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Lianna - John Sayles (1983)

Deuxième long métrage de John Sayles après le séminal Return of the Secaucus 7 mis en scène trois ans plus tôt, Lianna s'inscrit comme l'un des premiers films grand public dont le sujet principal traite ouvertement du coming out. Perçu (à raison) avec défiance à sa sortie par de nombreuses féministes étasuniennes, ledit sujet étant écrit et réalisé par un homme hétéro [1], Lianna fait néanmoins figure d'exception et de réussite. Mieux, John Sayles démontrait déjà à l'orée de sa filmographie la finesse de son analyse et son approche didactique. Mais n'allons pas trop vite. 

New Jersey. Mariée depuis une dizaine d'années à Dick (Jon DeVries), un professeur d'université, et mère de deux enfants, Lianna (Linda Griffiths) suit des cours du soir en psychologie de l'enfance avec son amie Sandy (Jo Henderson). En rentrant d'un cours auprès de l'enseignante Ruth Brennan (Jane Hallaren), Lianna découvre une nouvelle infidélité de son époux avec une étudiante. Elle se confie à Ruth lors de leur première soirée ensemble, où la jeune femme se remémore son premier amour refoulé... 
 

Cronico ristretto : The Brother from Another Planet - John Sayles (1984)

Déjà auteur de trois longs métrages au début de la décennie 80, dont deux sortis en 1983, John Sayles réalisait l'année suivante un film dont le thème science-fictionnel et le titre évoquait directement son récent passé Cormanien, The Brother from Another Planet. Mais rien n'est aussi simple. Lauréat d'une bourse MacArthur financée par la fondation du même nom en 1983, le futur réalisateur de Lone Star profita cet apport monétaire pour mettre en scène l'histoire d'un esclave noir from the outer space réfugié à Harlem après le crash de son vaisseauDevenu culte aux États-Unis, The Brother from Another Planet fut distingué la même année au festival de Sitges par le prix du meilleur scénario et du meilleur acteur. 

Ellis Island, le vaisseau d'un extra-terrestre (Joe Morton) s'écrase dans l'Hudson, non loin de la statue de la Liberté, avant que cet alien humanoïde noir se réfugie à Harlem. Bien que privé de parole, ce dernier fait rapidement la connaissance les habitants du quartier, dont les habitués du bar d'Odell (Steve James). Capable de réparer les objets et de guérir les êtres vivants, "le frère" est embauché un temps comme réparateur de bornes d'arcade. Or, deux hommes (John Sayles et David Strathairn) habillés en noir, également extraterrestres, viennent de débarquer, et sont à la recherche du fugitif... 
 

Orgasmo nero - Joe D'Amato (1980)

Énième rappel des faits. A la fin de la décennie 70, Aristide Massaccesi, dit Joe D'Amato, accompagné de ses fidèles complices, en premier lieu le géant génois Luigi Montefiori, dit George Eastman, embarquait pour Saint-Domingue en République Dominicaine. Durant cette escale caribéenne, le réalisateur romain mit en scène plusieurs longs métrages qui marquèrent durablement le cinéma d'exploitation italien : Sesso neroHard Sensation, Exotic Love, Porno Holocaust, La nuit fantastique des morts-vivants et enfin, celui qui nous intéresse Orgasmo nero. Loin de l'image habituelle que l'on veut bien donner au cinéma Bis, et au premier intéressé, Joe D'Amato se démarquait de ses compères tant sur la forme que sur le fond. Adepte de la méthode forte, le réalisateur de Voluptueuse Laura savait mieux que quiconque que la provocation est la meilleure des publicités pour un film produit dans ce type de circuit, quitte à franchir les limites du bon goût et de la bienséance, au risque de devenir persona non grata auprès des censeurs du monde entier. Orgasmo Nero conforte ainsi, une fois encore, comme cité plus haut, la place unique de Joe D'Amato dans le paysage d'un cinéma d'exploitation européen qui connaissait ses dernières heures de gloire. Mieux, Orgasmo Nero constitue la preuve qu'Aristide Massaccesi, à son corps défendant [1], est un auteur, ce nouveau film constituant une nouvelle pierre dans l'édifice misandre de sa filmographie depuis le séminal Emmanuelle et Françoise (1975).

