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Live report : All Them Witches @ La Maroquinerie, Paris, 22 avril 2019

Annoncé complet bien avant la tenue dudit concert, le retour des étasuniens, from Nashville, All Them Witches, trois après leur première venue à La Maroquinerie [1], s'annonçait, sans surprise, sous les meilleurs hospices. Auteurs l'année dernière de l'album sobrement intitulé ATW, paru le 28 septembre 2018 sur le label New West Records, les musiciens entamaient ce 22 avril la huitième date de leur tournée européenne, débutée onze jours plus tôt à Helsinki, après une première tournée nord-américaine terminée, comme il se doit, à Nashville les 28 et 29 décembre.

Produit par leur guitariste Ben McLeod, ATW avait gommé les quelques réticences nées du précédent disque, la faute, avouons le, à une production trop tendre. Mieux, sans renier la qualité intacte de leur songwriting, le groupe quittait les routes un peu trop balisées de Sleeping Through The War. D'un retour apprécié aux sources bluesy et de chansons, on l'imagine, fruits de nombreuses jam sessions, le nouvel album se distinguait par son nombre de compositions tour à tour hypnotiques et minimalistes à l'image du désormais classique Diamond. Enfin, mention utile, peu de temps après l'ouverture de leur tournée nord-américaine, la formation, par la voix de leur chanteur et bassiste Charles Michael Parks, Jr, indiquait que, désormais, le groupe continuerait sous la forme d'un trio.

Live report : Benjamin Booker @ La Maroquinerie, Paris, 10 novembre 2017

Révélation de l'année 2014 avec son premier album éponyme sorti aux USA sur ATO Records [1] et en Europe sur Rough Trade Records, Benjamin Booker est revenu cette année avec un deuxième album dénommé Witness. Un disque attendu, objet de curiosité, tant le jeune compositeur s'inscrivait d'une certaine manière, dès son premier opus, comme le petit cousin de feu Jeffrey Lee Pierce du Gun Club. Guitariste influencé par le blues d'un Blind Willie Johnson sans toutefois renoncer aux fulgurances du garage-punk, Booker signait en juin dernier un deuxième disque sinon surprenant, du moins plus ambitieux. Marqué par la montée en puissance du mouvement antiracisme Black Lives Matter, son écriture gagnait en maturité, et un engagement politique qui ne pouvait dès lors que renvoyer le musicien vers sa passion pour les musiques afro-américaine, du gospel, à la soul, en passant bien évidemment par l'éternel blues et le R&B.


Live report : All Them Witches - Trabendo, Paris, 29 septembre 2017

Auteurs en 2015 de l'excellent Dying Surfer Meets His Maker, les All Them Witches revenaient en février de cette année avec un quatrième album, le dénommé Sleeping Through the War. Moins bluesy que leur précédent essai, le disque produit par Dave Cobb, spécialisé dans la country et l'americana [1], ouvrait une nouvelle voie, sinon plus consensuelle, du moins plus mélodieuse (démarche convaincant dès lors timidement le préposé à la chronique...). En concert outre-Atlantique depuis le 3 mars dernier jusqu'au 17 juin, en attendant une seconde vague à partir du 3 novembre, les quatre musiciens en provenance de Nashville entamaient leur tournée sur le sol européen le 7 juillet dernier aux Eurockéennes de Belfort. Quasiment une année après leur précédent concert parisien à La Maroquinerie le 10 octobre 2016, les All Them Witches débarquaient cette fois-ci au Trabendo, dans l'espoir non feint pour le préposé, que le concert du soir fasse taire les quelques doutes nés d'un dernier album à la production un peu trop propre.

En première partie de la formation étasunienne depuis le 20 septembre, le duo texan The Ghost Wolves, ouvrit la soirée. Formé d'une chanteuse/guitariste et d'un batteur, le groupe a sorti cette année un deuxième album TEXA$ PLATINUM en avril dernier. Adepte d'un rock nourri à l'urgence, The Ghost Wolves convainc, sans surprise, davantage en live que sur disque. Mieux, la prestation brute prit un virage bien plus mordant et saignant quand la dame à la voix fluette changea sa six cordes pour une guitare monocorde.

