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Cronico Ristretto : Assmonster - Bill Zebub (2006)

Le cas a déjà été examiné par le passé. Bill Zebub a débuté au mitan des années 2000 une filmographie des plus improbables, située entre la comédie dite transgressive, la sexploitation et le film d'horreur supra-fauché. Conjuguant musique métallique et obsession mammaire, les productions Zebub se plaisent, si on en croit le premier intéressé, à jouer avec l'intransigeance monomaniaque des puristes. Soit. Délaissant un temps l'horreur, après Jesus Christ: Serial Rapist et le bien nommé The Worst Horror Movie Ever Made, le metalfreak natif du New-Jersey réalisait en 2006 sa nouvelle comédie intitulée Assmonster. Présenté par Zebub comme son premier long métrage parodiant les productions indépendantes, le film, sous-titré The Making of a Horror Movie, s'inscrivait comme le nouvel avatar dégénéré du King of the B Movies (?!). Avis aux amateurs.

Rencontré dans un parc, Bill (Bill Zebub) fait la connaissance de Lou Siffer (Fred Barnes), qui se présente comme réalisateur de films d'horreur et lui donne le DVD de son dernier long métrage, Vampire Suck, dans l'espoir qu'il en fasse la chronique pour son magazine The Grimoire of Exalted Deeds. De retour chez lui, Bill invite ses amis à le regarder. Film amateur vendu dans les conventions horrifiques pour la somme de trente dollars, Vampire Suck n'a rien de professionnel et s'avère être finalement une arnaque. De ce constat, Bill décide de faire de même et se lance dans la réalisation d'un film d'horreur...
  

In the Land of the Cannibals - Martin Miller (Bruno Mattei) (2003)

Après plusieurs années de disette qui virent Bruno Mattei, dernier pape du cinéma bis transalpin, auteur des mémorables Virus Cannibale et Rats de Manhattan, réaliser des films érotiques aseptisés, évoquant le meilleur du pire de l'esthétisme télévisuel, l'année 2003 allait sonner le réveil des bissophiles les plus déviants avec la production simultanée de longs métrages tournés aux Philippines. Mieux, non content de faire revivre les restes anachroniques d'un cinéma d'exploitation à jamais mort et enterré, Bruno Mattei, derrière le pseudonyme Martin Miller, mettait en scène, sur les traces d'un Ruggero Deodato (Cannibal Holocaust) et Umberto Lenzi (Cannibal Ferox), un des rares genres qu'il n'avait jamais abordé durant sa décennie dorée avec son acolyte Claudio Fragasso, après les morts-vivants ou le post-apocalyptique, le film de cannibales. Dont acte.

Au cœur de l'Amazonie, un commando, mené par le lieutenant Wilson (Lou Randall), est envoyé afin de retrouver Sara Armstrong (Cindy Jelic Matic), fille d'un sénateur étasunien, après la disparition de la précédente équipe de recherche. Aidé par Romero (Claudio Morales), qui connait les us et coutumes des tribus cannibales qui peuplent la jungle, Wilson et ses hommes font rapidement face aux dangers et à l'horreur tapie dans la forêt...
  

Bad Biology - Frank Henenlotter (2008)

Dix-sept années après Basket Case 3, dernier volet des aventures de la fratrie Bradley, Frank Henenlotter sortait de sa réserve en 2008 avec Bad Biology. De cet interminable hiatus qui soulignait les usuelles difficultés de cet intransigeant chantre du cinéma d'exploitation à produire ses projets, à sa collaboration avec la société d'édition Something Weird Video, dans le cadre de la collection Sexy Shockers, cette pause forcée, brisée par ce retour inespéré, du moins inattendu, n'avait nulle raison de calmer les ardeurs transgressives du réalisateur de Frankenhooker. Au contraire. 

