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Cronico Ristretto : The Crazies - George Romero (1973)

Quatrième long métrage de George Romero, The Crazies, distribué en France sous divers titres, dont le ridiculement opportuniste La nuit des fous vivants [1], signait le retour du réalisateur de La nuit des morts vivants au cinéma d'horreur, après la comédie contre-culturelle There's Always Vanilla et sa chronique féministe teintée d'occultisme Season of the Witch. Mieux, là où La nuit avait été le spectateur involontaire du vent contestataire de son époque, The Crazies assume ouvertement et pleinement sa veine critique des années Nixon, loin de tout manichéisme.  

Dans les environs d'une petite ville de Pennsylvanie, Evans City, une arme bactériologique, nom de code "Trixie", s'est échappée à la suite de l'accident de l'avion militaire qui contenait ce virus. Les habitant.es sont rapidement infecté.es, atteint.es de folie sanguinaire, à l'instar d'un père de famille qui assassine de sang froid femme et enfants, avant de brûler sa ferme. Le colonel Peckem (Lloyd Hollar) est envoyé pour contenir la situation tandis que la loi martiale est déclarée. La ville est désormais bouclée. L'utilisation de l'arme atomique est envisagée en plus haut lieu. Le couple Judy (Lane Caroll) et David (W.G. McMillan) prend la fuite, accompagné de Clank (Harold Wayne Jones), ami de David et également vétéran du Vietnam...
 

Cronico Ristretto : Squirm - Jeff Lieberman (1976)

Remis sur le devant de la scène bis depuis la sortie des Oiseaux (1963) d'Alfred Hitchcock au début de la décennie précédente, le genre « invasion animale » connut un vif regain d'intérêt par la suite. D'un bestiaire composé principalement de fourmis, d'abeilles et d'araignées dans les années 70, d'autres scénaristes ont fait oeuvre d'originalité. Il convenait ainsi de s'épancher sur une menace longtemps mise à l'écart, celle des vers de terre anthropophages. Nous en voyons déjà ricaner, or, celle-ci n'est pas plus incongrue que la menace amphibienne (Frogs, 1972) ou, pire encore, lagomorphe (Night of the Lepus, 1972)... Premier long métrage de Jeff Lieberman, le mal titré en français, La nuit des vers géants, a gagné depuis ses galons mérités de film culte aux Etats-Unis, l'affiche du film apparaissant plusieurs fois dans le non moins culte Blow Out (1981) du maestro Brian De Palma [1]

Fly Creek, petite ville de Géorgie. Le soir du 29 septembre 1975, une violente tempête s'abat sur la région, les lignes électriques sont renversées et déversent des centaines de milliers de volts dans le sol humide. Le lendemain, Mick (Don Scardino), jeune new-yorkais, arrive en bus pour rendre visite à sa nouvelle petite amie, Geri (Patricia Pearcy), une habitante de Fly Creek. Le couple devient le témoin d'étranges événements, la découverte puis la disparition d'un squelette dans la propriété de l'antiquaire Aaron Beardsley, ou la présence d'un ver dans le soda de Mick. Les deux jeunes décident de résoudre le mystère.
  

Et mourir... de plaisir - Joe d'Amato (1978)

L'histoire a été mainte fois répétée en ces lieux. La courte mais prolifique période caribéenne du réalisateur bis Joe d'Amato marqua durablement l'inconscient du cinéma d'exploitation. Sesso nero, Hard Sensation, Exotic Love, Porno Holocaust, La nuit fantastique des morts-vivants, Orgasmo nero, etc., chacun de ces longs métrages a démontré, à des degrés divers, combien le cadre idyllique de Saint-Domingue offrait à Aristide Massaccesi, de son vrai nom, l'acmé de son art déviant.

Premier film officiel de la série de dizaine de productions tournées en République Dominicaine, Papaya dei Caraibi poursuivait ainsi la démarche entreprise par Joe D'Amato depuis Voluptueuse Laura, en cultivant son attirance pour le genre mondo. Egalement première incursion du réalisateur dans le culte vaudou, religion dont les rites imprégneront durablement les prochains films, le Romain trouvait finalement en cette île paradisiaque, les éléments déterminants pour parfaire sa réputation de spécialiste du cinéma exotique bis italien, qui le feront passer, deux ans plus tard, de l'érotisme soft à la pornographie avec Sesso Nero, premier film hard italien [1] avec Mark Shannon, Annj Goren et Lucia Ramirez.

