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Funky Front Covers - Part XIV

Une décennie a passé, le préposé a cédé les clefs du RHCS cette année à sa collègue Miss Magenta, mais le rendez-vous annuel de la fin du mois de décembre, les Funky front covers ©, reste immuable, le meilleur du pire des pochettes les plus insolites, sexuées ou sexistes des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80 est toujours au rendez-vous. En vous souhaitant à toustes nos meilleurs vœux, chantons tous l'avènement de cette quatorzième saison. 

En guise de mise en bouche, et débuter ainsi en douceur cette nouvelle saison, offrons nous le meilleur du déguisement offert par la gent masculine :

  

Funky Front Covers - Part XIII

Comme chaque année, depuis désormais une décennie, voici le rendez-vous annuel de la fin du mois de décembre où le RHCS convie les amateurs et amatrices de sensations fortes. Non content de vous souhaiter nos meilleurs vœux, chantons tous l'avènement de la treizième saison des Funky front covers ©, ou le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.

Classique parmi les classiques, afin de débuter en douceur cette nouvelle saison, avant de débrider par la suite nos sens, offrons nous une mise en bouche à base de déguisement :


Funky front covers - Part XII

Chantons tous son avènement ! Depuis plus de dix ans, chaque année, nous attendons cet heureux temps, celui des Funky front covers ©. Ouvrons dès lors ensemble leur douzième édition, ou le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.

Depuis leur création en 2008, l'attentat dit capillaire est devenu au fil du temps un passage obligé, du moins un hors d'œuvre pictural à consommer sans modération :


Funky front covers - Part XI

Avec un peu de retard sur le calendrier des festivités, ouvrons ensemble en cette dernière semaine de l'année 2017 la onzième édition des Funky front covers ©, ou le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80. Chaud devant !

A l'heure où les nantis se prélassent durant les fêtes de fin d'année sous les tropiques, jetons un œil en guise de mise en bouche sur les pochettes à la gloire du maillot de bain :

    

Funky front covers - Part X

Jouez hautbois, résonnez musettes ! Elles sont de retour, chantons tous l'avènement de la dixième saison des Funky front covers ©, ou une fois encore, le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.

Commençons en douceur, et offrons à notre lectorat féminin en guise d'apéritif quelques conseils avisés en matière de mode capillaire eighties :

  

Funky front covers Part IX

A l'heure de la traditionnelle dinde aux marrons et des cadeaux débordant par milliers, ouvrons notre boîte de Pandore annuelle, et célébrons (déjà) comme il se doit cette neuvième saison des Funky front covers ©, à la gloire du meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.

En guise d'amuse-bouche avant de verser gaiement dans le stupre à paillette, offrons à notre lectorat une mise en abyme salvatrice en piochant dans le bac à vinyles du supposé sage jazzophile.

  

Live report : Roy Ayers - New Morning, Paris, 30 mars 2015


En paraphrasant le slogan d'une radio parisienne (celle-là même qui apparaît sur l'affiche du concert pour ne pas la nommer), le vibraphoniste étasunien Roy Ayers symbolise parfaitement l'idée du Grand Mix. Apôtre des musiques black 70's, à la croisée du jazz, du funk et de la soul, si Ayers n'atteignit pas la popularité d'un Stevie Wonder au près du grand public, son influence et sa notoriété, auprès des jeunes générations, ne s'est fort heureusement jamais démentie. Devenu parrain de la Neo-Soul au mitan des années 90, au même titre qu'un des artistes les plus samplés/remixés par les DJs du monde entier, l'homme n'usurpe pas, cinq décennies après ses débuts, son statut de légende.

Concert affichant complet le soir même, cet habitué du New Morning (neuf passages en moins de quinze ans) put une fois encore compter sur un public parisien assidu, répondant à l'appel de ce grand Passeur (1).

 

Funky front covers Part VII

Comme le veut la tradition initiée depuis plusieurs années, la rédaction du Rocky Horror Critic Show vous souhaite conjointement ses meilleurs vœux et vous propose ses Funky front covers ©, soit le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexy des musiques funk, disco et consorts.

Et quoi de mieux pour débuter qu'une série consacrée aux éphèbes et autres jeunes hommes avenants, propres à remémorer les premiers émois de notre lectorat féminin ? 

