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La dame de Shanghai - Orson Welles (1947)

Cinq mois après leur Coffret Ultra Collector consacré à Profession : Reporter de Michelangelo Antonioni, Carlotta édite une nouvelle édition luxueuse dédiée à un classique de l'âge d'or hollywoodien, La dame de Shanghai d'Orson Welles. Renié par son auteur, comme tant d'autres films réalisés par celui qui n'était pas encore l'incarnation de l'artiste maudit brisé par le système, ce quatrième long métrage d'Orson Welles a gagné depuis ses jalons d'œuvre incontournable. La dame de Shanghai est désormais disponible dans sa version restaurée 4K depuis le 14 novembre en Coffret Ultra Collector Blu-ray + DVD + livre et éditions Blu-ray et DVD.

New-York, Central Park. Un marin nommé Michael O'Hara (Orson Welles) vole au secours d'une mystérieuse jeune femme, Elsa Bannister (Rita Hayworth), épouse d'un riche et célèbre avocat. Pour le remercier, celle-ci lui propose de les accompagner pour une croisière dans les Caraïbes. D'abord réticent, Michael finit par accepter. Son attirance pour Elsa ne va cesser de croître, sous le regard indifférent du mari (Everett Sloane). Lors d'une escale à Sausalito, l'avocat associé de Bannister, George Grisby (Glenn Anders), lui fait une singulière proposition, être complice d'une fraude à l'assurance. Aveuglé par son amour, O'Hara se retrouve vite entraîné dans une sombre histoire de meurtres…
 

Le Fantôme d'Hollywood (A Graveyard for Lunatics) - Ray Bradbury (1990)


Chronique précédemment publiée sur le site Fondu au Noir.

Deuxième volet d'une série débutée par La solitude est un cercueil de verre, roman publié cinq ans plus tôt au mitan des années 80, Le Fantôme d'Hollywood poursuit la veine auto-fictionnelle de Ray Bradbury en s'inspirant, comme l'indique son titre français [1], de son passé, quand jeune auteur de nouvelles publiées dans des pulp magazines, celui-ci fut engagé comme apprenti-scénariste au début des années 50. 

Après Venice et une série de meurtres où l'écrivain débutant avait fait la connaissance de l'inspecteur Elmo Crumley, le narrateur est de nouveau au cœur d'une étrange affaire en plein cœur du studio Maximus Films. A la veille d'Halloween, à minuit, le narrateur est convié à un rendez-vous secret dans le cimetière mitoyen du studio. Il découvre sous une pluie battante un mannequin ressemblant à l'ancien grand patron du studio, le légendaire Arbuthnot mort dans un accident de voiture une vingtaine d'années auparavant...
 

Les enchaînés (Notorious) - Alfred Hitchcock (1946)

1939, courtisé un temps par les majors MGM et RKO, Alfred Hitchcock, qui jouissait depuis plusieurs années Outre-Atlantique d'une flatteuse réputation de cinéaste, signait un contrat avec le célèbre producteur américain David O. Selznick. Malgré des longs-métrages au succès modéré depuis le début de la décennie 30's, ce choix de la part du producteur indépendant de King Kong et d'Autant en emporte le vent s'inscrivait dans sa démarche, et son ambition, de concurrencer directement les principaux grands studios en s'attachant les services de réalisateurs au style affirmé, à l'instar de King Vidor ou George Cukor. Découvreurs de talent, Selznick était ainsi bien plus qu'un simple producteur. Présent à toutes les étapes de la production, depuis l'écriture du scénario, au casting, en passant par le montage où il pouvait remodeler selon ses désirs ses créations cinématographiques, l'arrivée d'Alfred Hitchcock dans son giron pouvait laisser toutefois la place à quelques interrogations sur la capacité de l'anglais à s'adapter au système hollywoodien, alors à son apogée.

Mais les doutes furent rapidement levés, tant le réalisateur de L'homme qui en savait trop souhaitait faire ses preuves, et ceci en dépit d'un rythme peu compatible avec celui imposé par Selznick, ce dernier ne manquant pas de surveiller de très près le travail d'Hitchcock (ses fameux mémos sont rentrés dans la légende). De cette collaboration, la romance gothique Rebecca, seconde adaptation du britannique d'un roman de Daphné du Maurier [1], fut leur premier projet commun, et un premier succès suivi par le thriller psychanalytique La Maison du docteur Edwardes (1945), le film d'espionnage Les Enchaînés (1946) et enfin le thriller judiciaire Le Procès Paradine (1947). Réunis dans la septième édition des Coffrets Ultra Collector édité par Carlotta [2], ces quatre longs-métrages seront désormais disponibles en version restaurée à partir du 29 novembre prochain. A bons entendeurs.
  

