Annoncé le 17 juillet dernier, suivi un mois plus tard par la sortie du premier single James Bond, le dix-huitième album solo d'Iggy Pop sortait le 6 septembre dernier. Décrit à la presse comme un disque « exclusivement sombre et contemplatif », à l'image du premier extrait éponyme, Free faisait suite, pour rappel, au remarqué Post Pop Depression (2016), où l'Iguane accompagné de Josh Homme, leader des Queens of the Stone Age [1], se proposait de rendre un hommage appuyé à ses années berlinoises. D'un album, qui s'apparentait davantage à un side-project, annoncé à l'époque par le premier intéressé comme son tout dernier disque, l'année 2019 aura donc vu, une fois encore, l'iguane changer de peau et nous la faire à l'envers. Au jeu du verre à moitié plein ou à moitié vide, et à la décharge du désormais septuagénaire, PPP était effectivement, et sans aucun doute, son dernier album 100 % rock. A l'instar de la voie tracée par ce dernier depuis plus deux décennies, James Osterberg enfilait une fois encore son costume de crooner reptilien. A bon entendeur.
Affichage des articles dont le libellé est rock. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est rock. Afficher tous les articles
Live report : All Them Witches @ La Maroquinerie, Paris, 22 avril 2019
Annoncé complet bien avant la tenue dudit concert, le retour des étasuniens, from Nashville, All Them Witches, trois après leur première venue à La Maroquinerie [1], s'annonçait, sans surprise, sous les meilleurs hospices. Auteurs l'année dernière de l'album sobrement intitulé ATW, paru le 28 septembre 2018 sur le label New West Records, les musiciens entamaient ce 22 avril la huitième date de leur tournée européenne, débutée onze jours plus tôt à Helsinki, après une première tournée nord-américaine terminée, comme il se doit, à Nashville les 28 et 29 décembre.
Produit par leur guitariste Ben McLeod, ATW avait gommé les quelques réticences nées du précédent disque, la faute, avouons le, à une production trop tendre. Mieux, sans renier la qualité intacte de leur songwriting, le groupe quittait les routes un peu trop balisées de Sleeping Through The War. D'un retour apprécié aux sources bluesy et de chansons, on l'imagine, fruits de nombreuses jam sessions, le nouvel album se distinguait par son nombre de compositions tour à tour hypnotiques et minimalistes à l'image du désormais classique Diamond. Enfin, mention utile, peu de temps après l'ouverture de leur tournée nord-américaine, la formation, par la voix de leur chanteur et bassiste Charles Michael Parks, Jr, indiquait que, désormais, le groupe continuerait sous la forme d'un trio.
Produit par leur guitariste Ben McLeod, ATW avait gommé les quelques réticences nées du précédent disque, la faute, avouons le, à une production trop tendre. Mieux, sans renier la qualité intacte de leur songwriting, le groupe quittait les routes un peu trop balisées de Sleeping Through The War. D'un retour apprécié aux sources bluesy et de chansons, on l'imagine, fruits de nombreuses jam sessions, le nouvel album se distinguait par son nombre de compositions tour à tour hypnotiques et minimalistes à l'image du désormais classique Diamond. Enfin, mention utile, peu de temps après l'ouverture de leur tournée nord-américaine, la formation, par la voix de leur chanteur et bassiste Charles Michael Parks, Jr, indiquait que, désormais, le groupe continuerait sous la forme d'un trio.
