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Maîtresse - Barbet Schroeder (1976)

Après son documentaire remarqué consacré au dictateur ougandais Général Idi Amin Dada, Autoportrait, Barbet Schroeder revenait à la fiction pour son film suivant avec un sujet de nouveau propre à en dérouter plus d'un : le sadomasochisme. Or si le cinéma s'y était déjà intéressé de manière sporadique et anecdotique, à quelques exceptions près, Maîtresse bousculait les codes autant sur le fond que sur la forme. Jamais cette pratique n'avait été filmée aussi frontalement. Inspiré par les confidences d'une dominatrice professionnelle, le scénario signé par Barbet Schroeder et Paul Voujargol s'éloignait des précédentes incursions et lieux communs du cinéma d'exploitation pour explorer une facette alors méconnue du masochisme. Cousine éloignée de Belle de jour de Luis Buñuel, Maîtresse brosse ainsi le portrait d'une romance non conventionnelle entre une jeune professionnelle, qui exerce principalement sa domination sur la gent masculine, et un jeune provincial découvrant cet univers jusqu'alors inconnu. Offrant un nouveau point de vue sur ces hommes et ces femmes devenus par choix objets soumis à leurs plaisirs et à celui de leur maîtresse, ce film provocateur est dans les salles dans une nouvelle restauration depuis le 21 avril dans le cadre de la rétrospective du réalisateur au Centre Pompidou, et en DVD et Blu-Ray dans le coffret collector sorti le 26 avril dernier.

Arrivé à Paris, Olivier (Gérard Depardieu) rejoint, non loin de la gare d'Austerlitz, Mario qui vend des livres d'art en porte-à-porte. Accompagnant son ami au cours de ses prospections, les deux hommes font la connaissance d'Ariane (Bulle Ogier) qui leur promet d'acheter tous leurs livres s'ils arrêtent l'inondation de sa salle de bain. Lui indiquant qu'elle ferait mieux de prévenir les propriétaires de l'appartement du dessous, Mario et Olivier apprennent que le quatrième étage est bien inoccupé comme le laissait transparaître les volets fermés depuis la cour de l'immeuble. La même nuit, les deux hommes reviennent pour le cambrioler. Mais le butin s'avère décevant. Pire, ils se retrouvent face à Ariane, vêtue d'une tenue de cuir. Elle les libère, moyennant un petit « service » de la part d'Olivier…
   

Général Idi Amin Dada, Autoportrait - Barbet Schroeder (1974)

Collaborateur aux Cahiers du Cinéma, fondateur de la société de production Les films du losange à seulement 22 ans, réalisateur de deux premiers longs métrages emblématiques de la culture hippie mis en musique par Pink Floyd, More et La Vallée, Barbet Schroeder surprit une fois de plus en 1974. Sur une idée du producteur Jean Pierre Rassam désirant produire pour la télévision une série de documentaire sur des chefs d'État, le cinéaste Suisse décidait de mettre en scène un film sur le récent président à vie autoproclamé ougandais, le Général Idi Amin Dada. Fasciné par ce personnage au pouvoir depuis son coup d'État en 1971, Barbet Schroeder contacta le dirigeant ougandais, se mettant de ses propres mots "à son service" afin de réaliser un autoportrait du Général, tout en lui cachant bien la nature réelle de l'entreprise, montrer implicitement le caractère dictatorial et grotesque de son régime. Ce documentaire unique est de nouveau dans les salles depuis le 21 avril dans le cadre de la rétrospective du réalisateur au Centre Pompidou, et en DVD et Blu-Ray dans le coffret collector [1] sorti le 26 avril dernier.
   

La vierge des tueurs - Barbet Schroeder (1999)

Dans le cadre de la rétrospective Barbet Schroeder qui se tient au Centre Pompidou du 21 avril au 11 juin 2017, Carlotta édite le 26 avril prochain un coffret collector DVD & Blu-Ray consacré au cinéaste suisse incluant cinq longs métrages, réalisés entre 1974 et 1999 : Général Idi Amin Dada, Autoportrait, Maîtresse, Koko, le gorille qui parle, Tricheurs et celui qui nous intéresse, La vierge des tueurs dans une version restaurée. Ajoutons à ce coffret la sortie simultanée, des Charles Bukowski Tapes (pour la première fois en DVD) ou l'intégralité des cinquante entretiens réalisés par Barbet Schroeder avec l'auteur Des contes de la folie ordinaire, trois années avant leur projet commun, le désormais classique Barfly (1987).

Après trente ans d'absence, l'écrivain Fernando Vallejo (Germán Jaramillo) qui a perdu le goût de vivre revient à Medellín pour y mourir. Dans un bordel de garçons tenu par une de ses plus anciennes connaissances, il rencontre Alexis (Anderson Ballesteros), un adolescent de seize ans issu des quartiers pauvres. Une relation d'amour s'établit immédiatement entre le vieil écrivain et le jeune homme. Dernier survivant d'un gang dont tous les membres ont été éliminés, désormais condamné à mort par une bande rivale d'un autre quartier, la vie d'Alexis à l'instar de celle de Fernando est en sursis. Ils s'installent ensemble chez Fernando, passant leurs journées à déambuler dans la ville gangrenée par la violence. Malgré les protestations de Fernando, Alexis tue plusieurs fois pour le défendre, le poussant irrémédiablement vers une spirale morbide à l'issue fatale…