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Jack l'Éventreur - Jess Franco (1976)

Quatrième et dernière collaboration entre Klaus Kinski et Jesús Franco, ce Jack l'Éventreur mis en scène au milieu des années 1970 avait de quoi soulever moult interrogations. Réalisé sept années après leurs trois précédentes associations, Venus in Furs, Les nuits de Dracula et enfin Justine de Sade, où l'allemand incarnait le célèbre marquis, cette nouvelle adaptation des sinistres évènements qui ensanglantèrent le quartier londonien de Whitechapel se démarquait en premier lieu des productions franciennes de l'époque signées du suisse Erwin C. Dietrich. A l'orée de leur fructueuse contribution au genre Women In Prison, débutée l'année précédente par Frauengefängnis (Femmes en cage), et plus généralement à la sexploitation, Jack l'Éventreur faisait figure sinon d'élément discordant, du moins d'une volonté manifeste de vouloir toucher un plus large public. Avec dans le rôle principal un acteur aussi célèbre pour ses interprétations habitées que pour son comportement borderline, le réalisateur et le producteur s'offraient les moyens de leurs ambitions. D'une certaine manière. Mais n'allons pas trop vite...

Londres, fin du XIXème siècle. Un soir dans le quartier de Whitechapel, Sally Brown (Francine Custer) rejette les avances prononcées d'un client, semble t-il mal intentionné, avant de rejoindre ses pénates. Mais sur le chemin, la jeune prostituée croise la route du sinistre Jack l'éventreur (Klaus Kinski) qui emporte son cadavre dans un lieu tenu secret, un jardin botanique, où l'y attend son assistante Flora (Nikola Weisse). Au petit matin, il la charge de se débarrasser des restes de l'infortunée « poupée » dans la Tamise...

Frauen ohne Unschuld (Femmes sans pudeur) - Jess Franco (1977)

De la fructueuse collaboration entre le cinéaste espagnol Jesús Franco et le producteur helvète Erwin C. Dietrich, l'habitué des lieux retiendra, non sans raison, principalement leur contribution au genre Women In Prison, débutée par Frauengefängnis (Femmes en cage) et conclue par Frauen für Zellenblock 9 (Cellule 9). Ces deux métrages, brillants représentants de ce genre volontiers crapoteux, se distinguaient autant par leur ambiance malsaine, que par leur budget franchement fauché. Frauen ohne Unschuld, tourné au crépuscule de cette association à caractère déviant, ne déroge pas à cette règle. Cependant, le film s'écarte légèrement de la thématique carcérale habituelle [1], en déplaçant le lieu de ces promiscuités saphiques vers un autre espace de captivité, non moins débridé, séduisant et évocateur : l'hôpital psychiatrique.

Dans une maison au bord d'un lac, les cadavres ensanglantés et nus de Gabi et Sandra Mauro (Monica Swinn) sont découverts. Le docteur Antonio (Michael Maien), accompagné de deux ambulanciers, est dépêché sur les lieux. Il y trouve également une jeune femme nue désorientée (Lina Romay) dans l'escalier. Choquée et recouverte de sang, la dénommée Margarita Martin est incapable de dire un seul mot. Envoyée immédiatement dans la clinique psychiatrique du docteur Antonio, celle-ci est au cœur des attentions du personnel soignant, en particulier le directeur de la clinique, le docteur Fargas, et son épouse Irina. Or les méthodes usitées dans cet établissement sont quelques peu inhabituelles et iconoclastes. L'intérêt pour cette nouvelle patiente dépasse en effet le simple cadre médical. Dernière personne à avoir vu les Mauro vivants, la jeune femme est le témoin principal de cette affaire trouble, le couple récemment assassiné ayant la réputation d'être des trafiquants de diamants. Pour comble de malheur, le tueur semble suivre ses pas, Margarita assiste impuissante au meurtre de sa camarade Petra (Esther Studer)...

Esclaves de l'amour (Frauen für Zellenblock 9) - Jess Franco (1977)

Deuxième incursion du RHCS dans le monde merveilleux du film de prison pour femmes (WIP pour les intimes), Esclaves de l'amour présentées ici même marqua les esprits, et la censure, comme étant l'une des dernières collaborations [1] de la paire déviante composée par le producteur suisse Erwin C. Dietrich et le cinéaste espagnol Jesús Franco. Une association excessive dont le fil conducteur pourrait de prime abord se résumer à sinon flatter les plus bas instincts voyeuristes du spectateur, tout du moins à offrir au public sa dose d'érotisme crapoteux quotidien. Ce long métrage prénommé originellement Frauen für Zellenblock 9, et interprété par la pulpeuse Karine Gambier, l'innocente Susan Hemingway et l'inénarrable Howard Vernon ne déroge nullement a priori à la règle : des jeunes femmes nues, des tortionnaires sadiques, le tout dans une ambiance faussement malsaine et franchement fauchée, what else ?