Libellés :
2019,
All Them Witches,
blues,
concert,
musique,
psychédélique,
rock,
stoner
Cronico Ristretto : Broken Limbs Excite No Pity - Bruce Lamont (2018)
Sept années après son fort remarqué premier effort solo [1], Feral Songs For The Epic Decline, Bruce Lamont mettait fin à ce long hiatus le 23 mars dernier avec la sortie de son deuxième album, Broken Limbs Excite No Pity, sur le label War Crime Recordings. Depuis Beyul (2012), dernier album en date de Yakuza, l'homme n'a pas pourtant pas chômé. Au contraire. Fort de sa participation à de multiples side-projects, de Corrections House, avec Scott Kelly (Neurosis), Mike IX Williams
(Eyehategod) et Sanford Parker (Minsk), à Brain Tentacles, Bloodiest, en passant par son récréatif groupe de reprises Led Zeppelin 2 Live, cette figure de la scène underground chicagoienne, on l'aura compris, a plusieurs cordes à son arc. Dès lors, Broken Limbs Excite No Pity n'avait aucune raison de réfuter les expérimentations passées ou de cadenasser la versatilité de cet explorateur des genres et homme-orchestre [2]. Folk, drone, électro, ambient, jazz, noise, rock, etc., tous ont été conviés. Dont acte.
Libellés :
2018,
ambient,
Bruce Lamont,
experimental,
folk,
jazz,
musique,
noise,
rock
Gimme Danger - Jim Jarmusch (2016)
Deux décennies après Year of the Horse (1997) consacré au loner Neil Young, Jim Jarmusch, cinéaste empreint de contre-culture, revenait en 2016 sous la forme documentaire à ses premiers émois rock adolescents. D'une amitié née il y a une vingtaine d'années, au gré de ses diverses collaborations avec James Osterberg, dit Iggy Pop, leurs chemins se sont de nouveau croisés [1] courant 2013 (après le tournage du précédent long-métrage de Jarmusch, Only Lovers Left Alive) afin de recueillir les confidences et autres souvenirs du dernier membre vivant de la formation culte nommé The Stooges. Présenté hors compétition au Festival de Cannes lors des séances de minuit, Gimme Danger [2] retrace ainsi, et pour la première fois, l'histoire d'un des plus influents groupes de rock. De leur début en 1967 à leur
séparation en 1974, jusqu'à leur reformation officielle en 2003. Rien de moins.
D'un classicisme formel assumé, loin, très loin du chaos et maelstrom associés à la formation d'Ann Arbor, Gimme danger n'a nulle vocation première à jouer les trouble-fête en matière de documentaire. Soucieux de réaliser un hommage sincère aux Stooges, Jarmusch fait débuter son documentaire en 1973, lors de leur dernière tournée étasunienne, quand les Stooges en perdition et en mode autodestructeur écumaient les clubs, contre un public hostile de bikers, avant l'arrêt définitif l'année suivante, Iggy et la fratrie Asheton retournant chez leurs parents respectifs. En aparté, on ne saurait trop conseiller à ce titre aux néophytes et aux autres de tendre une oreille sur le pirate semi-officiel Metallic K.O. qui regroupent des extraits des concerts apocalyptiques au Michigan Palace de Detroit du 6 octobre 1973 et du 9 février 1974 (dernier concert des Stooges avant leur reformation de 2003).
D'un classicisme formel assumé, loin, très loin du chaos et maelstrom associés à la formation d'Ann Arbor, Gimme danger n'a nulle vocation première à jouer les trouble-fête en matière de documentaire. Soucieux de réaliser un hommage sincère aux Stooges, Jarmusch fait débuter son documentaire en 1973, lors de leur dernière tournée étasunienne, quand les Stooges en perdition et en mode autodestructeur écumaient les clubs, contre un public hostile de bikers, avant l'arrêt définitif l'année suivante, Iggy et la fratrie Asheton retournant chez leurs parents respectifs. En aparté, on ne saurait trop conseiller à ce titre aux néophytes et aux autres de tendre une oreille sur le pirate semi-officiel Metallic K.O. qui regroupent des extraits des concerts apocalyptiques au Michigan Palace de Detroit du 6 octobre 1973 et du 9 février 1974 (dernier concert des Stooges avant leur reformation de 2003).