Trauma (Burnt Offerings) - Dan Curtis (1976)

A l'image de son soap opera gothique Dark Shadows, diffusé aux États-Unis de 1966 à 1971, puis une adaptation [1] au cinéma par Tim Burton en 2012, Dan Curtis fut l'une des figures incontournables du genre fantastique à la télévision américaine dans les années 70's. L'équivalent pour le petit écran de ce que fut la Hammer durant les décennies 50's-60's, ce producteur, réalisateur et scénariste fut à l'initiative d'un grand nombre d'adaptations des grands mythes du fantastique : Dracula, Frankenstein, loup-garou, zombies et autres figures du genre (Dorian Gray), en s'associant également, à l'instar de Roger Corman, avec le grand Richard Matheson sur plusieurs projets. Après plusieurs années consacrées au petit écran, dont deux téléfilms en 1975, l'horrifique Trilogy of terror (coécrit avec l'auteur précité de Je suis une légende) et The Kansas City Massacre, second spin-off pour la télévision du Dillinger de John Milius avec Warren Oates, Dan Curtis revint finalement au cinéma l'année suivante avec Burnt Offerings, sa troisième réalisation après House of Dark Shadows (1970), long métrage adapté de son soap opera à succès, suivi de sa séquelle Night of Dark Shadows (1971).

A la recherche d'une maison en location pour leurs vacances d'été, la famille Rolfe répond à l'annonce publiée par Arnold (Burgess Meredith) et Roz Allardyce (Eileen Heckart). Marian (Karen Black), son époux Ben (Oliver Reed), et leur fils Davey (Lee H. Montgomery) découvrent sur place une immense demeure victorienne, pour lequel les deux vieillards ne demandent qu'un loyer de 900 $ pour tout l'été. Seule condition, la famille devra s'occuper durant leur séjour de leur vieille mère, qui ne quitte jamais sa chambre, en lui préparant trois fois par jour un repas servi sur un plateau. Le 1er jour de juillet, comme convenu, la famille Rolfe accompagnée de la tante de Ben, Elizabeth (Bette Davis), emménagent dans la demeure. En charge des repas, Marian devient rapidement obsédée par la maison, passant la majeure partie de son temps libre dans la pièce à côté de la chambre de la vieille dame, où elle passe des heures à contempler la vaste collection de photos de madame Allardyce, tandis que d'autres événements étranges commencent à survenir...
  

Phase IV - Saul Bass (1974)

Graphiste qui révolutionna l'art de réaliser les génériques (de Sueurs froides d'Alfred Hitchcock à Casino de Martin Scorsese) et de concevoir des affiches de films (au hasard L'Homme au bras d'or ou Autopsie d'un meurtre d'Otto Preminger) dans la deuxième moitié du XXème siècle, Saul Bass fut également l'auteur d'un seul et unique long-métrage de science-fiction nommé Phase IV, après trois courts-métrages remarqués mis en scène la décennie précédente [1]. Lauréat du Prix spécial du jury au Festival du film fantastique d'Avoriaz en 1975 [2], Phase IV s'avéra à sa sortie être un échec commercial [3], mettant un terme définitif à la carrière naissante de cinéaste de Bass (il réalisa par la suite trois autres courts-métrages entre 1978 et 1984). Réévalué depuis, le film gagna au fil des années ses galons de film culte, mais n'allons pas trop vite... 

Le biologiste anglais Ernest Hubbs (Nigel Davenport), professeur à l'Institut Coronado, fait une découverte alarmante. Il remarque que, suite à un mystérieux phénomène cosmologique, certaines espèces de fourmis agissent étrangement: elles s'unissent, ont éliminés leurs prédateurs et construisent des structures inhabituelles. Selon ses conclusions, si cette situation perdurait, elle mènerait fatalement à un accroissement de la population des fourmis, conduisant à une réelle la menace biologique. Associé à James Lesko (Michael Murphy), spécialiste du traitement des informations, le scientifique suggère d'installer un laboratoire en Arizona, lieu où les récents phénomènes se sont produits, afin d'étudier le comportement des fourmis...
 

Black Christmas - Bob Clark (1974)

Dernier volet de la trilogie initiée deux ans plus tôt avec Le Mort-vivant (1972), Black Christmas de Bob Clark, à l'instar des mésaventures post-mortem du jeune soldat Andy Brooks, a gagné au fil des années un statut culte mérité. Dont acte. D'un scénario original inspiré par la légende urbaine étasunienne "The Babysitter and the Man Upstairs" [1], ou l'histoire d'une jeune femme qui reçoit plusieurs coups de téléphone d'un maniaque caché à l'étage, le long métrage eut droit, comme tant d'autres, en guise d'hommage raté à un remake en 2006. Mais n'allons pas trop vite.

