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Cronico Ristretto : Ming - David Murray (1980)

Découvert sur le tard par le préposé lors de la sortie de son excellent album Qwotet, ou une relecture jazz de la musique créole (1), celui-ci garde également un souvenir mémorable de la prestation du monsieur lors de la tournée du dit album : charismatique, inspiré et maitre de son instrument sachant s'entourer de sidemen de qualité dont un jeune guitariste de 20 ans tout bonnement bluffant.

Jeune musicien précoce, David Murray le fut aussi. Débarquant à New-York à tout juste 20 ans, le saxophoniste fait rapidement parler de lui, aidé par l'agent de l'écrivain Stanley Crouch, son colocataire. Dans le sillage de ces illustres aînés, Archie Shepp et Albert Ayler, le jeune Murray évoque les mêmes qualités expressionnistes et le même pouvoir d'abstraction. A 21 ans, il enregistre ses deux premiers disques, Flowers for Albert (Ayler of course) et Low Class Conspiracy. De plus en plus prothéiforme, il intègre le prestigieux World Saxophone Quartet de Julius Hemphill, puis diverses formations à géométrie variable, du big-band à l'octet jusqu'au trio.

Live report : Sun Râ Arkestra - New Morning, Paris, 23 juin 2014

Cent ans aurait eu Sun Râ cette année. Or vingt et un ans après sa disparition, et un premier (court) passage de témoin par le saxophoniste ténor John Gilmore (1), l'Akestra du Roi Soleil continue son chemin depuis presque deux décennies sous la conduite du saxophoniste alto Marshall Allen. De passage à Paris au cours d'un Jubilee Tour mondial des plus enthousiasmants, de l'Australie à l'Europe en passant par le Japon en juillet prochain, sans oublier New-York et Philadelphia en avril dernier (2), les quatorze musiciens du Sun Râ Arkestra atterrirent ce 23 juin sur la scène du New Morning.

 
Marshall Allen et Tara Middleton

Cronico Ristretto: Wo!Man - Archie Shepp & Joachim Kühn (2011)

Jeune loup de la New Thing dans les années 60, le désormais patriarche Archie Shepp n'en demeure pas moins en 2011 un artiste dans l'air du temps: un éternel jeune homme au service de la great black music, à l'image de sa dernière oeuvre Wo! Man en duo avec le pianiste Joachim Kühn.

Après un précédent album remarqué, Phat Jam in Milano (2009), où le géniteur de Blasé reprenait d'une manière méconnaissable le classique de Led Zeppelin Kashmir en s'adjoignant les services du rappeur Napoleon Maddox, Shepp quitte deux ans plus tard le spoken word et l'univers urbain du rap pour d'autres horizons: celui du jazz minimaliste.

Quant à Joachim Kühn, ce dernier est connu pour être un grand pianiste de jazz outre-Rhin, mais à la lecture de son parcours, également un artiste aventureux, multipliant au cours de sa vie musicale les rencontres diverses, du free jazz de Don Cherry au jazz fusion d'un Jean-Luc Ponty, Billy Cobham en passant par des jouxtes au piano avec le radical Martial Solal ou le batteur Daniel Humair.