Libellés :
2016,
documentaire,
Iggy Pop,
Jim Jarmusch,
punk,
rock
Live report : Benjamin Booker @ La Maroquinerie, Paris, 10 novembre 2017
Révélation de l'année 2014 avec son premier album éponyme sorti aux USA sur ATO Records [1] et en Europe sur Rough Trade Records, Benjamin Booker est revenu cette année avec un deuxième album dénommé Witness. Un disque attendu, objet de curiosité, tant le jeune compositeur s'inscrivait d'une certaine manière, dès son premier opus, comme le petit cousin de feu Jeffrey Lee Pierce du Gun Club. Guitariste influencé par le blues d'un Blind Willie Johnson sans toutefois renoncer aux fulgurances du garage-punk, Booker signait en juin dernier un deuxième disque sinon surprenant, du moins plus ambitieux. Marqué par la montée en puissance du mouvement antiracisme Black Lives Matter, son écriture gagnait en maturité, et un engagement politique qui ne pouvait dès lors que renvoyer le musicien vers sa passion pour les musiques afro-américaine, du gospel, à la soul, en passant bien évidemment par l'éternel blues et le R&B.
Live report : All Them Witches - Trabendo, Paris, 29 septembre 2017
Auteurs en 2015 de l'excellent Dying Surfer Meets His Maker, les All Them Witches revenaient en février de cette année avec un quatrième album, le dénommé Sleeping Through the War. Moins bluesy que leur précédent essai, le disque produit par Dave Cobb, spécialisé dans la country et l'americana [1], ouvrait une nouvelle voie, sinon plus consensuelle, du moins plus mélodieuse (démarche convaincant dès lors timidement le préposé à la chronique...). En concert outre-Atlantique depuis le 3 mars dernier jusqu'au 17 juin, en attendant une seconde vague à partir du 3 novembre, les quatre musiciens en provenance de Nashville entamaient leur tournée sur le sol européen le 7 juillet dernier aux Eurockéennes de Belfort. Quasiment une année après leur précédent concert parisien à La Maroquinerie le 10 octobre 2016, les All Them Witches débarquaient cette fois-ci au Trabendo, dans l'espoir non feint pour le préposé, que le concert du soir fasse taire les quelques doutes nés d'un dernier album à la production un peu trop propre.
En première partie de la formation étasunienne depuis le 20 septembre, le duo texan The Ghost Wolves, ouvrit la soirée. Formé d'une chanteuse/guitariste et d'un batteur, le groupe a sorti cette année un deuxième album TEXA$ PLATINUM en avril dernier. Adepte d'un rock nourri à l'urgence, The Ghost Wolves convainc, sans surprise, davantage en live que sur disque. Mieux, la prestation brute prit un virage bien plus mordant et saignant quand la dame à la voix fluette changea sa six cordes pour une guitare monocorde.
Libellés :
2017,
All Them Witches,
blues,
concert,
musique,
psychédélique,
rock,
stoner
Live Report : Tindersticks présente "Minute Bodies" - Cité de la Musique, 2 juillet 2017
Dans le cadre de la huitième édition du festival Days Off du 30 juin au 10 juillet prochain, les Tindersticks présentaient le dimanche 2 juillet au public parisien, à la Cité de la Musique, leur nouvelle création, le ciné-concert Minute Bodies. Présenté quelques mois plus tôt, en avant-première en février, lors du Festival International du Court Métrage de Clermont-Ferrand, avant de parcourir avec parcimonie l'Europe [1], Minute Bodies rend un hommage au naturaliste et documentariste Percy Smith. D'un montage signé par le chanteur Stuart Staples à partir de divers courts métrages réalisés par l'un des pionniers de la photographie « accélérée » ou time-lapse et du micro-cinématographe (The Birth of a Flower en 1910), produits pour le British Instructional Films entre les années 20 et le mitan des années 40, le ciné-concert avait l'occasion de montrer une fois encore une nouvelle facette du talent unique de la formation originaire de Nottingham.
Ciné-concert joué en deux représentations le même jour, une première en fin d'après-midi (celle à laquelle nous assistâmes) puis une seconde en début de soirée, chacun des deux sets se virent également suivi en guise de seconde partie par un concert des Tindersticks d'un peu moins d'une heure.