Vacances de Noël, dans une résidence étudiante de filles, un inconnu rentre par effraction dans le grenier de la maison, tandis que les pensionnaires organisent une fête. Lors de la soirée, les filles reçoivent plusieurs appels téléphoniques anonymes de la part d'un homme qui les provoquent en tenant des propos obscènes. Nullement impressionnée par ce harcèlement, Barb (Margot Kidder) provoque l'inconnu contre l'avis de son amie Jess (Olivia Hussey). Alors qu'elle devait rejoindre sa famille, Clare (Lynne Griffin) disparait mystérieusement, tandis que le corps d'une adolescente est retrouvé non loin de là par la police...

Deux hommes en fuite (Figures in a Landscape) - Joseph Losey (1970)

Situé entre ses deux films primés au Festival de Cannes dont les scénarios furent adaptés par le dramaturge britannique Harold Pinter Accident (1967) et Le messager (1971), et deux longs métrages aux fortunes très diverses sortis tous deux en 1968, Cérémonie secrète et Boom! [1], Deux hommes en fuite fait office de singularité. D'une histoire réécrite par l'un des acteurs principaux, Robert Shaw, également romancier, qui s'était fait connaitre du grand public sept ans plus tôt en interprétant le tueur psychopathe, Grant, au service du SPECTRE dans Bons baisers de Russie, et accompagné de Malcolm McDowell (révélé l'année précédente par If... de Lindsay Anderson, Palme d'Or 1969), Deux hommes en fuite s'inspire du roman éponyme originel de Barry England, publié deux ans plus tôt, pour n'en garder que sa trame minimaliste. Et un film dont les titres français et anglais ("des silhouettes dans un paysage") qui résument parfaitement les motivations narratives et formelles souhaités par son metteur en scène. Un OFNI au cinéma le 27 septembre 2017 en version restaurée inédite.

Deux hommes courent sur la plage à l’aube. Ils ont les mains liées derrière le dos. Au même moment, un hélicoptère survole frénétiquement les environs. MacConnachie (Robert Shaw) et Ansell (Malcolm McDowell) sont deux évadés qui, pour tenter d'échapper à leurs geôliers, doivent traverser des paysages sauvages et inhospitaliers…    
  

Appel d'urgence (Miracle Mile) - Steve De Jarnatt (1988)

Second long métrage de Steve De Jarnatt, après son gentillet, quoique très inégal, Cherry 2000 sorti l'année précédente, et avant une carrière consacrée par la suite à la télévision, Miracle Mile (Appel d'urgence) jouit depuis son origine d'un statut particulier. Déclaré en 1983 par le magazine étasunien American Film parmi les dix meilleurs scénarios de films qui n'ont pas encore été adaptés, Appel d'urgence a connu de longues péripéties, près de dix ans, avant d'être enfin mis en scène par son auteur, Steve De Jarnatt, à la fin de la décennie 80. En marge des productions Reaganiennes de l'époque, qui anticipaient par exemple une improbable invasion soviétique sur le sol étasunien (les supra-réactionnaires Aube rouge ou Invasion USA), le long métrage fait revivre le climat anxiogène des 50's et 60's de la Guerre Froide, quand le risque d'une éventuelle Troisième Guerre Mondiale était au plus fort. Anachronique, à contre-courant, Appel d'urgence gagna sans surprise ses jalons de film culte plusieurs années après sa sortie et l'échec commercial qui s'en suivit. Mais n'allons pas trop vite.

Los Angeles. Le musicien Harry Washello (Anthony Edwards) fait la rencontre de Julie Peters (Mare Winningham) dans un musée. C'est le coup de foudre. Travaillant dans une cafeteria sur Miracle Mile, la jeune femme lui donne rendez-vous à la fin de son service à minuit et quart. Parti se reposer à son hôtel en attendant, une panne d'électricité lui fait rater son premier rendez-vous. Arrivé finalement sur place à quatre heures du matin, Harry répond par erreur à un appel provenant d'une cabine téléphonique voisine. Un inconnu lui apprend alors qu'un missile nucléaire va s'abattre sur Los Angeles dans soixante-quinze minutes. Harry n'a plus qu'une seule idée en tête, retrouver Julie et trouver un pilote d'hélicoptère afin de quitter la ville.

