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Cronico Ristretto : L'alliance - Christian de Chalonge (1970)

Deuxième long métrage de Christian de Chalonge, L'alliance s'écartait de la veine semi-documentaire de son précédent film, Prix jean Vigo 1968, O Salto, dont le sujet était l'immigration portugaise au crépuscule de la dictature salazarienne. Adaptation par (et avec) Jean-Claude carrière de son roman éponyme publié en 1962, le film marquait la première incursion de son réalisateur dans l'étrange, à l'orée du fantastique, avant sa chronique paysanne post-apocalyptique onze ans plus tard nommée Malevil.

Vétérinaire de profession, Hugues Tribois (Jean-Claude Carrière) fait appel aux services de l'agence matrimoniale Duvernet afin de trouver une épouse. Un jour, il rencontre Jeanne (Anna Karina), jeune femme qui correspond idéalement à son unique critère, celui de posséder un appartement suffisamment grand où il pourrait installer son cabinet. Le couple se marie dans la foulée. Au retour de leur voyage de noce en Bretagne, Hugues emménage chez Jeanne. De ce mariage de raison, nourri des absences répétées de Jeanne chaque après-midi, et de la découverte dans la penderie fermée à clef d'affaires appartenant à un homme, nait un sentiment de paranoïa et de jalousie maladive de la part du quadragénaire...

Tant qu'on a la santé - Pierre Etaix (1966)

Véritable révélation il y a peu pour le préposé docteur (mais mieux vaut tard que jamais pour reprendre l'adage populaire), en n'oubliant pas sa brève apparition lors du Bressonien Pickpocket (1959) en avril dernier, le comique universel de Pierre Étaix se devait d'être enfin présenté convenablement ici même. Tant qu'on a la santé, troisième long métrage d'une courte filmographie de cinq longs et plusieurs courts essentiellement tournés et écrits avec son complice Jean-Claude Carrière dans les années 1960, fait suite au remarqué Yoyo, primé lors du Festival de Cannes de 1965. Film sorti initialement en 1966, le cinéaste remonta une nouvelle version définitive cinq années plus tard. En 2010, après des années de procédures judiciaires [1] et deux décennies d'invisibilité, l'auteur retrouva finalement les droits sur son œuvre cinématographique. Ses films, désormais restaurés, pouvaient à nouveau être diffusés au plus grand nombre.

Tant qu'on a la santé est scindé en quatre parties indépendantes intitulées : Insomnie, Le cinématographe, Tant qu'on a la santé et Nous n'irons plus aux bois. Le court métrage Insomnie, tourné à l'origine en 1962 fut en fait inclus dans la nouvelle version de 1971, tandis que la séquence originelle prénommé En pleine forme est ressortie en 2010. Divertissement intemporel en quatre tableaux distincts, ce dernier se distingue par son comique visuel, hommage éternel aux rois du burlesque qu'étaient Buster Keaton ou le français Max Linder.

Le diabolique docteur "Z" / Dans les griffes du maniaque - Jess Franco (1965)

Chroniqué l'année dernière, Sie tötete in Ekstase de Jesús Franco, avait l'apparente « particularité » d'être la relecture d'un précédent long métrage réalisé par son auteur : Le diabolique docteur "Z". Vampée par sa muse Soledad Miranda, cette mariée en noir séduisait, puis causait la perte des quatre médecins responsables du suicide de son défunt mari. Or, cinq années auparavant, le cinéaste madrilène avait usé du même stratagème vengeur, offrant à l'occasion l'un de ses meilleurs films, ou la synthèse des thèmes, passés et futurs, chers au réalisateur de L'horrible Docteur Orlof.

Au congrès international de neurologie, le professeur Zimmer (Antonio Jiménez Escribano) présente à ses pairs le sujet de ses travaux : l'étude des centres nerveux moteurs. A l'instar des précédentes recherches du controversé docteur Orloff, Zimmer prétend que certaines parties des lobes cérébraux et de la moelle épinière pourraient déterminer, d'une part les bonnes actions, d'autres part les mauvais actions des êtres vivants. Le mal n'aurait ainsi qu'une origine purement physiologique. Grâce aux dénommés rayons Z capables d'éliminer, de neutraliser, ou d'exacerber ces centres moteurs, le professeur conclut son exposé par la possibilité de métamorphoser les maniaques et assassins en êtres « normaux ». Demandant la permission de pouvoir continuer le fruit de ses recherches sur un être humain, Zimmer se fait prendre violemment à partie par ses collègues, ces derniers lui interdisant formellement de poursuivre ses honteuses expériences. Zimmer, choqué et meurtri par ces réactions violentes, meurt peu après d'un infarctus, jurant à sa fille Irma (Mabel Karr) dans un dernier souffle de continuer ses travaux...