Annoncé le 17 juillet dernier, suivi un mois plus tard par la sortie du premier single James Bond, le dix-huitième album solo d'Iggy Pop sortait le 6 septembre dernier. Décrit à la presse comme un disque « exclusivement sombre et contemplatif », à l'image du premier extrait éponyme, Free faisait suite, pour rappel, au remarqué Post Pop Depression (2016), où l'Iguane accompagné de Josh Homme, leader des Queens of the Stone Age [1], se proposait de rendre un hommage appuyé à ses années berlinoises. D'un album, qui s'apparentait davantage à un side-project, annoncé à l'époque par le premier intéressé comme son tout dernier disque, l'année 2019 aura donc vu, une fois encore, l'iguane changer de peau et nous la faire à l'envers. Au jeu du verre à moitié plein ou à moitié vide, et à la décharge du désormais septuagénaire, PPP était effectivement, et sans aucun doute, son dernier album 100 % rock. A l'instar de la voie tracée par ce dernier depuis plus deux décennies, James Osterberg enfilait une fois encore son costume de crooner reptilien. A bon entendeur.
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Cronico Ristretto : Broken Limbs Excite No Pity - Bruce Lamont (2018)
Sept années après son fort remarqué premier effort solo [1], Feral Songs For The Epic Decline, Bruce Lamont mettait fin à ce long hiatus le 23 mars dernier avec la sortie de son deuxième album, Broken Limbs Excite No Pity, sur le label War Crime Recordings. Depuis Beyul (2012), dernier album en date de Yakuza, l'homme n'a pas pourtant pas chômé. Au contraire. Fort de sa participation à de multiples side-projects, de Corrections House, avec Scott Kelly (Neurosis), Mike IX Williams
(Eyehategod) et Sanford Parker (Minsk), à Brain Tentacles, Bloodiest, en passant par son récréatif groupe de reprises Led Zeppelin 2 Live, cette figure de la scène underground chicagoienne, on l'aura compris, a plusieurs cordes à son arc. Dès lors, Broken Limbs Excite No Pity n'avait aucune raison de réfuter les expérimentations passées ou de cadenasser la versatilité de cet explorateur des genres et homme-orchestre [2]. Folk, drone, électro, ambient, jazz, noise, rock, etc., tous ont été conviés. Dont acte.
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Live report : David Murray feat. Saul Williams - 06 février 2018 Maisons-Alfort
Dans le cadre de la 27ème édition du festival Sons d'hiver, débutait le 6 février dernier la tournée européenne Blues for memo tour du jazzman David Murray. Accompagné du poète urbain Saul Williams et entouré de son Infinity Quartet (référence au groupe Black Music Infinity fondé par Stanley Lawrence Crouch), le saxophoniste ouvrait ainsi au Théâtre Claude Debussy, à Maisons-Alfort, le premier concert de ses onze dates à travers le vieux continent.
D'une première rencontre en 2014, lors des funérailles d'Amiri Baraka où Saul Williams implorait dans un poème le militant des droits civiques à « sortir de son cercueil » et à continuer la lutte, le souffleur originaire d'Oakland, impressionné par la faconde du poète, invita dans un premier temps Williams à venir sur scène auprès de lui. Deuxième acte de cette collaboration, les deux hommes enregistrèrent à Istanbul un album commun, le dénommé Blues for Memo (sortie le 16 février sur le label Motéma Music), hommage au producteur turc Mehmet 'Memo' Uluğ et à d'autres mentors de David Murray, tels les musiciens Lawrence «Butch» Morris et Sun Ra, ou encore à l'auteur Ishmael Reed, auquel le jazzman emprunte le texte Red Summer qui revient sur la tuerie à Charleston en 2015 dans un temple méthodiste noir.
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Funky front covers - Part XI
Avec un peu de retard sur le calendrier des festivités, ouvrons ensemble en cette dernière semaine de l'année 2017 la onzième édition des Funky front covers ©, ou le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80. Chaud devant !