Trois révolutionnaires menées par Karine Levere (Karine Gambier) sont arrêtées à bord de leur camion traversant la jungle sud américaine. Capturées manu militari puis emmenées sans ménagement dans une prison isolée dans la forêt tropicale, les demoiselles, une fois arrivées, sont rapidement déshabillées, et enchaînées par le cou dans la cellule numérotée 9. A l'instar de ses camarades, Karine est torturée par l'expérimenté Dr Costa (Howard Vernon) sous l'œil approbateur et carnassier de la directrice des lieux. Face à l'imagination perverse et aux techniques inhumaines déployées par ses tortionnaires, la belle cède à leurs avances sadiques, et dénonce ses compagnons de lutte. Bien décidée à les sauver, Karine doit s'évader à tout prix...

Sexy Sisters (Deux soeurs vicieuses) - Jess Franco (1977)

Icône oubliée du cinéma érotique et pornographique des années 70, dont seuls les amateurs nostalgiques de cet âge dorée se souviennent avec émotion, Karine Gambier manquait cruellement au Rocky Horror Critic Show. L'oubli est enfin réparée. Reconnaissable par sa blondeur platine, Karine disparaît mystérieusement au début de la décennie 80. Lassée par la pornographie, déçue par la frilosité du cinéma dit traditionnel et son manque d'ambition à proposer aux plus belles fleurs du genre une reconversion possible, les pistes ne manquent pas. Reste à la postérité un peu plus d'une soixante-dizaine de films en six ans d'activité pour le plus grand bonheur des initiés sensibles (également) à son charme hautain, faussement candide, et à ses formes voluptueuses.

Or parmi les nombreux réalisateurs et autres pornocrates (Claude Bernard-Aubert, José Bénazéraf, Jean-Claude Roy ou Claude Mulot) ayant eu la chance de croiser miss Gambier, sa filmographie fait apparaître l'un des metteurs en scène bisseux cher à ce haut lieu de déviance virtuelle : Jesús Franco. Des quatre principaux films tournés par la belle blonde : Cocktail spécialVoodoo PassionWomen in Cellblock 9 et Sexy Sisters, on ne saurait conseiller à l'amateur de se diriger en premier lieu vers les deux derniers cités, la blonde incendiaire y tenant les rôles principaux. Et si Cocktail apparaît difficilement trouvable de nos jours, les trois suivants produit par le suisse Erwin C. Dietrich ont l'avantage d'être désormais disponible en import en DVD. Dès lors, pourquoi se priver ?

Femmes en cage (Frauengefängnis) - Jess Franco (1975)

Parmi les différents sous genres qui définissent notre bien-aimé cinéma d'exploitation, le film de prison pour femmes (connu des initiés sous l'acronyme WIP pour Women In Prison) est sans aucun doute l'un des plus controversés. Une formule facile (de plus) me direz vous, mais qui cache une réalité certaine : la censure (britannique au hasard) goûta peu au libertinage lesbien en milieu carcéral, filmé, il est vrai, par quelques mâles libidineux, pour spectateurs en mal de voyeurisme et de dérives sadiques (en toc). Et parmi ses chefs de fil, faut-il s'étonner de voir figurer en première place le metteur en scène madrilène Jess Franco ? Véritable instigateur du mouvement [1] avec l'étasunien Lee Frost (Love Camp 7), ce Frauengefängnis, sept années après le séminal L'amour dans les prisons des femmes (99 Mujeres), signe de nouveau en 1975 son retour au genre après le précédent Quartier de femmes (Los amantes de la isla del diablo). Premier WIP de la fructueuse collaboration avec le producteur/réalisateur suisse Erwin C. Dietrich [2], Femmes en cage dans sa version française ne déroge pas à la règle : un long métrage foutraque au budget minimaliste pour une relecture malade. Les amateurs et amatrices du genre apprécieront.

Le portrait de Doriana Gray (Die Marquise von Sade) - Jess Franco (1975)

C'est en 1975 que le duo Jesús Franco/Lina Romay, soit le génial cinéaste déviant ibérique et sa muse, nous convient à suivre les aventures de Doriana Gray, qui comme son nom l'indique est une très libre adaptation du roman d'Oscar Wilde.

Jesús Franco, très productif à l'image de son compère transalpin Joe D'Amato qui durant cette année de pré-canicule hexagonale, et entre le tournage d'un film de prison pour femmes, un jovial Swedish Nympho Slaves et un vrai-faux Orloff (Jack l'éventreur avec Klaus Kinski), propose à ses amateurs éclairés une relecture de son précédent La comtesse noire (Les Avaleuses, etc.) sorti deux années plus tôt. Un long métrage faisant date dans le petit monde du bis, et sans conteste le premier grand rôle de Lina Romay en vampire femelle se nourrissant, non pas du sang, mais de la jouissance de ses victimes en aspirant leur énergie vitale. 
 
Doriana Gray ou les affres d'une demoiselle vampire nymphomane qui comme son lointain cousin britannique ne connait pas l'ouvrage du temps au profit d'une jeunesse éternelle. Relecture jusqu'au boutiste de La comtesse noire, Jesús Franco laisse de côté l'aspect horrifique et sanguinolent du film vampirique traditionnel [1] pour recentrer une histoire faisant la part belle au mystérieux et aux atmosphères évanescentes et oniriques.