Doit-on avouer avoir suivi de (bien trop) loin les dernières sorties du Loner ? Trop occupé à écouter les premiers volumes de ses Archives, les (faux) arguments ne manquaient pas. Certes, les dernières sorties n'avaient rien de déshonorantes. Et l'admiration portée à l'intemporel compositeur de Hey Hey, My My, ne s'est d'ailleurs pas émoussée au fil des années. Sans aucun doute que productivité un peu trop "active" (1) du Loner a participé à ce progressif désintérêt, conforté à la lecture des critiques mitigées de son désormais avant dernier effort, Fork in the Road. Mais Rock and roll can never die... De quoi se laisser porter par l'émoi de certains admirateurs par la sortie de Le Noise ?Pour débuter de manière triviale, contrairement au précédent disque qui avait poussé le concept du je-m'en-foutiste jusqu'à son paroxysme, la pochette du nouvel album eut un pouvoir d'attraction certain, Neil Young offrant l'un de ses plus beaux présentoirs depuis le crépusculaire Tonight's The Night (2). Quant au titre de l'album, ce dernier était suffisant intriguant pour taquiner le chroniqueur amateur de déflagration sonore, de même que le nom du producteur, Daniel Lanois, pouvait lui aussi susciter la curiosité des classic rockers restants (3). Encore que les esprits taquins s'interrogeaient sur le bien fondé d'une telle entreprise. Le compatriote producteur pouvait-il une fois encore apporter au vieux routard Young une nouvelle "fraicheur", comme ce fut le cas par le passé avec un autre illustre patriarche du folk-rock nord-américain, Bob Dylan (4) ?
