Parmi les jeunes loups du Nouvel Hollywood, Brian De Palma fut sans doute celui qui prenait le plus à cœur cette envie de revisiter l'âge d'or du cinéma. L'un de ses précédents longs métrages, Sisters, se permettait ainsi de faire le lien entre le thriller Hitchcockien et un hommage aux maîtres de l'expressionnisme. Inspiré cette fois-ci uniquement par le grand Alfred, Obsession dépasse le simple hommage pour être la relecture entière de Vertigo. Mal perçu à l'époque, tant par le vieux cinéaste britannique que par ses admirateurs, le film fut décrit par ses détracteurs comme une vulgaire « resucée » de Sueurs froides. Un grief que le grand public ne retint pas, et qui permit à De Palma de signer à 36 ans son premier succès commercial. Métaphore du pouvoir obsessionnel du septième art, Carlotta nous propose de revoir cette œuvre trouble sur la culpabilité et le désir en version restaurée inédite ce mercredi 18 septembre au cinéma.
1959, Michael et Elizabeth Courtland (Cliff Robertson et Geneviève Bujold) célèbrent dans leur grande maison leur dixième anniversaire de mariage avec plusieurs notables de la Nouvelle Orléans, dont l'associé de Michael, Robert Lasalle (John Lithgow). Mais cette soirée tourne au drame après le kidnapping de la femme et de la fille de Courtland. Sa seule chance de les revoir est de payer la rançon de 500 000 dollars. Désemparé, l'homme d'affaire fait appel à la police. On lui propose de ne pas payer. En échange de la somme demandée, la police souhaite déposer, en plus de faux billets, un émetteur dans la valise afin de retrouver la trace des otages. Or la tentative de sauvetage se solde par un drame : encerclés, les kidnappeurs s'enfuient avec leurs victimes, et meurent dans un accident de voiture. Aucun cadavre n'est retrouvé. Courtland, rongé par la culpabilité, fait ériger sur le terrain qui devait symboliser sa récente réussite professionnelle une stèle gigantesque en guise de mémorial. Seize années plus tard, au cours d'un voyage d'affaire à Florence en Italie avec son associé Robert Lassalle, Michael découvre dans la même église, où il avait fait la rencontre d'Elizabeth, une jeune italienne ressemblant trait pour trait à sa défunte épouse...