Anthropologue, Paul (Richard Harrison) étudie les coutumes d'une tribu qui peuplent une île des Caraïbes. Rejoint par son épouse, Helen (Nieves Navarro), Paul vit mal à l'incapacité du couple à pouvoir avoir un enfant. Sur l'île, Helen se rapproche de la jeune autochtone Haini (Lucia Ramirez), leur amitié naissante cédant la place rapidement à une idylle entre les deux femmes. Occupé par ses recherches, Paul, qui ignore tout de la relation saphique de son épouse, propose à Helen d'inviter Haini dans leur résidence à Saint-Domingue...
 

Funky Front Covers - Part XIII

Comme chaque année, depuis désormais une décennie, voici le rendez-vous annuel de la fin du mois de décembre où le RHCS convie les amateurs et amatrices de sensations fortes. Non content de vous souhaiter nos meilleurs vœux, chantons tous l'avènement de la treizième saison des Funky front covers ©, ou le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.

Classique parmi les classiques, afin de débuter en douceur cette nouvelle saison, avant de débrider par la suite nos sens, offrons nous une mise en bouche à base de déguisement :


Sesso nero - Joe D'Amato (1980)

Re : L'histoire est connue des initié.e.s. Après avoir donné ses lettres de noblesse déviante à la série Black Emmanuelle avec la belle métisse Laura Gemser entre 1976 et 1978, le réalisateur bis Joe D'Amato quittait les rives de la soft sexploitation, non sans en avoir redéfini les limites à grand renforts de provocation ultime, pour franchir de nouveaux seuils de tolérance au grand dam des censeurs du monde entier. Passé quelques Mondos bricolés à la va-vite (enfin plus qu'à l'accoutumée), Joe D'Amato faisait encore parler de lui dans les milieux concernés avec son premier long métrage 100 % gore, Blue Holocaust (1979), ou la romance nécrophile d'un jeune taxidermiste dans l'Italie du Nord. Mieux, le Romain avec l'aide de son comparse Luigi Montefiori, alias George Eastman, embarquait pour la République Dominicaine, où furent mis en scène plusieurs longs métrages qui marquèrent durablement le cinéma d'exploitation et la pornographie européenne : Hard Sensation, Exotic Love, Porno Holocaust, Orgasmo nero, La nuit fantastique des morts-vivants et enfin, celui qui nous intéresse Sesso nero [1]. Un étalon (moustachu), de jolies filles, une destination paradisiaque, tous les éléments étaient réunis pour faire de ce Sexe noir un modèle du genre. Et bien plus encore, car c'était sans compter la capacité de Joe D'Amato à sortir, faut-il encore le rappeler, des sentiers battus. Mais n'allons pas trop vite.

Atteint d'une hypertrophie de la prostate, Mark Lester (Mark Shannon), homme marié et coureur de jupons cynique, doit se résigner à une ablation qui le rendra impuissant. En accord avec son chirurgien, il décide de déplacer de quinze jours la date de l'opération afin de se réfugier à Saint-Domingue, là où il était tombé follement amoureux de la jeune Marja (Annj Goren). A son arrivée, Mark est persuadé de la voir à chaque coin de rue, tandis que Jacques (George Du Brien) lui annonce que Marja s'est suicidée après leur rupture. Entre ses crises de douleur et ses hallucinations, Mark commence à perdre la raison...
 

Vampire, vous avez dit vampire ? - Tom Holland (1985)

Auteur des scénarios de Class 1984 (1982) puis de Psychose II (1983), Tom Holland écrivit et réalisa son premier long métrage, Vampire, … vous avez dit vampire ?, au mitan de la décennie. Quelque peu refroidi par les adaptations de ses précédents scénarios, The Beast Within (1982) et Scream for Help (1984), pour ne pas les citer, Holland signa en 1985 avec cette comédie horrifique un succès critique et public inattendu, d'aucuns diraient culte tant le film s'inscrivait idéalement, encore aujourd'hui, dans son époque. Hommage au cinéma d'horreur classique, et en particulier au mythe du vampire, Fright Night est désormais disponible en Blu-ray et DVD dans sa restauration 4K depuis le 30 octobre 2019.