  

Funky front covers VI - Part Two

Chose promise, chose due : le Rocky Horror Critic Show offre pour la nouvelle année une seconde session des Funky front covers © ; une version 6.2, ajouterait l'érudit agent comptable, haute en couleurs et en sensualité, mais n'allons pas trop vite...

La semaine dernière, quelques éphèbes triés sur le volet avaient ouvert le bal. La formule ayant été approuvée, et offert satisfaction, nous reprenons la même formule en étoffant davantage le nombre des protagonistes...

                

Funky front covers VI - Part One

A l'heure où notre lectorat sera gavé de dinde aux marrons et de cadeaux débordant par milliers, ouvrons comme il se doit cette sixième saison (et uiii) des Funky front covers ©. Une saison débordante à plus d'un titre, l'agent comptable trop heureux d'avoir évité l'apocalypse, nous a permis en ces temps d'austérité de doubler notre budget et de scinder ces traditionnels FFC en deux parties (ouah !). Le rendez-vous est donc déjà pris pour la nouvelle année !

La saison précédente s'était volontairement éloignée du funk et disco originel pour mieux proposer d'autres horizons plus exotiques. 2012 année « normale » oblige, un retour aux fondamentaux semblait primordial et de bon aloi. Voici donc le premier volet du meilleur des années 70 et 80 en matière de musique funky !

Ayant toujours été à l'écoute de notre lectorat féminin, il était de bon ton de débuter cette session par des éphèbes au corps avenant et à la musculature saillante. 

            

Live report : Tindersticks à La cigale - 07/11/2012

Voir pour la première fois les Tindersticks s'annonçait une soirée riche en émotion, qui plus est à la découverte des nombreux obstacles qui apparurent lors de ce second concert parisien en support à leur dernier album, le très bon The Something Rain.

Arrivés trop tard pour apprécier les deux premiers groupes Mermonte et Daughter (laissons leur le bénéfice du doute), le préposé et sa dame eurent le loisir de profiter de la performance de la deuxième tête d'affiche de cette troisième soirée du Festival Inrocks, à savoir Lambchop... enfin subir serait plutôt le qualificatif approprié tant la formation étasunienne aura marqué nos esprits par une présence des plus pénibles, l'ambiance festive émanant des happy few offrant le seul contre point salvateur à cette purge pour cowboys neurasthéniques. Guidé par un Kurt Wagner collé à sa chaise, au morne charisme et la voix douteuse (imitant néanmoins avec un certain talent le grabataire radoteur), le set d'une heure seulement (?!) s’avéra sinon un supplice, tout du moins un passage obligé et douloureux avant l'entrée des élégants britanniques (1). Mais la soirée n'en avait pas fini avec son lot de déconvenues et de surprises...

Funky front covers part V

En partenariat cette année avec les talentueux Mario Labs ®, ouvrons comme le veut la tradition la nouvelle saison des Funky front covers © pour une mise en ligne croisée en mondovision à la gloire des pochettes sexy, déviantes ou par mégarde ridicules que les décennies passées ont pu offrir à la plèbe amatrice de débordement visualo-musical.

Et pour fêter cette cinquième édition, toute l'équipe (bon ok, le préposé et l'agent comptable...) a décidé de s'éloigner momentanément du funk originel (bouuuuuh!!!) pour d'autres horizons plus exotiques (aaaah!!), en gardant à l'esprit bien évidemment l'essence même des funky covers : une ode aux corps moites et à la chair frémissante.

En préambule, afin de solder les comptes pour reprendre les termes poético-financier de notre agent préféré, et avant de s'enfoncer irrémédiablement vers le grotesque (oh, l'autre!), il est bon de se rappeler qu'une femme nue n'est pas forcément un argument facile de vendeurs de soupe (gniiii?)... tout du moins pas forcément comme le prouvent les trois exemples suivants.

         

How I Got Over - The Roots (2010)

How I Got Over ou la nouvelle offrande des années paires [1] de la formation en provenance de Philadelphie, The Roots. Après un Rising Down légèrement en demie-teinte, Black Thought et ?uestlove remettent le couvert. Rising Down avait laissé un sentiment mitigé, un album en quelque sorte "mineur", son prédécesseur Game Theory lui faisant bien trop d'ombre, en dépit de ses atmosphères paranoïaques et denses avec cette constante, cette capacité à écrire des chansons mélancoliques ne laissant jamais la place au pathos à l'instar d'un Radiohead [2]. Criminal issu de ce désormais avant-dernier disque pourrait dès lors servir de lien ou de transition idéale, How I Got Over ou un savant équilibre entre l'engagement et la tristesse.