Erreur génétique pour les médecins, diagnostiquée atteinte du syndrome d'excitation génitale persistante, Jennifer (Charlee Danielson) est née avec sept clitoris, "demandant sans cesse de l'attention". La jeune femme ne cherche pas l'amour, "ni noms ni câlins, juste du sexe", seul un orgasme libérateur. Et tant pis si au cours de ses ébats "ça devient trop bestial", au risque d'entraîner la mort de ses partenaires et de donner naissance à des bébés mutants. Batz (Anthony Sneed) a eu le sexe sectionné par accident à sa naissance. Recousu, son pénis fut longtemps incapable d'être en érection, avant que le jeune homme ne lui injecte des stéroïdes et des hormones. A mesure, son sexe a grossi, et a développé sa propre conscience. Depuis Batz va de dealer en dealer, en quête de médicament de plus en plus fort, afin de calmer cette "bite camée qui réfléchit toute seule". Quand Jennifer rencontre Batz, elle devient obsédée par lui, convaincue qu'il est le seul homme qui puisse la satisfaire...

Third - Portishead (2008)

Onze années séparaient la sortie de leur éponyme deuxième album et Third. Premier constat, le trio Beth Gibbons / Geoff Barrow / Adrian Utley aura pris son temps [1]. Une décennie synonyme de pause ou de mis en suspens qui pouvait laisser planer le doute sur les intentions de Portishead, eut égard aux différents précédents qu'offrit la musique populaire ces quarante dernières années [2].

Or à l'instar de la pochette, le titre de l'album souligne un minimalisme bienvenu, et une sobriété finalement en accord avec la ligne de conduite à laquelle s'est toujours tenue la formation de Bristol. Enfin remarque annexe en guise de préambule, le titre Third fait irrémédiablement penser à un autre album, celui de Soft Machine. Et à défaut d'y voir une coïncidence, force est de constater dès à présent que ces deux disques s'ils n'ont que peu de points communs formels, se rejoignent sur le fond : l'intégrité des protagonistes et la remarquable qualité du dit album. Mais n'allons pas trop vite.

Until The Light Takes Us - Aaron Aites / Audrey Ewell (2009)

Documentaire tourné par la paire étasunienne Aaron Aites et Audrey Ewel, Until The Light Takes Us, titre tiré d'une traduction volontairement erronée du quatrième album de Burzum, Hvis lyset tar oss [1], s'intéresse à l'histoire du black metal du début des années 90, en suivant tout particulièrement deux musiciens ayant contribué à l'essor et à la naissance du mouvement : Gylve 'Fenriz' Nagell de Darkthrone et le très controversé Varg 'Count Grishnackh' Vikernes de Burzum. Tourné en immersion, le duo ayant vécu deux ans en Norvège pour les besoins du tournage, le film revient également sur les évènements extra-musicaux, faits divers tragiques, qui ont secoué la Norvège à cette époque à travers les témoignages d'une partie des protagonistes de cette période.

Amateurs de la scène expérimentale Lo-Fi, Aites et Ewel ont découvert sur le tard le black metal norvégien. Mention utile à préciser en préambule tant les deux américains font, volontairement ou non, nullement mention aux premiers précurseurs du genre à savoir Hellhammer / Celtic Frost et Bathory [2]. Until The Light Takes Us n'a pas l'ambition de retracer précisément l'historique du genre. Les plus pointilleux pourront dès lors regretter l'absence de plusieurs groupes notoires ou la faible participation d'autres (Immortal par exemple). Encore que ces oublis ou figurations peuvent aisément s'expliquer : on doute que Samoth d'Emperor veuille revenir sur un passé peu glorieux et ses années d'emprisonnement (pour incendie d'église), quant à Olve 'Abbath' Eikemo et Harald 'Demonaz' Nævdal d'Immortal, bien qu'ayant côtoyé Vikernes lors de leur début death metal (sous le nom d'Old Funeral), le duo a toujours été en marge de la scène locale ou des errements dudit Inner circle

The Glamorous Life of Sachiko Hanai - Mitsuru Meike (2003)

Première véritable incursion du RHCS dans le monde merveilleux du Pinku eiga, Hatsujô kateikyôshi : sensei no aijiru, titre original de l'anglophone The Glamorous Life of Sachiko Hanai, aura suscité et hérité depuis sa sortie d'un petit culte mérité chez les amateurs de déviance. Présenté dans plusieurs festivals internationaux, si ce film du réalisateur Mitsuru Meike appartient bien au genre popularisé par la belle Reiko Ike [1] dans les 70's, celui-ci s'en démarque néanmoins, et doit sa popularité à son univers foutraque décomplexé, ou un savant mélange d'irrévérence, de comédie surréaliste et d'une joyeuse dose d'érotisme oriental.

