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Poussières dans le vent - Hou Hsiao-hsien (1986)

Inclus dans le récent coffret consacré aux 6 œuvres de jeunesse [1] du réalisateur Hou Hsiao-hsien sorti le 8 novembre dernier, Poussières dans le vent est considéré, depuis sa sortie en 1986, et du propre aveu de son réalisateur, comme l'aboutissement de la première partie de sa filmographie. En compétition au Festival des 3 Continents en 1987 [2], ce cinquième long-métrage s'inscrit comme le dernier volet de son cycle autobiographique, constitué également des Garçons de Feng-Kuei (1983), Un été chez grand-père (1984) et Un temps pour vivre, un temps pour mourir (1985). Du scénario original coécrit par Chu T'ien-wen, Poussières dans le vent s'inspire, cette fois-ci, des souvenirs d'enfance de l'écrivain et co-scénariste Wu Nien-jen, figure marquante de la Nouvelle vague Taïwanaise au côté d'Edward Yang [3] et de Hou Hsiao-hsien.

Taïwan, au milieu des années 60. Amis d'enfance, A Yuan (Wang Ching-wen) et A Yun (Hsin Shu-fen) ont grandi côte à côte dans un petit village de montagne. Décidé à quitter le lycée pour rejoindre Taipei, A Yuan trouve un travail dans une imprimerie, tout en suivant des cours du soir. A Yun le rejoint peu de temps après où elle apprend le métier de couturière. Peu à peu, ces deux déracinés se familiarisent à leur nouvelle vie dans la capitale, tout en revenant de temps en temps dans leur village natal. Puis leur amitié se mue sensiblement en amour. Un jour, A Yuan reçoit son appel pour effectuer son service militaire sur l'île de Kinmen...

La fille du Nil (Ni luo he nu er) - Hou Hsiao-hsien (1987)

Présenté en 1988 à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes, La fille du Nil de Hou Hsiao-hsien marque une parenthèse dans la première partie de la filmographie du Taïwanais. Tourné juste après sa tétralogie autobiographique, Les garçons de Fengkuei (1983), Un été chez grand-père (1984), Un Temps pour vivre, un temps pour mourir (1985) et Poussières dans le vent (1986), ce neuvième long-métrage, dont l'action se déroule dans le Taipei contemporain des années 80's, peut également se situer, en préambule, comme une transition sociologique avant la trilogie historique [1] que réalisera Hou Hsiao-hsien entre 1989 et 1995. En écho avec la rétrospective initiée par Carlotta l'année dernière en août 2016, qui regroupait cinq œuvres de jeunesse du cinéaste en version restaurée, s'adjoint au coffret Blu-ray et DVD [2] qui sort ce 8 novembre, ce sixième film, La fille du Nil.

Suite aux décès conjoints de sa mère et de son grand frère, et à l'absence prolongée de son père, Hsiao-yang (Yang Lin) s'occupe seule de sa famille. Entre son petit boulot dans un fast-food et ses cours du soir, la jeune femme doit également veiller à l'éducation de sa jeune sœur. En parallèle, son frère Hsiao-fang (Jack Kao), délinquant depuis des années, a ouvert avec ses amis un restaurant, avec l'appui de la mafia locale. Face à la brutalité du monde qui l'entoure, Hsiao-yang aime se réfugier dans la lecture du manga La Fille du Nil
  

Un temps pour vivre, un temps pour mourir - Hou Hsiao-hsien (1985)

Poursuivant son cycle autobiographique, entamé deux années plus tôt avec Les garçons de Fengkuei, qui s'inspirait librement de son passé de délinquant, Hou Hsiao-hsien livre avec Un temps pour vivre, un temps pour mourir son oeuvre la plus personnelle. Second volet de sa trilogie dit du passage à l'âge adulte (débutée en 1984 avec Un été chez grand-père tiré des souvenirs de la romancière et scénariste Chu T'ien-wen), Un temps pour vivre est le film le plus intimement lié aux souvenirs du cinéaste, de l'exil de sa famille en 1948 aux décès successifs de ses parents à l'orée de sa majorité. Portrait d'une jeunesse taïwanaise aux parents déracinés, ce sixième long métrage est désormais de nouveau visible dans les salles de cinéma depuis le 3 août dernier.

