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Cronico Ristretto : Fouth - Lento (2017)

Cinq longues années sans nouvel album de la part de nos romains préférés. Une éternité tant leurs trois premiers disques, en sus du tellurique Supernaturals record one enregistré de concert avec leurs compatriotes d'Ufomammut, avaient marqué nos esprits amateurs de déflagrations soniques. Et cinq longues années synonymes également de remise à plat pour cette formation instrumentale. Du line-up originel qui comptait trois guitares en 2004, Lento est désormais un trio. Un changement et une formule première sinon salutaires, qui apportent du moins aux italiens un certain renouveau dans l'approche de leur musique hybride, après leur complexe et avant-dernier effort, Anxiety Despair Languish [1], dernier disque signé sur le label Denovali Records.

Enregistré et mixé par le guitariste Lorenzo Stecconi à Rome entre octobre 2016 et février 2017, le nouveau disque Fourth se distingue, on l'aura vite deviné, par sa maturité, l'écriture des compositions ayant débuté, deux ans plus tôt, à partir de décembre 2014. Un disque donc mûrement réfléchi qui profite toutefois des possibilités offertes par la trinité rock guitare-basse-batterie. Plus direct, moins sophistiqué que leur précédent opus, ce quatrième album marque une nouvelle étape dans leur discographie.

Live report : Jello Biafra au Glazart Paris 13 août 2013

Assister à un concert de Jello Biafra pouvait-il sérieusement s'apparenter à une sinécure aujourd'hui en 2013 ? Il aurait fallu être très mal informé pour croire que l'ancien chanteur des Dead Kennedys s'était calmé. Après quelques années de flottements, plus divers featurings semés au cours des deux dernières décennies, Jello su retrouver son mordant musical dans un premier temps en 2004 au près de Buzz Osborne et des Melvins. De quoi lui redonner envie de former depuis les DK un véritable groupe, the Guantanamo School of Medicine, et d'enregistrer dans la foulée un premier album en 2009 : The Audacity of Hype.

Après un Enhanced Methods of Questioning datant de 2011, Jello revenait donc sur Paris défendre le dernier né sorti en mars White People & the Damage Done. A l'époque des festivals et des vacances d'été, on aurait pu croire, un peu trop vite, que l'affluence un soir de 13 août aurait été des plus mesurées. Au contraire. Le Glazart allait autant vibrer aux décharges électriques du GSoM que du public turbulent venu en masse.  

Live report : The Melvins au Trabendo Paris - 10 et 11 mai 2013

En préambule et en avant-première du festival Villette Sonique qui se tiendra du 23 au 26 mai prochain [1], était convié le groupe culte the Melvins a rejoué en intégralité plusieurs albums (et autres E.Ps) fondateurs enregistrés durant la première moitié des 90's : Eggnog (1991), Lysol (1992), Houdini (1993) le vendredi, et Bullhead (1991) et Stonerwitch (1994) le samedi. 

Batteries au centre de la scène, Buzz paré de son habituelle robe de mage à gauche et le doux dingue Tevor Dunn dans son habit de super-héros en carton et bouteilles en plastique en sus [2], les quatre sets au total [3], comme pouvait le laisser présager le contenu des disques proposés, allaient brosser les différentes et multiples palettes soniques des Melvins : du drone au noise dans un premier temps, à une décharge rock métallique dans un grand raout punk, stoner et grunge pour les derniers albums en date.

Un anniversaire bruyant [4], massif, loin de l'idée d'un jubilé tranquille pour nostalgiques en charentaises, où le quatuor démontra sans grand difficulté, à une foule acquise à leur cause, leur pertinence tellurique et bruitiste après trois décennies d'existence.

Cronico Ristretto : Kosmograd - Kosmograd (2011)

A défaut d'avoir conclu 2011 par la chronique d'un album de sludge, entamons la nouvelle année et corrigeons cette bévue par le premier album éponyme de Kosmograd sorti en septembre dernier. Et débutons cette chronique serrée par une question qui ne laissera planer aucun doute sur la santé mentale des protagonistes et le bien fondé de leur dernière livraison : quand vos centres d'intérêt se limitent à la vie, aux dinosaures, à l'espace et en particulier à la vie des dinosaures dans l'espace [1], un groupe peut-il être foncièrement mauvais ?