Sous-titré par un racoleur et explicite Horny Home Tutor : Teacher’s Love Juice, les pérégrinations de Sachiko Hanai annonçait de prime abord le scénario d'un quelconque film érotique ; impression confortée par la première scène du film : une call-girl, déguisée en enseignante, prodigue un cours très particulier de géographie à un homme avide de connaissance, et d'expériences... et qui saura remercier et honorer, en quantité, l'altruisme culturel de sa jeune professeure. Après cet enseignement quelque peu collant, Sachiko se dirige vers son nouveau rendez-vous où elle doit rencontrer son agent, son souteneur, son supérieur hiérarchique (rayez la ou les mentions inutiles).

Tyrannosaurus Azteca (Aztec Rex) - Brian Trenchard-Smith (2007)

Qui peut prétendre avoir tout vu en matière de bestiaire de troisième zone ? Cette interrogation peut faire sourire les lecteurs de passage, pourtant celle-ci n'a rien d'innocente tant l'imagination des industrieux du cinéma nous a prouvé par le passé une audace des plus « étonnantes » [1]. Or si les réelles surprises tendent à s'amenuiser au fil du temps, force est de constater que les rencontres improbables font encore le sel et les beaux jours des productions dites décalées. Faites réunir deux personnages historiques de haut rang appartenant à deux périodes distinctes, jouer de l'anachronisme et vous obtiendrez un met, certes, indigeste mais ô combien roboratif.  Soit à ma droite l'un des plus sinistres et célèbres conquistadors du XVIème siècle, Hernán Cortés, et à ma gauche la terreur du Crétacé, le dénommé Tyrannosaure Rex, de quoi titiller facilement une déviance qui n'en demandait pas tant, n'est-ce pas ?

En 1521, le capitaine Hernán Cortés à la tête d'une armée de conquistadors espagnols triompha de l'empire aztèque et conquit le Mexique. Cependant, oublié de l'histoire, voici le récit du tout premier voyage de Cortés vers ces terres hostiles, et du combat qu'il mena contre un ennemi sanguinaire et terrifiant... 

Piège en eaux profondes - Anthony Hickox (2005)

En préambule, le préposé à la chronique saluera, dans un premier temps, l'imagination et l'art délicat de la traduction des vendeurs de pelloches de toutes sortes à la lecture du titre français du film Seagalien qui nous intéresse. Dans un second temps, le sourire moqueur s'éclipsera pour laisser place à une émotion non feinte, écrasant même une larme en souvenir d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre, un temps révolu qui porte un nom : Casey Riback. Faut-il être sentimentalement handicapé pour ne pas vibrer au son d'un bras virilement cassé par notre aïkido panda préféré ? Qui n'a jamais rêvé d'assister à une séance de désossage à mains nus par notre redresseur de torts préférés ? Pouf Pouf. Passé ce léger emportement [1], admettons un instant que le gentil distributeur de Submerged n'est en aucun cas un margoulin de première, ou simplement un vendeur fatigué dont les méthodes de vente faciles n'amusent plus grand monde, mais, avant tout, un homme dont l'altruisme n'a d'égal que sa capacité à éveiller la nostalgie qui sommeille en chacun de nous. Bref, Piège en eaux profondes... 

Atomik Circus - Didier et Thierry Poiraud (2004)

Un cas d'école de ratage et de déception comme le cinéma français a pu trop souvent nous le proposer dès qu'il s'agit d'un film sortant des sentiers battus... qui plus est pour un film de genre ? Voici les conclusions que cet Atomik Circus aurait pu récolter.

Dans la série long métrage mal produit et mal distribué, ce premier film des frères Poiraud est sinon l'archétype, tout du moins un bel exemple des dommages que peuvent occasionner la rencontre entre le cinéma de genre et d'investisseurs issus de la télévision française. On a encore du mal à comprendre comment TF1 a pu mettre des billes dans un tel film... par contre on arrive très bien à comprendre comment la chaîne a essayé de jouer les margoulins en vendant Atomik Circus pour ce qu'il n'est pas, une bonne grosse comédie française, quitte à saborder totalement un long métrage qui ne demandait pas un tel acharnement  [1].