Picnic - Jordan Logan (1955) / Soudain l'été dernier - Joseph Mankiewicz (1960)

Adaptations hollywoodiennes de deux pièces de théâtre célèbres des années 50, la première du fait de son succès à Broadway, la seconde à cause du parfum de scandale qui s'en dégageait, Picnic et Soudain l'été dernier connaissent cette semaine une actualité récente. Écrites respectivement par deux dramaturges lauréats du Prix Pulitzer, William Inge [1] en 1953 pour cette même pièce, et Tennessee Williams deux fois en 1948 et 1955 pour Un tramway nommé Désir et La Chatte sur un toit brûlant, ces deux œuvres furent adaptées pour le grand écran par Jordan Logan et Joseph Mankiewicz, deux grands metteurs en scène reconnus respectivement pour leurs adaptations au théâtre et au cinéma. Logan dirigea en 1953 la première version théâtrale de Picnic [2], tandis que Mankiewicz adapta avec réussite plusieurs pièces et romans dont Jules César ou Eve.
  
Films traitant de manière différente le thème de la sexualité, Picnic par l'arrivée perturbatrice d'un mâle rustre dans une communauté rurale, alors que Soudain l'été dernier aborde d'autres sujets autrement plus périlleux pour l'époque (pédophilie, homosexualité, cannibalisme et inceste) dans la limite que pouvait tolérer le code Hays [3], il n'est guère étonnant que ces deux longs métrages, désormais érigés de nos jours au rang de classique, connurent un accueil à leur sortie diamétralement opposé. D'une réception extrêmement favorable pour le premier, celle du second fut sans surprise plus mitigé en dépit de son casting remarquable, la presse conservatrice goûtant peu les excès hérités de Williams. En version restaurée en DVD et Blu-Ray ce 23 août.
 
D'un scénario écrit par Daniel Taradash, Oscar l'année précédente pour le film de Fred Zinnemann, Tant qu'il y aura des hommes (1953), l'action de Picnic se situe dans une petite ville du Kansas le jour de la fête du Travail durant le pique-nique organisé chaque année à cette occasion. Débarquant le jour même par un train de marchandises, Hal Carter (William Holden), ancien camarade d'université d'Alan Benson (Cliff Robertson), fils du riche céréalier de la région, fait connaissance de la petite amie de ce dernier, Madge Owens (Kim Novak), la plus jolie fille du coin, et tombe immédiatement sous son charme... 
  

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon - Elio Petri (1970)

Grand Prix du Jury au Festival de Cannes en 1970 et Oscar du meilleur film étranger en 1971, Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon afficha un tournant dans la filmographie du cinéaste italien Elio Petri. Premier volet de sa « Trilogie de la névrose », née de la collaboration avec l'écrivain Ugo Pirro, avant La classe ouvrière va au paradis (« la névrose du travail ») et La Propriété, c'est plus le vol (« la névrose de l'argent »), ce long métrage dédié à la « névrose du pouvoir » s'inscrivait de manière plus large dans la dynamique politique prise par le cinéma italien, depuis les années 60, dans le sillage des œuvres de Francesco Rosi. Marqué par l'engagement politique de Petri, ce dernier considérant le cinéma aussi bien comme un espace de dénonciation, de confrontation et d'apprentissage, le film n'a rien perdu de son acerbe acuité et de sa clairvoyance plus de quatre décennies après sa sortie. Portrait corrosif et amer de la société italienne à l'orée des « années de plomb », Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon ressort dans sa version restaurée dans une nouvelle édition en Blu-ray et DVD le 12 juillet 2017 dans le cadre de la Collection cinéma italien [1] éditée par Carlotta.

Italie, au début des années 70, le chef de la brigade criminelle surnommé « le docteur » (Gian Maria Volontè) est nommé au poste de directeur de la section politique. Le jour de sa promotion, il égorge sa maîtresse Augusta Terzi (Florinda Bolkan) chez elle au cours de leurs joutes amoureuses. Persuadé que ses fonctions le placent au-dessus des lois, il met tout en œuvre pour prouver que personne n'aura l'intelligence, ni même l'audace, de le soupçonner et ainsi de troubler la bonne hiérarchie sociale...
   

Phantom of the Paradise - Brian De Palma (1974)

Décembre 2015, Carlotta initiait sa collection coffret Ultra Collector avec Body Double. Avril 2017, le 12, la sixième édition se penche de nouveau sur le cas du réalisateur d'Obsession avec son Phantom of the Paradise dans une nouvelle version restaurée 2K. Fraîchement accueilli à sa sortie par la critique et le public, à l'exception notable de Winnipeg au Canada [1] et de la France, où il remporta le grand prix au Festival d'Avoriaz en 1975 restant à l'affiche à Paris une dizaine d'années consécutives, ce long métrage a gagné au fil des années ses galons de film culte, mention ô combien galvaudé qui trouve, toutefois, cette fois-ci, tout son sens ici, mais n'allons pas trop vite...

