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Cronico Ristretto : Terminal - Bongripper (2018)

Quatre années après l'ultra massif Miserable, Bongripper revenait le 6 juillet dernier avec un nouvel et septième album studio nommé Terminal. Formation culte en provenance de Chicago, les quatre musiciens cultivent depuis leur début un goût pour le doom instrumental à la croisée du sludge, du drone et du stoner. Sorti comme à l'accoutumé sur leur propre label The Great Barrier Records, Terminal amorce une légère évolution après un avant-dernier album des plus post-apocalyptiques. 

Enregistré, mixé et masterisé par Dennis Pleckham, guitariste de Bongripper, au Comatose Studio, le disque se compose en deux longues pistes pour un peu plus de quarante-trois minutes de musique tellurique. Une bande-son en somme idéale pour accompagner une lente mort, pour reprendre les noms des deux titres de l'album ? A peu de choses près, ou plutôt l'illustration sonore d'une lente décomposition, à l'image du bouc en putréfaction signé Sam Alcarez [1], car c'était sans compter également sans la présence et le parfum capiteux des fleurs fanées de ladite pochette. Mais n'allons pas trop vite.
 

Live report : Bongripper + Suma + Ghold - Glazart, Paris, 30 mai 2016

Pour paraphraser Pierre Desproges, « Tout dans la vie est une affaire de choix ». Or un dilemme cornélien s'offrait au préposé docteur à la chronique le 30 mai sur Paris : le concert des chicagoans Bongripper, ou bien celui des montréalais Sunns dans le cadre du festival Villette Sonique. Les papes du doom instrumental ayant dégainé les plus vites, l'issue était prévisible, ce qui n'empêcha nullement une pointe d'amertume et une légère déception face à cette prise de décision arbitraire : préférer une formation n'ayant jamais posé auparavant un pied sur le sol français, au détriment des géniteurs de Hold-Still ou l'un des albums marquants de l'année 2016. Fort heureusement cette soirée au Glazart du 30 mai allait faire oublier cette mésaventure (1).

Apparu au mitan des années 2000 à Chicago, Bongripper (clin d'œil décalée au Dopesmoker de Sleep) sont devenus au fil du temps une référence en matière de metal lourd dans le milieu underground. En 2010, les quatre musiciens gagnent en popularité après la sortie de leur cinquième album, le très remarqué Satan Worshipping Doom (chroniqué par nos soins à l'époque ici), soit la synthèse de leur doom dronien avec un black metal originel. Mieux, le disque leur ouvre enfin les portes de l'Europe en étant à l'affiche pour deux concerts au festival néerlandais Roadburn du 14 au 15 avril 2012, où fut joué le premier jour l'intégralité de SWD, avant de retraverser l'Atlantique l'année suivante pour leur première tournée sur le seul sol britannique. Quatre ans plus tard, une éternité pour un groupe qui enregistra pas moins de quatre albums entre 2006 et 2008 (2), Bongripper sort en juillet leur dernier album en date, Miserable, confirmant autant leur statut culte que la quintessence de leur art doom (avec en sus un nouveau passage au Roadburn en 2015 pour deux dates et l'intégralité de Miserable). 2016, Bongripper débute dix ans après leur début sa première et véritable tournée européenne, huit dates passant par la France, la Belgique, l'Allemagne, les Pays-Bas et enfin la Grande-Bretagne, du 29 mai à Nantes au 5 juin à Manchester.
           

Satan Worshipping Doom - Bongripper (2010)

Si l'année qui s'achève fut relativement morose quant aux sorties dites novatrices, 2010 fut au contraire un bon cru concernant l'un des styles parangon d'une certaine intemporalité rock, celui auquel le terme monolithique revient (trop rapidement) en guise de raccourci, le doom metal  [1].

Selon l'adage rockeur, le genre musical aurait la caractéristique de mal s'accorder avec le mot évolution, voire tout simplement d'être indifférent à toute forme d'innovation sonique (et sonore). A tort. Car si le doomster par nature se méfie des modes et reste attaché à une utopique authenticité, il n'en reste pas moins ouvert aux autres musiques... saturées de préférence.

Formé en 2005 à Chicago, suite à leur précédent split Meat Ditch sorti en 2009 avec la formation nippone Winters in Osaka, le quartette Bongripper signe cette année leur 5ème LP, Satan Worshipping Doom, et écrivons le tout de go, sans doute leur meilleur album et l'un des plus pertinents albums de doom instrumental depuis Eve d'Ufomammut.