A l'heure où les nantis se prélassent durant les fêtes de fin d'année sous les tropiques, jetons un œil en guise de mise en bouche sur les pochettes à la gloire du maillot de bain :
Live Report : Peter Erskine & Dr. Um Band @ Sunset-Sunside 11 juillet 2017
Dans le cadre de la vingt-sixième édition de l'American Jazz Festiv'Halles, le batteur Peter Erskine et son quartette, le Dr. Um Band, faisaient escale pour deux dates au club parisien le Sunset / Sunside.
L'histoire est connue, après des débuts dans le Big Band de Stan Kenton puis auprès du trompettiste Maynard Ferguson au début des années 70, le jeune batteur incorpora, alors au fait de leur notoriété, le Weather Report de Joe Zawinul et Wayne Shorter, avant de suivre leur bassiste démissionnaire Jaco Pastorius vers d'autres horizons musicaux, et une décennie 80 riche en collaborations diverses dont sa participation au groupe Steps Ahead mené par le vibraphoniste Mike Mainieri, et enfin le trio du guitariste John Abercrombie à partir de la seconde moitié de ladite décennie. Fort d'un curriculum vitae impressionnant à la mesure de la versatilité du musicien [1], Peter Erskine débuta en parallèle ses premiers pas en tant que leader. D'un premier album éponyme en 1982 sur le label californien Contemporary, le batteur poursuivit l'aventure sur le label japonais Denon, puis enregistra quatre albums notables pour Manfred Eicher et ECM avec le trio composé du pianiste John Taylor et du contrebassiste Palle Danielsson [2]. Enfin depuis le milieu des années 90, l'homme est le propriétaire du label Fuzzy Music, lui permettant de produire sa propre musique au gré de ses envies, à l'image de sa nouvelle formation, le Dr. Um Band, créé en 2016 au côté du claviériste John Beasley et du saxophoniste Bob Sheppard.
Live report : Shabaka & the Ancestors @ La Maroquinerie, Paris, 28 mars 2017
2017 l'année Shabaka Hutchings ? Sans nul doute, tant le saxophoniste britannique, figure de proue du renouveau de la scène jazz londonienne, après avoir multiplié les apparitions remarquées auprès de grands musiciens (Anthony Joseph, Sun Ra Arkestra, les Heliocentrics), alterne désormais à un rythme effréné les formations, les styles différents et les concerts en qualité de leader avec Sons of Kemet, The Comet is coming et Shabaka & the Ancestors [1].
Bref retour en arrière. Découvert par le préposé à la chronique un soir de février 2015 où il accompagnait le susmentionné poète Trinidadien Anthony Joseph, la puissance et le souffle free de Hutchings avait déjà à l'époque fait forte impression et marqué les esprits. Cumulant depuis les expériences et les brassages culturels en tout genre, ce natif de Birmingham enregistrait cette même année à Johannesburg en Afrique du Sud l'album (en une journée) Wisdom of the Elders, premier de la formation Shabaka & the Ancestors, composé exclusivement de musiciens du cru. Psaume en neuf parties, fruit du voyage immersif du saxophoniste à travers le riche héritage musical du pays, Wisdom of the Elders s'inscrivait comme un des albums marquants de 2016. Rien de moins.
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Live report : John Surman - Théâtre du Châtelet, Paris, 8 octobre 2016
Dans le cadre du festival Jazz sur Seine, du 7 au 22 octobre prochain, le saxophoniste britannique John Surman était convié lors d'une carte blanche à jouer au Théâtre du Châtelet. Étaient invités à cette soirée plusieurs musiciens et collaborateurs de longue date dont le contrebassiste Chris Laurence, la chanteuse norvégienne Karin Krog, le quatuor à cordes Trans4mation String Quartet et Jack DeJohnette, ancien batteur de Miles Davis et compagnon de route pendant trente ans du trio du pianiste Keith Jarrett.