Fan de cinéma d'horreur et de l'émission Vampire, ... vous avez dit vampire ? présenté par Peter Vincent (Roddy McDowall), l'adolescent Charley Brewster (William Ragsdale) découvre un soir, depuis sa chambre, l'arrivée de son nouveau voisin Jerry Dandrige (Chris Sarandon) qui porte un cercueil. Convaincu que celui-ci est un vampire depuis l'annonce par la police de plusieurs cadavres de jeunes femmes retrouvés mutilés, Charley demande l'aide auprès de Peter Vincent, face à l'incompréhension de ses proches et de la police locale...
 

Quelque part dans le temps - Jeannot Szwarc (1980)

Auteur mythique du roman Je suis une légende en 1954, l'écrivain et scénariste américain Richard Matheson marqua de son empreinte le grand et le petit écran au cours du 20ème siècle. De ses débuts au cinéma avec l'adaptation de son roman L'homme qui rétrécit par Jack Arnold en 1957 à sa participation à la série créée par Rod Serling La Quatrième dimension entre 1959 et 1964, en sus de ses collaborations avec Roger Corman et Dan Curtis, respectivement dans les années 60 et 70, le pessimiste et rêveur Matheson œuvra au cours de sa vie comme l'une des figures incontournables du genre fantastique et science-fictionnel [1]. En 1975, le romancier, avec Le Jeune Homme, la Mort et le Temps, lauréat du Prix World Fantasy du meilleur roman l'année suivante, s'écartait de la SF pure et dure pour intégrer sous fond de voyage dans le temps une romance entre un jeune dramaturge et une actrice de théâtre. Cinq ans plus tard, fort du succès au box-office en 1978 avec la suite des Dents de la mer, le français Jeannot Szwarc adaptait le roman de Matheson, ce dernier en signant le scénario.

Mai 1972. Le soir de la première représentation de sa toute première pièce de théâtre, Richard Collier (Christopher Reeves) est abordé par une vieille dame (Susan French) qui lui remet une montre de poche et lui confie ces mots mystérieux : « Reviens-moi ». Huit ans plus tard, alors qu'il essaie de trouver l'inspiration pour sa nouvelle pièce, Richard est étrangement captivé par la photographie d'une jeune femme exposée au musée du Grand Hôtel situé sur l'île Mackinac dans le Michigan. Avec l'aide d'Arthur Biehl (Bill Erwin), un vieil homme qui travaille à l'hôtel depuis 1910, Richard découvre que cette femme se prénomme Elise McKenna (Jane Seymour), une célèbre actrice des années 1920 qui séjournait dans l'établissement en 1912. En approfondissant ses recherches auprès de Laura Roberts (Teresa Wright), biographe d'Elise McKenna, il apprend que cette dernière était la vieille dame qui lui avait remis la montre huit ans plus tôt, et qu'elle est morte le soir de leur rencontre...
   

Razorback - Russell Mulcahy (1984)

Deuxième long-métrage de Russell Mulcahy, après le méconnu Derek and Clive Get the Horn (1979) avec le duo comique Dudley Moore et Peter Cook, Razorback s'inscrit, on ne saurait le réfuter, comme l'une des figures marquantes de la Ozploitation des 80's. Engagé par Hal McElroy, producteur, la décennie précédente, des trois films de Peter Weir, Des voitures qui ont mangé Paris (1974), Pique-nique à Hanging Rock (1975) et La dernière vague (1977), Mulcahy s'était davantage fait remarquer comme réalisateur de vidéo clips en signant ceux de Duran Duran et d'Elton John [1]. Présenté comme une variation dans l'Outback australien des Dents de la mer de Steven Spielberg, Razorback s'avéra toutefois à sa sortie un échec commercial dans son pays d'origine en Australie ou bien Outre-Atlantique. En compétition au Festival du film fantastique d'Avoriaz en 1985, le film fut au contraire mieux accueilli sur le vieux continent [2], avant de connaitre, par la suite lors de son exploitation en vidéo, ses galons mérités de film culte. Édité par Carlotta, Razorback est désormais disponible pour la première fois en édition Blu-ray dans sa nouvelle restauration 4K depuis le 10 juillet 2019.