De cette boîte de Pandore caribéenne éveillant faussement les fantasmes du mâle occidental venu se repaître de clichés, supposés émoustillants, Et mourir... de plaisir, dans sa version française, s'inscrit, on l'aura compris, enfin dans la continuité du cycle Black Emanuelle [2] qui permit à Joe D'Amato de parfaire à la fois sa popularité auprès d'un cercle d'initié.e.s déviant.e.s, et auprès d'une censure goûtant peu à ses excès formels. Mais n'allons pas trop vite.
 

L'éventreur de Notre-Dame - Jess Franco (1974)

Produit par Eurociné, Lesoeur père et fils, L'éventreur de Notre-Dame se situe dans la longue liste des longs métrages réalisés par Jess Franco qui connurent autant de versions remontées, censurées, agrémentées de scènes pornographiques, que de titres différents. De l'explicite Sexorcisme, ledit film eut ainsi droit également comme titre à l'évocateur Expériences sexuelles au château des jouisseuses, et autre méphistophélique Exorcisme et messes noires. Dans la grande tradition des relectures franciennes, L'éventreur de Notre-Dame devint quelques années plus tard en 1979, sous la houlette du même Franco, à partir du matériau originel et avec de nouvelles séquences en sus, un autre long métrage prénommé cette fois-ci Le Sadique de Notre-Dame [1]. Enfin, grand admirateur de l'œuvre Sadienne, qui trouva un premier écho une dizaine d'année plus tôt avec le séminal Le sadique Baron Von Klaus (1962), Jess Franco marquait ainsi, au besoin, encore les esprits déviants au mitan de la décennie suivante, par sa capacité à filmer frénétiquement crimes sadiques et autres tortures théâtralisées pour le plus grand plaisir d'un public converti à sa cause depuis l'originel Horrible Docteur Orlof.

Paris, Mathis Vogel (Jess Franco), prêtre défroqué, écrit pour subvenir à ses besoins des récits sadomasochistes pour un magazine fétichiste publié par Pierre de Franval (Pierre Taylou). Doué pour décrire avec véracité les scènes de tortures inspirées par les exorcismes datant de l'Inquisition, Vogel cache en vérité un fanatique religieux qui kidnappe, torture et assassine des jeunes femmes afin de, selon son esprit dérangé, sauver leurs âmes en perdition. Peu de temps après, il découvre l'existence de messes noires organisées dans des sous-sols parisiens, et à laquelle participe l'assistante de Franval, Anne (Lina Romay). Persuadé que ces rites sataniques factices sont bien réels, Vogel se lance dans une nouvelle quête purificatrice...

Funky Front Covers - Part XIII

Comme chaque année, depuis désormais une décennie, voici le rendez-vous annuel de la fin du mois de décembre où le RHCS convie les amateurs et amatrices de sensations fortes. Non content de vous souhaiter nos meilleurs vœux, chantons tous l'avènement de la treizième saison des Funky front covers ©, ou le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.

Classique parmi les classiques, afin de débuter en douceur cette nouvelle saison, avant de débrider par la suite nos sens, offrons nous une mise en bouche à base de déguisement :


Emanuelle et les filles de Madame Claude - Joe D'Amato (1978)

Cinquième long métrage de la série Black Emanuelle mis en scène par Joe D'AmatoEmanuelle et les filles de Madame Claude marqua la fin des aventures de l'héroïne créée, trois ans plus tôt, par Bito Albertini. D'un premier épisode inspiré par le phénoménal succès du film réalisé par Just Jaeckin, ce dernier volet fermait le ban des exploits érotiques de la belle photo-reporter en reprenant à son compte, en guise de clin d'œil opportuniste, le personnage principal du dernier long métrage du cinéaste français, Madame Claude sorti l'année précédente. La boucle était ainsi bouclée comme le veut l'adage.

En reportage à Nairobi, Emanuelle (Laura Gemser) désire obtenir l'interview de Giorgio Rivetti (Venantino Venantini), gangster italien retiré en Afrique pour affaires. Avec l'aide de son amie Susan Towers (Ely Galleani), celle-ci parvient à obtenir les confidences de Rivetti par l'entremise du Prince Arausani (Pierre Marfurt). Au cours son escale kényane, Emanuelle est intriguée par le mystérieux Francis Harley (Gabriele Tinti) rencontré à l'aéroport en compagnie d'une jeune femme handicapée. De retour à New-York, son collègue journaliste Walter lui apprend que Harley loue des jeunes femmes à de riches hommes d'affaires en quête de distractions...