Formation basée à Toronto depuis 2009, les quatre musiciens, après diverses démos égrenées en 2010, enregistrent l'année suivante un premier album de cinq titres fleurant bon le sludge et plus si affinités. Variant autant les rythmes et les ambiances que les durées, avec un goût néanmoins prononcé pour les formats longs, les Kosmograd combinent volontiers leur sludge avec un heavy épique, une bonne dose de psychédélisme et bien sûr du grooooove en veux-tu en voilà...

Cronico Ristretto: Icon - Lento (2011)


Attendu depuis l'année dernière, le nouvel album de Lento est sorti en début d'année dans l'indifférence quasi totale. A charge pour le préposé d'activer de nouveau ses réseaux et son lobbying intensif...

Neurosis instrumental atmosphérique: l'expression avait été proposée en guise de raccourci pour définir cette musique paradoxale à la croisée d'un sludge massif, d'un ambient psychédélique et d'un hardcore des plus saturés.

Mars 2011, Icon le nouvel album des transalpins annonce une nouvelle mue, les influences du passé disparaissent pour laisser s'échapper une musique plus mature et réfléchie. Au delà de la formule bateau précédente, les romains auront passé une année dans leur studio pour y créer ce nouvel opus.
  

Supernaturals - Ufomammut & Lento / Earthen - Lento (2007)

A l'heure où Lento est en train d'enregistrer son nouvel album (intitulé Icon), le préposé vous propose un éclairage et une remise à niveau de votre abécédaire musical avec les deux premiers disques d'une formation qui mériterait amplement plus de reconnaissance.

Compatriote d'Ufommamut (on y reviendra), Lento se forme à Rome en 2004 sur les traces laissées par des pairs nommés Neurosis, Isis, Mogwai ou Godspeed You! Black Emperor. A l'image du collectif canadien, Lento joue dès leur début une musique purement instrumentale, l'apport de paroles étant perçu par les italiens comme inappropriés, sinon propices à dénaturer leur musique. Fin 2005, Lento stabilise son line-up composé de trois guitares, d'une basse et d'une batterie. Début 2007, les romains signent sur le même label que leurs compatriotes doomsters, Ufomammut.

Cronico Ristretto: Ni - Ni (2010)

Ce qui prend l'aspect d'un tiroir d'aspect minéral ayant occupé trop longtemps une cave humide où quelques moisissures auraient décidé d'y élire domicile n'est pas des plus ragoutants de prime abord, une fois ouvert le dit tiroir... Niiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Fraichement signé chez Noir Prod, voici que débarque en provenance de Mâcon, la formation Ni issue de deux groupes appartenant à la scène locale bourguignonne, JMPZ et Diatrib(a). Si Ni garde l'ossature principale de feu Diatrib(a) (à savoir deux guitaristes et un batteur) s'adjoignant les services de l'ancien bassiste de JMPZ, cette nouvelle mouture n'en demeure pas moins légèrement différente, évitant le raccourci des New Diatrib(a) ou des Diatrib(a) 2.0.

Formé en 2009, voici qu'apparait le premier EP composé de quatre chansons au titre évocateur: Gros gibier, Ni truite Ni cerise, Poppy et Balafré par une dinde morte

Based on a True Story - Sick of It All (2010)