Pour les présentations d'usage, indiquons qu'en plus d'être une figure de proue du jazz européen via le label ECM durant près de quatre décennies, John Surman peut se targuer d'être un souffleur atypique, doublé d'un explorateur à la recherche de nouveaux horizons sonores. Pour cela il suffit d'écouter par exemple son utilisation personnelle des boucles de synthétiseurs ou du re-recording (overdubbing en anglais) [1] sur Westering Home (1972) et Road to Saint Ives (1990). Concert scindé en deux parties bien distinctes, chacun de ces volets avait la tâche de mettre en lumière une des nombreuses facettes protéiformes de cet improvisateur, passé maitre dans l'art de la clarinette basse et du saxophone soprano et baryton.
Kamasi Washington à la Cité de la Musique, Villette Sonique, Paris, 1er juin 2016
Dans le cadre de l'édition 2016 de Villette Sonique, le saxophoniste étasunien Kamasi Washington venait conclure le festival parisien par un concert des plus attendus à la Cité de la Musique. Annoncé complet quelque temps avant le jour J, la venue du jazzman d'Inglewood, avortée une première fois suite aux attentats du 13 novembre (1), draina comme on pouvait s'en douter une foule nombreuse et hétéroclite, alléchée par la musique de ce disciple et nouvel ambassadeur de la Great Black Music. Révélation jazz de l'année passée, Washington fut l'auteur d'un monumental album solo, The Epic, triple disque sorti chez Brainfeeder Records, le label de Flying Lotus (alias Steven Ellison - neveu d'Alice Coltrane), dont Washington collabora sur son remarqué You're Dead ! en 2014. Fruit d'une monstrueuse session d'un mois avec les membres
du collectif West Coast Get Down, The Epic allait enfin rayer d'un trait toutes ces années de frustration, limité au seul rôle de sideman et collaborateur de luxe (2), pour mieux permettre à l'ancien saxophoniste des Young Jazz Giants de prendre définitivement et durablement son envol.
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Funky front covers Part IX
A l'heure de la traditionnelle dinde aux marrons et des cadeaux débordant par milliers, ouvrons notre boîte de Pandore annuelle, et célébrons (déjà) comme il se doit cette neuvième saison des Funky front covers ©, à la gloire du meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.
En guise d'amuse-bouche avant de verser gaiement dans le stupre à paillette, offrons à notre lectorat une mise en abyme salvatrice en piochant dans le bac à vinyles du supposé sage jazzophile.
Intimate Night with Stanley Clarke Band - New Morning, Paris, 26 juillet 2015
Habitué des salles de plus grande taille, le bassiste Stanley Clarke faisait une fois n'est pas coutume entorse à la règle, comme le soulignait l'intitulé du concert du dimanche 26 juillet, en se produisant au New Morning. Non sans une certaine appréhension, celle-ci confortée le soir même en écoutant d'une oreille distraite les propos passionnés des fans de jazz fusion présents, le préposé s'était toutefois résolu, et vite décidé, à assister à ce concert dès son annonce officielle, et ceci, quelque soit les supposés risques encourus...
Riche d'une quarantaine d'albums, la production discographique de ce quadruple récompensé aux Grammy Awards est à l'image de ce multi-instrumentiste, compositeur, chef d'orchestre, interprète, arrangeur, producteur, et compositeur de musiques de films (Boyz N the Hood) : versatile, au risque de s'aventurer très souvent dans des territoires éloignés du jazz, et d'apparaître paradoxalement comme un jazzman qui œuvra davantage en dehors de son cercle musical au grand dam des amateurs de la Great Black Music. En faisant fi donc des nombreux avertissements qui parsèment la discographie du bassiste, son lucratif virage funk dans les 80's ou plus cruellement, le manque de disques notables postérieurs à sa production 70's, l'envie de découvrir en chair et en os ce talentueux musicien se fit toutefois plus forte.