Cuadecuc, vampir - Pere Portabella (1971)

Producteur de cinéma à la fin des années 50 avec sa société Films 59, avec laquelle il produisit le troisième long métrage de Marco Ferreri, La petite voiture (1960), ou Viridiana de Luis Buñuel, scandaleuse Palme d'or en 1961 tournée en terres franquistes, Pere Portabella se lança dans la réalisation à la fin de la décennie suivante avec Nocturno 29 (1968). Première collaboration entre le natif de Figueras, le poète et auteur dramatique avant-gardiste Joan Brossa et le compositeur Carles Santos, son premier long métrage fut suivi par plusieurs documentaires, dont deux consacrés au peintre Joan Miró. Figure du cinéma catalan, partisan d'un cinéma contestataire, symbolisé par sa critique des conventions cinématographiques et son engagement politique, Pere Portabella présenta en 1971, lors de la Quinzaine des Réalisateurs, un documentaire unique, aboutissement de ses premières expérimentations formelles, nommé Cuadecuc, Vampir. Réalisé sur le tournage Des Nuits de Dracula du madrilène Jesús Franco, ce film hybride oscillant entre le making of expérimental et la fiction post-expressionniste s'inscrit, on l'aura compris, comme un indispensable objet filmique non identifié à découvrir, et édité depuis en Blu-ray par Second Run et par Severin Films [1]

Blood for Dracula - Paul Morrissey (1974)

Réalisateur incontournable du milieu underground New-yorkais depuis sa rencontre au mitan des années 60 avec Andy Warhol, le cinéaste Paul Morrissey se fit, au départ, connaitre par sa trilogie Flesh (1968), Trash (1970) et Heat (1972) avec l'égérie warholienne nommée Joe Dalessandro. L'année suivante, Morrissey rejoignait le vieux continent afin de réaliser, à l'origine, un seul long métrage produit par la paire Andrew Braunsberg / Carlo Ponti. La suite est désormais connue. D'un premier film, Flesh for Frankenstein, revisitant le mythe du Prométhée moderne créé de l'imaginaire de Mary Shelley, Paul Morrissey tournait dans la foulée, avec les mêmes acteurs principaux, Udo Kier, Joe Dallesandro et Arno Juerging, sa vision toute personnelle du vampirisme avec Blood for Dracula. Dont acte.

Malade, sur le point de mourir, le Comte Dracula (Udo Kier) doit boire du sang de jeunes femmes vierges pour survivre. Trop connu en Roumanie, et sur les conseils de son serviteur Anton (Arno Juerging), il décide de partir chasser en Italie. Sur place, il fait la rencontre des Di Fiore, une famille aristocrate désargentée. Sous le prétexte de chercher une nouvelle épouse, le comte et Anton sont invités à séjourner chez eux, où Dracula pourra choisir parmi les quatre filles...

Emanuelle chez les cannibales - Joe D'Amato (1977)

Avant-dernier long métrage des Black Emanuelles réalisées par Joe D'Amato, Emanuelle chez les cannibales marque une nouvelle étape dans la longue liste des films produits depuis le premier volet de la série créée par Bito Albertini. Fort du succès du Dernier monde cannibale de son compatriote Ruggero Deodato, et assisté désormais au scénario de Romano Scandariato, scénariste de La mort a souri à l'assassin (ou l'un des rares longs métrages qu'il signe de son vrai nom, Aristide Massaccesi), Joe D'Amato, passé maître dans l'hybridation bis (mention extrême) depuis son retentissant Black Emanuelle en Amérique, se distingue l'année suivante par un nouveau coup d'éclat. Mieux, de cette rencontre improbable entre le cinéma érotique et le film de cannibales, ce quatrième épisode mis scène par D'Amato s'inscrit comme le premier fait d'arme 100 % gore d'un réalisateur, qui se fera connaitre par la suite pour sa capacité à dépasser les limites du genre avec sa trilogie composée de Blue Holocaust, Anthropophagous et Horrible.