Cronico Ristretto : Inside Deep Throat - Fenton Bailey & Randy Barbato (2005)

1972, un cataclysme secoue l'Amérique bien pensante de Richard Nixon, Deep Throat de Gerard Damiano débarque dans les salles obscures. Un petit film indépendant d'un budget misérable de 20 000 dollars tourné en moins d'une semaine dans un hôtel miteux de Floride qui deviendra l'un des plus gros succès du cinéma étasunien.

Un peu plus de trois décennies après sa sortie en salle, la chaine HBO eut l'idée judicieuse de produire un documentaire intitulé Inside Deep Throat, évoquant la création et le tournage de ce succès surprise, véritable pilier de l'âge d'or de la pornographie 70's. Une genèse à l'intérêt étonnamment mineur, disons moindre, comparée aux volets suivants, se focalisant sur l'hystérie et la véhémence disproportionnée des opposants, puritains en particulier, auxquelles le long métrage a dû faire face. Un documentaire divertissant (dans la grande tradition américaine des vingt dernière années ?) qui, néanmoins, n'hésite pas à souligner les zones d'ombre que cachait ce film, sa connexion et son financement mafieux, mais aussi et surtout le destin des protagonistes loin d'être préparés à tant de remous médiatiques... et judiciaires.

Supernaturals - Ufomammut & Lento / Earthen - Lento (2007)

A l'heure où Lento est en train d'enregistrer son nouvel album (intitulé Icon), le préposé vous propose un éclairage et une remise à niveau de votre abécédaire musical avec les deux premiers disques d'une formation qui mériterait amplement plus de reconnaissance.

Compatriote d'Ufommamut (on y reviendra), Lento se forme à Rome en 2004 sur les traces laissées par des pairs nommés Neurosis, Isis, Mogwai ou Godspeed You! Black Emperor. A l'image du collectif canadien, Lento joue dès leur début une musique purement instrumentale, l'apport de paroles étant perçu par les italiens comme inappropriés, sinon propices à dénaturer leur musique. Fin 2005, Lento stabilise son line-up composé de trois guitares, d'une basse et d'une batterie. Début 2007, les romains signent sur le même label que leurs compatriotes doomsters, Ufomammut.

Cronico Ristretto: Meltemi - Alboran Trio (2006)

Que les amateurs de géographie se rassurent, le Rocky Horror Critic Show sait aussi satisfaire leur soif de savoir, les inconditionnels de sac à main à grande gueule n'auront pas le dernier mot.

L'Alboran Trio tire son nom de la partie occidentale de la mer Méditerranée, celle reliant l'Andalousie au Sud du Maroc et de l'Algérie, non loin du détroit de Gibraltar, soit la voie maritime intérieure joignant les deux continents Africain et Européen. Un lieu unique, un carrefour millénaire, source de nombreux échanges multiculturels, en somme un nom idéal pour une jeune formation jazz aventureuse en quête d'ouverture.

Ce trio de nationalité italienne, contrairement à ce que pouvait laissait supposer le nom de la formation, fut créé en 2003 avec pour assise le pianiste et compositeur Paolo Paliaga, le contrebassiste Dino Contenti et le batteur Gigi Biolcati.

Supercroc - Scott Harper (2007)

Sans lister les divers films où la menace saurienne fut répertoriée comme un cas avéré, il est d'avis des experts de considérer le crocodile comme l'une des espèces animales les plus dangereuses que le 7ème art ait connu, si ce n'est la plus meurtrière, le squale étant admis par ces même spécialistes de l'éviscération sur pellicule, d'être certes le plus célèbre des serial killers à sang froid, mais aussi et surtout, de détenir paradoxalement le plus faible ratio nombre de victimes tuées par surface au mètre carré ; les crocodiliens ont l'avantage certain d'être amphibie, contrairement à ces inadaptés et reliques du passé que sont les Carcharodon Carcharias [1]. Imaginez dès lors le niveau d'alerte, que dis-je le seuil critique de dangerosité quand apparaît non loin de Los Angeles un crocodile venu des âges farouches, le terrible Sarcosuchus, soit le plus vieux et plus grand spécimen que la Terre n'ait jamais connu : le Supercroc.