Live report : Dave Holland & Prism - New Morning, Paris, 5 mai 2015
Vu une première fois par le préposé à la chronique il y a tout juste dix ans, quand le contrebassiste Dave Holland était accompagné de son quintette (1)
constitué du vibraphoniste Steve Nelson, du tromboniste Robin Eubanks,
du batteur Nate Smith et de son fidèle saxophoniste Chris Potter, son passage annoncé au New Morning et l'excellent souvenir de ce mémorable concert rouennais pouvaient difficilement laisser indifférent. Dont acte.
Premier britannique à compter dans les rangs de la formation électrique de Miles Davis au tournant des années 60-70, quand le trompettiste enregistra les retentissants et fondateurs In A Silent Way et Bitches Brew (2), le musicien Dave Holland signa justement en 2013 avec Prism un disque d'autant plus notable, que celui-ci rappelait le groove davisien de ses jeunes années, sans céder toutefois aux sirènes d'une stérile nostalgie.
Premier britannique à compter dans les rangs de la formation électrique de Miles Davis au tournant des années 60-70, quand le trompettiste enregistra les retentissants et fondateurs In A Silent Way et Bitches Brew (2), le musicien Dave Holland signa justement en 2013 avec Prism un disque d'autant plus notable, que celui-ci rappelait le groove davisien de ses jeunes années, sans céder toutefois aux sirènes d'une stérile nostalgie.
Live report : Al Foster : Tribute to Art Blakey - New Morning, Paris, 1er avril 2015
Batteur de formation, Aloysius, dit Al, Foster, a pour seule devise : Love, Peace and Jazz ! (1). L'homme a grandi à Harlem après avoir quitté avec ses parents la Virginie. Premier disque en tant que sideman à vingt et un an avec un premier trompettiste, Blue Mitchell, celui-ci signant par la même occasion un de ses disques les plus marquants pour le label Blue Note, The Thing to Do (1964), puis la rencontre d'une vie un soir de 1972 au Cellar Club new-yorkais : Miles Davis. Ancien sideman de l'ombrageux souffleur, compagnon de route des années funk à partir du turbulent et psychotique On the Corner au come back 80's, de The Man with the Horn (1981) à Amandla (1989), Al Foster enregistra en parallèle et par la suite avec les plus grands, Sonny Rollins, Horace Silver, McCoy Tyner, Jackie McLean, Joe Henderson, etc.
Marqué par l'empreinte laissée par ces grands musiciens, Al Foster et son quartette sont venus un soir de premier avril au New Morning rendre hommage à un autre grand monsieur du jazz, et une des influences majeures du batteur : Art Blakey.
Marqué par l'empreinte laissée par ces grands musiciens, Al Foster et son quartette sont venus un soir de premier avril au New Morning rendre hommage à un autre grand monsieur du jazz, et une des influences majeures du batteur : Art Blakey.
Live report : Roy Ayers - New Morning, Paris, 30 mars 2015
En paraphrasant le slogan d'une radio parisienne (celle-là même qui apparaît sur l'affiche du concert pour ne pas la nommer), le vibraphoniste étasunien Roy Ayers symbolise parfaitement l'idée du Grand Mix. Apôtre des musiques black 70's, à la croisée du jazz, du funk et de la soul, si Ayers n'atteignit pas la popularité d'un Stevie Wonder au près du grand public, son influence et sa notoriété, auprès des jeunes générations, ne s'est fort heureusement jamais démentie. Devenu parrain de la Neo-Soul au mitan des années 90, au même titre qu'un des artistes les plus samplés/remixés par les DJs du monde entier, l'homme n'usurpe pas, cinq décennies après ses débuts, son statut de légende.
Concert affichant complet le soir même, cet habitué du New Morning (neuf passages en moins de quinze ans) put une fois encore compter sur un public parisien assidu, répondant à l'appel de ce grand Passeur (1).
Concert affichant complet le soir même, cet habitué du New Morning (neuf passages en moins de quinze ans) put une fois encore compter sur un public parisien assidu, répondant à l'appel de ce grand Passeur (1).
