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Barberousse - Akira Kurosawa (1965)

Deuxième volet de sa trilogie dite « de la misère », après Les Bas-Fonds (1957) et avant Dodes'ka-den (1970), Barberousse signe la fin de la collaboration entre Akira Kurosawa et son acteur fétiche Toshirô Mifune, long métrage pour lequel Mifune remporta la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine à la Mostra, quatre années après sa première récompense à Venise en 1961 pour Yojimbo également réalisé par Kurosawa. Adaptation du roman éponyme de l'écrivain Shûgorô Yamamoto [1] et de Humiliés et offensés de l'écrivain russe Dostoïevski, ou l'une des influences majeures du cinéaste japonais, Barberousse parachève la fin d'un cycle initié vingt ans auparavant, le film marquant l'arrêt d'une période d'intense productivité pour Akira Kurosawa, le réalisateur japonais tournant quasiment au rythme d'un film par an depuis La Légende du grand judo en 1943 (vingt-quatre films en vingt-deux ans). A (re)découvrir dans les salles en copie restaurée depuis le 25 janvier.    

Tokyo, quartier de Koishikawa, début du 19ème siècle. Le jeune docteur Noboru Yasumoto (Yûzô Kayama) vient de finir de brillantes études de médecine dans une école hollandaise à Nagasaki, et se prépare à être affecté au poste prestigieux de médecin personnel du Shogun. Contre toute attente, il est nommé dans un dispensaire d'un quartier défavorisé de la capitale tenu par le docteur Kyojio Niide (Toshirô Mifune), surnommé Barberousse à cause de la couleur de sa barbe. Se sentant rabaissé, Yasumoto refuse dans un premier temps d'exercer la médecine dans l'espoir d'être renvoyé. Mais la personnalité de Barberousse, un homme à l'apparence sévère mais plein de compassion et entièrement dévoué à ses patients, et les patients qu'il va croiser, tous victimes de la misère sociale et humaine, lui ouvrent les yeux et remettent en question ses aspirations et sa responsabilité de médecin...

La forteresse cachée - Akira Kurosawa (1958)

Dans le cadre de la seconde rétrospective [1] consacrée à Akira Kurosawa débutée le 25 janvier dernier, il est désormais possible de (re)voir sur grand écran en copie restaurée La forteresse cachée, premier film au format panoramique du cinéaste, et lauréat de l'Ours d'argent du meilleur réalisateur au festival de Berlin en 1959. Succès critique et populaire lors de sa sortie, le film laissait le cinéaste quitter momentanément l'univers sombre et pessimiste de ses précédentes adaptations qui lui valurent des échecs commerciaux, Le château de l'araignée et Les Bas-Fonds [2], pour aborder un sujet plus léger et à grand spectacle de son propre aveu. D'une histoire originale se situant dans le Japon féodal du 16ème siècle, La forteresse cachée eut un impact notable sur le cinéma mondial tant sa réalisation et le traitement de son sujet étaient novateurs, une influence qui dépassa les frontières et les époques, à l'instar d'un certain George Lucas qui s'en inspira pour créer sa trilogie Star Wars. A (re)découvrir.
 
Japon, 16ème siècle. La guerre opposant les clans Yamana et Akizuki s'est conclue par la défaite de ce dernier. Tahei (Minoru Chiaki) et Matashichi (Kamatari Fujiwara), deux paysans pauvres et querelleurs cherchent à contourner la ligne de front pour retourner chez eux. Après s'être échappés du château des Akizuki où ils étaient emprisonnés et forcés à retrouver le trésor de 5 000 pièces d'or du clan vaincu, les deux hommes découvrent dans une rivière un morceau d'or dans une branche d'arbre. Peu de temps après, ils font la rencontre d'un homme dont ils ignorent la véritable identité, qui n'est autre que le général Rokurota Makabe (Toshirô Mifune), l'un des derniers survivants des Akizuki, et en charge de la protection de la Princesse Yuki Akizuki (Misa Uehara), héritière du clan...
    

Chien enragé (Nora inu) - Akira Kurosawa (1949)

Après une première rétrospective en mars de l'année dernière, qui voyait le passage en salle de pas moins de huit films en version restaurée [1] du maître japonais Akira Kurosawa, dont les classiques Le château de l'araignée (1957), Les salauds dorment en paix (1960) et Yojimbo (1961), Carlotta complète ce premier cycle entamé avec huit nouveaux films [2] couvrant de nouveau trois décennies, des inédits Le plus dignement (1944) et Un merveilleux dimanche (1947) à Barberousse (1965).

De cette impressionnante filmographie débutée à l'âge de 25 ans au titre d'assistant-réalisateur pour la Toho, Chien enragé, second film de Kurosawa réalisé en 1949, fut longtemps considéré comme un classique oublié. Sorti deux ans avant le début de sa reconnaissance internationale avec le Lion d'or à la Mostra de Venise pour son film suivant, Rashōmon, ce film noir teinté de néoréalisme s'inscrit aujourd'hui ni plus, ni moins comme son premier chef d'œuvre. A (re)découvrir dans les salles à partir du 25 janvier.
  
Japon, été 1949. Le jeune inspecteur Murakami (Toshirô Mifune) se fait voler son arme de service par un pickpocket dans un autobus. Rongé par la culpabilité, il donne sa démission à son supérieur qui la refuse. Murakami décide dès lors d'enquêter lui-même en traînant dans les bas-fonds de Tokyo, où il découvre l'existence d'un trafic d'armes volées. Apprenant que son colt a servi à tuer une femme innocente, il est chargé par son supérieur d'assister le commissaire Sato (Takashi Shimura) en charge de retrouver le coupable. En interrogeant un trafiquant d'armes, ils apprennent que le criminel qu'ils recherchent n'est autre qu'un ancien soldat démobilisé dénommé Yusa (Isao Kimura)...

Les salauds dorment en paix - Akira Kurosawa (1960)

Présenté en avant-première en Europe lors du Festival international du film de Berlin en 1961, Les salauds dorment en paix d'Akira Kurosawa est sans conteste l'une de ses œuvres majeures, et paradoxalement l'une des moins connues du grand public. Situé chronologiquement entre La forteresse cachée et Yojimbo, si ce long métrage a pâti de la popularité de ces deux grands succès, son sujet contemporain très éloigné des films de sabre qui firent la renommée de son auteur, conféra sans nul doute à celui-ci une portée moindre.

Premier film produit par Kurosawa Production [1], Les salauds dorment en paix s'inscrivent comme l'adaptation la plus libre et personnelle d'Hamlet, après celle de Macbeth pour Le Château de l'araignée trois années auparavant [2]. Entouré des fidèles Toshirô Mifune et Takashi Shimura, le cinéaste profita de l'espace de liberté, que lui offrit sa société de production nouvellement créée, pour mettre en scène un long métrage acerbe, entre film noir et drame social. Enfin, point notable à porter au crédit au réalisateur et à sa critique de la corruption, qui régnait chez les hauts fonctionnaires et dans le milieu des affaires depuis l'après-guerre, Les salauds dorment en paix précéda de quelques années les premiers scandales politico-financiers qui touchèrent l'archipel nippon dans les années 60.