Libellés :
2017,
bande originale,
cinéma,
concert,
musique,
rock,
Tindersticks
Live report : Thurston Moore - 12 String Acoustic Set @ La Maroquinerie, Paris, 11 mars 2017
Moins de cinq mois après sa dernière venue dans l'hexagone, en première partie de Dinosaur Jr à l'Élysée Montmartre le 31 octobre 2016, Thurston Moore revenait en France pour une série de deux concerts en solo, le 11 mars à La Maroquinerie et le lendemain au CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux. Annoncé comme un concert acoustique, où l'ex-leader et fondateur de Sonic Youth allait réviser son répertoire actuel à la douze-cordes, le set proposé ce samedi soir fut loin de se limiter qu'aux seuls accents folk. Au contraire. Mais n'allons pas trop vite.
Live report : All Them Witches - La Maroquinerie, Paris, 10 octobre 2016
Chroniqué en janvier dernier, le troisième album des All Them Witches, Dying Surfer Meets His Maker, demeure, près d'un an après sa sortie le 30 octobre 2015, l'un des coups de cœur de l'année passée du RHCS. Auteurs d'un album conciliant feeling blues et groove stoner rock, les quatre musiciens originaires de Nashville étaient de nouveau de passage à Paris après leur précédent concert, le 8 mars dernier, à La mécanique ondulatoire. Dans le cadre de leur nouvelle tournée européenne de 17 dates, du 2 octobre à Bristol
au 21 octobre à Anvers, faisant donc suite à leur précédente tournée sur le vieux continent en début d'année (1), ATW fit escale le 10 octobre à La Maroquinerie, pour un concert annoncé une fois encore complet, à l'instar de la majorité des dates de ladite tournée.
Accompagnant les étasuniens au cours de ce périple européen, les israéliens de The Great Machine avaient la charge d'ouvrir la soirée. Formation en provenance de Tel Aviv, le trio a à son actif trois disques, deux EPs, un premier sorti en mai 2013, un second en avril de cette année, et un album éponyme datant de décembre 2014. Adepte d'un stoner débridé, à l'image du look bigarré des frangins Omer et Aviran Haviv, guitariste et bassiste/chanteur, la musique de TGM évoque par moment le Mondo Generator de Nick Oliveri, entre desert rock, poussées punk et riffs plombés. Une bonne mise en bouche.
Accompagnant les étasuniens au cours de ce périple européen, les israéliens de The Great Machine avaient la charge d'ouvrir la soirée. Formation en provenance de Tel Aviv, le trio a à son actif trois disques, deux EPs, un premier sorti en mai 2013, un second en avril de cette année, et un album éponyme datant de décembre 2014. Adepte d'un stoner débridé, à l'image du look bigarré des frangins Omer et Aviran Haviv, guitariste et bassiste/chanteur, la musique de TGM évoque par moment le Mondo Generator de Nick Oliveri, entre desert rock, poussées punk et riffs plombés. Une bonne mise en bouche.
Libellés :
2016,
All Them Witches,
blues,
concert,
metal,
musique,
psychédélique,
rock,
stoner
Mike and the Melvins - Three Men and a Baby (2016)
En attendant Basses Loaded, le « nouvel » album des Melvins [1] qui devrait poindre désormais rapidement, soit le 3 juin prochain, toujours chez Ipecac Recordings, Buzz Osborne and co et le label Sub Pop se sont rappelés au bon souvenir d'un autre album, longtemps inachevé, débuté à la fin du siècle dernier, et finalisé l'année dernière : Three Men and a Baby. Un disque qui tend à confirmer, dans ce cas, l'adage populaire « mieux vaut tard que jamais ». Rappel des faits de ce nouveau retour vers le passé [2].