Autour de minuit ('Round Midnight) - Bertrand Tavernier (1986)
Sorti deux années avant le Bird de Clint Eastwood, 'Round Midnight de Bertrand Tavernier, de par son sujet, son ambition et la personnalité de son réalisateur, pourrait se présenter naturellement comme le premier volet d'un diptyque 80's [1] consacré au jazz de l'ère bebop. Produit par Irwin Winkler (Rocky, Raging Bull) et coécrit avec David Rayfiel, qui avait auparavant collaboré avec Tavernier sur La mort en direct (1980), Autour de minuit, en référence et en hommage au standard de Thelonious Monk (réinterprété vocalement lors du générique par le talentueux Bobby McFerrin), s'éloigne de l'habituelle place figurative à laquelle le jazz a le droit dans le cinéma depuis la création de ses deux arts (ces derniers étant à peu de chose près nés à la même époque). La musique est au centre de l'histoire, le jazz devient le moteur narratif du script (à défaut de l'être formellement comme chez Jess Franco), ou le portrait imaginaire d'un saxophoniste noir américain dans le Paris de la fin des années 50.
Le saxophoniste Dale Turner (Dexter Gordon) quitte New-York et son ami Hershell pour rejoindre la capitale française. En proie à ses propres démons en sus de celui de l'alcool, le vieux saxophoniste espère y trouver un refuge et une meilleure reconnaissance de la part de son public : "no cold eyes in Paris". En compagnie de plusieurs jazzmen expatriés, Turner joue chaque soir au Club Blue Note sous l'étroite surveillance de son amie Buttercup (Sandra Reaves-Phillips). Un soir, l'homme usé fait la connaissance de Francis Borler (François Cluzet), un de ses plus fervents admirateurs. De cette rencontre nait une amitié et le début d'une renaissance pour Turner. Francis et sa fille Bérengère (Gabrielle Haker) vont veiller désormais sur Dale, et lui faire recouvrer son génie.
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Jess Franco et la musique - L'indic, Noir magazine n°20
"Je me suis toujours considéré comme un musicien de jazz qui fait des films avant d'être réalisateur" confiait le madrilène Jess Franco.
Né en 1930, Jesús Franco Manera de son vrai nom débuta très tôt une formation musicale le menant jusqu'au Conservatoire Royal avant d'entamer à Paris, après avoir abandonné son droit au début des années 1950, des études de cinéma à l'Idhec. Auteur entre 1957 et jusqu'à sa mort en 2013 de pas moins de deux cent films, Franco resta marqué toute sa vie par la musique et en particulier par le jazz. Habitué à signer ses métrages sous divers pseudonymes, l'homme aimait se cacher derrière le nom d'anciens jazzmen, son plus connu étant l'étoile filante des 50's, le trompettiste Clifford Brown.
Né en 1930, Jesús Franco Manera de son vrai nom débuta très tôt une formation musicale le menant jusqu'au Conservatoire Royal avant d'entamer à Paris, après avoir abandonné son droit au début des années 1950, des études de cinéma à l'Idhec. Auteur entre 1957 et jusqu'à sa mort en 2013 de pas moins de deux cent films, Franco resta marqué toute sa vie par la musique et en particulier par le jazz. Habitué à signer ses métrages sous divers pseudonymes, l'homme aimait se cacher derrière le nom d'anciens jazzmen, son plus connu étant l'étoile filante des 50's, le trompettiste Clifford Brown.
Cronico Ristretto : Monk's Dream - Thelonious Monk (1963)
L'histoire a été mentionnée précédemment ici-même. Jazzman singulier, Thelonious Monk dut, contrairement aux autres précurseurs du be-bop, Bird ou Gillespie en tête, attendre la fin des 50's pour obtenir le début d'une véritable reconnaissance publique et critique. Mieux, la nouvelle décennie lui offrira enfin la consécration attendue en le plaçant au panthéon des pianistes. Petit rappel des faits.