Live report : All Them Witches - La Maroquinerie, Paris, 10 octobre 2016

Chroniqué en janvier dernier, le troisième album des All Them Witches, Dying Surfer Meets His Maker, demeure, près d'un an après sa sortie le 30 octobre 2015, l'un des coups de cœur de l'année passée du RHCS. Auteurs d'un album conciliant feeling blues et groove stoner rock, les quatre musiciens originaires de Nashville étaient de nouveau de passage à Paris après leur précédent concert, le 8 mars dernier, à La mécanique ondulatoire. Dans le cadre de leur nouvelle tournée européenne de 17 dates, du 2 octobre à Bristol au 21 octobre à Anvers, faisant donc suite à leur précédente tournée sur le vieux continent en début d'année (1), ATW fit escale le 10 octobre à La Maroquinerie, pour un concert annoncé une fois encore complet, à l'instar de la majorité des dates de ladite tournée.

Accompagnant les étasuniens au cours de ce périple européen, les israéliens de The Great Machine avaient la charge d'ouvrir la soirée. Formation en provenance de Tel Aviv, le trio a à son actif trois disques, deux EPs, un premier sorti en mai 2013, un second en avril de cette année, et un album éponyme datant de décembre 2014. Adepte d'un stoner débridé, à l'image du look bigarré des frangins Omer et Aviran Haviv, guitariste et bassiste/chanteur, la musique de TGM évoque par moment le Mondo Generator de Nick Oliveri, entre desert rock, poussées punk et riffs plombés. Une bonne mise en bouche.
 

Cronico Ristretto : Dying Surfer Meets His Maker - All Them Witches (2015)

Jeune formation en provenance de Nashville, All Them Witches aura été sans nul doute l'une des révélations stoner de l'année passée (leur concert parisien le 8 mars prochain à La mécanique ondulatoire est annoncé complet depuis plusieurs semaines [1]). Auteurs d'un troisième album confirmant les espoirs entrevus par leurs deux premiers disques dont le séminal et bien nommé Our Mother Electricity, les quatre musiciens étasuniens, menés par le bassiste et chanteur Charles Michael Parks, Jr, ont signé avec Dying Surfer Meets His Maker, sorti le 30 octobre dernier, un pas important vers une reconnaissance méritée.

Après en 2013 un Lightning At The Door fortement teinté de blues et de folk, la signature de ATW sur le label sudiste New West Records en début d'année 2015 leur offrit, en sus de la ressortie de LATD (originalement auto-produit), matière à approfondir leur association originale de volutes psychédéliques et lourdeurs métalliques. Enregistré live durant six jours dans une cabane en plein Tennessee, avant d'y ajouter par la suite divers overdubs et la participation de l'harmoniciste texan Mickey Raphael [2] sur le morceau This Is Where It Falls Apart, ce troisième opus indique clairement dès l'introductif et acoustique Call Me Star la qualité de ce disque appelé à devenir un classique du genre.   

Live report : The Jon Spencer Blues Explosion - La Gaîté lyrique, Paris, 04 novembre 2015

Réapparu après un long hiatus au début des années 2010, d'abord par la sortie discrète du EP Black Betty enregistré conjointement avec Buzz Osborne et the Melvins, puis par celle de leur nouvel album Meat + Bone en 2012, huit années après leur précédent LP, le trio The Jon Spencer Blues Explosion signait cette année avec Freedom Tower: No Wave Dance Party 2015, un retour remarqué en mars dernier. Disque hommage à leur ville originelle New-York, l'album s'éloignait définitivement des orientations Stoniennes époque Plastic Fang (2002) pour revenir à l'énergie brute de leur début : un rock primal à l'urgence salvatrice. Mieux, jamais en studio les trois musiciens ne s'étaient tant rapprochés sur la forme de l'intensité qui caractérise leurs performances publiques. De quoi pousser aisément le préposé à la chronique à se déplacer à la Gaîté lyrique, et trouver par la même occasion la réponse à une des questions existentielles qui taraudent le rock critic aujourd'hui: est-il possible de pratiquer encore en 2015 du rock'n'roll en mocassins blancs ? Mais n'allons pas trop vite.
  
 
   

Live report : Radio Moscow • Black Bombaim • Black Willows au Glazart - 4 juin 2014

Découvert en 2010 lors de la sortie de leur formidable Saturdays and Space Travels, le trio lusitanien Black Bombaim a fait escale à Paris mercredi dernier accompagné des suisses Black Willows, et en première partie ce soir là à la tournée européenne des étasuniens Radio Moscow. Une affiche sous le signe du psychédélisme au Glazart, qui aura prouvé une fois encore que l'acid rock sous toutes ses formes a encore de beaux restes en 2014.

Venus de Lausanne, les trois musiciens de Black Willows ouvrirent le bal stoner à grand renfort de riffs plombés et d'atmosphères planantes. Le trio présent offrit une prestation marquante d'une quarantaine de minutes, et cela en dépit de l'absence de leur second guitariste Mélanie Renaud. Formation à suivre depuis la sortie de leur album Haze l'année dernière, la musique des suisses évoque autant les envolées méditatives des premiers Om que les instrumentaux kyussiens de Colour Haze.