Jeune compositeur inconnu, Winslow Leach (William Finley), est repéré par le plus grand producteur de musique de tous les temps, Swan (Paul Williams), lors de l'entracte d'un concert des Juicy Fruits, groupe pop à la mode et dernière création lucrative de Swan. Séduit par sa cantate "Faust", Swan veut cette musique pour inaugurer le Paradise, son Palais du Rock, et demande à son bras droit Arnold Philbin (George Memmoli) de voler la partition de Leach sous couvert de vouloir le produire. Un mois plus tard, Winslow se rend au siège du label de Swan, Death Records, et se fait éconduire brutalement. Il décide alors de s'introduire déguisé en femme au domicile de Swan où une audition est organisée pour les postes de choristes. Il y rencontre Phoenix (Jessica Harper), une apprentie chanteuse, qu'il considère parfaite pour sa musique, mais celle-ci est exclue des sélections ayant refusé de coucher avec Philbin. Repéré par Swan et expulsé par ses hommes de main, Winslow est condamné, Swan ayant acheté le juge, à vingt ans de prison pour possession de stupéfiant. Six mois plus tard, Winslow entend à la radio les Juicy Fruits chanter l'une de ses chansons. Il parvient à s'échapper bien décidé à se rendre de nouveau au siège de Death Records...
    

Chien enragé (Nora inu) - Akira Kurosawa (1949)

Après une première rétrospective en mars de l'année dernière, qui voyait le passage en salle de pas moins de huit films en version restaurée [1] du maître japonais Akira Kurosawa, dont les classiques Le château de l'araignée (1957), Les salauds dorment en paix (1960) et Yojimbo (1961), Carlotta complète ce premier cycle entamé avec huit nouveaux films [2] couvrant de nouveau trois décennies, des inédits Le plus dignement (1944) et Un merveilleux dimanche (1947) à Barberousse (1965).

De cette impressionnante filmographie débutée à l'âge de 25 ans au titre d'assistant-réalisateur pour la Toho, Chien enragé, second film de Kurosawa réalisé en 1949, fut longtemps considéré comme un classique oublié. Sorti deux ans avant le début de sa reconnaissance internationale avec le Lion d'or à la Mostra de Venise pour son film suivant, Rashōmon, ce film noir teinté de néoréalisme s'inscrit aujourd'hui ni plus, ni moins comme son premier chef d'œuvre. A (re)découvrir dans les salles à partir du 25 janvier.
  
Japon, été 1949. Le jeune inspecteur Murakami (Toshirô Mifune) se fait voler son arme de service par un pickpocket dans un autobus. Rongé par la culpabilité, il donne sa démission à son supérieur qui la refuse. Murakami décide dès lors d'enquêter lui-même en traînant dans les bas-fonds de Tokyo, où il découvre l'existence d'un trafic d'armes volées. Apprenant que son colt a servi à tuer une femme innocente, il est chargé par son supérieur d'assister le commissaire Sato (Takashi Shimura) en charge de retrouver le coupable. En interrogeant un trafiquant d'armes, ils apprennent que le criminel qu'ils recherchent n'est autre qu'un ancien soldat démobilisé dénommé Yusa (Isao Kimura)...

The 'Burbs - Joe Dante (1989)

Deux années après sa relecture délirante et parodique du Voyage fantastique de Richard Fleischer nommée L'aventure intérieure, Joe Dante revenait aux affaires avec cette fois-ci une comédie satirique, The 'Burbs, portrait caustique de l'American way of life et de la vie en banlieue dans les petites villes étasuniennes. Obscur long métrage en France, ce dernier n'ayant bénéficié d'aucune sortie en salles dans l'hexagone (on y reviendra), The 'Burbs a connu Outre-Atlantique une autre destinée. Au départ succès modeste lors de sa sortie, celui-ci accéda au cours de la décennie suivante au statut de film culte. Et une comédie mordante signée du père des Gremlins disponible pour la première fois en Blu-Ray le 1er décembre en version restaurée 2K dans le cadre des coffrets ultra collectors de Carlotta [1].

Missouri. Ray Peterson (Tom Hanks) habite Mayfield Place, rue sans issue située dans la ville de banlieue Hinkley Hills. En congé pour une semaine, ce père de famille a choisi de profiter de la quiétude de son quartier, en dépit des remontrances de son épouse Carol (Carrie Fisher). Or d'étranges événements ont lieu depuis qu'une nouvelle famille, les Klopek, s'est installée dans la rue. Non contents de rester invisibles aux yeux du voisinage, de négliger l'entretien de leur demeure et de leur terrain, ces derniers sont rapidement soupçonner par Ray, Art (Rick Ducommun), et le lieutenant vétéran Mark Rumsfield (Bruce Dern) d'être responsables de la disparition de leur voisin Walter. Les trois voisins décident alors de les espionner...
 

