Après un très décevant et fade Sounds of the Universe, deux choix possibles s'ouvraient au préposé docteur en apprenant la sortie prochaine du nouvel album de Depeche Mode : d'une part une indifférence teintée de résignation, d'autre part une curiosité (malsaine ?) héritée d'une déviance qu'il n'est plus besoin de justifier. Intitulé Delta Machine, ce disque a déjà une première particularité, celle d'être le premier album signé chez Columbia/Sony, DM ayant quitté après plus de trente ans de loyauté le label Mute [1]. Deuxième caractéristique, l'initié notera, après deux décennies d'absence, le retour de Flood (cantonné) au mixage. Enfin, dernière singularité (plus mesquine), cet album confirmera t-il l’existence d'une jurisprudence Exciter [2] ? Trois raisons légitimant finalement une écoute du DM de DM, non ?
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Mondo Cane - Mike Patton (2010)
Sorti le 4 mai dernier sous le titre Mondo Cane, le nouvel album du prolifique Mike Patton est tout sauf une véritable surprise pour l'habitué. Album prévu depuis deux ans, longtemps reporté, ce nouveau disque compile les performances live du frontman de Faith No More, lors de sa première tournée transalpine accompagné de soixante-cinq musiciens, où il reprenait à son compte plusieurs chansons du répertoire de la variété italienne des années 50-60. Une non surprise tant le chanteur, par le passé, a toujours su jongler entre les styles au sein de Faith No More, mais aussi et surtout au sein du groupe qu'il forma avec Trey Spruance et Trevor Dunn durant ses années lycée, Mr Bungle. Doté d'un des plus beaux organes que le rock ait connu, aussi à l'aise en costard dans le rôle du crooner que dans celui du brailleur hurleur amateur de projets barrés, pouvait-il donc étonner son auditoire en reprenant de la pop italienne surannée [1], qui plus est en connaissant son goût pour la langue de Dante et ses accointances avec le grand Morricone [2] ?Par ordre de sortie, après ses deux bandes originales, celle du court-métrage A Perfect Place (2008) et celle plus dispensable de Crank: High Voltage (2009), Mike Patton remet le couvert et propose donc sa nouvelle production annuelle... en attendant peut-être l'année prochaine le premier disque de son nouveau projet avec le producteur Dan The Automator, Crudo. L'amateur éclairé et objectif admettra que hormis la reformation de Faith No More sur scène l'année dernière, l'actualité autour du chanteur semblait plutôt morne. Si l'artiste protéiforme n'avait pas totalement perdu de son éclat, difficile de prétendre toutefois le contraire. Les dernières productions pattoniennes n'avaient aucune mesure avec celles de la décennie précédente ou de la première moitié des années 2000. Restait évidemment ses collaborations zorniennes ou celle avec le groupe italien Zu par exemple, mais rien qui n'empêchait de ronger son frein [3].
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