Une nuit, dans une maison isolée, au fin fond du désert australien, Jake Cullen (Bill Kerr) est le témoin impuissant de l'attaque brutale d'un sanglier géant qui détruit sa maison et emporte son petit-fils. Accusé de l'avoir tué, Cullen est finalement acquitté faute de preuves suffisantes. Désormais, il vouera sa vie à exterminer chaque razorback qui croisera sa route et à retrouver le spécimen qui a anéanti sa vie. Deux ans plus tard, Beth Winters (Judy Morris), une journaliste américaine, débarque dans la région pour enquêter sur les massacres de kangourous. Face à la défiance des autochtones, Beth part à la conserverie Pet Pak, tenue par les frères Baker, Benny (Chris Haywood) et Dicko (David Argue), où les marsupiaux sont étripés et débités...

Le temps des gitans (Dom za vesanje) - Emir Kusturica (1988)

Lauréat en 1981, pour son premier long métrage, Te souviens-tu de Dolly Bell ?, du Lion d'or de la Première œuvre à La Mostra de Venise, puis de sa première Palme d'or à Cannes, à tout juste 30 ans, quatre ans plus tard, pour Papa est en voyage d'affairesEmir Kusturica, ancien étudiant de la prestigieuse Académie du film (FAMU) de Prague [1], revint en 1988 avec Le temps des gitans. En compétition officielle au Festival de Cannes l'année suivante, ce troisième long métrage, non content d'inscrire une nouvelle fois son nom au palmarès avec le Prix de la mise en scène, ouvrit cette fois-ci à Emir Kusturica les portes de la reconnaissance publique internationale. Pierre angulaire de son cinéma liant réalisme social et imaginaire débridé, Le temps des gitans est disponible depuis le 22 mai en Blu-ray et DVD.

Né d'un soldat slovène et d'une mère rom, Perhan (Davor Dujmovic) et sa jeune sœur infirme Danira (Elvira Sali) sont élevés par leur grand-mère maternelle Khaditza (Ljubica Adzovic) en périphérie de Skopje en Yougoslavie. Il aimerait épouser son amour d'enfance, Azra (Sinolicka Trpkova), mais la mère de la jeune fille s'y oppose fermement, Perhan n'ayant ni argent ni situation. Un jour, Ahmed (Bora Todorovic), qui a fait fortune en Italie, revient avec ses frères dans le bidonville. Pour avoir sauvé son jeune fils Roberto, Ahmed promet à Khaditza d'emmener Danira dans un hôpital à Ljubljana pour qu'elle se fasse soigner. Accompagnant sa sœur durant le trajet, Perhan se fait convaincre par Ahmed arrivé à destination de ne pas rester auprès de Danira à Ljubljana, mais de venir avec lui à Milan pour travailler...
  

Le chevalier du monde perdu - David Worth (1983)

L'histoire est connue des initiés. Après le succès croisé d'Escape from New-York (1981) de l'américain John Carpenter et de Mad Max 2 (1981) de l'australien George Miller, tout un pan du cinéma d'exploitation, en particulier celui produit en Italie, copia, recycla jusqu'à l'usure l'univers de ces deux succès du cinéma mondial. Fort de ce mélange de science-fiction et d'aventures, ces diverses fictions dites post-apocalyptiques pouvaient également compter sur une bonne dose de délires foutraques en adéquation avec les maigres budgets qui leur étaient dévolus. A ce titre, 1983 peut être considérée comme l'année phare des productions made in Italy du genre avec 2019 après la chute de New York de Martin Dolman (Sergio Martino), Le gladiateur du futur de Steven Benson (Joe D'Amato), Les exterminateurs de l'an 3000 de Jules Harrison (Giuliano Carnimeo), Les nouveaux barbares d'Enzo G. Castellari, et enfin cette production italo-américaine, sans aucun doute celle que les amateurs auront à raison oublié de la liste, Le chevalier du monde perdu de David Worth, avec trois habitués du cinéma bis, Robert Ginty, Donald Pleasance et Fred Williamson. Mais n'allons pas trop vite.