New-York. En immersion dans un hôpital psychiatrique pour un de ses reportages, Emanuelle (Laura Gemser) assiste à un cas unique d'anthropophagie : une jeune femme internée a mangé le sein d'une des infirmières. Découverte en Amazonie, son tatouage sur son pubis indique qu'elle aurait été élevée par une tribu cannibale. Emanuelle contacte le Professeur Mark Lester (Gabriele Tinti), conservateur du Museum d'Histoires naturelles afin de le convaincre de monter une expédition... Arrivés au Brésil, les deux amants retrouve Wilkes, une veille connaissance de Lester. Le lendemain, accompagnés de sœur Angela (Annamaria Clementi), d'Isabelle (Mónica Zanchi), la fille de Wilkes, et de deux guides, Emanuelle et Mark doivent rejoindre la mission du père Morales...
 

Schlock - John Landis (1973)

Préposé au courrier à la Fox, assistant de production pour De l'or pour les braves (1970) de Brian G. Hutton, cascadeur en Europe pour diverses productions, John Landis multiplia les métiers dans le cinéma, avant de réaliser, crânement, à seulement 21 ans, à son retour aux États-Unis, son premier long métrage nommé Schlock. Auto-financé pour moitié par John Landis, ce Schlockthropus, sous-titré en français par le non moins foutraque Le tueur à la banane, avait tout du mauvais film. Pire, encore aujourd'hui, le cinéaste s'amuse, non sans malice, à s'excuser d'être l'auteur de ce supposé méfait. Or, si cette comédie ne prédisposait pas à la future carrière de ce jeune frondeur, cadet de la génération des movie brats (Brian De Palma, Francis Ford Coppola, George Lucas, Steven Spielberg, etc.), Schlock marque également les débuts d'une autre figure notable du cinéma étasunien des quarante dernières années : ceux du maquilleur Rick Baker. Fort d'une nouvelle restauration 4K approuvée par John Landis, Schlock est disponible ce 3 juillet pour la première fois en Blu-ray chez Carlotta Films.

Depuis trois semaines quelque part en Californie, la ville de Canyon Valley est le théâtre d'une série de meurtres sanglants. Pas moins de huit cent victimes ont déjà été recensées dont les dernières sont celle provenant d'un parc de loisirs où plus de deux cent personnes, femmes et enfants compris, ont trouvé la mort. Surnommé le « tueur à la banane », le dangereux criminel est en réalité un gorille, présenté comme le chaînon manquant, âgé de vingt millions d'années, le Schlockthropus…

Black Emanuelle autour du monde - Joe D'Amato (1977)

Quatrième long métrage mettant en scène l'héroïne créée par Bito Albertini, Black Emanuelle autour du monde se présente, sans aucun doute, comme le volet le plus déstabilisant des cinq films réalisés par Joe D'Amato. Tournée dans la foulée de Black Emanuelle en Amérique, cette suite directe convie une fois encore le spectateur à suivre les aventures de la célèbre photo-reporteur globetrotteuse du sexe à travers le globe. Salué comme il se doit par les censeurs du monde entier, ce troisième chapitre signé D'Amato se démarque toutefois davantage par sa radicalité intrinsèque, que par ses excès formels hérités des précédents épisodes. Mieux, le réalisateur romain confortait, depuis le séminal Emmanuelle et Françoise [1] deux ans plus tôt, sa position unique de moraliste du cinéma bis. Mais n'allons pas trop vite.

San Francisco. De retour d'une île déserte, Emanuelle (Laura Gemser) rencontre dans un hôtel son amie journaliste Cora (Karin Schubert) qui rédige un article dont le sujet est la violence à l'égard des femmes. Dans sa chambre, Emanuelle est victime d'une tentative de viol, mais est sauvée par Malcolm Robertson (Ivan Rassimov), président d'un comité d'aide au Tiers monde pour les Nations-Unis. En dépit de leurs engagements professionnels respectifs, Emanuelle et le Dr Robertson se promettent de se revoir de nouveau, quand Emanuelle est envoyée par son directeur en Inde pour interviewer un gourou (George Eastman), qui prétend avoir découvert le secret de l'orgasme infini...