1999, orphelin de son groupe godheadSilo depuis la blessure de son batteur Dan Haugh l'année précédente, le bassiste Mike Kunka suit les Melvins en tournée, avant d'enregistrer avec King Buzzo et Dale Crover, accompagnés de leur nouveau bassiste Kevin Rutmanis [3], l'essentiel de ce qui adviendra l'album Three Men and a Baby. Mises en sommeil durant seize longues années, les bandes enregistrées à l'époque par Tim Green (producteur de la trilogie à suivre The Maggot/The Bootlicker/The Crybaby), ressortent des tiroirs, tandis que les musiciens retournent en studio, sous la houlette cette fois-ci de Toshi Kasai (guitariste de Big Business - on ne soulignera jamais assez l'aspect familial chez les Melvins), pour boucler ce qui aurait pu s'apparenter à un album maudit.
Cronico Ristretto : The Hope Six Demolition Projet - PJ Harvey (2016)
Cinq ans après le primé Let England Shake [1], voici donc le retour de Polly Jean Harvey avec The Hope Six Demolition Projet, sorti le 15 avril dernier. Auteure durant quinze ans de disques rock intransigeants, la petite anglaise du Dorset qui avait débarquée en 1992 avec le revêche et déjà acclamé Dry, est devenue au mitan de la décennie 90's grande prêtresse de l'indie après son tonitruant troisième album, To Bring You My Love. D'albums en albums, la dame a ainsi creusé son sillon rock avant, il y a déjà presque une décennie, l'introspectif et poignant White Chalk. Radical, ce disque devenu charnière avec le temps allait prouver, ce The Hope Six Demolition Projet n'y dérogeant nullement, qu'il y aurait (désormais) un avant et un après White Chalk dans la discographie de miss Harvey.Pour ce neuvième album, PJ Harvey s'est nourrie de ses divers périples entre 2011 et 2014 à travers le globe, accompagnée du photographe Seamus Murphy, rencontré lors du précédent disque et en charge des photographies promotionnelles [2]. De ses destinations vers le Kosovo, l'Afghanistan ou la banlieue de Washington D.C., les paroles de THSDP [3] ont pris la forme d'un journal de bord, poursuivant comme on pouvait le supposer, la précédente veine politique de LES.
Libellés :
2016,
folk,
musique,
psychédélique,
rock
Live report : Tindersticks - Théâtre des Bouffes du Nord, Paris, 20 avril 2016
Du mardi 19 au jeudi 21 avril, les Tindersticks faisaient escale à Paris au théâtre des Bouffes du Nord, dans le cadre de leur tournée européenne (1) en soutien à leur dixième album, The Waiting Room, sorti le 22 janvier dernier. Salué par la critique internationale, le nouveau disque avait, avouons-le, quelque peu déçu le préposé lors des premières écoutes ; quitte à le laisser de côté, en attendant le concert du 20 avril, et ainsi pouvoir le réévaluer dans de meilleures conditions. A la sortie de la salle inscrite au monument historique, le constat était sans appel, The Waiting Room méritait bien une seconde chance. Mais n'allons pas trop vite, comme le veut l'adage...
De leur collaboration avec la réalisatrice Claire Denis, depuis le long métrage Nénette et Boni en 1996, pour lequel les Tindersticks signèrent la musique (tirée majoritairement de leur second album éponyme), le cinéma aura très souvent inspiré ces gentlemen du rock, nombre de leurs chansons pouvant à juste titre est considéré comme la bande originale d'un film imaginaire. De ce constat, il n'est dès lors pas étonnant d'apprendre que le groupe, pour ce Waiting Room, fut à l'initiative d'un projet en collaboration avec le festival international du court métrage de Clermont-Ferrand : proposer pour chaque titre de l'album un film mis en scène par un réalisateur différent (2). Mieux, ce Waiting Room Film Project qui n'avait nulle vocation à jouer bassement les utilitaires promotionnelles, allait offrir une immersion inédite en tant qu'élément scénique.
