Stoner le monde est stoner

On finit la semaine par un groupe de rock’n’roll (en même temps cette semaine y’en avait que pour le rock pourrait me rétorquer le jazz ou le rap fan) qui sent bon la bière (ou le whisky au choix) et les 70’s.

Oui encore un cliché...

Après avoir fait parti du groupe culte archi-culte (à savoir qui vend pas une galette mais qui va influencer une pléthore de groupes) Kyuss, le guitariste Josh Homme décide de former son groupe après la dissolution du dit groupe.

Alors quel nom choisir ? Bah ce brave gars voulait le nommer Gamma Ray, ne sachant pas que ce dernier était déjà pris par des teutons. Bon ça parait drôle sur le moment que le père Homme ne savait pas que c’était déjà pris, mais on lui en voudra pas, car bon, faut l’avouer, le groupe de Kai Hansen, à part les amateurs de Heavy speed (hein papy D.) qui s’en soucie ?

Donc il faut choisir un autre nom ! Et là, notre Homme se souvient de la réplique de son ancien producteur époque Kyuss, qui justement les avaient nommés les reines de l’âge de pierre, en rapport à leur musique très teintes 70’s. Ni une, ni deux, le groupe se nommera désormais Queens of the stone age !

Oui mais ça ressemble à quoi alors ce groupe ? C’est dans la continuité de ce que pouvait produire Kyuss mais en plus rock’n’roll encore, donc un revival heavy metal/rock 70’s avec un groove omniprésent. Du bon rock’n’roll des chaumières quoi !

Alors ils inventent rien, c’est sur, mais ça fait du bien. Et puis, chose appréciable, au niveau du chant, on est a cent lieux des chanteurs de heavy rock qui poussent dans les aigues à s’en faire péter les cordes vocales, encore un bon point. Car en ce qui concerne ce registre, le chanteur de heavy rock (ou de rock finalement) absolu reste Robert Plant, et bonjour le nombre de pécors qui tentèrent de l’imiter, insupportable...

Manchester via NYC

Vingt longues années il aura fallu attendre pour avoir une véritable filiation au Ian Curtis band. Morbleu ! Oui mais finalement ça a valu le coup d’attendre. Et puis, j’ai rien attendu du tout personnellement, puisque j’ai découvert Joy Division sur le tard, na !

Bon après ces quelques digressions infantiles, occupons nous donc du groupe Interpol. Ces derniers se sont formés en 98 à New York, et officie donc dans un rock indie teinté d’ambiances brumeuses made in England. C’est d’ailleurs étonnant que ça nous vienne de NYC, comme quoi, l’adage nul n’est prophète dans son pays... Faut dire qu’après quarante ans de beatlesmania la perfide Albion n’en est pas encore vaccinée, alors bon, qu’un groupe anglais s’intéresse véritablement au répertoire du GROUPE mancunien. On préfère toujours surfer sur le succès des fab four, soit... du coup aujourd’hui si on parle de Manchester, on pense à qui?... Oasis (voir les Stones Roses pour les plus vieux)! Tiens on retourne aux Beatles, étonnant, non ?

Et alors Interpol, me direz vous ? Ils ont eu l’intelligence d’avoir en point de mire Joy Division mais tout en allant de l’avant. De toute façon, à quoi bon rendre un copier coller avec un chanteur qui tenterait d’imiter Ian Curtis ? Le groupe suit donc une évolution qu’aurait pu suivre le groupe mancunien après Unknown Pleasure (le 1er Joy Division), à savoir un rock nerveux teinté de spleen.

James Murphy band

Est-ce parce que j’ai commencé à écouter des groupes qui n’étaient pas à la mode, voir conspués par les journaux plus ou moins branchés? Toujours est il, que les groupes ou artistes qui apparaissent comme par enchantement dans la presse et sont vite montés en épingle, je m’en méfie...au risque de passer pour un vieux con ? Alors je préférais qu’on me traite de con tout court car je l’étais déjà à l’adolescence ! Et puis faudrait alors définir la notion de vieux con : est-ce un jeune con qui a vieilli ou la connerie viendrait en vieillissant ? Ou un peu des deux...

Donc y’a quelques temps, Les Inrocks, mais d’autres aussi je pense, étaient tout émoustillés à l’écoute du groupe LCD Soundsystem (d’ailleurs il me semble qu’ils leur faillent pas grand-chose à ces derniers)? Pourquoi donc ? A vrai dire, à part rappeler les jeunes années de ces quarantenaires, on peut se demander...