"Dans un monde régi par la tyrannie et la violence", après les guerres atomiques et l'effondrement des nations, le Motard (Robert Ginty) sillonne les routes de la région interdite, le Wasteland, au guidon d'une moto ultramoderne supersonique dotée d'un super-ordinateur baptisé Einstein. Sauvé par un groupe de résistants vivant dans les montagnes, nommés les Anciens éclairés, il est désigné par ces derniers comme l'élu qui les aidera à combattre la Force Omega, aux ordres du tyran Prossor (Donald Pleasance). Accompagné de Nastasia (Persis Khambatta), le Motard s'infiltre dans la base de Prossor afin de libérer le père de la jeune femme et chef de la résistance, le professeur McWayne (Harrison Muller) ...

Combat Shock - Buddy Giovinazzo (1984)

1984, tourné en 16 mm avec un budget de 40 000 $, le jeune new-yorkais Buddy Giovinazzo a écrit, produit, monté et dirigé son premier long-métrage intitulé American Nightmares. Dérive urbaine d'un vétéran de la guerre du Vietnam dans les rues ravagées de Staten Island, le film gagna rapidement en notoriété auprès de l'underground lors de ses passages dans les festivals. Distribuée par Troma par la suite sous le titre Combat Shock, et amputée de huit minutes, cette peinture au vitriol d'un New York en perdition gagna, au fil des années, ses galons de film culte outre-Atlantique. Réédité en DVD en 2009 par la société de Lloyd Kaufman, avec les deux versions disponibles à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire du long métrage, Severin Films a sorti le 22 juin 2018 une version restaurée 2K, supervisée par Buddy Giovinazzo, et incluse dans un coffret collector limité à 2 000 exemplaires désormais épuisé. Culte !
 
Frankie Dunlan (Ricky Giovinazzo) vit avec son épouse enceinte de six mois Cathy (Veronica Stork) dans un appartement situé dans le quartier le plus défavorisé de Staten Island. Parents d'un nourrisson handicapé, suite à l'exposition de Frankie à l'Agent orange, le jeune homme est depuis son retour frappé de cauchemars le faisant irrémédiablement revivre le bourbier Vietnamien. Sans argent, sans emploi, sur le point d'être expulsés, lui et sa famille, Frankie va passer, une fois de plus, la journée à errer dans la rue...
 

Funky front covers - Part XII

Chantons tous son avènement ! Depuis plus de dix ans, chaque année, nous attendons cet heureux temps, celui des Funky front covers ©. Ouvrons dès lors ensemble leur douzième édition, ou le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.

Depuis leur création en 2008, l'attentat dit capillaire est devenu au fil du temps un passage obligé, du moins un hors d'œuvre pictural à consommer sans modération :


Cronico Ristretto : Scream Bloody Gore - Death (1987)

Sorti le 25 mai 1987, Scream Bloody Gore marqua l'histoire du métal extrême comme le véritable premier album de death metal. Deux années après le dénommé Seven Churches de Possessed, qui s'inscrivait davantage comme un disque de transition proto-death metal [1], les californiens ayant toutefois la primeur de baptiser ce nouveau genre métallique du nom d'une de leur chanson rangée désormais parmi les classiques dudit genre, ce premier album de Death fit, on l'aura compris, beaucoup de bruit au sein de l'underground métallique. Possessed avait montré la voie, Death devenait l'incarnation même du genre.

Rappel des faits. 1983. Âgé de quinze ans, le guitariste Chuck Schuldiner fonda à Orlando en Floride, avec les non moins jeunes Rick Rozz à la guitare et Barney "Kam" Lee à la batterie, Mantas. Influencé par Venom et Slayer à leur début, le trio enregistra au cours de leurs trois premières années d'existence trois démos, Death By Metal (1983), Reign Of Terror (1984) puis Infernal Death (1985), qui firent rentrer la formation dans la légende du tape-trading comme l'un des groupes les plus extrêmes et brutaux de son époque. Suivirent pour le groupe, désormais nommé Death, plusieurs mois d'instabilités, Schuldiner cumulant les collaborations sans suite, dont une avec le batteur de D.R.I., Eric Brecht, avant que le guitariste ne rencontre finalement à San Francisco un autre batteur, Chris Reifert. Les deux musiciens enregistrèrent dans la foulée en avril 1986 une nouvelle démo trois titres, Mutilation, qui leur ouvrit la porte pour un contrat pour plusieurs albums avec le label Combat Records. L'histoire était en marche.