Libellés :
2016,
concert,
musique,
rock,
Tindersticks
Cronico Ristretto : Hold/Still - Suuns (2016)
Écrivons-le sans ambages et autres circonlocutions, le troisième album des montréalais Sunns [1], Hold/Still, qui sort ce 15 avril, s'inscrit dès à présent comme un des albums de l'année 2016. C'est dit. Et c'est un peu court. Alors développons.
Formé il y a presque une décennie, en 2007, par la paire originelle, les guitaristes Ben Shemie et Joe Yarmush, avant de s'adjoindre les services d'un batteur Liam O'Neill et d'un bassiste/claviériste Max Henry, Suuns revient aux affaires courantes en 2016, après leur précédente collaboration avec Radwan Ghazi Moumneh alias Jerusalem in My Heart l'année dernière. Et quelles affaires. Sombre. Froid. Dissonant. Mécanique. Présenté avant sa sortie comme le croisement réussi entre le minimalisme pervers des pionniers Throbbing Gristle et la radicalité pop du Kid A de Radiohead, Hold/Still avait de quoi sur le papier attirer l'attention du préposé docteur. Mais n'allons pas trop vite.
Formé il y a presque une décennie, en 2007, par la paire originelle, les guitaristes Ben Shemie et Joe Yarmush, avant de s'adjoindre les services d'un batteur Liam O'Neill et d'un bassiste/claviériste Max Henry, Suuns revient aux affaires courantes en 2016, après leur précédente collaboration avec Radwan Ghazi Moumneh alias Jerusalem in My Heart l'année dernière. Et quelles affaires. Sombre. Froid. Dissonant. Mécanique. Présenté avant sa sortie comme le croisement réussi entre le minimalisme pervers des pionniers Throbbing Gristle et la radicalité pop du Kid A de Radiohead, Hold/Still avait de quoi sur le papier attirer l'attention du préposé docteur. Mais n'allons pas trop vite.
Libellés :
2016,
electro,
industrial,
musique,
rock
Post Pop Depression - Iggy Pop (2016)
Autofinancé et enregistré dans le secret, Post Pop Depression, sorti le 18 mars dernier, serait selon les dires de son auteur son album final. Dont acte. L'avenir nous dira s'il s'agit d'une nouvelle pirouette de la part de cet iguane, grand habitué des retournements de situation (opportuniste ou non). Présenté dans la presse comme l'un, sinon le dernier des mohicans rock (sic), depuis la disparition quasi concomitante de Lemmy Kilmister et de David Bowie (dixit les propos de Josh Homme), Iggy Pop a décidé avec le leader des Queens of the Stone Age de rendre un hommage appuyé à ses années berlinoises. Un coup dans le rétroviseur loin d'être inattendu, dans le prolongement d'une trajectoire prise par le chanteur des Stooges depuis plus d'une décennie. Mais n'allons pas trop vite.
Rappel des faits et retour vers l'année 2003. Sympathique, quoique survendu, Skull Ring est paradoxalement un album charnière derrière ses divers oripeaux tapageurs (et ses nombreuses collaborations plus ou moins prestigieuses ou bankables, de son actuel backing band The Trolls, à Green Day en passant par Peaches et Sum 41). Plus intriguant, le disque fait suite à ses divers échecs commerciaux, après le très moyen mais lucratif Brick by Brick (1990) et le solide American Caesar (1993) qui lui ouvre les portes de l'auditoire grunge [1]. Plan calculé par son label ou par lui-même, qu'importe, le fourre-tout Skull Ring permet à Pop une nouvelle couverture médiatique idéale pour le retour inespéré des Stooges et de la fratrie Asheton (quatre chansons dont le titre éponyme leur sont créditées).
Rappel des faits et retour vers l'année 2003. Sympathique, quoique survendu, Skull Ring est paradoxalement un album charnière derrière ses divers oripeaux tapageurs (et ses nombreuses collaborations plus ou moins prestigieuses ou bankables, de son actuel backing band The Trolls, à Green Day en passant par Peaches et Sum 41). Plus intriguant, le disque fait suite à ses divers échecs commerciaux, après le très moyen mais lucratif Brick by Brick (1990) et le solide American Caesar (1993) qui lui ouvre les portes de l'auditoire grunge [1]. Plan calculé par son label ou par lui-même, qu'importe, le fourre-tout Skull Ring permet à Pop une nouvelle couverture médiatique idéale pour le retour inespéré des Stooges et de la fratrie Asheton (quatre chansons dont le titre éponyme leur sont créditées).