Ne jamais se fier à un rock-critic, sa mauvaise foi n'aura d'égale que sa capacité de nuisance, toujours prompt à relativiser, dans ses moments de faiblesse, voire à railler quand le cœur lui en dit, l'enthousiasme de ses petits camarades encore tout émoustillés par le dernier disque de ______ [1]. Le rock-critic ne serait-il pas qu'un con ? A sa décharge, le rock-critic est par nature un éternel insatisfait. Quand son groupe évolue, change de production ou inclut de nouvelles influences, cette langue de vipère joue les vierges effarouchées criant au scandale, à la trahison, appelle au lynchage... et fera de même si l'artiste en question fait du surplace, enregistrant toujours le même album. Ne pas s'étonner dès lors de cet hâtif jugement du lecteur de passage découvrant les tourments qui régissent la vie de notre critique en rock'n'roll: "... s'il n'est pas un con (définitif), c'est en tout cas une vraie girouette" et pour les plus radicaux "... voire carrément une vraie planche pourrie". Néanmoins, au delà de ces joyeux poncifs, admettons ou tentons d'admettre qu'il existe encore des genres où le statu quo musical a sinon encore un sens, reste tout du moins rattacher à une notion d'authenticité, tel le hardcore made in New-York avec l'une de ses dernières grandes figures : Sick Of It All.

Godflesh [EP] (1988): Industrial metal - year zero

Birmingham, ville de contrastes musicaux. Cité originelle de Black Sabbath, de Duran Duran, Steel Pulse ou de Napalm Death. Prenez ces derniers. Une bande de gamins désœuvrés, sevrés à l'anarcho-punk qui vont sinon révolutionner le punk, en tout cas pousser le crust dans ses derniers retranchements à savoir le grindcore. Parmi les nombreux musiciens qui graviteront autour de cette jeune formation durant les 80's, retenons trois noms : le guitariste Justin Broadrick, Nic Bullen et le batteur Mick Harris. Trois musiciens qui ont la particularité d'avoir débuté dans le premier groupe de grindcore et qui s'en détacheront pour aller former (paradoxalement ?) les deux fers de lance du metal industriel britannique : Godflesh (avec Broadrick) et Scorn (avec Harris et Bullen).
 
Après avoir rejoint Napalm Death à la demande de son ami Bullen, et enregistré la première face du désormais historique Scum, acte fondateur du grindcore, Justin Broadrick quitte le groupe pour rejoindre Head of David en qualité de batteur. Broadrick, ayant fait le tour pour sa part de ce punk extrême, cherche en effet à la fois à ralentir la cadence, et à se rapprocher davantage du noise-rock et des précurseurs de la musique industrielle. Enfin après l'arrêt de Head of David en 1988, il reforme Fall of Because (tiré du titre d'une chanson de Killing Joke) avec son membre fondateur, le bassiste G. C. Green, duo qui changera le nom du groupe pour s'appeler désormais Godflesh.
 

C.O.C. : Animosity Against Conformity (1985)

Formé au début des 80's en Caroline du Nord, Corrosion of Conformity n'a pas toujours officié dans un registre metal sudiste. Bien au contraire. En 1983, à l'instar des Suicidal Tendencies ou des Dirty Rotten Imbeciles (D.R.I.), C.O.C. enregistrait son premier album Eye for an Eye avec comme line-up : Eric Eycke au chant, le bassiste Mike Dean, Woody Weatherman à la guitare et Reed Mullin à la batterie. Musicalement, l'album évoquait les débuts de D.R.I, un hardcore agressif conjuguant rapidité avec durée expéditive.

En 1985, le bien nommé Animosity montrait un Corrosion au rang serré, Dean se plaçant derrière le micro pour les vocaux, avec Mullin en appui, Eric Eycke ayant quitté la jeune formation. Désormais en trio, C.O.C. a paradoxalement étoffé sa musique, ou plutôt épaissi celle-ci. La nouvelle scène extrême de la côte ouest ni étant sans nul doute étrangère, Animosity surprend immédiatement par sa nouvelle approche sonique. Dès les premières secondes, l'influence d'un Kill'em All parait ainsi évidente. Or si le morceau d'ouverture Loss For Words rappelle le son abrasif du premier Metallica, C.O.C. restait ancré toutefois dans un hardcore des plus féroces, en somme un des meilleurs représentants du crossover naissant, loin des griefs habituels que laissent poindre ce sous-genre par définition bâtard (soit une formation masquant ses lacunes par un mur de guitares thrashy).

