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Police fédérale, Los Angeles (To Live and Die in L.A.) - William Friedkin (1985)

Fin d'année chargée pour Carlotta qui, une semaine après le coffret Collector consacré aux années Selznick d'Alfred Hitchcock, sort une semaine plus tard un huitième coffret dédié, cette fois-ci, à un des sommets de la carrière du terrible William Friedkin, son long-métrage emblématique des années 80's, Police fédérale, Los Angeles. Cinq années après le sulfureux et polémique Cruising, le réalisateur de French Connection revenait aux affaires cinématographiques [1] avec un film faussement ancré dans l'esthétique du cinéma d'action de ladite décennie. Police fédérale, Los Angeles marque toujours les esprits, trois décennies plus tard, tant celui-ci dynamite les codes, du policier hard-boiled au buddy-movie, avec en toile de fond une critique au scalpel du Reaganisme triomphant. Film au succès honorable sur le sol étasunien, compte tenu de son absence de vedettes, l'accueil critique, à l'instar de sa réception à l'international, fut au contraire des plus mitigés, valant au long-métrage une réévaluation progressive au fil du temps. Fort d'une nouvelle restauration, Police fédérale, Los Angeles sort conjointement en coffret, DVD et Blu-ray ce mercredi 6 décembre.

Agents des services secrets, Richard Chance (William Petersen) et Jimmy Hart (Michael Greene) sont affectés à la lutte contre la contrefaçon. Dans leur ligne de mire, les deux policiers recherchent le faux-monnayeur Rick Masters (Willem Dafoe) qui règne sur Los Angeles. A trois jours de sa retraite, Hart retrouve la trace de Masters, et décide de mener seul l'opération, avant d'être abattu de sang-froid par Masters. Dévasté par le chagrin, Chance jure de venger celui qu'il considérait comme son meilleur ami. Tête brûlée, obsédé par son désir de retrouver Masters, Chance n'hésitera pas à franchir les limites de la légalité, entraînant avec lui dans sa chute son nouveau coéquipier John Vukovich (John Pankow) …
  

Friedkin connection - William Friedkin (2013)

Des réalisateurs estampillés Nouvel Hollywood, William Friedkin est sans conteste le plus controversé, tant par les films qu'il a réalisé que par les histoires qui entourent leurs productions. Riche d'une filmographie où se côtoient de nombreuses œuvres emblématiques (réévaluées pour certaines avec le temps), le cinéaste a publié en 2013 ses mémoires intitulées Friedkin connection (éditées en France en 2014 par les Éditions de la Martinière). En omettant ses souvenirs les plus intimes, ce qui aurait de son propre aveu interdit le livre aux moins de dix-huit ans, Friedkin revient sur sa carrière de réalisateur : sa famille, ses débuts à la télévision, ses (rares) succès, mais également les périodes difficiles qui suivirent. Comme présenté par l'éditeur en dos de couverture, gloire, disgrâce, et renaissance sont au menu de cette autobiographie sans concessions.

Avec en introduction la liste de ses plus mémorables erreurs de jugement, tel son manque de discernement vis à vis de ses jeunes comparses nommés George Lucas et Steven Spielberg [1], qui le fit refuser la proposition de devenir l'un des producteurs de Star Wars [2], la mise à la benne d'une œuvre offerte par un anonyme admirateur nommé Jean-Michel Basquiat, ou encore sa fin de non recevoir de la demande d'un jeune auteur-compositeur-interprète, Prince, le sollicitant à tourner le clip d'une de ses chansons pour la juvénile MTV, William Friedkin met rapidement les pieds dans le plat en pointant son incapacité à avoir su prendre la mesure du talent des autres à cause de sa « vision disproportionnée ». Autobiographie autant qu'autocritique, Friedkin connection dresse le bilan d'un cinéaste dont l'ego et les erreurs passées lui firent manquer plusieurs occasions notables, sans toutefois, l'empêcher de tourner paradoxalement, compte tenu de ses nombreux échecs, le plus cinglant étant son adaptation du Salaire de la peur. Mais n'allons pas trop vite.