Cronico Ristretto : ATGCLVLSSCAP - Ulver (2016)
Douzième album d'Ulver, ATGCLVLSSCAP [1], sorti le 22 janvier dernier sur le label britannique House of Mythology, imprime une fois encore la direction prise par la formation norvégienne depuis 1998 et un certain Themes For William Blake – The Marriage Of Heaven And Hell, disque de Pandore qui avait vu cette ancienne formation de black metal (et leur brutal Aatte hymne til ulven i manden qui clôtura magistralement leur trilogie black une année plus tôt) s'émanciper et quitter son style originel pour naviguer désormais dans des eaux plus électroniques et expérimentales. Après leur précédente collaboration avec Sunn O))) ou leur messe avec l'orchestre de Tromsø, Ulver livre ici sans doute son album le plus ambitieux depuis Perdition City (2001). Sombre. Psychédélique. Progressif. Atmosphérique. Minimaliste. Hypnotique. Ambient. Labyrinthique. Les qualificatifs ne manquent pas tant ce disque de 80 minutes, principalement instrumental, multiplie les facettes, confirmant au besoin la place unique qu'à Ulver dans le paysage musical depuis deux décennies.
Fruit d'improvisations et de relectures captées lors d'une tournée européenne d'une douzaine de dates en février 2014, ATGCLVLSSCAP visait dès son origine à intégrer autant les expérimentations et improvisations que l'énergie et la spontanéité du live. Monté dans un premier temps chez Daniel O' Sullivan, membre d'Ulver depuis l'album Wars of the Roses (2011), le bassiste anglais fut en charge de « sculpter » ses heures d'enregistrements, avant que le reste du groupe, le batteur Anders Møller, le chanteur et leader Kristoffer Rygg et le claviériste Tore Ylwizaker (responsable de la mue électro de 1998) ne soit impliqué plus tard en studio à Oslo.
Cronico Ristretto : Dying Surfer Meets His Maker - All Them Witches (2015)
Jeune formation en provenance de Nashville, All Them Witches aura été sans nul doute l'une des révélations stoner de l'année passée (leur concert parisien le 8 mars prochain à La mécanique ondulatoire est annoncé complet depuis plusieurs semaines [1]). Auteurs d'un troisième album confirmant les espoirs entrevus par leurs deux premiers disques dont le séminal et bien nommé Our Mother Electricity, les quatre musiciens étasuniens, menés par le bassiste et chanteur Charles Michael Parks, Jr, ont signé avec Dying Surfer Meets His Maker, sorti le 30 octobre dernier, un pas important vers une reconnaissance méritée.
Après en 2013 un Lightning At The Door fortement teinté de blues et de folk, la signature de ATW sur le label sudiste New West Records en début d'année 2015 leur offrit, en sus de la ressortie de LATD (originalement auto-produit), matière à approfondir leur association originale de volutes psychédéliques et lourdeurs métalliques. Enregistré live durant six jours dans une cabane en plein Tennessee, avant d'y ajouter par la suite divers overdubs et la participation de l'harmoniciste texan Mickey Raphael [2] sur le morceau This Is Where It Falls Apart, ce troisième opus indique clairement dès l'introductif et acoustique Call Me Star la qualité de ce disque appelé à devenir un classique du genre.