J’exagère forcement, comme toujours, ce groupe est pas si mal que ça en fait, disons qu’il recycle pas mal de bonnes idées issues des années 80 (j’ai beau me gausser de cette décennie, y’a quand même quelques bons trucs...), à savoir le rock dansant genre Talking Heads ou New Order voir même le Brian Eno des années 70, le tout avec une production moderne. Bon maintenant, bien que ça reste plaisant à l’écoute, on peut pas s’empêcher de se demander si ça vaut tout ce pataquès ? Je vous laisse juge, après ça dépend aussi de la sensibilité de chacun, surtout en matière de recyclage musical, la subjectivité est de mise.

Shiny boots of leather (ou le Lou reed du mois)

Ah bah, on s’y attendait pas à celle la ! Evidemment après un « I wanna be your dog », fallait bien que je revienne à la source. Et donc, je m’occupe de l’un de mes morceaux préférés du Velvet. La première ode du sadomasochisme du rock ! Ah ça va sentir la sueur, le cuir et le fouet ! Ça a quand même plus de gueule que les ritournelles de Liverpool, « love me do... », pouah ! C’est pas non plus le même public qui est visé, je vous l’accorde, mais c’est la même époque, puisque cette comptine fut composée en ‘65 !

Ah, « kiss the boot of shiny, shiny leather », «Strike, dear mistress, and cure his heart», on comprend d’ou vient l’inspiration d’un “je veux être ton toutou”.

Comme je le soulignais mercredi, avec ce genre de propos, on fait parti des ovnis musicaux des années 60. En pleine période hippie, des blanc becs vêtus de noir, avec lunettes teintés portées en toute circonstance, ayant pour propos la dope (dure ça va s’en dire), le sadomasochisme, et qui passent pour des terroristes sonores (merci LaMonte Young au passage), on est à cent lieux de la scène de San Francisco.

Oh mais n’y voyez pas de condescendance de ma part pour cette scène non plus, mais le seul problème c’est que la scène de San Francisco n’a pas survécu, n’a pas su se renouveler et est morte avec le mouvement hippie. Or justement, le Velvet, n’étant affilié à aucun mouvement a réussi à insuffler quelque chose de nouveau à NY (qui paradoxalement était plutôt reconnu pour le free jazz (ça ok) mais aussi pour son folk ?!) et a été ainsi les instigateurs d’une nouvelle scène rock made in NYC.

Pour revenir au morceau, en plus de se faire les chantres du « vas y fouette moi maîtresse, j’ai été très très méchant... » au niveau des paroles, on notera qu’il en va de même pour le violon alto du gallois John cale, car apprécier les stridences de son instrument si c’est pas du sadomasochisme, qu’est ce donc ? Expérience cathartique, il me semble.

Sex, sex, sex!

Mike Patton… dire que c’est la première fois que j’en parle dans ce blog, fichtre!

On retiendra surtout son poste de chanteur dans le groupe de fusion Faith No More, et pourtant son premier véritable groupe fut Mr Bungle. Un groupe de doux dingues !

Le groupe est formé par une bande de lycéens en 1985, ces derniers officiant dans une espèce de thrash/death metal primaire mais déjà à la sauce second degré, voir le nom de leur 1ere demo de 86, Raging Wrath of the Easter Bunny, et des titres frais comme Anarchy Up Your Anus, tout un programme...

Au fil des années, le groupe va développer leur concept de musique à la fois barrée et à la fois comique, rappelant fortement que ces petits gars ont du pas mal écouter Franck Zappa (tiens lui aussi, je m’en suis pas encore occupé ! va falloir que je me penche dessus...). Mais à la différence du génial moustachu, Mr Bungle garde des racines metal, même si ces dernières s’estomperont au fil du temps (leur dernier album California).

En 1991, sort donc leur premier album éponyme produit par un autre siphonné du bocal, John Zorn. A vrai dire, là aussi, c’est un sacre ovni musical...on passe d’un thrash à de la musique de cirque, limite fanfare, des vocaux rap...et tout ça dans un même morceau, des cinglés donc.

A noter qu’il serait dommage de résumer Mr Bungle à la seule présence du génial vocaliste, car Trey Spruance (guitare), Trevor Dunn (basse) et Danny Heifetz (batterie) ont autant une place importante dans le processus créatif du groupe. D’ailleurs, parallèlement à l’aventure, Patton étant décidément trop dispersé (un nombre de projets...), ces derniers formèrent Secret Chiefs 3.

Trane et Rashied

Ah bah y’avait longtemps que j’avais écrit quelque chose sur Trane ! C’est vrai que dans le jazz, les duos sont pas légions, aussi nombreux que le nombre de doigts d’un lépreux manchot. Mais cette musique s’accorde difficilement aussi avec cet exercice.

