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Dark Side of the Spoon - Ministry (1999)

A l'image de son leader Al Jourgensen, Ministry aura connu au cours de son existence moult mutations. De la new wave des débuts, à la transition EBM, jusqu'à l'émergence du metal industriel dont la formation fut l'un des fondateurs, l'histoire du groupe peut se définir par cycle. Après le séminal The Land of Rape and Honey (1988), et sa séquelle The Mind Is a Terrible Thing to Taste l'année suivante, Psalm 69: The Way to Succeed & the Way to Suck Eggs (1992) marqua pour Ministry, devenu entre temps entité bicéphale depuis l'arrivée du bassiste Paul Barker en 1986 [1], la fin de leur premier cycle industriel. Disque de platine aux États-Unis, le disque concrétisait la montée en puissance métallique de ces freaks, en leur ouvrant les portes d'une reconnaissance publique paradoxalement opposée aux usages en cours [2]. Fort de ce succès et de la récente popularité du genre au milieu des années 90, avec en point d'orgue The Downward Spiral (1994) de Nine Inch Nails, le nouveau disque devait asseoir un peu plus la notoriété du duo. Mais peu enclin à se répéter, la paire prit sinon le contrepied, du moins s'éloigna suffisamment de la formule gagnante de 1992 pour en refroidir plus d'un.

Janvier 1996, Ministry brisait enfin le silence avec Filth Pig. Quatre longues années d'attente et de retard [3] qui permirent finalement au groupe de rabattre les cartes et débuter une nouvelle trilogie, qui se conclura par le départ de Barker en 2003 après l'album Animositisomina et leur Fornicatour. Trois albums qui furent dans leur ensemble mal perçus et conjointement sous-estimés par la critique et le public. Deuxième volet de ce cycle maudit et dernier album studio pour Warner Bros [4], l'ironique Dark Side of the Spoon s'inscrivait dans la lignée de son prédécesseur sorti trois ans plus tôt, un metal industriel organique jouant désormais à élargir la palette de ses influences.

Hardware - Richard Stanley (1990)

Dans les souvenirs du préposé, Hardware pouvait se résumer à une jaquette VHS, synonyme de ses errements adolescents dans les rangées des vidéos clubs à l'orée des années 90 [1] : un crâne cybernétique menaçant, flanqué de la bannière étoilée, et ce ciel rougeoyant irradiant un monde post-apocalyptique. Auréolée de la mention "Prix des effets spéciaux" à l'époque où le festival d'Avoriaz faisait briller les yeux des jeunes amateurs de fantastique, il aura pourtant fallu attendre deux décennies au préposé avant de se jeter à l'eau, et découvrir cette honnête série B, autant connu des initiés pour sa bande-originale, que par son ambiance mixant allègrement Terminator, Blade Runner et Mad Max.

XXIème siècle, la surface de la Terre n'est plus qu'un immense désert au niveau de radioactivité mortellement dangereux. Les humains sont entassés dans des bidonvilles, où le chômage et la violence sont le lot quotidien des survivants. Seule porte de sortie offerte par le gouvernement en place : suivre la campagne de la stérilisation de rigueur. Dans ce monde « propice et fécond », Moses "Hard Mo" Baxter (Dylan McDermott), soldat en permission, achète à un nomade les restes d'un robot trouvé dans la zone interdite, pièces détachées robotiques faisant office de cadeau de noël pour sa petite amie Jill (Stacey Travis). De cette carcasse cybernétique, la jeune femme en crée une sculpture y incorporant divers éléments récupérés. Cependant, ce qui s'apparentait à un androïde hors d'usage, cache en fait une machine à tuer appelée Mark 13, tel le chapitre 13 de l'évangile du même nom : « nulle chair ne sera épargnée »...