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De Palma - Noah Baumbach & Jake Paltrow (2015)

Dans le cadre de la rétrospective que lui consacre la Cinémathèque française du 31 mai au 4 juillet prochain, Carlotta édite ce mercredi en Blu-ray et DVD le documentaire éponyme, De Palma, signé par Noah Baumbach (Frances Ha) et Jake Paltrow (Young Ones). Réalisateur virtuose, figure du Nouvel Hollywood, compagnon de route de Scorsese, Lucas ou Spielberg, héritier d'Alfred Hitchcock, cinéaste politique, découvreur de Robert De Niro, chantre du voyeurisme sur pellicule, la liste pourrait s'allonger presque indéfiniment, tant Brian De Palma s'inscrit, telle une évidence, comme l'un des grands noms du cinéma de ces cinquante dernières années. Auteurs de multiples chefs-d'œuvre, et autres longs-métrages incontournables, qui ont ouvert à la cinéphilie nombre de jeunes passionnés, le réalisateur de Pulsions revient au cours de ce documentaire éponyme, en un peu moins de deux heures, sur sa filmographie, de ses débuts de cinéaste indépendant, à sa place particulière dans le système hollywoodien à partir des 70's, jusqu'à sa nouvelle position d'électron libre depuis une dizaine d'années [1].

Tournée pendant une semaine au cours de l'année 2010, dans le salon de Jake Paltrow, cette série d'entretiens est, on l'aura compris, à conseiller en premier lieu aux aficionados de Brian De Palma tant le fond prime sur la forme [2]. Leçon de cinéma illustrée par de nombreux extraits de ses œuvres, ce documentaire retrace chronologiquement comment ce jeune nerd provenant de la Columbia University fut happé par le cinéma après son passage au Sarah Lawrence College.

Phantom of the Paradise - Brian De Palma (1974)

Décembre 2015, Carlotta initiait sa collection coffret Ultra Collector avec Body Double. Avril 2017, le 12, la sixième édition se penche de nouveau sur le cas du réalisateur d'Obsession avec son Phantom of the Paradise dans une nouvelle version restaurée 2K. Fraîchement accueilli à sa sortie par la critique et le public, à l'exception notable de Winnipeg au Canada [1] et de la France, où il remporta le grand prix au Festival d'Avoriaz en 1975 restant à l'affiche à Paris une dizaine d'années consécutives, ce long métrage a gagné au fil des années ses galons de film culte, mention ô combien galvaudé qui trouve, toutefois, cette fois-ci, tout son sens ici, mais n'allons pas trop vite...

Jeune compositeur inconnu, Winslow Leach (William Finley), est repéré par le plus grand producteur de musique de tous les temps, Swan (Paul Williams), lors de l'entracte d'un concert des Juicy Fruits, groupe pop à la mode et dernière création lucrative de Swan. Séduit par sa cantate "Faust", Swan veut cette musique pour inaugurer le Paradise, son Palais du Rock, et demande à son bras droit Arnold Philbin (George Memmoli) de voler la partition de Leach sous couvert de vouloir le produire. Un mois plus tard, Winslow se rend au siège du label de Swan, Death Records, et se fait éconduire brutalement. Il décide alors de s'introduire déguisé en femme au domicile de Swan où une audition est organisée pour les postes de choristes. Il y rencontre Phoenix (Jessica Harper), une apprentie chanteuse, qu'il considère parfaite pour sa musique, mais celle-ci est exclue des sélections ayant refusé de coucher avec Philbin. Repéré par Swan et expulsé par ses hommes de main, Winslow est condamné, Swan ayant acheté le juge, à vingt ans de prison pour possession de stupéfiant. Six mois plus tard, Winslow entend à la radio les Juicy Fruits chanter l'une de ses chansons. Il parvient à s'échapper bien décidé à se rendre de nouveau au siège de Death Records...
    

Body Double - Brian De Palma (1984)

Dans le cadre de la rétrospective Brian De Palma menée par Carlotta depuis quelques années, par les ressorties successives de Pulsions, Blow Out, Obsession ou plus récemment Furie en copie restaurée, s'ouvre une nouvelle collection, intitulée coffret Ultra Collector dont le premier numéro est consacré au culte Body Double. Fraîchement accueilli à sa sortie par la critique et le public, le long métrage a gagné au fil des années ses galons de joyau DePalmien pour devenir un des films les plus adulés de ses admirateurs, mais n'allons pas trop vite... 