Comme à leur habitude, les deux têtes pensantes ont fait appel à nombre de featuring, des habitués de plus ou moins longue date (Dice Raw, Peedi Peedi, Porn), quelques nouveaux venus pouvant laisser craindre un affadissement voire un ratage du fait de leur provenance musicale (Monsters of Folk, Joanna Newson) et d'autres (supposés) plus proches de leurs aspirations (Blu, John Legend, Phonte Coleman). Dans le deuxième cas de figure, voir effectivement se côtoyer deux groupes ou artistes catalogués Indie Folk attisait autant la curiosité que le doute... s'il ne s'agissait pas des Roots. Et on dénote même, sinon une prise de risque tout du moins, une ambition réelle de la part du combo de Philly. Quand bien même l'Indie Folk aurait le vent en poupe ces derniers temps, la facilité aurait été de faire appel à des personnalités plus à même de toucher un large public, les passerelles entre la pop et le hip-hop ayant déjà fait ses preuves depuis de nombreuses années [3].
 

Les sept morceaux qui tournent en ce moment III


Pyramid of The Moon - Shrinebuilder [2009]

2009 aura vu l'une des belles surprises du doom metal et apparenté, un casting de luxe pour un supergroupe qui ô joie n'enquille pas les déceptions et autres désillusions à grand renfort de publicités ravageuses. Cela dit, qui à part un amateur de riff rampant peut s'émerveiller de voir Scott "Wino" Weinrich des cultes St Vitus/The Obsessed, Scott Kelly le leader de Neurosis, le bassiste de Om/Sleep Al Cisneros et rien de moins que le batteur des Melvins, Dale Crover au sein d'une même formation? Un casting de luxe, pour un album réjouissant, mise en boîte en seulement trois jours, où chacun apporte sa touche personnelle à des compositions bien plus inspirées que les dernières productions des dits musiciens: tel Wino et sa science stoner, baroudeur d'un psychédélisme mal embouché ou Cisneros nous conviant le temps d'un Pyramid of The Moon à une de ses transes stoner dont il a le secret. Shrinebuilder ou l'exception confirmant la règle que quelquefois, supergroupe ne rime pas avec baudruche. Le 20 avril à La Maroquinerie sur Paris.

Blackmagic - José James (2010)

Il aura certes fallu attendre mars pour avoir enfin la trace d'un album paru cette année, soit une preuve supplémentaire, s'il en était besoin, d'admettre que cette espace bloguesque se veut avant tout passéiste? Et pourtant nous avions clos l'année précédente par l'album groove de 2009, dès lors pourquoi ne pas débuter cette première chronique avec l'un des albums groove les plus épatants de 2010, le second album de José James, Blackmagic?

Après diverses expériences plus ou moins malheureuses dans son pays d'origine, le chanteur américain signa son premier album sur le label de Gilles Peterson, Brownswood Recordings, traversant ainsi l'Atlantique pour emménager définitivement du côté de Londres. The Dreamer, sorti en 2008, fut dès lors très vite remarqué par la critique US avec comme particularité d'avoir été nommé dans la catégorie des 50 meilleurs albums de Jazz cette même année (position 21), le célèbre magazine Downbeat le plaçant même dans le top 10 des chanteurs de jazz à suivre... tandis que ce dernier n'eut droit à aucune sortie physique sur le territoire nord-américain... étonnant, non?

Soul Power - Jeffrey Levy-Hinte (2009)

Trente cinq ans environ, soit presque une éternité, il aura fallu attendre pour enfin jouir du spectacle proposé en prélude au combat du siècle, le titanesque Rumble in the Jungle opposant Mohammed Ali contre George Forman, ou le fameux festival Zaire '74 qui a vu se côtoyer la crème de la musique noire américaine et celle de la musique africaine australe. Des préliminaires qui furent d'autant plus longs puisque les premières véritables images du show furent montrées lors du désormais culte When We Were Kings, sorti en 1996, retraçant les préparatifs du combat Ali/Forman en terre zaïroise. Douze années d'attente et d'espérance pour un résultat forcément marquant, un film retraçant intégralement ces trois jours de concerts. Retour sur une page historique de la musique (noire).