 
Mister Aleister Crowley

Funky front covers part V

En partenariat cette année avec les talentueux Mario Labs ®, ouvrons comme le veut la tradition la nouvelle saison des Funky front covers © pour une mise en ligne croisée en mondovision à la gloire des pochettes sexy, déviantes ou par mégarde ridicules que les décennies passées ont pu offrir à la plèbe amatrice de débordement visualo-musical.

Et pour fêter cette cinquième édition, toute l'équipe (bon ok, le préposé et l'agent comptable...) a décidé de s'éloigner momentanément du funk originel (bouuuuuh!!!) pour d'autres horizons plus exotiques (aaaah!!), en gardant à l'esprit bien évidemment l'essence même des funky covers : une ode aux corps moites et à la chair frémissante.

En préambule, afin de solder les comptes pour reprendre les termes poético-financier de notre agent préféré, et avant de s'enfoncer irrémédiablement vers le grotesque (oh, l'autre!), il est bon de se rappeler qu'une femme nue n'est pas forcément un argument facile de vendeurs de soupe (gniiii?)... tout du moins pas forcément comme le prouvent les trois exemples suivants.

         

Soul Power - Jeffrey Levy-Hinte (2009)

Trente cinq ans environ, soit presque une éternité, il aura fallu attendre pour enfin jouir du spectacle proposé en prélude au combat du siècle, le titanesque Rumble in the Jungle opposant Mohammed Ali contre George Forman, ou le fameux festival Zaire '74 qui a vu se côtoyer la crème de la musique noire américaine et celle de la musique africaine australe. Des préliminaires qui furent d'autant plus longs puisque les premières véritables images du show furent montrées lors du désormais culte When We Were Kings, sorti en 1996, retraçant les préparatifs du combat Ali/Forman en terre zaïroise. Douze années d'attente et d'espérance pour un résultat forcément marquant, un film retraçant intégralement ces trois jours de concerts. Retour sur une page historique de la musique (noire).

Avec le soutien des producteurs de When We Were Kings, Leon Gaste et David Sonenberg, en terminant le montage du documentaire, le réalisateur Jeffrey Levy-Hinte s'est attelé à la réalisation d'un nouveau documentaire Soul Power au vu des centaines d'heures de rushes de cette aventure humaine (ou résumer douze heures de concert en moins de quatre vingt-dix minutes). Comme le rappelle pertinemment le film, si le combat Rumble in the Jungle fut à l'initiative de Don King, le festival est l'œuvre du trompettiste sud-africain Hugh Masekela et du producteur étasunien Stewart Levine, ces derniers voulant réunir sur une même affiche la musique noire issue des deux continents. Un projet symboliquement fort où il s'agissait de montrer à la fois les préparatifs et l'organisation du festival, les interviews des musiciens et bien sûr des extraits de concert.

subHuman - Recoil (2007)

Comme le faisait remarquer judicieusement un médecin de garde helvétique de la blogosphère, je cite: "le hip hop est issu du blues et de la soul, et pourtant rares auront été les tentatives de mêler ces genres musicaux". Et un constat sinon amer, en tout cas regrettable, qui s'applique finalement pour d'autres courants musicaux. "S'éloigner de ses racines, c'est un peu comme tuer son père" me confiait un verre de Muscadet à la main et le coude vissé au comptoir, un des nombreux piliers de bar que compte la même blogosphère d'obédience éthylo-rock'n'rollesque. "En musique, c'est presque vital de toute façon, [...], et encore, j'te cause pas des paternels qui te foutent la honte, mais seulement des jeunes qui veulent se démarquer de leurs glorieux ancêtres" lança t-il d'un geste de la main majestueux en guise de conclusion. Sur l'avant-dernier point, notre musicophile, certes bourru mais néanmoins généreux [1], avait loin d'avoir tort. C'est sans doute même l'un des points essentiels concernant l'un des sous-genres du rock de la première moitié des 70's à savoir le rock progressif. Si on doit au moins remercier ces monuments de finesse que sont Emerson, Lake & Palmer ou Yes, c'est bien d'avoir, non pas engendrés des générations de mélomanes eugénistes jouant les victimes au gré des sarcasmes de la plèbe rock, mais celui, d'avoir été l'une des causes de la réaction do it yourself par la génération punk et tous ses turbulents avatars. Bref, mettons de côté ces digressions futiles, et revenons à la première citation. A la question existe t-il des tentatives afin de faire marier cette fois-ci deux styles opposés, sans filiation aucune, à savoir le le blues et l'électro, subHuman de Recoil se pose en parfait exemple.
     

