Onze années séparaient la sortie de leur éponyme deuxième album et Third. Premier constat, le trio Beth Gibbons / Geoff Barrow / Adrian Utley aura pris son temps [1]. Une décennie synonyme de pause ou de mis en suspens qui pouvait laisser planer le doute sur les intentions de Portishead, eut égard aux différents précédents qu'offrit la musique populaire ces quarante dernières années [2].Or à l'instar de la pochette, le titre de l'album souligne un minimalisme bienvenu, et une sobriété finalement en accord avec la ligne de conduite à laquelle s'est toujours tenue la formation de Bristol. Enfin remarque annexe en guise de préambule, le titre Third fait irrémédiablement penser à un autre album, celui de Soft Machine. Et à défaut d'y voir une coïncidence, force est de constater dès à présent que ces deux disques s'ils n'ont que peu de points communs formels, se rejoignent sur le fond : l'intégrité des protagonistes et la remarquable qualité du dit album. Mais n'allons pas trop vite.