Avec le soutien des producteurs de When We Were Kings, Leon Gaste et David Sonenberg, en terminant le montage du documentaire, le réalisateur Jeffrey Levy-Hinte s'est attelé à la réalisation d'un nouveau documentaire Soul Power au vu des centaines d'heures de rushes de cette aventure humaine (ou résumer douze heures de concert en moins de quatre vingt-dix minutes). Comme le rappelle pertinemment le film, si le combat Rumble in the Jungle fut à l'initiative de Don King, le festival est l'œuvre du trompettiste sud-africain Hugh Masekela et du producteur étasunien Stewart Levine, ces derniers voulant réunir sur une même affiche la musique noire issue des deux continents. Un projet symboliquement fort où il s'agissait de montrer à la fois les préparatifs et l'organisation du festival, les interviews des musiciens et bien sûr des extraits de concert.

Kamaal the Abstract - Q-Tip (2009)

Quoi de mieux pour terminer l'année passée que... d'attirer l'attention sur un des albums oubliés de 2009. Au choix : une négligence ou une faute de goût. Réparons donc une injustice, tout en se drapant de cette suffisance que tout bon justicier à la chemise légère se doit de présenter en guise de faire-valoir, quand il s'agit de défendre un album négligé par la plèbe indie ou les classements de fin d'année proposés par quelques amateurs apparemment éclairés.

Q-Tip et sa formation A Tribe Called Quest, deux noms qui sonnent et résonnent encore dans la tête de nombreux trentenaires nostalgiques comme l'un des MCs et groupes de hip-hop les plus imaginatifs et aventureux qui marquèrent tant d'esprits durant la première moitié des 90's. Chantre d'un style, la Native Tongue, faisant certes peu d'émules, comparé aux enfants du gangsta ou du rap West-Coast mais qui ouvrit la voie aux non moins talentueux The Roots et autres artistes de hip-hop souhaitant se démarquer d'avantage des poncifs véhiculés par le genre au fil des années 90, et disons le tout de suite, artistes plus soucieux du fond que de la forme, proposant ainsi aux plus sceptiques et contradicteurs primaires une alternative crédible aux deux genres populaires cités plus haut.

Station to Station - David Bowie (1976)

Écrire la critique d'un de ses albums préférés est en général un exercice des plus périlleux, comprendre autant un art délicat qu'une acrobatie hasardeuse. Pour clore cette session finale du David Bowie Blog Tour 2009, le hasard aura encore joué un très joli tour au préposé, après le classique de 1977 Low, il eut droit de sortir du chapeau SON disque de David Bowie : Station to Station.

Comme l'a remontré ce judicieux Blog Tour, aussi bien pour les stagiaires en rock'n'roll attitude que pour les mécréants ne retenant comme passage à vide que l'après Scary Monsters, sa seigneurie David Jones a connu également un ventre mou au mitan des années 70. Dès 1973, après un album de reprises que l'on nommera poliment de dispensable et un dernier coup de collier glam rock synonyme de coup dans l'eau (tiède), Bowie traverse l'Atlantique pour débuter "sa période américaine" et enfin en terminer définitivement avec le style musical qui l'a porté aux nues. L'artiste protéiforme signe dès lors un nouveau virage et fait rare dans la musique, ce tournant ne coïncide pas avec la sortie d'un nouveau disque, fruit de nouvelles expériences studio, mais lors de la tournée promotionnelle à son nouvel album intitulé Diamond Dogs.
  

Inner City Blues - Grover Washington, Jr. (1972)

Souvent, à raison, comparé au même type de curée que peut être l'inoffensif et fade soft rock, le smooth jazz des débuts n'a pourtant peu de points communs avec ce "rock" anémié qui pollue encore et toujours la bande FM. Affadi, dirons-nous modestement, au cours des années en délaissant ses racines soul ou funky, le genre est devenu putassier, propre à plaire à un public de vieilles WASP ménopausées [1], ou dans le meilleur des cas, offrir un ameublement sonore idéal pour les soirées cocktail aux plus valeureux experts-comptables de la COGIP. 