Samsara - Yakuza (2006) : Zen fuckin' attitude

Comme son nom l’indique, Yakuza nous vient de Chicago. Pouf pouf. A l’origine trio hardcore, la formation va, au gré du temps, en plus d’étoffer le nombre de ses musiciens, ouvrir un peu plus son éventail d’influences et tourner parallèlement avec quelques « poids lourds » de la musique extrême (au sens large) : Opeth, The Dillinger Escape Plan ou Mastodon.

Quand bien même les groupes cités précédemment n’ont sur le papier que peu de points communs, le groupe a su tirer parti de ces diverses expériences, et prendre certains traits de caractère propre à ces formations, en premier lieu, l’ouverture. Ce qui frappe à l’écoute de leur troisième album, Samsara, est justement cette propension à digérer toutes sortes influences, parfois contradictoires, qui vont du hardcore, au jazz, du progressif au grindcore. A ce titre, la chanson qui introduit cet album, Cancer Industry, offre un rapide aperçu de l'appétence du groupe. En trois minutes montre en main, nous dégustons une rythmique tribale, accompagnée par un saxophone en guise d’introduction, des riffs cataclysmiques bien cassants aux structures déconstruites, un chant hurlé, et enfin une dernière partie proche d’un grindcore des familles. Ce qui pouvait ressembler à une entreprise indigeste, maladroite ou tout simplement ratée, se voit rayé d’un seul trait dès ce premier jet concluant. Dont acte.

Cro-Mags: hare Krishna in your face...

Dans la série groupe méconnu qui eut une influence non négligeable sur un courant musical (voire deux présentement ici), je voudrais aujourd'hui celui d'Harley Flanagan, les Cro-Mags. A vrai dire c'est en réécoutant le premier album de Machine Head, le puissant et insurpassable Burn My Eyes (Rob Flynn n'ayant jamais réussi à faire mieux et ce n'est pas son dernier essai, The Blackening, qui viendra me contredire...) que je me suis souvenu de la place importante que pouvait avoir leur premier LP, le culte Age Of Quarrel sorti en 1986 (décidément cette année... aussi bien musicalement que personnellement on y reviens toujours).

Avant 1986 il existait déjà de nombreux liens entre la jeune scène metal américaine, la NWOAHM menée tambour battant par les groupes thrash Metallica ou Slayer. Ces derniers n'hésitant pas à apprécier des formations officiant dans le hardcore ou assimilé (les Dead Kennedys, les Misfits, Agnostic Front (d'après vous d'où vient le titre du LP des four horsemen ...And Justice For All?), DRI ou Verbal Abuse... et y incorporer ainsi leur influence dans leur musique (Slayer dans les 90's bouclant la boucle avec leur excellent Undisputed Attitude, sans doute leur meilleur album des 90's (bien que sorti en 90, je classe Seasons in the Abyss plutôt dans les 80's, album résumant et clôturant parfaitement la dite décennie)).

N'empêche arrivé en 1986, on attendait encore le premier véritable mélange des genres provenant d'une formation hardcore, appelé aussi crossover par certains (en attendant justement le virage thrashisant des DRI (en 1987 ces derniers sortant l'album Crossover, CQFD) et autres Suicidal Tendencies, Corrosion of Conformity). Et c'est ainsi que se pointent sans prévenir Harley et ses Cro-Mags en provenance de NYC (pas franchement étonnant non plus que les garçons viennent de New York...).

Habitué de la scène punk US (premier groupe à 10 ans...), Harley qui gravite autour des formations de hardcore telles que les Stimulators ou les fameux Bad Brains au début des 80's forment en 1982 les Cro-Mags, groupe aussi connu pour son nombre élevé de musiciens utilisés (le jeu des chaises musicales...). Apres une démo qui sera éditée quelques années plus tard (en 2000 sous le patronyme Before the Quarrel), c'est avec son line-up le plus connu que les Cro-Mags signent ce qui va devenir l'un des albums de chevet de ce qu'il conviendra d'appeler plus tard le hardcore metal.

