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La Colline a des yeux - Wes Craven (1977)

Apparu en 1972 avec le sulfureux La Dernière Maison sur la gauche, lointaine relecture trash de La Source d'Ingmar Bergman, Wes Craven revenait cinq ans plus tard avec La Colline a des yeux. Inspiré d'un faits divers écossais qui se serait déroulé entre le XIIIème et XVIème siècle [1], ce second film s'inscrit une fois encore, sous l'apparat du film d'exploitation, comme un portrait au vitriol de la famille américaine. Après un premier opus, réminiscence de la fin des utopies flower power, qui décrivait la vengeance brutale de parents après le viol et le meurtre de leur fille, Craven poursuit sa réflexion, du moins sa description, de la décomposition du modèle familial avec ce second film apparenté au genre survival. Récit d'une famille WASP aux prises avec une tribu de cannibales, La Colline a des yeux est de nouveau dans les salles ce 23 novembre prochain dans une nouvelle version restaurée 4K, avant la sortie de l'édition collector du 40ème anniversaire le 7 décembre. A bon entendeur.

La famille Carter a quitté son Ohio natal pour rejoindre Los Angeles. En chemin, le patriarche Bob (Russ Grieve), officier de police à la retraite, décide de faire un détour par le désert du Nevada pour visiter une mine d'argent désaffectée. En dépit des avertissements du propriétaire de la station-service, les Carter se dirigent vers la mine située dans une zone d'essai de l'aviation américaine. Quand survient un accident de la route, la famille se sépare afin d'aller chercher du secours. Mais ils ignorent encore qu'ils sont espionnés par Jupiter (James Whitworth) et sa tribu...

Les Barbarians - Ruggero Deodato (1987)

Contrairement à d'autres genres artistiques, le cinéma Bis italien n'aura pas attendu le début d'une nouvelle décennie pour péricliter, la deuxième moitié des années 80 était déjà synonyme de baroud d'honneur pour un cinéma d'exploitation transalpin en manque de souffle, ayant de plus en plus de mal à suivre/copier son cousin étasunien. Les Barbarians de l'italien Ruggero Cannibal Holocaust Deodato symbolise dès lors la fin d'un âge d'or, produit par une paire de mécènes israélo-palestiniens (qui mettrons la clef sous la porte la décennie suivante) : la sacrosainte Cannon de Golan et Globus.

Des films affectionnant l'heroic-fantasy cher à Robert E. Howard, cette décennie dorée n'en manqua pas, mais des longs-métrages réussis, le cas se veut plus rare, réduit finalement à celui mis en scène par le scénariste d'Apocalypse Now, John Milius. Combien de Conan le barbare pour nombre de productions bancales ? Et si le grotesque des resucées au budget famélique (Ator au hasard) eurent le mérite de faire le délice d'une poignée de cinéphiles déviants, et de remplir une dernière fois les irréductibles cinémas de quartier, les produits estampillés De Laurentiis, avec leur tête de gondole autrichienne et un Richard Fleischer en mode pré-gériatrie, eurent plus de difficultés à se défaire d'une réputation potagère. Or, sans surprise, Les Barbarians de Ruggero Deodato ne déroge pas à la règle en s'inscrivant dans la première catégorie susmentionnée. Mais n'allons pas trop vite...