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Hommage à Lina Romay (1954-2012)

Pouvait-il en être autrement depuis l'annonce officielle d'hier soir. Comment ne pas rendre un hommage, même humble, à Lina Romay, l'éternelle Comtesse noire du cinéma bis qui nous a quittés le 15 février dernier. Muse et compagne du prolifique Jesús Franco, Lina fut sans conteste l'une des grandes figures du cinéma d'exploitation des années 70. Coïncidence anecdotique, le préposé apprit la triste nouvelle hier soir de la bouche de sa dame bottée, quelques minutes après avoir mis à jour justement la chronique la plus populaire du RHCS, celle de Doriana Grey.

Apparue comme dans un rêve aux dires de Franco, la jeune Rosa Maria Almirall surgit dans la vie du réalisateur ibère à une époque où il connu deux terribles évènements personnels : la mort accidentelle de sa première muse, la poupée psychédélique Soledad Miranda (Vampyros Lesbos, Les nuits de Dracula, Eugénie de Sade) en 1970, et la fin de son premier mariage. Une période de solitude et de tristesse qui cédera sa place à une histoire d'amour, une collaboration et une symbiose artistique où les deux amants deviendront indissociables, indivisibles [1] redéfinissant à eux seuls la notion de partage et de création.

Cronico Ristretto : Marco Perrin - Jérémy Kaplan (2011)

Rares sont les occasions de pouvoir chroniquer l'oeuvre d'un de ses plus vieux lecteurs : un documentaire mais aussi et surtout le fruit d'une aventure humaine et d'une obstination, celle d'un jeune passionné de cinéma décidé à rendre hommage à l'un des seconds rôles oubliés du cinéma français, Marco Perrin.

Figure récurrente du cinéma populaire hexagonale des années 60 jusqu'au début des années 80, Jean Marco Markovitch dit Marco Perrin comme bon nombre de ses pairs habitués aux rôles mineurs (1), aura marqué l'inconscient collectif par sa bonhomie et son accent méditerranéen. Cet homme de théâtre compte ainsi une filmographie gargantuesque, de la figuration la plus improbable (Les Vikings de Richard Fleischer), à des seconds rôles plus consistants (Les Valseuses, Comme la lune de Joel Séria) et une ribambelle de navets croisés nanar qui ferait déborder d'émotions le premier préposé déviant à la chronique venu, c'est à dire moi (Prends ta rolls et va pointer, Belles, blondes et bronzées, Le gendarme et les extra-terrestres). Mais en 1983, frappé d'hémiplégie, Marco fut contraint et forcé de mettre un terme à sa carrière...

Abbey Lincoln (1930-2010)

Triste nouvelle, une de plus pourrait-on ajouter pour les amateurs de jazz, si ces derniers n'étaient pas habitués à cette fatalité, l'une des dernières grandes voix, sinon la dernière grande voix noire du 20ème siècle vient de s'éteindre à 80 printemps passée, le 14 août dernier. Abbey Lincoln n'est plus.

Connue pour son engagement pour les droits civiques dans les années 60 aux côtés de son mari et mentor, le batteur de jazz Max Roach, participant aux premières manifestations contre la ségrégation, Abbey enregistra aussi plusieurs disques engagés tel son album solo Straight Ahead (1961) ou sur l'historique We Insist! Max Roach's Freedom Now Suite de Roach sorti l'année précédente. Blacklistée très rapidement par les labels américains désirant la cantonner dans un rôle de belle chanteuse aseptisée du fait de sa plastique avantageuse, il a fallu attendre la deuxième moitié des années 80 pour revoir celle qui fut, à juste titre, considérée comme la digne héritière de Billie "Lady Day" Holiday [1].
  
En guise d'humble hommage et en dépit des propos de la dame, celle-ci considérant son disque de 1961 comme son premier véritable disque, je reprendrai une ancienne chronique consacrée à son album précédent, Abbey is Blue, celui qui m'a fait découvrir cette grande dame.