Au cours d'une patrouille de reconnaissance dans la forêt nationale de Los Padres au nord ouest de Los Angeles, les soldats Jackson et Celia Perez dans leur grande mansuétude et amour du partage font profiter à leur entourage immédiat, le soldat Forney et le sergent Druitt, un sujet ô combien intéressant, et de circonstances lorsqu'il s'agit de repérer des activités suspectes dans les environs (et bouffer parallèlement quelques hectomètres de pelloche [2]), discuter des préparatifs de leur prochain mariage. Sept minutes d'une joute verbale où les arguments les plus aiguisés s'entrechoquent, ponctuée par les considérations pratiques d'un Forney prêt à tout pour se faire inviter, lorsque soudain un crocodile géant sort du lac et croque entièrement l'émissaire du concept mariage dessert [3], le soldat Forney, avant d'engloutir le sergent Druitt.


Notre duo militaro-glamour lutte dès lors pour sa survie, la panique s'installe, la tension si longtemps dissimulée monte immédiatement de plusieurs crans. Dans le QG des forces armées situé dans un bunker sous Los Angeles, l'incompréhension a cédé sa place à l'inquiétude. Le général McFadden est dépêché, accompagné par la docteure Leah Perrot. Le temps que les premières hypothèses apparaissent, Perez et Jackson découvrent le nid du monstre. Mais il est déjà trop tard, l'instinct maternel de la bête n'aura pas laissé le temps de vivre une minute de plus au soldat Jackson, dans un élan sacrificiel, l'ex-futur époux sauve la vie de sa fiancée qui part se réfugier dans les arbres...

Le capitaine Joe Lynch et son équipe de sauvetage sont alors envoyés sur place pour faire la lumière sur cette mystérieuse attaque, une mission à l'efficacité toute relative puisque l'appétit et l'agressivité du supersaurien saura calmer les ardeurs belliqueuses des G.I. Seuls rescapés, Lynch et Perez devront se battre pour leur survie et trouver un moyen de lutter contre ce prédateur préhistorique qui se dirige vers la cité des anges.


Derrière ce synopsis captivant, Supercroc cache en vérité l'archétype du nanar fauché produit par une société passée maître dans l'art de réduire les coûts, et d'éditer des direct to video où l'écologique horrifique est devenue une marque de fabrique : The Asylum [4]. Et si cette réalisation de Scott Harper n'atteint jamais le génialement nanar, celle-ci a au moins un mérite, celui de suivre scrupuleusement de A à Z (surtout jusqu'à Z) ce qui définit la nature même du mauvais film sympathique.

L'argument financier est de ce fait une des premières causes à mettre en évidence, avec un budget avoisinant les 200 000 dollars, Supercroc pouvait difficilement faire de miracle. Allant de pair avec un nerf de la guerre réduit à sa plus simple expression, les effets spéciaux supervisés par le cinéaste lui-même via sa société Sharper effects [5] sont dès lors proche du niveau zéro, et l'utilisation effrénée de stock shots et autres plans serrés pour cacher la misère tend évidemment à compliquer encore un peu plus la tâche du metteur en scène (huit figurants apathiques pour représenter la population d'une ville, même avec la meilleur volonté du monde, c'est tout de même très peu).

Oh regardez capitaine, un stock shot d'hélicoptère!

Néanmoins, si l'argent est un élément important, le film souffre d'autres maux estampillés production nanar : remplissage, action molle où l'on passe la moitié du temps à écouter les militaires discuter des risques et des moyens pour annihiler la menace crocodile, le tout dans un bunker qui se résume à une pièce noire de 20 mètres carrés et d'un mystérieux couloir, lieu idéal pour les comploteurs de tout bord. De ce fait, ne pas s'attendre non plus à une interprétation de qualité, dans le meilleur des cas, la distribution est composée d'acteurs habitués aux productions Asylum. Dont acte.