Futur immédiat, Los Angeles 1991 (Alien Nation) - Graham Baker (1988)

Lauréat du prix Saturn du meilleur film de science-fiction en 1988, Futur immédiat, Los Angeles 1991 de Graham Baker s'inscrit de prime abord, on l'aura vite compris, dans la longue liste des buddy movies mis en scène lors de la décennie 80. Se contentant à sa sortie d'un succès modeste, le long métrage gagna en popularité lors de son exploitation en vidéo, lui conférant un statut proche du culte, et justifiant, par la suite, les multiples dérivés télévisuels [1], comics et romans qui seront adaptés du scénario originel signé Rockne S. O'Bannon. À découvrir grâce à Carlotta, pour la première fois, en version Blu-ray (et DVD) le 26 septembre.

1991, Los Angeles. Trois ans auparavant, un vaisseau spatial, avec à son bord plus de 300 000 extraterrestres, atterrit dans le désert californien des Mojaves. Après avoir été placés en quarantaine, les Arrivants ont été accueillis par les États-Unis. Installés dans la région, ces derniers vivent toutefois à l'écart, ce qui n'est pas sans créer des tensions avec les autochtones. Suite à la mort brutale de son partenaire lors d'une attaque à main armée dans le quartier des Arrivants, Matthew Sykes (James Caan), en dépit des ressentiments qu'il éprouve envers ces nouveaux venus, demande à son supérieur de faire équipe avec le premier inspecteur extraterrestre, Sam Francisco (Mandy Patinkin). En charge d'enquêter sur la mort similaire d'un Arrivant nommé Warren Hubely, Sykes est persuadé qu'il pourra faire la lumière, en parallèle, sur la mort de son ancien partenaire et ami Bill Tuggle.
  

À armes égales (The Challenge) - John Frankenheimer (1982)

Deux ans après la réédition de huit films, dont quatre réalisés par Frank Henelotter (la trilogie Basket Case et Frankenhooker), la Midnight Collection signée Carlotta est de retour ce mercredi 25 juillet avec un nouveau titre : À armes égales de John Frankenheimer. Metteur en scène étasunien dont l'âge d'or se situe dans les années 60, maître du thriller politico-social (Un crime dans la tête en 1962), réalisateur de quatre longs métrages avec Burt Lancaster, du Prisonnier d'Alcatraz (1962) au Parachutistes arrivent [1] (1969), Frankenheimer alterna, par la suite, autant les genres cinématographiques que les films intimistes et les superproductions, les succès populaires que les échecs commerciaux. A l'orée des années 80, après un film d'horreur Prophecy sorti en 1979, fable écologique grand-guignolesque avec son grizzly mutant, lui est confié un nouveau projet bis dans l'ère du temps, un film d'action et d'arts martiaux. Fraichement accueilli à sa sortie, À armes égales connut, à l'instar d'autres camarades, un regain d'attention lors de son exploitation en VHS. Disponible pour la première fois en version restaurée en Blu-ray et DVD.
 
Los Angeles, 1982. Rick Murphy (Scott Glenn), un boxeur en fin de carrière, est recruté par Toshio (Sab Shimono) et Akiko (Donna Kei Benz), fils et fille du maître Yoshida (Toshirô Mifune), pour rapporter clandestinement au Japon un sabre appartenant à leur famille, perdu depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. À peine arrivé à l'aéroport d'Osaka, il est kidnappé par les hommes de main de Hideo (Atsuo Nakamura), puissant homme d'affaires mais aussi le frère et ennemi juré de maître Yoshida, prêt à tout pour récupérer le sabre…

Les Prédateurs du futur | Atlantis Interceptors - Ruggero Deodato (1983)