Shampoo - Hal Ashby (1975)

Quatrième long métrage du réalisateur étasunien Hal Ashby, deux ans après La dernière corvée avec Jack Nicholson, Shampoo fut l'un des plus grands succès publics de ce réalisateur, quelque peu oublié [1], longtemps associé au Nouvel Hollywood. Produit, coécrit et interprété par Warren Beatty, cette comédie, supposée capillaire, si on en croit son titre, narre les aventures d'un Don Juan contemporain à Los Angeles à la veille de l'élection présidentielle de 1968. Disponible en Blu-ray et DVD le 6 mai prochain, dans sa version restaurée 4K, Shampoo n'en demeure pas moins, sous son verni faussement léger, une critique douce-amère des mœurs sexuelles et sociales de la fin des années 1960. Mais n'allons pas trop vite.

Novembre 1968. Coiffeur pour femmes dans un salon de Beverly Hills, George Roundy (Warren Beatty) a toujours usé de ses charmes pour séduire sa clientèle. C'est par ce biais-là qu'il a rencontré sa petite amie Jill (Goldie Hawn), sa maîtresse Felicia (Lee Grant) et son ex-petite amie Jackie (Julie Christie). Sexuellement comblé, George est pourtant professionnellement frustré : simple employé, il ambitionne d'ouvrir son propre salon de coiffure...

Network, main basse sur la TV - Sidney Lumet (1976)

Cinq ans après avoir signé le scénario de L'hôpital (1971) de Arthur Hiller, qui lui valut son deuxième Oscar pour le meilleur scénario original, après Marty (1955) de Delbert Mann, l'année 1976 marquait le retour de Paddy Chayefsky avec le long métrage intitulé Network. D'un récit se faisant fort de critiquer l'importance du petit écran, le film réalisé par Sidney Lumet provoqua à l'époque une véritable onde de choc dans les médias aux États-Unis. Peinture corrosive du quotidien d'une chaine de télévision, le long métrage prenait la forme d'un réquisitoire sans concession. Récompensé par quatre Oscars, Network, sous-titré en français par la mention main basse sur la TV est désormais disponible par les bons soins de Carlotta dans sa version restaurée 4K depuis le 17 avril en Coffret Ultra Collector Blu-ray + DVD + livre et éditions Blu-ray/DVD.

"Voici l'histoire d'Howard Beale (Peter Finch), le présentateur du journal télévisé d'UBS. Il fut un temps où Howard Beale était un mandarin de la télé, le grand monsieur du journal, avec un audimat de 16, une part d'audience de 28. Mais en 1969, la roue commença à tourner. Sa part d'audience tomba à 22. L'année suivante, sa femme décéda. Il était veuf, sans enfant, avec un audimat de 8 et une audience de 12. Il devint morose, s'isola, et se mit à boire plus que de raison. Le 22 septembre 1975, on le licencia avec deux semaines de préavis...". Désespéré, Howard Beale annonce son suicide en direct à la télévision. Dès lors, sa cote de popularité explose et Diana Christensen (Faye Dunaway), responsable de la programmation, lui donne carte blanche pour animer sa propre émission…

Black Emanuelle en Amérique - Joe D'Amato (1976)

Deuxième long métrage de la série mis en scène par Joe D'Amato, Black Emanuelle en Amérique est, à la fois, l'épisode le plus connu, et celui qui a fait couler le plus d'encre (CQFD). Pouvait-il en être autrement tant le réalisateur Romain s'affranchit, dans ce troisième volet, encore un peu plus, d'une bienséance qui n'a pas sa place, et d'un bon goût qui n'a pas lieu d'exister. Mieux, non content d'avoir subi précédemment, déjà, les affres de la censure avec Black Emanuelle en Orient, D'Amato comprend qu'il n'est pas allé assez loin dans la transgression, et dépasse définitivement les bornes en frappant, à dessein, du sceau de l'infamie un film qui n'aurait pu être, au départ, que le troisième chapitre des aventures érotiques de sa belle héroïne. Mais n'allons pas trop vite.

New-York. Voyageant à travers le monde en quête de scoops, Emanuelle (Laura Gemser) suit à la fois une carrière de photo-reporter à succès et de photographe de charme. A la sortie d'une séance, celle-ci est prise en otage par le petit ami puritain d'une de ses modèles, Janet, qui l'accuse de l'avoir promise à la damnation. Après avoir désamorcé la menace en séduisant le jeune homme, Emanuelle se prépare pour sa nouvelle enquête, infiltrer le harem du milliardaire Eric Van Darren (Lars Bloch), composé de douze femmes, chacune correspondant à un signe zodiacal. Or Il lui manque depuis peu une Vierge...