1962, Monk rejoint Columbia, label de son ancien comparse et bref sparring-partner musical [1], Miles Davis, avec lequel il enregistra une unique et mémorable session un 24 décembre 1954 (regroupée sur les deux albums essentiels Miles Davis and the Modern Jazz Giants et Bags' Groove). Détail amusant autour de ces deux illustres jazzmen aux caractères bien trempés, si l'ombrageux trompettiste enregistra pour le label Prestige une première version de 'Round Midnight, Davis intitula néanmoins son premier album pour la major du même nom que le standard de Monk en 1957. Fin de l'aparté.
1962, Monk rejoint Columbia, label de son ancien comparse et bref sparring-partner musical [1], Miles Davis, avec lequel il enregistra une unique et mémorable session un 24 décembre 1954 (regroupée sur les deux albums essentiels Miles Davis and the Modern Jazz Giants et Bags' Groove). Détail amusant autour de ces deux illustres jazzmen aux caractères bien trempés, si l'ombrageux trompettiste enregistra pour le label Prestige une première version de 'Round Midnight, Davis intitula néanmoins son premier album pour la major du même nom que le standard de Monk en 1957. Fin de l'aparté.
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Archie Shepp Attica Blues Big Band - Anthony Joseph - Festival Sons d'hiver, Fontenay-sous-Bois 6 février 2015
Dans le cadre du festival Sons d'hiver (du 23 janvier au 15 février) se tenait vendredi soir une double affiche des plus alléchantes : le chanteur originaire de Trinidad, Anthony Joseph, et l'un des derniers patriarches de la Great Black Music, Archie Shepp accompagné de son Attica Blues Big Band.
Découvert par le préposé en 2009 lors de la sortie de son album Bird Head Son, le choix du caribéen en première partie de Shepp pouvait difficilement être remis en cause à la lecture de ses influences et à l'écoute de ses diverses productions (de son premier disque en 2007 Leggo de Lion au récent Time en 2014 produit par la talentueuse Meshell Ndegeocello). Disciple des grandes musiques noires, Joseph brasse sans commune mesure les genres et les styles avec une facilité déconcertante. Entre les rugissements typiquement free jazz de son saxophoniste Shabaka Hutchings, ce poète combine avec grâce la soul 60's, l'exubérance funk 70's et les essences world. A la confluence entre le chanteur Leon Thomas et le saxophoniste David Murray et son ensemble Qwotet pour cette capacité à mettre en forme un carrefour d'influences multiculturelles, cet apôtre du rapso, mélange de rap et de calypso en provenance de son île originelle, et son Spasm Band offrirent une prestation chaleureuse et communicative aux spectateurs venus nombreux. Un régal pour les oreilles et une mise en bouche suprême avant l'arrivée du patriarche Shepp.
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Thelonious Monk : Straight, No Chaser - Charlotte Zwerin (1988)
Coréalisatrice avec les frères Maysles du documentaire culte Gimme Shelter évoquant la tournée US des Rolling Stone en 1969, et en particulier le concert tragique à Altamont, soit le début de la fin des illusions hippie, Charlotte Zwerin est également connu des amateurs de jazz comme la réalisatrice d'un autre précieux documentaire musical, Thelonious Monk : Straight, No Chaser. Portait rare de ce génie du be-bop, le film doit beaucoup à Clint Eastwood, producteur exécutif, qui aida la paire Charlotte Zwerin / Bruce Ricker à terminer ce projet via sa société Malpaso Productions. Sorti la même année que la biographie de Charlie Parker, Bird, signée par Eastwood lui-même, Thelonious Monk : Straight, No Chaser, sous-titré du nom d'un des nombreux standards que composa le pianiste [1], invite le spectateur à découvrir plusieurs extraits de la tournée européenne de Monk de 1967, entrecoupés d'images d'archives et d'interviews de ses proches.