Mais durant les 70's, quand bien même les puristes voyaient d'un mauvais œil le revirement de certains jazzmen établis pour ce genre ultra léché voire totalement surproduit [2], force est d'admettre qu'il serait dommage de tout jeter sans discernement. A titre d'exemple, Creed Taylor a certes produit des albums foncièrement commerciaux dans le mauvais sens du terme, mais d'autres restent encore aujourd'hui des classiques du jazz (Power of Soul d'Idris Muhammad). Le premier album de Grover Washington, Inner City Blues, pourrait ainsi aussi, à ce titre, faire cas d'école concernant cette dernière catégorie.

Le jeune saxophoniste, qui pour l'anecdote rencontra un certain Billy Cobham lors de son passage dans l'US Army [3], eut en effet l'opportunité d'enregistrer assez tôt son premier album solo, à l'âge de 27 ans, sa bonne étoile ayant décidé rapidement de lui porter chance. Le saxophoniste Hank Crawford ne pouvant se libérer pour une session d'enregistrement pour la filial soul-jazz de CTI, Kudu Records, Creed Taylor proposa ainsi au supposé inexpérimenté, Grover Washington, d'endosser le costume de leader pour la première fois. Enregistré en septembre 1971 sous la férule du producteur Bob James, l'album Inner City Blues, qui comme son nom le laisse deviner [4], est avant tout un album de reprises de soul, mais pas seulement. La set-list d'Inner City Blues croise en effet à la fois des futurs standards tel que l'intemporel Ain't No Sunshine de Bill Withers (sorti tout juste en septembre de la même année) mais aussi d'autres standards de la culture américaine tels que le blues Georgia on My Mind popularisé onze ans plus tôt par Ray Charles ou l'intemporel I Loves You Porgy de George et Ira Gershwin. Et histoire de calmer les esprits chagrins flairant le disque opportuniste (c'est vrai que sur le papier, on est en droit d'être dubitatif), ce premier album propose une version atypique d'une chanson de l'artiste folk Buffy Sainte-Marie Until It's Time for You to Go, tout comme une relecture du thème principal d'une obscure bande originale, sortie en 1971, du duo J.J. Johnson et Q [5], Man and Boy.

Inner City Blues s'ouvre par le classique de Marvin Gaye, introduite par la basse funky et ronde de l'incontournable Ron Carter et accompagnée pour l'occasion par le percussionniste brésilien, compagnon de route de Chick Corea au sein du Return Forever, Airto Moreira. Une reprise teintée de sophistication, tout comme celle de Mercy Mercy Me (The Ecology), mettant en lumière le talent de composition de Marvin Gaye, tout en évitant le piège de la préciosité. Appuyée par le souffle chaud et inspiré de Washington, cette cover offre une variation plus grand public sinon consensuel à la démarche jazz funk d'un Miles Davis, qui proposait au contraire à la même époque un funk ascétique, brutal, proche de la rupture (avec en point d'orgue le monstrueux On the Corner sorti la même année, en 1972). Bob James et Creed Taylor ne faisant pas les choses à moitié, l'album prévaut aussi par le soin apporté aux cordes et aux quelques chœurs qu'on retrouve par exemple sur le medley Ain't No Sunshine/Theme from "Man and Boy". Cette reprise instrumentale s'étirant sur plus de huit minutes avait de quoi faire craindre le pire, l'œuvre de Bill Withers faisant sans doute partie des plus beaux joyaux de la musique populaire US, une perle de concision de deux minutes. Pourtant tout comme pour la relecture Georgia on My Mind, Washington et consorts rivalisent de sensibilité, ce lyrisme qu'on pourrait taxer d'artificiel évite néanmoins le piège du sentimentalisme bon marché, l'écueil étant esquivé par un art du groove évidant, à la fois par le touché d'Idris Muhammad et par la guitare funky d'Eric Gale. Grover, aussi à l'aise au ténor, à l'alto qu'au saxophone soprano, n'hésite pas non plus au passage quelques incursions vers la bossa nova sur le thème qui paraissait le moins emprunt à ce jazz brésilien, à savoir Porgy & Bess.