Cependant le mystique JC, rien ne l’arrêtait dans sa course effrénée vers sa quête mystico-musicale. Interstellar Space fut donc enregistré quelques mois avant sa mort avec son batteur de l’époque Rashied Ali en 1967. Oui car, en 1965, Elvin a quitté le navire, à la fois ne supportant pas d’être secondé par un autre batteur (l’album Meditation de Trane comporte deux batteurs !), et commençant à être aussi gentiment largué, comprenant de moins en moins la quête de JC. Il faut dire que le jeu d’Elvin était encore teinté d’un certain « académisme » jazz, à savoir le swing. Chez Ali, on est au delà de la polyrythmie cher à Elvin, son jeu est plus dispersé, irrégulier collant parfaitement avec le jusqu’au boutisme de son leader.

Alors, et cet album ! Comme les derniers Trane, c’est une expérience sonore ! A la fois abstrait et intense. A l’origine, les 4 titres proposés sont les noms de planètes du système solaire, et c’est vrai qu’on va très loin ! Trane montre une fois de plus ses qualités techniques et son génie d’improvisateur, un être UNIQUE.

Alisson et Will Gregory

Apres un sujet polémique, passons à quelque chose de plus léger, et plus dansant, ce qui change sur ce blog !

Je pouvais mettre un morceau du premier album, qui paradoxalement fut le moins populaire, mais qui collerait le mieux avec l’ambiance de ce site. En effet, Felt Mountain, sorti en 2000 est un savant mélange entre un Portishead et une bande originale de film servie par Ennio Morricone ou John Barry. De plus à la différence de Beth Gibbons, Alisson Goldfrapp n’a pas du tout le même timbre de voix, à la fois plus grave, pas jazzy et par moment lorgnant vers une Lisa Gerrard (en moins guindée).

Oui mais en préambule, j’ai parle de musique dansante ? J’y viens. Justement, à part un succès d’estime au près des critiques, le duo décide de changer de style et de virer plus électro et moins trip-hop sur Black Cherry. Oh la ! Ils ont cédé à la facilité, au sirène de la musique pop !! Vendus, salauds ! Oui certains le pensent, moi pas. Effectivement, la musique est plus facile d’accès, mais delà à parler de musique putassière, faut pas exagérer ; d’autant plus qu’ils n’ont pas totalement tiré un trait sur les caractéristiques de leur premier album. Plus dansant oui, mais aussi plus provocant, et plus accrocheur donc.

Great Rock’n Roll Swindle

On parle souvent et d’ailleurs que du 1er album des Pistols. Or finalement, si je devais choisir un album du groupe de McLaren, ce serait plutôt la BO de leur faux documentaire. Je trouve que celui-ci représente au mieux l’essence du punk anglais, quelque chose de vraiment chaotique ; écoutez les reprises des standards des années 50, Johnny Be Goode, à la sauce John Lydon, ça vaut le détour !

Mais le summum, c’est quand ces derniers jouent la carte de la déconne, un titre comme Who kills Bambi ou leur reprise de My way (ah l’intro…) font parti des classiques du groupes pour moi. Mais le mieux, c’est quand ils reprennent leur tube absolu, Anarchy in the UK, à la sauce « french arrogant bastard »! On a droit à un joli poncif, avec accordéon en prime, un délice !

Ca me fait penser à ces crétins qui nous ont pondu leur quotas de soupe de 40% pour les ondes. Déjà, on se tape les excédents québecois… merci bien, ils pouvaient rester cantonnés dans leur belle Province ! Ah ça pour bramer, le (ou la) québécois(e ) remporte la palme. Mais le pire, et je trouve ça totalement hypocrite, le pécor doit chanter en français, un jeune artiste français est donc obligé de chanter en français s’il veut passer sur les ondes, écoeurant, bravo le poujadisme radiophonique. Je me rappelle que pour soutenir cette cochonnerie, les Goldman ou Cabrel servaient de porte drapeau… C’est vrai qu’ils se sentent menacer par les anglo-saxons, les types… Enfin bon, si ça peut permettre à Orlando de bouffer…

Donc j’en reviens aux Pistols, les radios dites de jeun's pourraient passer cette chanson, elle est excellente, et en plus ça rentre dans leur quota de m… !

Angers sous les tropiques

Et encore un groupe hexagonal qui mériterait une meilleure reconnaissance. A l’origine le dub est surtout une expérience studio, un reggae principalement instru et expérimental, dont les pères sont avant tout des DJ.

Mais justement des angevins ont décidé de confronter le dub à la musique live. Et c’est là, l’originalité de Zenzile, apporter au dub une richesse musicale via l’instrumentation, car au delà de la basse, guitare, clavier et batterie, viennent se greffer des cordes, de l’accordéon ( ?!), et autre flute et sax.

Et leur dernier album, Modus Vivendi (je fais l’impasse sur leurs diverses collaborations, comme avec High Tone) est d’une diversité étonnante tout en gardant une véritable unité, lorgnant vers une inspiration à la fois plus rock et plus jazz. On notera aussi en guest le violoncelliste Vincent Ségal

Amiens, le 80, en force !