Black Emanuelle en Orient - Joe D'Amato (1976)

Première séquelle officielle du long métrage Black Emanuelle [1] mis en scène une année plus tôt par le transalpin Bitto Albertini, Black Emanuelle en Orient fut le premier volet de la série réalisé par celui qui allait lui donner ses lettres de noblesse supra-déviante, Joe D'Amato. Produit dans la foulée de Voluptueuse Laura, Laura Gemser y reprenait son rôle de journaliste hédoniste, concluant par la même occasion pour la seule année 1976, sa troisième collaboration avec l'auteur des quatre futurs autres épisodes [2] (Black Emanuelle en Amérique, Black Emanuelle autour du monde, Emanuelle chez les cannibales ou Emanuelle et les filles de Madame Claude). Mieux, et comme pouvait le laisser supposer les deux précédents longs métrages réalisés par Aristide Massaccesi, de son vrai nom, ces nouvelles aventures sensuelles de la belle Emanuelle noire allaient recevoir les félicitations des censeurs du monde entier. Mais n'allons pas trop vite.

Quittant Venise, Emanuelle (Laura Gemser), accompagnée de son ami et archéologue Roberto (Gabriele Tinti), se rend à Bangkok, en Thaïlande, dans le but d'interviewer et de photographier le Roi. Sur place, elle rencontre le Prince Sanit (Ivan Rassimov), cousin du Roi, qui l'initie au plaisir de la relaxation orientale. Devenu amie avec sa masseuse Gee, Emanuelle fait la connaissance par l'intermédiaire de Roberto d'un couple d'américains, Jimmy (Giacomo Rossi Stuart) et Frances (Ely Galleani). Tandis que son ami quitte l'Asie pour de nouvelles fouilles près de Casablanca, Emanuelle reçoit des nouvelles du Prince qui lui a arrangé un rendez-vous avec la première maîtresse du Roi qui vit désormais dans un temple abandonné...
 

Voluptueuse Laura (Eva nera) - Joe D'Amato (1976)

Indissociable d'Aristide Massaccesi, plus connu sous le pseudonyme Joe D'Amato, Laura Gemser, avant de devenir l'une des égéries du réalisateur de La nuit fantastique des morts-vivants, fut découverte aux yeux des initiés pour son rôle de masseuse dans la séquelle du long métrage de Just Jaeckin, Emmanuelle: L'antivierge (1975) de Francis Giacobetti. Choisie quasiment dans la foulée pour incarner le personnage qui la rendra célèbre dans le monde entier, la sublime interprète de Black Emanuelle de Bitto Albertini, fut à l'affiche l'année suivante, dans trois films réalisés par Joe D'Amato, marquant ainsi ses débuts auprès du cinéaste transalpin : Vœu de chasteté, le film qui nous intéresse Voluptueuse Laura, et enfin Black Emanuelle en Orient.

Eva (Laura Gemser) débarque à Hong Kong où elle fit la rencontre durant son vol de l'homme d'affaire Jules Carmichael (Gabriele Tinti). Danseuse, elle invite Jules à sa première qui se tient le soir même dans un night-club. Peu enclin à l'accompagner au départ, Judas (Jack Palance) se laisse convaincre par son frère, avant que l'ainé de fratrie tombe sous le charme, subjugué par la performance de la jeune femme, dansant à moitié nue avec un python. Judas l'invite le lendemain à déjeuner dans son restaurant préféré, puis chez lui, où cet homme fortuné lui présente un surprenant marché : sans rien attendre d'Eva, il lui propose de vivre dans son grand appartement et de lui offrir tout ce qu'elle désire...

Cronico Ristretto : L'alliance - Christian de Chalonge (1970)

Deuxième long métrage de Christian de Chalonge, L'alliance s'écartait de la veine semi-documentaire de son précédent film, Prix jean Vigo 1968, O Salto, dont le sujet était l'immigration portugaise au crépuscule de la dictature salazarienne. Adaptation par (et avec) Jean-Claude carrière de son roman éponyme publié en 1962, le film marquait la première incursion de son réalisateur dans l'étrange, à l'orée du fantastique, avant sa chronique paysanne post-apocalyptique onze ans plus tard nommée Malevil.