L'étrangleur de Rillington Place - Richard Fleischer (1971)

Réalisateur prolifique et versatile, Richard Fleischer aura incarné durant cinq décennies l'exemple type de l'artisan surdoué au service des grands studios, de ses débuts dans la série B au mitan des années 40 jusqu'à la fin des années 80. Né dans le sérail, son père, Max, est le créateur de Betty Boop et de Popeye, Fleischer junior aura également marqué son empreinte à Hollywood par sa capacité à toucher à tous les genres, avec la même envie et la même virtuosité, du film historique à grand spectacle, Les Vikings, à la fable SF, Soleil vert, en passant par la meilleure adaptation de Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers [1].

Au tournant des années 70, après le film de guerre américano-japonais coréalisé avec Toshio Masuda et Kinji Fukasaku, Tora! Tora! Tora!, retraçant l'attaque sur Pearl Harbor, Fleischer traverse l'Atlantique et signe la mise en scène deux productions britanniques : L'étrangleur de Rillington Place et Terreur aveugle [2]. De ces deux films inclus dans le coffret collector récemment édité par Carlotta, sorti le 9 novembre dernier, accompagné du polar seventies Les Flics ne dorment pas la nuit, L'étrangleur de Rillington Place se place comme une œuvre marquante, à plus d'un titre, dans la riche filmographie du réalisateur étasunien. Dernier volet de son cycle criminel débuté en 1949 avec L'assassin sans visage, suivi dix ans plus tard par Le génie du mal, Ten Rillington Place s'inspire à l'instar de L’Étrangleur de Boston [3] de l'histoire vraie d'un tueur en série ayant sévi cette fois-ci en Angleterre au mitan du siècle dernier. Reconstitution d'un fait-divers atroce, L'étrangleur de Rillington Place est devenu au fil du temps un classique, et un vibrant plaidoyer contre la peine de mort. Mais n'allons pas trop vite...
 
Londres, 1949. Timothy (John Hurt) et Beryl Evans (Judy Geeson) emménagent avec leur petite fille Géraldine au 10 Rillington Place au dernier étage d'un immeuble situé dans le quartier populaire de Notting Hill. Ils sympathisent rapidement avec leurs voisins du rez-de-chaussée, les Christie. Or Beryl de nouveau enceinte, songe sérieusement à se faire avorter, le couple n'ayant pas les moyens d'élever un second enfant. John Christie (Richard Attenborough) apprend la nouvelle de la bouche de Bery. Lui déclarant qu'il a déjà suivi des cours de médecine, celui-ci propose au couple de pratiquer l'avortement. Mais derrière ses airs courtois et respectables se cache en réalité un meurtrier…

Don't Breathe - Fede Alvarez (2016)

Auréolé de la mention du meilleur film d'horreur étasunien des deux dernières décennies (détrônant ainsi The Witch, ce dernier ayant destitué l'année précédente It Follows, et en attendant donc l'apparition d'un prochain film régicide en 2017 - vous suivez ?), Don't Breathe [1] du réalisateur Fede Alvarez aura créé la sensation au cours de cet été outre-Atlantique, cette production indépendante se payant même le luxe de faire jeu égal en terme de fréquentation avec les blockbusters estivaux lors de sa sortie fin août. Or, en dépit de plusieurs réserves, qui cette fois-ci n'ont rien de rédhibitoires (suivez le regard du préposé vers les deux films précités), avouons dès à présent que cette apparentée relecture inversée du classique Seule dans la nuit de Terence Young n'en demeure pas moins une bonne surprise. Mais n'allons pas trop vite comme le veut l'adage.

Banlieue de Detroit, Rocky (Jane Levy) rêve de rejoindre la Californie avec sa jeune sœur Diddy. Son quotidien se borne à commettre avec son petit-ami Money (Daniel Zovatto) et Alex (Dylan Minnette) divers cambriolages dans les maisons que gèrent la société de gardiennage du père d'Alex, ce dernier subtilisant le double des clefs détenues par son paternel. Un jour, Money apprends de la part de son receleur qu'un vétéran de l'armée vit seul dans un quartier abandonné avec la coquette somme de 300 000 dollars en liquide. Après un premier repérage et la découverte que l'homme est en fait aveugle, les trois délinquants décident de passer à l'acte le soir même...
 