Acteur aux cachets aléatoires vivant à Los Angeles, Jack Scully (Craig Wasson) est victime de claustrophobie lors du tournage d'un film d'horreur dans lequel il joue un vampire. Renvoyé par le réalisateur (Dennis Franz), Jack rentre chez lui et surprend sa petite amie au lit avec un autre. A la rue, sans travail, il écume les castings de la ville quand il fait la connaissance de Sam Bouchard (Gregg Henry) lors d'un cours où le professeur de théâtre tente d'exorciser sa claustrophobie. Autour d'un verre, Jack confie à Sam ses déboires, tandis que celui-ci lui fait une proposition intéressante: garder la luxueuse demeure d'un ami durant son absence, car il a décroché un rôle dans la pièce Private Lives à Seattle. La seule contrepartie qui lui est demandée, est de s'occuper des quelques plantes vertes de la maison, et de profiter de la vue panoramique, et en particulier, des jeux érotiques de sa riche et charmante voisine Gloria Revelle (Deborah Shelton) auxquels elle se livre chaque soir. Mais le voyeurisme va se révéler une activité plus dangereuse qu'il n'y paraît quand Jack découvre qu'un mystérieux indien rode autour de la belle…
   

Obsession - Brian De Palma (1976)

Parmi les jeunes loups du Nouvel Hollywood, Brian De Palma fut sans doute celui qui prenait le plus à cœur cette envie de revisiter l'âge d'or du cinéma. L'un de ses précédents longs métrages, Sisters, se permettait ainsi de faire le lien entre le thriller Hitchcockien et un hommage aux maîtres de l'expressionnisme. Inspiré cette fois-ci uniquement par le grand Alfred, Obsession dépasse le simple hommage pour être la relecture entière de Vertigo. Mal perçu à l'époque, tant par le vieux cinéaste britannique que par ses admirateurs, le film fut décrit par ses détracteurs comme une vulgaire « resucée » de Sueurs froides. Un grief que le grand public ne retint pas, et qui permit à De Palma de signer à 36 ans son premier succès commercial. Métaphore du pouvoir obsessionnel du septième art, Carlotta nous propose de revoir cette œuvre trouble sur la culpabilité et le désir en version restaurée inédite ce mercredi  18 septembre au cinéma.

1959, Michael et Elizabeth Courtland (Cliff Robertson et Geneviève Bujold) célèbrent dans leur grande maison leur dixième anniversaire de mariage avec plusieurs notables de la Nouvelle Orléans, dont l'associé de Michael, Robert Lasalle (John Lithgow). Mais cette soirée tourne au drame après le kidnapping de la femme et de la fille de Courtland. Sa seule chance de les revoir est de payer la rançon de 500 000 dollars. Désemparé, l'homme d'affaire fait appel à la police. On lui propose de ne pas payer. En échange de la somme demandée, la police souhaite déposer, en plus de faux billets, un émetteur dans la valise afin de retrouver la trace des otages. Or la tentative de sauvetage se solde par un drame : encerclés, les kidnappeurs s'enfuient avec leurs victimes, et meurent dans un accident de voiture. Aucun cadavre n'est retrouvé. Courtland, rongé par la culpabilité, fait ériger sur le terrain qui devait symboliser sa récente réussite professionnelle une stèle gigantesque en guise de mémorial. Seize années plus tard, au cours d'un voyage d'affaire à Florence en Italie avec son associé Robert Lassalle, Michael découvre dans la même église, où il avait fait la rencontre d'Elizabeth, une jeune italienne ressemblant trait pour trait à sa défunte épouse...

Sisters, soeurs de sang - Brian De Palma (1973)

Brian De Palma. Étonnant le parcours de ce cinéaste de la bande des cinq [1], longtemps sous-estimé par les critiques, au mieux juste bon à être comparé à un sous Hitchcock à la sauce barbu aux dents longues. Une vision d'autant plus paradoxal que ces supposés défauts, en particulier celui de proposer un cinéma (de genre) référentiel. Force est d'admettre, ceci dit, que l'œuvre et l'influence d'Alfred Hitchcock sur le cinéma de Brian De Palma n'est plus à prouver, ce dernier se déclarant ouvertement comme un de ses héritiers : Obsession ou relecture à peine voilée de Vertigo, sa « trilogie » [2] débutée en 1980 avec Dressed to Kill (Pulsions), et conclu par le mésestimé Body Double, sans oublier son cinquième long métrage, et premier hommage au maître, Sisters, sorti en 1973.

Rencontrés lors d'un show télévisé faisant la part belle au voyeurisme [3], la jeune mannequin et apprentie comédienne Danielle Breton (Margot Kidder) invite le soir même chez elle son compagnon d'infortune hertzienne, le prévenant Phillip Woode. Bien qu'importuné la veille, lors du dîner par l'ex mari de la jeune femme, le couple passe une excellente soirée et n'hésite pas à passer la nuit ensemble. Au matin, Woode apprenant à la fois que Danielle vit avec sa sœur jumelle et qu'il s'agit de leur anniversaire, achète un gâteau pour l'occasion, ce gentilhomme ne voulant en aucun cas semer le trouble entre les deux sœurs. De retour à l'appartement de Danielle, Woode se fait assassiner brutalement à l'arme blanche... tandis qu'une voisine, Grace Collier, assiste à l'agonie du malheureux de sa fenêtre. Cette dernière, journaliste pour un quotidien de Staten Island, décide alors de mener sa propre enquête avec l'aide d'un privé, la police ayant bouclée l'affaire faute de preuves... et de cadavre.