Le groupe connait en son sein John Joseph au chant, Harley Flanagan à la basse, Kevin "Parris" Mayhew et Doug Holland aux guitares et Mackie Jayson à la batterie. Gardant des racines avant tout ancrées dans le hardcore, la musique se veut virulente, concise (en moyenne un morceau dure 2 minutes) mais avec aussi, détail novateur, de nombreux breaks supplées par une rythmique plombée (l'apport des deux guitares...). Ceci dit, les Cro-Mags savent aussi varier les plaisirs, ces derniers n'hésitant pas à jouer des chansons mid-tempo telles que Malfunction, Seekers of the Truth ou Life of my Own.

Malheureusement après une tournée avec Motörhead et Megadeth, le groupe changea encore de line-up, ne put dès lors capitaliser le buzz autour d'eux, le prochain album Best Wishes ne sortant que 3 ans plus tard...

Cro-Mags - We Gotta Know

PS: Pourquoi ce post a un titre pareil? Tout simplement parce qu'on peut jouer du hardcore et verser dans Krishna and co (tout comme bien plus tard Shelter).

1987: bilan d'une année musicale

Non parce que bon, qui dit fin d'année, dit bilan toussa... Du coup tout le petit monde fermé des blogueurs va nous pondre (enfin je dis ça, tous les vendeurs de papier vont faire de même) son best of de l'année 2007. Refusant de faire comme tout le monde, histoire de faire mon intéressant et ayant une réputation de c****** à tenir (encore que ces derniers temps, ça serait plutôt une réputation de psychopathe), voici donc non pas un bilan forcément subjectif de l'année musicale passée, mais plutôt un petit coup de rétroviseur sur l'année 1987 (tout aussi subjectif en passant puisque je ne retiens que ce que je veux! sinon allez sur wikipedia et me bavez pas sur les rouleaux).

Déjà comme on peut le laisser supposer, nous situant dans les 80's, aucun album des anciennes gloires des 70's n'a réussi à créer quelque chose qui marquera les esprits. Dans les demi-surprises, Carlos Santana sortira un Blues for Salvador honorable hormis cette satanée production made in 80's... Pour le reste, Bowie nous gratifie de Never Let Me Down, Neil Young de Life et le Pink Floyd de David Gilmour d'A Momentary Lapse of Reason... Bref merci pour ce tiercé gagnant, mais ça sent le sapin.

Pour continuer dans le mauvais esprit, j'ai voulu regarder parmi les grands succès de cette année (ouais là je fais mon snob...), bah là aussi c'est du bon, on retiendra Los Lobos et leur La Bamba et Rick Astley et son fumeux Never Gonna Give You Up (à froid je ne me rappelais pas de ce truc... après un passage éclair via deezer, j'ai compris ma douleur... Je connais ce machin qui attaque méchamment les neurones!!). Sinon il parait que U2 aurait cassé la baraque avec un With or Without You issu d'un certain The Joshua Tree, mais moi ça me dit rien (mauvais esprit mais aussi de mauvaise foi...).

1987 rime surtout avec l'apparition de deux classiques du rap (les vieux comme moi n'oublieront pas d'ajouter la mention "old school"...), à savoir le Paid in Full d'Eric B & Rakim (ce dernier ayant un flow d'une "coolitude" exceptionnelle) et le premier méfait de Public Enemy Yo! Bum Rush the Show. Au rayon musique groovy, difficile aussi de faire l'impasse sur le Sign 'O' the Times du nain pourpre, qui même si personnellement la production datée fait partie des points faibles du disque de Prince, reste parmi les plus belles réussite de la pop des 80's. Au rayon funk à vocation plus punchy et histoire de rajouter une couche sur l'autel de la snob attitude, on écrasera une larme sur le dernier album enregistré par Hillel Slovak (et accessoirement le dernier album des Red Hot Chili Peppers qui m'intéresse, quel snob je fais).