Vétérinaire de profession, Hugues Tribois (Jean-Claude Carrière) fait appel aux services de l'agence matrimoniale Duvernet afin de trouver une épouse. Un jour, il rencontre Jeanne (Anna Karina), jeune femme qui correspond idéalement à son unique critère, celui de posséder un appartement suffisamment grand où il pourrait installer son cabinet. Le couple se marie dans la foulée. Au retour de leur voyage de noce en Bretagne, Hugues emménage chez Jeanne. De ce mariage de raison, nourri des absences répétées de Jeanne chaque après-midi, et de la découverte dans la penderie fermée à clef d'affaires appartenant à un homme, nait un sentiment de paranoïa et de jalousie maladive de la part du quadragénaire...

Funky front covers - Part XII

Chantons tous son avènement ! Depuis plus de dix ans, chaque année, nous attendons cet heureux temps, celui des Funky front covers ©. Ouvrons dès lors ensemble leur douzième édition, ou le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.

Depuis leur création en 2008, l'attentat dit capillaire est devenu au fil du temps un passage obligé, du moins un hors d'œuvre pictural à consommer sans modération :


Saint Jack - Peter Bogdanovich (1979)

Critique, cinéphile, ancien protégé de Roger Corman, réalisateur associé (bien malgré lui) au Nouvel Hollywood, Peter Bogdanovich accumula, en sus des étiquettes, autant les réussites et les succès publics instantanés à partir de The Last Picture Show en 1971, qu'il connut aussi rapidement une suite de désillusions et d'échecs dès 1974 avec Daisy Miller. Auteur de trois succès et trois bides mémorables, dans cet ordre, le cinéaste étasunien se lança, après un hiatus de trois années, sur les recommandations du maître Orson Welles, dans l'adaptation du roman de Paul Theroux, Saint Jack, relatant l'histoire d'un proxénète américain vivant à Singapour. Lauréat du prix Pasinetti [1] du meilleur film à La Mostra de Venise en 1979, comptant parmi les œuvres préférées de son réalisateur, Saint Jack est désormais disponible, au même titre que The Last Picture Show, en Blu-ray (et DVD) en version restaurée depuis ce 10 octobre dans une édition collector, et dans les salles à partir de la semaine suivante.

Singapour, début des années 1970. Jack Flowers (Ben Gazzara), ancien soldat de la guerre de Corée en exil, est un proxénète qui rêve de diriger sa propre maison close. Un jour, il fait la connaissance de William Leigh (Denholm Elliott), un comptable britannique résidant à Hong Kong, et se prend vite d'amitié pour cet homme rangé et attachant. Quand Jack réussit à monter quelque temps plus tard son propre établissement, celui-ci attise rapidement la convoitise des Triades qui voient d'un mauvais œil la réussite de ce franc-tireur... 
  

Le Dossier 51 - Michel Deville (1978)

Il est des films qui marquent durablement, Le Dossier 51 de Michel Deville en est, sans contexte, un parfait exemple. Quatre années après le remarqué Mouton enragé avec le trio Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant et Vincent Cassel, le cinéaste poursuivait conjointement les thématiques de la vie par procuration et de la manipulation, en les transposant cette fois-ci au monde du renseignement. Adaptation d'un roman réputé inadaptable signé Gilles Perrault, ou comment une organisation secrète cherche à recruter un haut fonctionnaire, Le Dossier 51 s'avère être un véritable Objet Filmique Non Identifié par son brillant usage de la caméra subjective [1]. Film d'espionnage atypique, loin des conventions usuelles du genre, le long métrage aurait gagné à connaitre une plus grande reconnaissance publique lors de sa sortie [2]. A (re)découvrir urgemment.

"Jean De Malarielle nommé ambassadeur de France à Copenhague sera remplacé à la tête de la délégation française à l'ODENS par Dominique Auphal."
12 octobre 1977. Origine Minerve. Destinataire Mars. "Suite à l'information concernant la nomination de Dominique Auphal [...] à l'Organisation pour le Développement des Échanges Nord Sud (ODENS), nous vous chargeons de recueillir tous éléments d'information sur Dominique Auphal [...]. Auphal sera désigné par le numéro de code 51." [...]
"Jupiter veut pénétrer l'ODENS. Le moyen : recruter un de ses membres. Jusqu'à présent nous avons échoué. Un petit nouveau se présente. Une chance inespérée. Ce sera lui, 51. Il nous faut 51. Je me suis bien fait comprendre."