Free - Tons of Sons: il était libre Paul

Petit avertissement : ce qui va suivre est la stricte vérité (enfin le deuxième paragraphe, pour le reste…), j’en veux pour preuve que j’en suis l’auteur et qu’il s’agit de mon blog (alors hein bon… parfois je suis moi-même ébloui par la maestria de ma rhétorique).

Après une légère pause (plus ou moins) indépendante de ma volonté (qui inclut un passage au Pré St Gervais où en plus de devoir boire une célèbre bière hollandaise (un coup de poignard dans le dos, cela faisait à peine 24h que j’étais en France qu’on me rappelait déjà d’où je venais… mais je n’étais pas à ma première déconvenue…), j’eus (enfin nous eûmes…) l’obligation de subir les premières notes de Death Magnetic à croire que mon précédent post n’était pas suffisamment clair (quota égocentrique ON)… prouvant que notre hôte sous ses airs débonnaires et hautement sympathiques cachait bien son jeu, l’âme d’un tortionnaire je vous dis (bon ok vous pourriez me rétorquer à juste titre que d’habitude je ne crache pas sur cette qualité humaine… mais quitte à punir le vilain garçon que j’entends être, étonnamment mon hétérosexualité penche pour UNE tortionnaire…), ou seconde option, mon hôte n’était qu’une autre victime de cette soirée, se voyant dans l’obligation de faire plaisir à ses autres invités, une bande de masochistes qui s’ignorent (ceux sont les pires !), implorant silencieusement Death Magnetic en guise de punition… (et moi au milieu de tout ça !). N’empêche, il serait dommageable de penser que notre hôte allait lâcher le morceau aussi facilement (vous pensiez le contraire, non ?), dès lors ce dernier changea de stratégie et se fit le chantre de la frustration (ce qui, avouons le, était un coup très bas et injuste, puisque le premier (et seul ?) à souffrir de ce plan machiavélique ne fut autre que moi, infliger un tel revers à quelqu’un d’aussi innocent, quelle honte… (bref on appâte le client avec le mot « soubrette »… et pis rien… quitte à noyer mon chagrin en sirotant un mix incroyable à base d’orange, de cactus et de citron vert ?)). Ceci dit, ne nous plaignons pas trop (quoi ? non ce résumé des faits est parfaitement objectif, je ne fais aucunement mon Caliméro), l’auteur de ces lignes n’étant pas atteint d’une acédécéphobie aigue, l’attaque vile des frères Young eut très peu d’effets sur moi (tout le monde ne peut pas en dire autant… néanmoins je n’ai pu constater de filet de bave sur la dite personne, effet secondaire bien connu de cette allergie auditive). Du coup, notre hôte, le cœur sur la main (ouais enfin disons cherchant surtout à se faire pardonner!), proposa à la demoiselle encore sous le choc le choix de la playlist. Et c’était parti pour presque une heure de Watershed...

Après une introduction toujours aussi à l’ouest (si vous trouvez un quelconque point commun entre cette intro et le reste du post, faites moi signe… moi, j’ai décroché), intéressons nous quelques instants à un groupe qui sur le papier m’avait toujours laissé dubitatif, du fait des futurs errements de son leader, mais pas seulement. En effet, en lisant que Brian May, Roger Taylor et Paul Rodgers nous remettaient le couvert (pourtant il me semble qu’on ne leur avait rien demandé à ces trois là), je me suis souvenu des débuts du groupe du Rodgers, Free. Il serait en effet dommage de réduire cette jeune formation à son tube All Right Now (certains pourront taxer ce hit d’efficace (c’est l’une des définitions d’un hit me direz vous) mais personnellement, je le considère surtout comme vite soûlant…).

C’est en novembre 1968 qu’apparaît le premier album de Free, une époque où les jeunes britanniques férus de rock’n’roll s’ingéniaient encore à croiser le fer avec le blues. Et c’est vrai que ce disque, Tons of Sobs, tombe à point nommé, entre un groupe pionnier qui vit ses dernières heures (Cream) et un autre en phase de mutation en passe de devenir prochainement LE groupe (Led Zeppelin).