Un couloir qui cache bien des messes basses...

Quant à l'histoire, le long-métrage nous gratifie d'un récit de science-fiction où les bases scientifiques fictives sont, elles aussi, mises à rude épreuve, plombées il est vrai par les indications contradictoires fournies par les différentes jaquettes. Que le Sarcosuchus vive dans des galeries souterraines près d'un lac depuis la préhistoire, profitant d'un séisme pour sortir de sa prison lacustre, passe encore (?!), mais les indications concernant sa taille laisse un peu plus à désirer (?!). Selon le distributeur US, notre spécimen fait dans les 50 pieds de long (15 m) tandis que la version française nous annonce une longueur de 100 mètres... pour une bestiole à l'écran qui avoisine les 30 m de long, faudrait accordez vos violons les distributeurs ! [6]

Supercroc où on apprend qu'un crocodile de "cent mètres" de long sert avant tout d'argumentaire nanar.

Verdict du nanarotron :


PS: Le film distribué par Zylo ne propose aucun bonus et une seule piste audio (français).





To be continued...

Supercroc | 2007 | 85 min
Réalisation : Scott Harper
Scénario : Steve Bevilacqua, David Michael Latt
Avec : Cynthia Rose Hall, Matthew Blashaw, Kim Little, David Novak, Kristen Quintrall, Marat Glazer
Musique : Eliza Swenson
Directeur de la photographie : Steven Parker
Montage : David Michael Latt
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[1] Si on en croit les propos velléitaires tenus par le CRSC (Conseil Représentatif des Sauriens au Cinéma).

[2] C'est une image à l'attention des pinailleurs, le film ayant été tourné en DV...

[3] "Tu sautes le repas, de toute façon, tout le monde s'en plaint toujours. Alors mettez le paquet sur le dessert. Ça reviendra moins cher et tout le monde sera content".

[4] A qui l'on doit par exemple le terrible Mega Shark VS Giant Octopus et prochainement une relecture du classique de Melville, Moby Dick avec Barry Bostwick et pour faire plaisir au CRSC, fin décembre, Mega Shark vs Crocosaurus...

[5] Scott Harper... S. Harper... Sharper effects... CQFD.

[6] Sans compter que les américains indiquent que le bétail fait 7,60 m de haut... pour 15 mètres de long, ça fait une drôle de bestiole pour un croco. Quant aux plus curieux, pas un mot sur le mode de reproduction du crocodile, et comme on ne voit pas la trace de monsieur dans les parages pour défendre sa progéniture, le Sarcosuchus utiliserait-il la parthénogenèse, nul ne le sait, le mystère s'épaissit...

Mask of the Ninja - Bradford May (2008)

Il est des guerres auquel nul ne voudrait assister, et il est des héros contemporains dont le potentiel reste constamment sous-exploité. Admirer un Casper Van Dien la mâchoire tendue, un katana à la main sur la jaquette de Mask of the Ninja [1] augurait du meilleur, qui plus est lorsque vous apprenez que votre champion est convié à participer (bien malgré lui, mais n'allons pas trop vite) à une guerre où il n'était pas invité. Las, en dépit d'un hommage déguisé aux exploits martiaux d'un Joe Armstrong et des films de ninja produits par la sacrosainte Cannon...

L'inspecteur Jack Barrett (Casper van Dien) est un franc-tireur si on en croit les dires de sa collègue et néanmoins amie Gina (Bellamy Young). Membre de la police de Los Angeles, ce guitariste émérite [2] se voit embarqué dans une bien étrange affaire après la découverte de plusieurs cadavres assassinés par des ninjas. A charge pour Barrett de protéger la jeune Miko (Kristy Wu), seule survivante de cette tragédie et seul témoin de ce carnage...