Inner City Blues, un premier album prometteur pour un artiste qui, en prime de devenir un des saxophonistes les plus populaires de son temps (enfin sur le sol américain), allait ouvrir la voie à un style controversé. Un album grand public à la production "chargée" où l'on retient avant tout l'émotion, la sensualité et l'élégance.




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[1] Kenny G, l'un des "protégés" de Grover Washington, étant sans doute ce qui se fait de pire en matière de musique.

[2] C'est vrai que les intégristes ont été gâtés durant les 70's, entre le virage soul-jazz de certains et ceux qui ont viré au tout électrique, avec des fortunes diverses, nos puristes ont plus que rongés leur frein... So what ?

[3] Ce qui permis par la suite à Grover d'être présenté à plusieurs musiciens New-yorkais par l'intermédiaire de notre musculeux batteur, ce dernier jouant par la suite pour Washington sur All the King's Horses ou Soul Box en 1972 et 1973.

[4] Album reprenant au final deux chansons phares de What's Goin' On, le chef d'œuvre de Marvin Gaye sorti la même année, Mercy Mercy Me (The Ecology) étant aussi de la partie.

[5] Deux informations pour le lecteur qui souhaiterait briller en société, en particulier lors de dîners mondains ou pour les soirées de l'ambassadeur, J.J. Johnson est sans doute le plus grand joueur de trombone de tous les temps (vous me direz, ça se presse pas non plus au portillon de ce côté là...), quant à Q... il ne s'agit pas d'Algernon Boothroyd alias le Géo Trouvetou britannique au service secret de sa Majesté, mais bien sûr de Quincy Jones.

Black Moses is dead

Bon alors j’étais parti pour lancer une fumeuse et hypocrite diatribe envers la gent féminine, rappelez vous, celle qui vous pousse à boire lorsque vous avez du vague à l’âme, profitant ainsi d’un de vos rares accès de faiblesse (et je ne vous parle pas de celle qui préfère les fish & chips au chou…). Et puis ce matin, entre une médaille totalitaro-sino-olympique et un bombardement russe, j’apprends que le Black Moses nous a quitté à l’âge de 65 ans.

Elevé par ses grands-parents, Isaac apprends en autodidacte à jouer du piano, de l’orgue et du saxophone, puis part pour Memphis jouer dans différents clubs de la capitale de la country. Ceci dit Memphis est aussi connu à l’époque (tout du moins des afro-américains) pour avoir en son sein le fameux label Stax Records. Il est à noter que Hayes passa nombres d’auditions pour le label avec diverses formations, passant du doo-wop au Rhythm & Blues… et échoua à chaque fois, avant de lui proposer un contrat en tant que musicien de studio (offre difficile à refuser à 20 ans…). Durant ces années, Isaac Hayes accompagné de David Porter, ces derniers prénommés the Soul Children pour l’occasion, vont écrire pour Stax pas moins de 200 chansons, et non des moindres tel que le tube Soul Man pour le duo Sam & Dave.

En 1967, Hayes débute sa carrière solo en publiant le bien nommé Presenting Isaac Hayes, annonçant déjà le style Hayes, à savoir un savoureux mélange de jazz, de soul baroque et de blues. Entre temps le 4 avril 1968, Martin Luther King se fait assassiné à Memphis, évènement tragique qui aura pour conséquence de plonger l’inspiration de Hayes au niveau zéro. Il faudra ainsi attendre 1969 pour avoir un nouvel enregistrement d’Isaac Hayes, et pas n’importe lequel, Hot Buttered Soul. Album atypique, ne contenant que 4 titres où derrière le canevas de chanson pop, Hayes brode de longues plages instrumentales gorgées de groove, de cuivre et de cordes, le tout magnifié par la voix grave du monsieur. Album dont la pochette montre aussi les nouveaux codes vestimentaires d’Isaac, chaîne en or et lunette noire.

Dès lors c’est la consécration, le succès, Hayes sortant encore quelques albums marquants tels que To be continued ou The Isaac Hayes Movement en attendant la célèbre bande originale du film Shaft en 1971, gagnant un oscar pour la meilleure BO au passage; la popularité d'Isaac Hayes atteignant son paroxysme lors du fameux Wattstax le 20 aout 1972, festival ayant pour but de commémorer le 7ème anniversaire des émeutes à Watts.




Isaac Hayes - Walk on by (version single pour un show tv)