Considéré à juste titre par le jazz critique Martin Williams comme un des premiers compositeurs de jazz du 20ème siècle, et de pair un des plus influents, Thelonious Monk, bien que précurseurs du be-bop, attendit la fin des années 50 pour embrasser enfin le début d'une véritable reconnaissance publique et critique. A partir de Brilliant Corners (1957), celui qui débuta treize ans plus tôt aux côtés du saxophoniste Coleman Hawkins devient ainsi l'une des nouvelles figures marquantes du jazz ; son style unique, sa technique non conformiste et son écriture singulière en font un musicien à part, à la fois dans et en marge des révolutions musicales qui bousculent le jazz de ces années. Dans la foulée, les années 60 deviennent la décennie de sa consécration avec la signature sur la major Columbia, et la couverture du Time Magazine le 28 février 1964.
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Cronico Ristretto : Live at Birdland - John Coltrane (1963)
L'année 1963 peut-elle être considérée comme une petite année au regard de la riche discographie de John Coltrane ? Certes, le souffleur co-signa deux albums éponymes loin d'être mineurs, le premier avec le guitariste Kenny Burrell et le second avec Johnny Hartman. Non content de remettre en selle ce dernier avec leur disque commun, John Coltrane and Johnny Hartman, le crooner, à l'instar du jeune Archie Shepp l'année suivante, bénéficia du soutien du saxophoniste auprès de Bob Thiele, successeur de Creed Taylor à la tête du label Impulse!. Toutefois, en attendant le choc suprême de l'année à venir, l'imprudent.e a t'iel finalement le droit de faire tant la fine bouche ? Non, bien évidemment. Car si le quartette de Coltrane n'a pas gravé apparemment de chefs-d'œuvre en studio en 1963 (n'allons pas trop vite), il en est tout autrement en public avec Newport '63, qui sera publié trente ans plus tard, Dear Old Stockholm avec le retour momentané du batteur Roy Haynes en 1965, et le disque qui nous intéresse : Live at Birdland.
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Avenue B - Iggy Pop (1999)
S'il apparaît simpliste et facile d'écrire que cet iguane a la peau épaisse, force est de constater qu'au gré d'une discographie post-Stoogiennes [1] des plus inégales et dans son ensemble anecdotique à deux trois exceptions , l'animal James Osterberg, plus connu sous le pseudonyme Iggy Pop, aura néanmoins démontré au fil du temps une véritable propension à la conservation ; increvable, inoxydable, sont les premiers mots qui viennent à l'esprit, quitte à endosser à terme le costume alimentaire de l’auto-parodie ? Or sortie de sa double collaboration 70's avec Bowie, The Idiot / Lust For Life, l'homme aura pourtant enregistré dans le meilleur des cas une poignée d'albums attachants, à défaut de marquer durablement un paysage et un public rock des plus versatiles. Loser magnifiquement suicidaire dans le foutraque Zombie Birdhouse (1982) après l'anonyme Party, la plupart des disques d'Iggy Pop, à partir des années 80 jusqu'au début des années 2000, suivent en général la même loi d'action-réaction, où chaque nouvel opus répond au précédent de manière antagoniste.
Après le contractuel Naughty Little Doggie, qui pouvait véritablement guetter un sursaut de la part du chanteur, du moins un dernier soubresaut avant un oubli embarrassant ? Surprise, Avenue B est son disque le plus singulier, voire personnel. Disque automnale (à quelques jours près) et introspectif, Iggy Pop aura finalement attendu la cinquantaine et la fin du millénaire pour opérer une nouvelle mue complète, en marge de ses précédentes productions : celui du crooner. Toutefois le crime était-il prémédité ? En quelque sorte, mais n'allons pas trop vite.
Après le contractuel Naughty Little Doggie, qui pouvait véritablement guetter un sursaut de la part du chanteur, du moins un dernier soubresaut avant un oubli embarrassant ? Surprise, Avenue B est son disque le plus singulier, voire personnel. Disque automnale (à quelques jours près) et introspectif, Iggy Pop aura finalement attendu la cinquantaine et la fin du millénaire pour opérer une nouvelle mue complète, en marge de ses précédentes productions : celui du crooner. Toutefois le crime était-il prémédité ? En quelque sorte, mais n'allons pas trop vite.
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