Libellés :
2015,
All Them Witches,
blues,
musique,
psychédélique,
rock,
stoner
Cronico Ristretto : Asia | Urban Dance | Warpath - Boris (2015)
Live report - Om au Divan du monde, Paris, 22 novembre 2015
Heureuse coïncidence ou hasard des calendriers, se sont produit la même semaine et au même endroit, les deux formations nées des cendres du groupe culte Sleep : Om et High On Fire (1), soit respectivement la section rythmique et le guitariste chanteur des auteurs du monstrueux Dopesmoker. Mené désormais par le bassiste Al Cisneros, le batteur originel Chris Hakius s'étant retiré des affaires musicales, Om faisait escale à Paris dans le cadre d'une mini tournée européenne (débutée le 14 novembre en République Tchèque), soit trois ans et demi après leur dernière venue à La Maroquinerie en avril 2012, trois mois avant la sortie de leur dernier album, Advaitic Songs.
En guise de préambule, avant les mantras soniques d'Om, les belges de The Black Heart Rebellion, en provenance de Gant, avaient pour tâche de faire patienter un public venu en masse (concert complet) pour Cisneros and co. Venu présenter leur nouvel album, People, when you see the smoke, do not think it is fields they're burning sorti le 29 octobre dernier, la musique de TBHR s'inscrivait idéalement dans le sillage de leurs « grands frères » étasuniens par leur goût prononcé d'insuffler à leur post-rock des influences world depuis leur précédent disque de 2012, Har Nevo. Riche sans être pompier, la prestation augurait du meilleur, leurs derniers disques évoquant par moment les ambitions des derniers Master musicians of bukkake en plus rock. Las. Si les disques et le mixage arrivaient à cacher les faiblesses du chanteur, sa voix dans les conditions du live plomba durablement la prestation du groupe. Sans épaisseur ou relief, doté d'un charisme anonyme, avouons que leur musique pour éviter ce goût d'inachevé aurait mieux fait de rester au stade instrumental. Dommage.
Libellés :
2015,
concert,
experimental,
metal,
musique,
post,
psychédélique,
rock,
stoner,
world music
Live report : The Jon Spencer Blues Explosion - La Gaîté lyrique, Paris, 04 novembre 2015
Réapparu après un long hiatus au début des années 2010, d'abord par la sortie discrète du EP Black Betty enregistré conjointement avec Buzz Osborne et the Melvins, puis par celle de leur nouvel album Meat + Bone en 2012, huit années après leur précédent LP, le trio The Jon Spencer Blues Explosion signait cette année avec Freedom Tower: No Wave Dance Party 2015, un retour remarqué en mars dernier. Disque hommage à leur ville originelle New-York, l'album s'éloignait définitivement des orientations Stoniennes époque Plastic Fang (2002) pour revenir à l'énergie brute de leur début : un rock primal à l'urgence salvatrice. Mieux, jamais en studio les trois musiciens ne s'étaient tant rapprochés sur la forme de l'intensité qui caractérise leurs performances publiques. De quoi pousser aisément le préposé à la chronique à se déplacer à la Gaîté lyrique, et trouver par la même occasion la réponse à une des questions existentielles qui taraudent le rock critic aujourd'hui: est-il possible de pratiquer encore en 2015 du rock'n'roll en mocassins blancs ? Mais n'allons pas trop vite.
Live report : Public Image Ltd. - Le Trianon, Paris, 06 octobre 2015
Dans le cadre de leur nouvelle tournée en soutien à leur dixième et nouvel album, What the World Needs Now..., John Lydon et son Public Image Limited étaient de passage à Paris en automne. Pouf pouf. De leur deuxième disque faisant suite à leur reformation de 2009, un constat s'était rapidement imposé, Lydon avait fait le deuil de ses jeunes années chaotiques post-punk symbolisées par le triptyque First Issue, Metal Box, et The Flowers of Romance. Dont acte. Si la musique se veut plus proche sur le fond de la production de la fin des années 80, à l'image du guitariste barbu Lu Edmonds et du batteur Bruce Smith présents à cette époque, reste pour PiL aujourd'hui un capital sympathie globalement intact, et de pair, un discours corrosif non dénué d'humour toujours aussi pertinent.
Inscription à :
Articles (Atom)