The Witch - Robert Eggers (2015)

Remarqué et récompensé au festival de Sundance de 2015, lauréat du prix de la mise en scène pour Robert Eggers, The Witch aura autant suscité l'admiration que l'aversion du public, tant ce long métrage s'éloigne des films d'horreur contemporains. Une position qui n'est pas sans rappelée l'une des révélations, ou présentée comme telle, de l'année 2014, It Follows. A l'instar du second film de David Robert Mitchell, le scénario écrit par Robert Eggers se démarque des usuelles histoires de possession qui font encore florès Outre-Atlantique, pour revenir sinon aux sources du mal, du moins, aux prémices des hallucinations hystériques qui envahirent l'ancienne colonie britannique, et qui aboutirent au procès des sorcières de Salem en 1692 dans le Massachusetts. Entre thriller psychologique et film fantastique, le film promettait beaucoup. Trop. A l'image de sa bande annonce. Les meilleures intentions ne font pas toujours les meilleurs films, mais n'allons pas trop vite...

Nouvelle Angleterre, 1630. La famille de la jeune Thomasin (Anya Taylor-Joy), ses parents et ses frères et sœur, est menacée d'être bannie par la communauté de colons à laquelle il appartient, le père William (Ralph Ineson) ayant une autre interprétation de la bible. La famille décide de quitter la colonie et de vivre à l'orée de la forêt voisine. Quelques temps plus tard, la famille étant désormais installée, la mère, Katherine (Kate Dickie), donne naissance à un cinquième enfant, Samuel. Tandis que celui-ci était sous la surveillance de Thomasin, Samuel disparaît mystérieusement non loin du bois... 
   

Propriété privée - Leslie Stevens (1960)

Protégé d'Orson Welles à ses débuts [1], dramaturge puis scénariste pour le cinéma (il adapta la pièce de Gore Vidal, Le gaucher, pour Arthur Penn), producteur et réalisateur, dont une majeure partie de son travail fut consacré au petit écran (il est le créateur de la série de science-fiction Au-delà du réel entre 1963 et 1965), le prolifique Leslie Stevens, à l'instar de son illustre Pygmalion, dût rapidement composer avec une industrie cinématographique, rarement conciliante avec les créateurs épris d'indépendance. Écrit à une époque où le puissant code Hays régissait encore la production des films aux États-Unis, le premier film de Stevens, Propriété privée, n'eut d'autre choix d'être produit sans l'appui des grandes majors hollywoodiennes. Thriller aux références sexuelles explicites et au voyeurisme revendiqué, condamné par la Ligue pour la vertu, l'odeur de soufre laissée par Propriété privée dispensa sans surprise en 1960 un parfum de scandale. Film noir longtemps considéré comme perdu, invisible depuis sa sulfureuse sortie, Propriété privée ressort dans les salles ce 7 septembre 2016 dans une version restaurée en haute définition 4K. 

Émergeant d'une plage longeant l'océan pacifique, deux vagabonds nommés Duke (Corey Allen) et Boots (Warren Oates) font escale dans une station-service de la Pacific Coast Highway. Ils y font la connaissance d'Ed Hogate (Jerome Cowan) venu faire le plein de sa rutilante Buick Skylark. De la même manière qu'ils l'avaient fait avec le patron de la station-service, les deux marginaux intimident le directeur commercial. Or peu de temps après, ils remarquent une élégante femme blonde (Kate Manx) dans une belle auto blanche. Ils obligent le représentant de commerce, sous la menace de leurs couteaux, à suivre la jeune femme jusqu'à une villa cossue dans les hauteurs de Los Angeles. Sur place, ils découvrent que la maison d'à côté est inhabitée. Ils décident alors de s'y installer incognito pour épier leur nouvelle voisine, Ann, qui passe ses journées au bord de la piscine à attendre son mari...
 

Maniac Cop - William Lustig (1988)

Absent depuis 1983 et son Vigilante avec Robert Forster et Fred Williamson, William Lustig revenait cinq années plus tard aux affaires déviantes avec un nouveau film d'horreur intitulé Maniac Cop. Clin d'œil évident à son culte et traumatisant Maniac interprété par le regretté Joe Spinell, ce troisième film [1], écrit par Larry Cohen (Le monstre est vivant), et produit par James Glickenhaus, marquait l'acte de naissance d'un nouveau croque-mitaine, Matt Cordell. Vision personnelle et revisitée d'un certain type de slashers devenus recette à succès au cours de la décennie 80, ce nouveau tueur en série cédait à Freddy Krueger et autres Jason Voorhees les plaisirs simples de massacrer la jeunesse américaine, pour mieux occire sans distinction l'innocent venu chercher de l'aide auprès de cette silhouette portant l'uniforme de la police new-yorkaise. Un film désormais disponible en Blu-ray et DVD le 6 juillet prochain, dans le cadre de la Midnight Collection éditée par Carlotta.