En parlant de musique punchy, ceci me permet de faire le lien sur ce qui fut une bonne année en matière de musique pop/rock à forte valeur ajoutée en saturation et assimilés. 1987 voit ainsi l'émergence des Pixies avec leur premier LP Surfer Rosa mais aussi les confirmations avec les seconds albums des Jesus & Mary Chain, Darklands, ou celui des Hüsker Dü, Warehouse: Songs and Stories. Du côté de NYC, la bande à Thurston Moore n'est pas en reste puisque Sister, second volet d'une trilogie entamée l'année suivante par Evol, est l'un des meilleurs albums enregistrés par Sonic Youth. De même, Jello Biafra and co offre, en 1987 en guise de conclusion à une des meilleures formations punk US qui soient, les Dead Kennedys, une excellente compilation gavée d'inédits, Give Me Convenience or Give Me Death. Et puis après la causticité des textes de Jello, ne pas oublier aussi les fous en provenance du Texas, les classieux Butthole Surfers et leur Locust Abortion Technician, un album qui mixe allégrement le punk, le rock psychédélique, des rythmes déconstruits et quelques riffs métalliques (si à la lecture de ceci vous vous dites que ça annonce Mr Bungle, vous n'avez pas tord!).

Le niveau de virulence ayant monté d'un cran, intéressons nous à ce qu'il convient d'appeler la musique des jeunes qui voudraient se faire passer pour des méchants... Finalement, on serait tenté de dire que 1987 fut une petite année comparée à 1986. Faut dire que lorsque la même année, on nous gratifie d'un Master of Puppets et d'un Reign in Blood, difficile s'il en est de faire aussi bien. Néanmoins, il reste encore quelques petites rognures à grignoter, et non des moindres pour l'amateur de musique extrême! A commencer déjà par la première véritable pierre angulaire du death metal, le premier album de Death, Scream Bloody Gore, et aussi le premier monument du grindcore par les jeunots de Napalm Death, Scum. On soulignera aussi l'album des suisses Celtic Frost, Into the Pandemonium, avec la fameuse pochette issu d'un tableau de Jérome Bosch. Album qui à défaut d'avoir franchement bien vieilli, montre que l'on peut être l'un des pères du black metal et s'intéresser au gothique ou à l'électro.

La transition est donc toute choisi pour cette partie, vous l'aurez deviné! 1987 présente ainsi le premier chef d'œuvre du duo Gerrard/Perry à savoir Dead Can Dance et leur fabuleux Within the Realm of a Dying Sun, une œuvre intemporelle. Du côté de chez les allemands aussi les musiques nouvelles ont le vent en poupe puisque les papes de la musique industrielle, Einsturzende Neubauten, nous gratifie d'un Fünf Auf Der Oben Offenen Richterskala mémorable, plus implicite, plus froid et mélodique. En guise de mélodie et d'électro/pop, 1987 voit l'ascension de plus en plus irrésistible de Depeche Mode avec Music for the Masses qui depuis leur sombre album précédent et l'apport visuel de Corbijn efface définitivement les errements des jeunes années.

Pour finir et sans transition aucune, en cette année apparait un hommage sincère à Lady Day par l'une de ses plus grandes admiratrices, Abbey Lincoln, avec son Abbey sings Billie. Au rayon jazz mainstream, Pat Metheny signe un Still Life (Talking) certes grand public mais bluffant, ce dernier ayant assimilé magnifiquement l'apport de la musique brésilienne.



Undisputed Attitude - Slayer : in punk we trust

Auteur du cultissime Reign in Blood, pierre angulaire du thrash metal, ou en 1986 l'un des albums les plus virulents jamais sortis, Slayer conclut cette mémorable décennie par les disques South of Heaven et Seasons in the Abyss, les trois albums précités complétant une trilogie thrash tout aussi culte.