Cronico Ristretto: Boris At Last - Feedbacker (2003)

A défaut d'être comme l'Iguane, de croire que le fait d'être exposé aux amplis et aux guitares électriques peut modifier l'alchimie d'un corps [1], la saturation ou autres riffs bruitistes ont depuis très longtemps provoqué un attrait particulier chez ma personne... pas tant guidé par un désir inavouable d'acouphénïte aiguë mais le sentiment paradoxal d'une certaine quiétude face à ces assauts saturés, une extase hautement sensorielle pouvant paradoxalement offrir un large panel de couleurs, riches à l'écoute de The Diamond Sea des Sonic Youth ou froides et déshumanisées chez Godflesh (Pure II). Une alternance de chaud et froid à l'image du Feedbacker des japonais Boris.

Si sur leur premier album (Absolutego), la formation en provenance de Tokyo menée par Atsuo (batterie/chant), Wata (guitare) et Takeshi (basse/guitare) se fondait clairement dans le moule d'un metal drone, trivialement une version kamikaze de Earth s'acoquinant avec les secousses telluriques d'un Sleep, le patronyme du groupe ne laissait que peu de place aux mystères, leur principale influence ou prochaine ligne de conduite se prénommait The Melvins.

Repo Men - Miguel Sapochnik (2010) / Cypher - Vincenzo Natali (2002)

Question : est-il paradoxalement obsolète de réaliser des films traitant de cyberpunk et d'anticipation aujourd'hui ?  A la vision des deux films qui nous intéresse, l'interrogation est loin d'être totalement superflues, ces derniers s'inscrivant dans la catégorie des longs-métrages manquant cruellement d'ambition scénaristique ou, pire, d'originalité, juste bon à compiler sans imagination les bonnes vieilles recettes du passé...
 
A ce titre, le premier long-métrage de Miguel Sapochnik, Repo Men (2010), fait figure d'exemple parfait en matière de recyclage piochant aussi bien du côté d'un K. Dick que d'un Terry Gilliam.

L'histoire inspirée par le roman Repossession Mambo d'un des scénaristes, Eric Garcia, retrace les aventures en 2025 de Remy (Jude Law) et Jake (Forest Whitaker), amis d'enfance travaillant pour la toute puissante compagnie Union. Cette société devenue une multinationale omnipotente par la mise au point d'organes bio-mécaniques détient ainsi un marché fort lucratif en proposant à des prix prohibitifs, à prix coûtant ou à crédit, ses services "humanistes". Or si au bout d'un trimestre le client ne règle pas sa dette contractée, les repo(ssession) men s'acquittent de leur mission en prélevant directement sur le désormais ancien client le bien appartenant à leur employeur. La mort de l'intéressé selon l'importance vitale de l'organe est par conséquent considéré comme secondaire et cet acte chirurgical primaire signé par le premier boucher venu adepte de belles mécaniques est bien évidemment légal.

Dracula 3000 - Darrell Roodt (2004)

Il est des jours où le cinéphile déviant lassé de rechercher le nouveau saint Graal qui fera exploser son nanaromètre se repait lamentablement d'un vulgaire et facile petit mauvais film sympathique, alléché il est vrai par un casting des plus navr... appétissants. Doit-on lui jeter la première pierre quand ce pauvre bougre découvre non sans une certaine malice, quoique cachant difficilement une appréhension légitime [1], la présence d'un rappeur has been, d'une ancienne playmate, d'un abonné aux featurings prestigieux (dans des productions qui sont, elles, toutes sauf prestigieuses), et de... Casper Van Dien.

Passé "l'agréable" surprise de l'affiche [2] où l'on dénote que l'œuvre du suisse Giger n'a pas fini d'être pompée jusqu'à la dernière goutte, Dracula 3000 s'inscrit très rapidement, et sans surprise, dans la catégorie des crossovers ultra cheap, ou comme nous laisse deviner de façon implicite l'accroche et la jaquette de cette série Z : un croisement (ô combien réussi...) entre Alien [3] et le roman de Bram Stocker, Dracula. Rien que ça.