Cette jeune formation (tous les membres n’ayant pas encore 20 ans lors de l’enregistrement) nous propose ainsi de suivre les traces d’un Fresh Cream avec toutefois quelques différences notables. Premier point, qui peut paraître trivial ou stéréotypé du fait de leur âge, sur ce premier disque Free donne un rendu plus frais que le premier LP du trio Bruce/Clapton/Baker (je concède, en 1966, à la sortie de Fresh Cream, notre trio était loin d’être des vieux brisquards, Ginger Baker, l’aîné, n’atteignant que 26 ans…). Second point, la voix de Paul Rodgers qui du haut de ses 19 ans a de quoi bluffer par sa maturité et ses accents soul (remarquez que par la suite il était de bon ton pour pas mal d’artistes/groupes de blues rock blanc d’être/avoir un chanteur typé soul… Free n’étant peut-être pas les premiers mais soulignant bien ce cas de figure).

Au rayon des nouveautés, l’album s’ouvre et se clôt par le morceau Over the Green Hills (fait suffisamment rare à l’époque), qui en guise d’introduction tout comme rampe de lancement à l’excellent Worry joue parfaitement son rôle. On notera aussi la présence de deux reprises blues (étonnant, non ?) dont un Goin’ Down Slow s’étalant sur plus de 8 minutes. Il convient aussi de souligner le talent certain de la paire Paul Rodgers/Paul Kossoff, le premier étant le principal compositeur du LP, et le second à la guitare étant loin d’être ridicule (18 ans lors de l’enregistrement !). Ensuite forcément on pourra regretter le manque de prise de risque de la plupart des chansons (le canevas est tout sauf aussi aventureux ou tranchant que le I du quartette Page/Plant/Jones/Bonham par exemple), mais compte tenu de la qualité générale et de l’âge des protagonistes, on ne peut qu’apprécier ce premier album (secondé par la production sobre de Guy Stevens (futur producteur de London Calling)).

Au final, bien que ce premier album fasse pâle figure comparé aux monstres que sont Fresh Cream ou le I de Led Zeppelin, Tons of Sobs reste néanmoins un LP attachant (contenant le classique I’m a Mover) et un parfait instantané de la musique blues rock de l’époque (un classique du genre même).

Guy Marchand - A Guy in blue

Voici presque un an et demi, je criais mon admiration pour le talentueux et tellement mâle Guy Marchand, de manière certes maladroite, mais que voulez vous quand l'affectif parle... La semaine dernière après mon périple de 4 heures dans les transports en commun, j'eus la surprise de recevoir en cadeau le dernier album de l'interprète de Tout en dansant la rumba, quelle ne fut pas mon émotion!

Ainsi Guy Marchand, après des albums tels que Emilio ou Nostalgitan pour ses dernières sorties où son amour pour les musiques latines, en particulier le tango, ressurgissait (on n'oubliera pas tout de même sa collaboration en 1975 avec le très grand Astor Piazzolla et la reprise de son célèbre thème Libertango sur Moi je suis tango), décide d'enregistrer enfin un véritable album de jazz gorgé de blues (pour rappel, Guy est clarinettiste de jazz de formation mais n'allons pas trop vite pour reprendre une expression chère à X).

Pour se faire notre homme est accompagné par André Charlier et Benoît Sourisse dont le CV a dû rassurer Guy sur les intentions du duo (John Scofield, Michel Portal, Mike Stern, Michel Petrucciani, Martial Solal, Didier Lockwood ou Jean-Jacques Miltau... on a vu pire). Ainsi, A Guy in blue voit notre pimpant jeune septuagénaire s'adonner à sa passion, d'un côté une formation réduite de jazz aguerrie et inspiré, de l'autre Guy jouant le rôle du crooner gouailleur.

Évidemment, à la première écoute le style vocal de monsieur Marchand a de quoi déstabiliser, bien qu'il reste suffisamment dans un registre sobre par moment, ce dernier ne peut s'empêcher de jouer quelques personnages, forçant le trait (Maudit Blues), le titi parisien faisant ainsi surface.

Hormis ce détail qui pourrait donc freiner quelques personnes, je reste abasourdi par la qualité de la musique (Facile à s'en rappeler, Si tu m'abandonnes), Guy Marchand est véritablement secondé par un groupe de première catégorie. On est très loin du cahier des charges inhérent à la variété française dans tout ce qu'elle a de plus méprisable. La musique de l'album oscille donc entre un jazz vocal lorgnant aussi bien du côté du blues, du bop que du jazz New Orleans, nous offrant même une petite escapade plus latine sur Dolorès (on se refait pas...) voire même funky (Fermé pour cause) par l'apport de ce bon vieil orgue Hammond cher à Jimmy Smith. On retiendra que l'album se clôt par la chanson très New Orleans, Mon Héritage, où Guy reprends sa clarinette le temps d’un chorus...

Au final, un album qui fera plaisir à ses admirateurs. Un grand monsieur ce Guy.