1994, leur nouvel album prénommé Divine Intervention, avec pour la première fois en studio le batteur Paul Bostaph (intronisé durant leur concert au festival Monsters of Rock à Donington deux ans plus tôt), confirmait l'imperméabilité des quatre californiens en cette première moitié des années 90. Loin des appels du pied au grand public de leurs pairs Metallica et Megadeth, avec en sus de la part du guitariste Kerry King quelques propos plein de compassion et de gratitude envers Lars Ulrich ou Dave Mustaine, Slayer gardait le cap d'un thrash sans compromis.

Madball: NYHC

Dernièrement un collègue bloggeur s'amusait à tirer à vue ou plutôt réglait ses comptes avec les supposées erreurs de jeunesse, à savoir un album de Bad Religion sorti en pleine vague "punk" revival (les guillemets sont volontaires en passant... car classer the Offspring comme punk c'est comme mettre l'étiquette rock à Kyo).

Comme je faisais remarquer dans mon commentaire qui suivait ce savoureux post, ce combo représente l'archétype du punk de la côte Ouest selon moi, enfin celui que je n'aime pas, on est loin des DK, des Germs, de Fear, de Black Flag ou du premier LP des Suicidal Tendencies. Et finalement, la parenté de Bad Religion et des combos à la mode de l'époque n'est que légitime selon moi... maintenant le fait d'ajouter de la pop au punk n'a rien de putassier en un sens, mais c'est pas my cup of tea... Et puis bon, ça me rappelle mes années lycée, ceux qui faisaient les braves en écoutant du soit disant punk... mais qui ne connaissaient ni Anarchy in the UK ou White Riot... bonjour l'ambiance donc...

Ainsi aujourd'hui, intéressons nous au groupe de hardcore new-yorkais par excellence des 90's, ou comme la pochette l'indique (que j'aime beaucoup au passage), Madball. Alors pourquoi tout ce culte autour de ce groupe pourrais me dire le cuistre impertinent. A vrai dire, c'est déjà une affaire de famille, car NYC a connu dans les 80's l'émergence d'un groupe de hardcore au combien important, Agnostic Front avec comme leader le chanteur Roger Miret... et vous savez quoi? le chanteur de Madball, Freddy Cricien n'est autre que le frangin du garçon...

A l'origine Madball était une sorte d'échappatoire pour l'aîné, ce dernier tenant le rôle de bassiste, avec son cadet au chant, Vinnie Stigma à la guitare et Will Shepler à la batterie. Le groupe reprenait essentiellement des chansons du répertoire d'Agnostic Front plus quelques compos originales. Parallèlement à la sortie de plusieurs maxis (Ball of Destruction et Droppin' Many Suckers) nos quatre garçons vont écumer les scènes de la région et ainsi consolider leur réputation scénique. En 1991 le line-up se stabilise avec un nouveau guitariste Matt Henderson et le remplacement de Roger Miret à la basse par Hoya Roc de Dmize.

En 1994 sort leur premier LP signé sur le label Roadrunner Records (le même qu'un certain Biohazard) l'excellent Set It Off. Alors comme toujours, quid de cet album? A la différence d'autres groupes de hardcore, le son du combo se veut plus ample et épais... ceci dit à la différence du quarteron mené par Evan Seinfeld, on reste en territoire punk, même si Madball a signé sur un label metal et que ce dernier use de grosses guitares, on ne s'acoquine pas avec le thrash par exemple. Et puis autre particularité, les chansons ne se caractérisent pas par la célèbre maxime "à fond à fond à fond"... non Madball sait aussi ralentir son propos, et on s'aperçoit qu'ils excellent aussi dans le format mid-tempo, ce qui ne les empêchent pas d'écrire quelques pépites concises durant moins d'une minute. Hormis ça, les paroles sont dans la grande tradition du NYHC, à savoir engagées et brutes de décoffrage, tout en finesse en somme.

En bonus, une vidéo live de Set it Off trouvée sur Youtube, qui a défaut d'avoir une qualité irréprochable, nous montre le moshpit et l'ambiance d'un concert de nos amis new-yorkais.



