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Brigitte Lahaie les films de culte - Cédric GrandGuillot Guillaume Le Disez (2016)

Résumé de l'épisode précédent : octobre 2015, assurés du soutien de Brigitte Lahaie, Cédric Grand Guillot et Guillaume Le Disez se lancent dans le projet inédit de raconter la carrière cinématographique de l'icône du cinéma d'exploitation hexagonal, de ses jeunes années X à sa carrière dans le bis européen de la fin des années 70 au mitan des années 2000. Après deux collectes réussies sur une plateforme de financement participatif (la seconde étant consacrée principalement à la réalisation de la nouvelle mouture du Disque de culte), et un passage remarqué au Forum des Images lors du Festival du Film de Fesses les 22 et 23 juin 2016, où un hommage à Brigitte Lahaie fut organisé par Cédric Grand Guillot et Guillaume Le Disez (1), le projet se concrétisa fin de l'année 2016 avec la sortie du livre tant attendu.

Deux kilos deux cent trente grammes sur la balance, trois cent cinquante-deux pages au compteur pour plus de cinq cent photos (2), Brigitte Lahaie, les films de culte a tout d'une bible. D'un contenu centré sur l'icône Brigitte Lahaie, le livre n'en demeure pas moins un précieux témoignage d'une époque à jamais révolu, que l'on soit fan ou non de la dame. Actrice de plus d'une centaine de films, dame Brigitte imposa sa sculpturale présence dans à peu près tous les genres que comptaient le cinéma d'exploitation des années 70-80, en marge des grosses productions, la sexploitation bien évidemment hard ou softcore, mais également le cinéma fantastique en devenant la muse du réalisateur Jean Rollin (on y reviendra), plus d'autres apparitions diverses et variées comme sa collaboration avec la société familiale Eurociné de Marius Lesoeur (3), sa parenthèse policier hard boiled dans L'exécutrice (1985) de Michel Caputo (4), sans oublier sa rencontre avec René Château, qui produira Les prédateurs de la nuit (1988) réalisé par Jess Franco.   

Kikobook - Gérard Kikoïne (2016)

Livre de souvenirs d'une époque à jamais révolue, quand la liberté sexuelle post-soixante-huit ouvrit la voie à l'âge d'or du cinéma pornographique français, le Kikobook de Gérard Kikoïne poursuit avec humour, et un brin de nostalgie, la précédente et glorieuse entreprise compilatoire menée par Christophe Bier et son indispensable Dictionnaire des longs métrages français pornographiques et érotiques en 16 et 35 mm. Petit rappel des faits. Acteur et spectateur privilégié « des dessus et des dessous » de cette période dorée, Gérard Kikoïne, « Kiko » pour les intimes, lançait début mars 2015 son projet culte sur la plate-forme de financement participatif Ulule, afin de pouvoir payer l'impression des premiers exemplaires. Près d'une année passée, le réalisateur de Parties fines sortait le jour de la Saint Valentin, son tant attendu « livre d'Amour » de ses « films d'Amour » aux Éditions de l'œil.

Livre appelé à devenir, n'en doutons pas, un précieux témoignage des débuts hexagonaux du genre, le Kikobook est autant, donc, un livre de souvenirs personnels où se croisent nombre de joyeuses anecdotes, qu'un inventaire des secrets de production et de réalisation des films signés Kiko durant sa brève carrière dans le X entre 1977 et 1982. Richement doté d'une collection de photographies de tournage parcourant ces six années, dont plus d'une cinquantaine in-situ inédites, celles-ci apportent, en sus des divers confidences qui closent le Kikobook, un regard éclairant sur cet artisanat (disparu) de la fesse (rieuse) sur pellicule, dont Kikoïne fut l'un des dignes représentants. Culte on vous a dit. Mais n'allons pas trop vite.

Le journal intime d'une nymphomane - Clifford Brown (1972)

Si Daniel Lesoeur, Harry Alan Towers et Erwin C. Dietrich restent irrémédiablement associés à la filmographie de Jesús Franco, on aurait tort d'oublier l'autre grand mécène de la cause déviante francienne, Robert de Nesle et sa société le Comptoir Français du Film Production (CFFP). Véritable pourvoyeur de cinéma en tout genre, le producteur rouennais rencontra le cinéaste madrilène peu avant la mort accidentelle de sa muse Soledad Miranda. Après une première rencontre en qualité de producteur associé pour Les cauchemars naissent la nuit (1970), les deux hommes entamèrent une série de collaborations fructueuses et frénétiques de 1972 à 1978, des Ébranlées aux Emmerdeuses, en passant par la trilogie "culte" récemment réédités par Artus films : La comtesse perverse, Plaisir à trois et Célestine... bonne à tout faire [1], puis le film qui nous intéresse ici : Le journal intime d'une nymphomane (édité depuis en Blu-ray par les bons soins du Chat qui fume en 2018).

Ortiz (Manuel Pereiro) assiste dans un club au show lesbien de Linda Vargas (Montserrat Prous) et Maria Toledano (Kali Hansa). Bientôt rejoint par Linda, ils profitent de l'instant en buvant plusieurs bouteilles de champagne jusqu'au petit matin. Fortement éméché, l'homme est conduit par la jeune femme vers une chambre d'hôtel non loin du port, où croit-il, elle lui proposera ses faveurs. Passé quelques caresses, Ortiz s'écroule de sommeil. Linda en profite pour téléphoner à la police, et lui indique le meurtre d'une femme, puis elle se tranche la gorge avec le poignard qu'elle dissimulait dans son sac à main. Arrivés sur les lieux, les deux inspecteurs constatent les faits : une jeune femme nue allongée contre son présumé assassin tient l'arme du crime dans sa main gauche. Suspecté immédiatement du meurtre, Ortiz clame son innocence à l’inspecteur Hernandez (Jesús Franco), ainsi qu'à sa femme Rosa (Jacqueline Laurent). Ecoeurée par ce mari qu'elle croyait connaitre, cette dernière accède néanmoins à sa demande d'aide. Sur une information donnée par l'inspecteur, Rosa part rencontrer l'une des connaissances de Linda, la comtesse Anna de Monterey (Anne Libert), afin de prouver l'innocence de son époux.