1948, Ah-Hsiao, tout juste bébé, et sa famille quittent le Sud de la Chine alors en pleine guerre civile pour Taïwan, où le père a trouvé un poste d'enseignant. D'abord installés près de Taipei, ils déménagent à Fengshan, au Sud de l'île, où le climat est plus clément pour le père, asthmatique. Choyé par sa grand-mère qui ne perd pas espoir de pouvoir refouler un jour le sol continental, le petit garçon espiègle surnommé Ah-ha qu'il était à dix ans, se mue à l'adolescence en jeune homme taciturne et membre d'un gang...

Les garçons de Fengkuei - Hou Hsiao-hsien (1983)

Troisième film inédit dans le cadre de la rétrospective des œuvres de jeunesse de Hou Hsia-hsien, Les garçons de Fengkuei indique une nette rupture dans la filmographie du cinéaste chinois. Long métrage légèrement postérieur au film à sketches sorti la même année en 1983, L'homme-sandwich, et réalisé par le collectif fondateur de la Nouvelle vague taïwanaise, dont HHH mis en scène le court-métrage éponyme, Les garçons de Fengkuei confirmait la nouvelle mue du réalisateur après le transitionnel Green, Green Grass of Home. Fruit de la rencontre avec la romancière Chu T'ien-wen, qui devenait à partir de cette date sa scénariste attitrée, le film puise au plus prêt des souvenirs de jeunesse du cinéaste, et introduit le début d'une tétralogie [1] qui se conclura avec Poussières dans le vent (1986), avant d'entamer trois ans plus tard un nouveau cycle cinématographique centré cette fois-ci sur l'histoire de Taïwan [2]

Ah-ching (Doze Niu) et ses amis habitent Fengkuei, un paisible village de pêcheurs des îles Penghu. Les quatre garçons multiplient les bagarres et petits larcins pour passer le temps et s'échapper à l’ennui. Suite à un règlement de comptes qui a mal tourné, trois membres du groupe, Ah-ching, Ah-jung et Kuo-tzu partent à Kaohsiung. Grâce à la sœur d'Ah-ching, ils trouvent sur place un appartement, puis un travail dans une usine locale. Mais la vie dans cette grande ville va bientôt remettre en cause l'unité et l'amitié de ce petit groupe face aux réalités quotidiennes...

Cute Girl | Green Green Grass Of Home - Hou Hsiao-hsien (1980-1982)

Lauréat du Prix de la mise en scène lors du festival de Cannes 2015 pour The Assassin, Hou Hsiao-hsien est devenu depuis une trentaine d'années un des réalisateurs les plus influents du cinéma contemporain. Modèle pour les jeunes cinéastes chinois dès les années 1980 en compagnie d'Edward Yang (Yi yi), Chen Kun-hou ou Wan Jen, avec qui il cosignera en 1983 le film-manifeste L'homme-sandwich, cette figure emblématique de la Nouvelle Vague taïwanaise eut droit en mars dernier, du 2 au 31, à une rétrospective à la Cinémathèque française, quelques semaines après avoir présenté en ce lieu et en avant-première son nouveau long métrage primé. Or dans la continuité de cet hommage, cinq œuvres de jeunesse du cinéaste (1), dont trois inédits, ressortent dans les salles le mercredi 3 août 2016 en version restaurée dans le cadre d'une rétrospective initiée par Carlotta.

Tourné à l'âge de 32 ans, après avoir exercé ses talents d'assistant dans la seconde moitié des années 70 pour des cinéastes comme Li Xing, Chen Kunhou ou Lai Chengying, Hou Hsiao-hsien se lance dans la réalisation de son premier long métrage. Écris, tourné et monté en seulement deux mois, Cute Girl s'affiche comme l'acte de naissance d'un début de carrière placé sous le signe du cinéma populaire avec, pour incarner les deux personnages principaux, les deux grandes vedettes de l'époque : le Hongkongais Kenny Bee et la Taïwanaise Feng Fei-fei. 

Jeune fille aisée promise au fils d'un riche industriel (Anthony Chanque son père a choisi pour elle comme époux, Wenwen (Feng Fei-fei), prise par le doute, quitte Tapei pour rejoindre sa tante qui vit à la campagne. Elle y fait la connaissance de Daigang (Kenny Bee), jeune géomètre citadin d'origine modeste venu faire avec ses collègues des mesures dans le village pour la prochaine construction d'une route, projet qui n'est pas s'en créer des tensions avec une partie de la population locale...