Bad Brains; Rastafari punk from DC

En général, si vous demandez à un connaisseur, Le groupe de hardcore en provenance de Washington DC, on vous répondra assurément le groupe culte de Ian McKaye, Minor Threat. Cela dit, faudrait pas non plus oublier un autre groupe issu de DC, qui ne fut pas à l'origine du mouvement straight-edge, mais du croisement entre la rage punk et de l'engagement politique issu du reggae. Alors oui, cette différence n'a pas eu lieu d'exister en UK, les scènes reggae et punk chez la perfide Albion ont toujours été plus ou moins liées (le meilleur exemple reste les Clash). Mais aux USA, tout restait à faire...

C'est ainsi qu'un guitariste de formation jazz fusion Dr Know décida de fonder un groupe où le hardcore et le reggae s'acoquineraient en 1979. Arrivent ainsi dans la formation le chanteur HR, le bassiste Darryl Aaron Jenifer et le batteur Earl Hudson. Après s'être fait une bonne réputation parmi la scène locale, le groupe devra attendre 3 années pour sortir plusieurs EP's et un album éponyme qui ne sorti que sur cassette. A vrai dire sur les deux premiers albums du combo, le mix entre les différentes composantes n'est pas encore optimal, les albums sont composés de brûlots punk, faisant la nique à n'importe quel groupe de petits blancs becs, et de morceaux dub/reggae excellemment inspirés. Il faudra attendre le troisième album et cultissime I against I pour que l'assimilation soit complète. Malheureusement les divisions au sein du quartet vont commencer à se sentir, Dr Know et Jenifer voulant continuer dans le virage grosse guitare alors que les deux autres étaient plus pour un retour au reggae. Leur dernier album sera ainsi Quickness qui montre une approche plus funk metal dans le sillage du groupe de Vernon Reid Living Color. Au final, bon album, plaisant, mais l'époque bénite est derrière eux... Les deux réfractaires quitteront ainsi le groupe, Dr Know et Jenifer trouveront d'autres remplaçants, mais plus rien d'intéressant...

Sauf que depuis quelques mois, une info a circulé, le retour du combo originel pour un nouvel album produit par l'un des Beastie Boys, Adam Yauch, Build a Nation qui sortira le 26 juin prochain... Alors on croise les doigts...

Retour aux fondamentaux: Suicidal Tendencies

Comme je l'avais souligné dans des posts précédents, le punk muta aux USA sous une forme appelé hardcore fin 70's début 80's, avec comme tête de file les Dead Kennedys, Fear, Black Flag, Minor Threat, etc... En 1982 à Venice sous le soleil californien, Mike Muir forme avec le guitariste Grant Estes, le bassiste Louiche Mayorga et le batteur Amery Smith, le groupe Suicidal Tendencies. Avec un nom pareil, on se doute déjà de la couleur... encore que, le nom du combo est plus provocateur qu'autre chose. Et à part leur premier album dont les paroles collent parfaitement avec leur patronyme, le reste de la discographie est loin de rimer avec un climat dépressif (attention je vous arrête tout de suite, c'est pas la seule raison qui explique que leur premier album est mon préféré...). Dans le registre, hardcore dépressif à grosse guitare, je vous conseille plutôt les premiers Life of Agony (j'y reviendrai un jour).

Le premier album éponyme des Suicidal Tendencies est un condensé de hardcore, à savoir agressif, rapide ayant pour thème l'aliénation, la dépression ou la politique avec un humour très corrosif (il est tellement noir cet humour qu'il est loin d'être discernable en fait par moment). C'est par la suite que la bande à Muir rafraîchira son propos à base de guitare metal provenant du thrash, et d'un esprit plus festif aidé par la basse funk de l'immense Robert Trujillo.

En cadeau, un extrait des paroles:

Suicide's an alternative

Sick of trying - what's the point
Sick of talking - no one listens
Sick of listening - it's all lies
Sick of thinking - just end up confused
Sick of moving - never get no where
Sick of myself - don't wanna live
Sick and tired - and no one cares
Sick of life - it sucks

Pfff, va falloir que je retrouve mes cachetons moi...