton dans les 70's et forma aussi M'Boom, une formation entièrement comprise de percussions. Ce génie toujours à la recherche de nouvelle expérience tenta ainsi la rencontre entre un quartet jazz avec celui d'un quatuor à corde dans les 80's.
Max Roach est mort dans son sommeil à l'âge de 83 ans des suites d'un cancer...

RIP.

"mmh, mon p'tit chat..."

Je viens d'apprendre une triste nouvelle, le comédien Philippe Noiret est mort.

De la bande des quatre du film de Ferreri, il ne reste plus donc que Piccoli... pour combien de temps pourrait on dire.

Manque plus que ses potes et compères des Grand ducs JP Marielle et J Rochefort viennent a casser leur pipe, et la, on sort les mouchoirs.
Donc en resume, apres J Palance et R Altman, si l'on en croit la fumeuse croyance chretienne (vous savez la serie des 3, la sainte trinite, belle fumisterie...), on devrait etre tranquille au niveau rubrique nécrologique liee au cinoche.
Enfin, salut l'artiste comme on dit dans ces cas là.

hommage

Un petit hommage en passant à un grand monsieur du cinéma US qui nous a quitté vendredi dernier, Jack Palance: l'homme au visage taillé à la serpe.

Je ne ferais pas de bio, Libération et autres journaux l'ont fait.

Pour la peine un extrait de la bande originale du Mépris de Godard avec justement Jack dans le rôle du producteur Jeremiah Prokosch.