L'histoire est connue. Le cinéma d'exploitation italien connut ses derniers soubresauts au cours des années 80, la première moitié de la décennie s'apparentant, en d'autres termes, à la course contre la mort d'un cinéma populaire à jamais condamné. Trois ans après son film d'horreur La Maison au fond du parc et son controversé Cannibal Holocaust, Ruggero Deodato revenait avec un projet autrement plus fantaisiste. A la croisée des genres et autres resucées des succès étasuniens du moment, le dénommé Atlantis Interceptors s'inscrivait, dès sa sortie, comme le parangon ultime en matière d'hybridation portnawak, à faire passer au hasard Yor, le chasseur du futur d'Antonio Margheriti, sorti la même année, pour un modèle de sobriété. Mais n'allons pas trop vite.

1994, au large des côtes de la Floride, sur une plate-forme océanique, est découverte une mystérieuse tablette, non loin du lieu où avait coulé deux ans plus tôt un sous-marin atomique soviétique. Dépêchée sur les lieux, Kathy Earls (Gioia Scola), spécialiste en civilisation précolombienne, est priée de déchiffrer cette plaque âgée de douze mille ans. Lors du remorquage du sous-marin, l'ensemble des appareils électroniques cessent de fonctionner, quand un raz-de-marée surgit et engloutit la plate-forme, tandis qu'une étrange île semble immerger du fond de l'océan. Non loin de là, Mick (Christopher Connelly) et Washington (Tony King), deux aventuriers qui naviguaient dans les parages recueillent trois survivants, Kathy, le professeur Peter Saunders (George Hilton) et le pilote d'hélicoptère Bill Cook (Ivan Rassimov). Revenus sur la terre ferme, sur l'île de San Pedro, ils découvrent une ville ravagée par un gang, les Interceptors, ou les défenseurs proclamés des secrets de l'Atlantide...
  

Breeders - Tim Kincaid (1986)

Produit par Charles Band, par l'une de ses sociétés, Wizard Video, connue aux États-Unis pour avoir été la première à distribuer en VHS les films de Jess Franco ou Lucio Fulci, Breeders est le troisième long métrage de Tim Kincaid réalisé, sous son vrai nom, pour la seule année 1986. Après le WIP Bad Girls Dormitory, et le science-fictionnel Robot Holocaust, Kincaid mettait ainsi en pause sa carrière dans la pornographie gay, dissimulé derrière les pseudonymes Joe Gage et Mac Larson, avant un retour aux affaires au début des années 2000. De ce parcours similaire à celui de son collègue David DeCoteau, qui signa quant à lui au début de sa carrière plusieurs films X (sous le patronyme David McCabe/Doe), dont New Wave Hookers, avant de se lancer dans le cinéma de genre avec les films d'horreur Dreamaniac et Creepozoids, Tim Kincaid se distingue toutefois par le nombre réduit de ses réalisations Bis, ce dernier y mettant un terme dès 1988 avec The Occultist [1]. Enfin, mis en scène dans la foulée du supra-foutraque Robot Holocaust, si Breeders n'a pas gagné au fil du temps ses galons de film culte, ce long métrage fauché n'en demeure pas moins un classique du genre, caractéristique des productions horrifiques tournées dans le New-York de la décennie 80. Désormais disponible en import au format Blu-ray.

Furieuse après son rendez-vous raté dans un minable restaurant italien, Donna (Natalie O'Connell) est abordée par un vieil homme dans la rue. Tandis qu'il lui rappelle les dangers de se balader seule dans ce quartier à cette heure tardive, celui-ci se transforme en monstre dégoulinant. Retrouvée grièvement blessée, violée, la jeune femme a perdu partiellement la mémoire. En charge de l'enquête, le détective Dale Androtti (Lance Lewman) découvre qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé, cinq autres victimes ont déjà été hospitalisée les jours précédents. La docteure Gamble Pace (Teresa Farley) lui indique qu'à chaque fois, le violeur laisse sur chaque victime une matière organique d'origine inconnue, les jeunes femmes ayant comme particularité d'être toutes vierges jusqu'au moment du viol...

