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Les sept morceaux qui tournent en ce moment III


Pyramid of The Moon - Shrinebuilder [2009]

2009 aura vu l'une des belles surprises du doom metal et apparenté, un casting de luxe pour un supergroupe qui ô joie n'enquille pas les déceptions et autres désillusions à grand renfort de publicités ravageuses. Cela dit, qui à part un amateur de riff rampant peut s'émerveiller de voir Scott "Wino" Weinrich des cultes St Vitus/The Obsessed, Scott Kelly le leader de Neurosis, le bassiste de Om/Sleep Al Cisneros et rien de moins que le batteur des Melvins, Dale Crover au sein d'une même formation? Un casting de luxe, pour un album réjouissant, mise en boîte en seulement trois jours, où chacun apporte sa touche personnelle à des compositions bien plus inspirées que les dernières productions des dits musiciens: tel Wino et sa science stoner, baroudeur d'un psychédélisme mal embouché ou Cisneros nous conviant le temps d'un Pyramid of The Moon à une de ses transes stoner dont il a le secret. Shrinebuilder ou l'exception confirmant la règle que quelquefois, supergroupe ne rime pas avec baudruche. Le 20 avril à La Maroquinerie sur Paris.

subHuman - Recoil (2007)

Comme le faisait remarquer judicieusement un médecin de garde helvétique de la blogosphère, je cite: "le hip hop est issu du blues et de la soul, et pourtant rares auront été les tentatives de mêler ces genres musicaux". Et un constat sinon amer, en tout cas regrettable, qui s'applique finalement pour d'autres courants musicaux. "S'éloigner de ses racines, c'est un peu comme tuer son père" me confiait un verre de Muscadet à la main et le coude vissé au comptoir, un des nombreux piliers de bar que compte la même blogosphère d'obédience éthylo-rock'n'rollesque. "En musique, c'est presque vital de toute façon, [...], et encore, j'te cause pas des paternels qui te foutent la honte, mais seulement des jeunes qui veulent se démarquer de leurs glorieux ancêtres" lança t-il d'un geste de la main majestueux en guise de conclusion. Sur l'avant-dernier point, notre musicophile, certes bourru mais néanmoins généreux [1], avait loin d'avoir tort. C'est sans doute même l'un des points essentiels concernant l'un des sous-genres du rock de la première moitié des 70's à savoir le rock progressif. Si on doit au moins remercier ces monuments de finesse que sont Emerson, Lake & Palmer ou Yes, c'est bien d'avoir, non pas engendrés des générations de mélomanes eugénistes jouant les victimes au gré des sarcasmes de la plèbe rock, mais celui, d'avoir été l'une des causes de la réaction do it yourself par la génération punk et tous ses turbulents avatars. Bref, mettons de côté ces digressions futiles, et revenons à la première citation. A la question existe t-il des tentatives afin de faire marier cette fois-ci deux styles opposés, sans filiation aucune, à savoir le le blues et l'électro, subHuman de Recoil se pose en parfait exemple.
     

Massive Attack: fiou....FSO!

Les fans de Lafesse comprendrons la portée philosophique de cette accroche.

En zieutant hier d'un oeil distrait le weather report (oui premièrement, je fais mon Jean-Claude et deuxièmement je suis pas vache je vous fait partager des aspects intimes de ma vie trépidante...), j'ai noté qu'une vague de chaleur pourrait traverser la Somme cette semaine (ouah! si ça c'est pas de l'info!). Bref pour les adorateurs du soleil, des mélanomes ou plus simplement ceux (ou celles...) qui ont chaud pour oui ou pour un non, ce post t'est dédicacé! Encore que le titre choisi en ce lundi est loin d'être une ode à la chaleur, Heat miser de Massive Attack...

Après avoir bouleversé la décennie 90's en 1991 avec leur premier album, Blue Lines, le trio composé de Muschroom, 3D et de Daddy G prennent leur temps pour sortir leur second album. Trois années passent et le 6 Septembre 1994, Protection le nouvel album sort enfin. Alors quoi de neuf de la part du collectif de Bristol? On a toujours droit au savant mélange de rap, de soul, de reggae et de house. Cependant autant sur Blue Lines l'influence du jazz se voulait plus présente, comme le célèbre sample de Stratus de Billy Cobham sur Safe from harm, cette fois ci le trio a décidé d'étoffer un peu plus son propos en rajoutant des influences classiques.

Le trio a gagné aussi en maturité tant qu'à l'utilisation des samples, défaut qu'on pouvait reprocher au premier LP (j'essaie vraiment de chercher la p'tite bête cela dit tant Blue Lines est quasi parfait à mes yeux). Et comme le prouvera aussi leur troisième méfait, Mezzanine, l'ambiance des albums devient désormais de plus en plus sombre. Protection sera aussi la dernière collaboration du sale gosse Tricky qui sortira un autre chef d'œuvre du genre, le fabuleux Maxinquaye l'année suivante en 1995.