TunnelVision Brilliance - Scott Reeder (2006)

L'homme de prime abord est des plus sympathiques, et le fait d'être l'ancien bassiste de Kyuss ne joue, bien au contraire, pas en sa défaveur. Or contrairement à ces anciens camarades de jeu (le guitariste Josh Homme au sein des désormais célèbres Queens of the Stone Age, le chanteur John Garcia voire même le batteur Brant Bjork), Scott Reeder aura confirmé indirectement l'adage populaire qui veut que le bassiste de rock est par définition un homme effacé. Dès lors, avant de publier un album solo ou de créer son propre groupe après l'arrêt de la formation culte de Palm Desert, l'ancien remplaçant de Nick Oliveri allait-il multiplier les diverses apparitions louant ses services et son groove stoner ? La demande étant des plus faibles [1], Reeder se fit plutôt la main en produisant quelques albums appartenant ou non à cette sainte chapelle [2], en attendant la suite.

Après avoir composé dans son coin durant presque deux décennies son propre répertoire, Reeder sortit finalement en 2006 son premier et unique album solo intitulé TunnelVision Brilliance. A juste titre, au vu de la carte de visite du bassiste, l'amateur de rock pouvait s'attendre à un énième disque de stoner, classique, certes, mais sans surprise, Reeder invitant ici ou là quelques connaissances et amis comme souvent en pareil cas. C'était bien vite omettre la nature effacée (?) de notre homme, Reeder enregistrant l'archétype même de l'album solo, ce dernier s'occupant aussi bien seul, de la production, de la composition et de l'interprétation.

Solomon Kane - Michael J. Basset (2009)

Il est bon (quelquefois) de ne jamais se fier aux idées reçues, quand bien même ce retournement de situation aurait tendance à vous faire jouer contre nature. Des mois de persistance rétinienne nanar à vous titiller le nerf optique après la vision de l'affiche française [1], voici où en était le préposé à la chronique. Ajoutez à cela une accroche au potentiel nanaro-naveton des plus alléchantes ("combattre le mal par le mal"), le dénommé Solomon Kane du britannique Michael J. Bassett avait de quoi (r)éveiller nos plus bas instincts en sommeil depuis bien trop longtemps. Las, après une introduction « prometteuse », et malgré quelques défauts, le cinéphile déviant est forcé, à son plus grand dam, de poser un genou à terre, et d'admettre sa défaite : ce long métrage lorgne du côté de l'honnête série B.

Solomon Kane, personnage créé à l'origine dans les années 20 par l'un des pères de la fantasy Robert E. Howard (écrivain prolifique à l'existence brève [2], et plus connu par les non initiés comme l'auteur de Conan le Barbare), se voudrait l'incarnation d'un puritanisme guerrier. Or mauvais timing pour le long métrage et ses producteurs, celui-ci tourné en pleine Obamania [3], ne pouvait décemment (?) pas profiter des scories de l'administration Bush et de sa politique post-11 Septembre.

Defendor - Peter Stebbings (2009): Arthur Poppington VS. Captain Industry

A priori, tout du moins pour ceux de la génération du préposé, le premier rôle de Woody Harrelson, ayant marqué les esprits, est celui de Mickey Knox dans Natural Born Killers, le pamphlet provocateur d'Oliver Stone envers les médias et la violence véhiculée par ces derniers. L'autre film provocateur, enfin chez certaines ligues de "vertu" [1], qui permit d'assoir encore un peu plus la popularité du texan, fut le biopic autour du pornocrate Larry Flynt, mise en scène par un spécialiste du genre, Milos Forman [2].

Pourtant, si on doit garder une image du talent d'Harrelson dans un long métrage des 90's, ce n'est en aucun cas un des deux films cités précédemment, mais au contraire un film où celui-ci n'y joue qu'un rôle extrêmement secondaire, Des hommes d'influence. Une comédie de Barry Levinson satirico-visionnaire sortie juste un mois avant le crapoteux Monicagate, qui secoua la présidence de Bill Clinton. Film où l'acteur interprète le sergent William Schumann, un soldat quelque peu déphasé mentalement, et ex-futur otage martyr du conflit imaginaire étatsunio-albanais, créé de toutes pièces par des conseillers du président américain empêtré dans un scandale sexuel. En cinq malheureuses petites minutes, l'acteur en montrait finalement plus que durant cent vingt minutes de métrage, voici l'image que le préposé gardait de mister Harrelson. Alors en apprenant que pour son dernier film, l'acteur allait interpréter de nouveau un benêt se prenant désormais pour un superhéros, la curiosité du préposé fut aussitôt éveillée.