Elves - Jeffrey Mandel (1989)

Conte de noël pervers, série Z improbable, Elves de Jeffrey Mandel ne manque pas d'arguments pour l'amateurice de friandises déviantes. Produit par le trio "maléfique", John Fitzgerald, Jerry Graham et Dale Mitchell, coupable la même année du retentissant Alien Seed, avec Erik Estrada en journaliste chasseur d'aliens inséminateurs de sperme messianique extra-terrestre, Elves s'inscrit dans la lignée d'un sous-genre, à la croisée de la fantasy et du film d'horreur inspiré par le succès des Gremlins du génial Joe Dante. Faisant suite (en quelque sorte) au déjà bien croquignolet, Troll de John Carl Buechle, et en attendant la décennie suivante le début de la franchise Leprauchaun, ce premier long métrage du scénariste Jeffrey Mandel laisserait supposer que nous ayons à faire à une cohorte de créatures malfaisantes aux oreilles pointues, derniers avatars d'une famille de bestioles dégénérées, lointaines parentes des Ghoulies, des Munchies et autres Hobgoblins. C'était sans compter cette première déception, car de représentant de la race elfique, le film n'en dénombrera qu'un seul. Fort heureusement très méchante. Mais n'allons pas trop vite.

Un soir, Kirsten (Julie Austin) et ses deux amies Amy et Brooke se livrent à une cérémonie occulte dans une forêt voisine. Par mégarde, Kirsten se coupe et ramène à la vie, sans le savoir, un elfe démoniaque. Durant la nuit, celui-ci s'introduit chez Kirsten, dans la chambre de son jeune frère Willy...
 

La chute des aigles - Jess Franco (1989)

Fort du succès de leurs deux précédentes productions Dark Mission et Esmeralda bay, réalisées chacune par Jess Franco, Eurociné et son emblématique patron Marius Lesoeur décidèrent de battre le fer pendant qu'il est encore chaud en produisant leur superproduction, celle qui devait asseoir l'essor de la société domiciliée au 33 Champs-Elysées, La chute des aigles, avec, excusez du peu, Christopher Lee, Mark Hamill et... Ramon Estevez, fils de Martin Sheen, et cadet de la fratrie. Or ce changement d'ambition notable se solda par un échec cuisant, marquant la fin de l'aventure eurocinéenne trois décennies après sa création. Pire, ce film maudit qui précipita la « Chute de la maison Eurociné » [1] fut également responsable d'une brouille durable entre le réalisateur madrilène et la famille Lesoeur. Une triste fin, en somme, à l'image de ce film démodé, éloigné des fondamentaux de la société, qui produisit Le Lac des morts vivants, son plus grand succès. Mais n'allons pas trop vite...

Berlin, 3 septembre 1939. Le banquier Walter Strauss (Christopher Lee) organise une réception pour fêter l'anniversaire de sa fille unique Lilly (Alexandra Ehrlich). Épris par Peter (Mark Hamill), brillant officier, et Karl (Ramon Estevez), musicien et compositeur, Lilly choisit le jeune artiste, leur amour de la musique étant plus fort que les diatribes de Karl envers l'idéologie du parti au pouvoir. Tenu en haute estime par les dirigeants nazis, les officiers présents lors de l'anniversaire annoncent à l'assistance, dans l'allégresse, la bonne nouvelle tant attendue, la France et le Royaume-Uni viennent de déclarer la guerre à l'Allemagne. Mobilisé sur le front d'Afrique du Nord, Peter n'a d'autre choix que de s'engager...

Brigitte Lahaie, L'amour c'est son métier : 1976 - 1980


Chronique précédemment publiée dans le numéro 28 de la revue L'Indic, Noir magazine.

Brigitte Lahaie : céder à la tentation de vouloir résumer ses cinq années dans le cinéma X par le titre du film de l'iconoclaste José BenazerafL'amour c'est son métier, est des plus séduisantes. Mais si l'amour pouvait prendre diverses formes sur grand écran chez cette icône du cinéma d'exploitation, les métiers exercés par la belle l'étaient tout autant. A charge pour le rédacteur de ce billet de répertorier, consciencieusement, les professions fantasmatiques (du moins présentées comme telle) pratiquées par celle qui imposa, avec grâce, sa sculpturale présence dans les productions Alpha France et consorts, de ses premiers pas en 1976 à son arrêt du X en 1980.