New-York, une série de meurtres sanglants est perpétrée depuis peu. Or les témoins affirment que le tueur porte un uniforme de policier. En charge de l'enquête, le lieutenant McCrae (Peter Atkins) est persuadé que l'auteur de ces crimes est bien l'œuvre d'un policier fou. Contre l'avis de ses supérieurs, McCrae donne l'information à une amie journaliste afin de protéger les new-yorkais. Tandis que l'effet inverse se produit, et qu'une véritable psychose s'empare de la population, l'agent Jack Forrest (Bruce Campbell) est soupçonné d'être le maniac cop, depuis la découverte du cadavre de sa femme dans une chambre d'un motel voisin, le journal intime de son épouse indiquant que celle-ci le suspectait d'être le tueur en série. Mais l'inspecteur McCrae est convaincu de son innocence…
 

L'année du Dragon - Michael Cimino (1985)

Dans le cadre de leur nouvelle collection des coffrets Ultra Collector [1], et après la version intégrale du précédent long métrage de Michael Cimino, La porte du Paradis, Carlotta poursuit son hommage au réalisateur new-yorkais avec la sortie en version restaurée de son quatrième film, L'année du dragon, le 9 mars 2016 [2]. Cinq ans après son controversé western révisionniste, le cinéaste retourne aux affaires, avec l'aide du producteur italien Dino De Laurentiis. Or loin d'être assagi, Cimino délivre, sous la forme d'un polar situé en plein cœur du Chinatown new-yorkais, une nouvelle « métaphore des États-Unis », ou le dernier volet, du propre aveu du réalisateur, d'une trilogie initiée sept ans plus tôt avec Voyage au bout de l'enfer [3].

Vétéran du Vietnam, le capitaine Stanley White (Mickey Rourke) est muté dans le quartier de Chinatown à New-York, suite à l'assassinat de Jackie Wong, représentant de la communauté chinoise, et feu à la tête d'une Triade secrète. Déterminé, revanchard et traumatisé par l'échec américain au Vietnam, l'officier de police part en guerre contre la corruption et le crime organisé, malgré les mises en garde de ses supérieurs hiérarchiques, dont son ami Louis Bukowski (Raymond J. Barry), qui nient l'existence d'une telle organisation au sein de Chinatown. Désormais parti en croisade, brisant la fragile trêve qui existait entre les Triades et les forces de l'ordre, et tandis que la guerre des gangs fait rage dans le quartier, Stanley White met tout en œuvre pour faire tomber Joey Tai (John Lone), le nouveau chef de la mafia chinoise.

Body Double - Brian De Palma (1984)

Dans le cadre de la rétrospective Brian De Palma menée par Carlotta depuis quelques années, par les ressorties successives de Pulsions, Blow Out, Obsession ou plus récemment Furie en copie restaurée, s'ouvre une nouvelle collection, intitulée coffret Ultra Collector dont le premier numéro est consacré au culte Body Double. Fraîchement accueilli à sa sortie par la critique et le public, le long métrage a gagné au fil des années ses galons de joyau DePalmien pour devenir un des films les plus adulés de ses admirateurs, mais n'allons pas trop vite... 

Acteur aux cachets aléatoires vivant à Los Angeles, Jack Scully (Craig Wasson) est victime de claustrophobie lors du tournage d'un film d'horreur dans lequel il joue un vampire. Renvoyé par le réalisateur (Dennis Franz), Jack rentre chez lui et surprend sa petite amie au lit avec un autre. A la rue, sans travail, il écume les castings de la ville quand il fait la connaissance de Sam Bouchard (Gregg Henry) lors d'un cours où le professeur de théâtre tente d'exorciser sa claustrophobie. Autour d'un verre, Jack confie à Sam ses déboires, tandis que celui-ci lui fait une proposition intéressante: garder la luxueuse demeure d'un ami durant son absence, car il a décroché un rôle dans la pièce Private Lives à Seattle. La seule contrepartie qui lui est demandée, est de s'occuper des quelques plantes vertes de la maison, et de profiter de la vue panoramique, et en particulier, des jeux érotiques de sa riche et charmante voisine Gloria Revelle (Deborah Shelton) auxquels elle se livre chaque soir. Mais le voyeurisme va se révéler une activité plus dangereuse qu'il n'y paraît quand Jack découvre qu'un mystérieux indien rode autour de la belle…