Il y a quelque temps, je vous disais que pour moi le free jazz, avant de se faire l’apôtre de la déconstruction, se voulait avant tout un retour aux racines africaines. C’est pourquoi, évidemment, les instigateurs du mouvement en sont les afro-américains. D’autant plus, quand on connaît encore aujourd’hui la politique culturelle am2ricaine, a savoir minimiser la culture africaine de cette communauté.

Ca me fait penser à une anecdote, à propos du film de Michael Mann, Ali, avec Will Smith. Ce dernier, en tout bon américain (remarquez les français sont pas mal non plus, mais bon…) s’intéressait peu à la politique internationale (au sens large du terme). Et là, je veux bien croire son choc quand il est allé en Afrique (je ne me rappelle plus dans quel pays où ils ont tourne le film, en tout cas, c’est pas l’ex-Zaire…). Le décalage ! A force d’être désinformé ou pas informé du tout (les USA sont champions pour ça, merci mr Murdock par exemple, mais avec mr Le Lay on y vient aussi...), le Smith a reçu un dur retour à la réalité. Ils venaient de découvrir ses racines le gaillard, le continent oublié ! Dès lors, il en voulait justement aux médias US de ne pas transcrire ce qui se passe, et la richesse de ce peuple. En même temps pour asservir une population, rien de mieux que de leur faire oublier leur passé, et de leur faire croire qu’ils ne sont rien… sont pas anciens esclavagistes pour rien les yankees (mais en France aussi on a les mains sales...)

Or justement, aujourd’hui, ce sont des français qui se sont frottés à l’Afrique. Prenez donc un clarinettiste, un pianiste et un batteur, qu’ils hument les parfums du continent noir, et vous obtenez un album qui garde à l’esprit le fond du free jazz, sans en être totalement. J’ai lu sur quelques commentaires que certains trouvaient horripilant les écarts de Scalvis, soit, mais on écoute pas du Dolphy non plus... encore des personnes qui ont trop écouté du Benny Goodman, sans doute...

Au final un bel album, Suite Africaine, sur le label amiénois, le label bleu. A noter que l’album était accompagné de très belles photos prises par Guy Le Querrec.

En passant

Pour marquer le coup, je vais parler un peu de ma petite personne.
Ca fait pile poil cinq mois que je bosse (enfin bosser, c'est vite dit) à Hong-Kong, et finalement je viens de passer le cap de la moitie du temps imparti de ma présence ici (oui car j'irai pas a terme!).

Encore cinq mois a tenir donc. Je souligne bien "tenir", car bosser chez des clampins pareil, c'est loin d'être facile. Après quatre années de stakhanovisme forcené, pour obtenir le titre fumeux de docteur es sciences (la belle affaire), me voici donc en Asie pour parachever en beauté une belle lose.

Je note qu'ici l'image du français fumiste et fainéant a de beau reste. Apres m'être fait humilie par un responsable, je remarque néanmoins que si je suis une faignasse, je suis aussi entoure par une bande de bras casses.

Enfin, au moins, je pourrais pas m'en vouloir de ne pas avoir tout tente. En France, un doctorat n'est pas suffisant pour trouver du taf, il faut valoriser notre savoir par un stage à l'étranger (la, je pouffe...). Bon, c'est en court. Et après, dix mois de chianlit, on tentera quelques concours, de nouveau les joies de l'ANPE et surtout ma première rencontre avec RMI!

tout ca pour ca... Comme dirai Michel, l'ingénieur informaticien, "vive la merde".
A moyen terme, on risque de nouveau de finir expatrie donc.

"faites des études", qu'ils disaient aux fils et filles de prolos, bah voyons... merci pour tout.

Vive les Landes!

Lundi c’est death metal ! Encore que, je vais clore le chapitre musique des morts pour quelques temps. Et je conclus en beauté avec un groupe de frenchies. On peut pas dire que l’on a pas été gaté , nous les bouffeurs de grenouilles en matière de musique extrême. Dans le death metal hexagonal, quelques noms viennent par ci par là, les précurseurs, fin ‘80, étant les nordistes Loudblast et Massacra, mais leur succès d’estime n’a jamais dépassé les frontières. Or, depuis les années 90, les choses commençaient à émerger, mais on attendait encore la révélation. Celle-ci viendra encore du Nord avec SUP (ex –Supuration, mmh… chouette comme nom…), mais ces derniers, bien qu’étant très talentueux, n’ont pas non plus eu un grand succès, du fait de leur trop grande originalité. Dans les années 80, ils étaient pas assez originaux pour se détacher de la scène internationale, et après, on trouve la perle rare mais, ils sont trop originaux pour plaire !
Oui mais fin du millénaire, une nouvelle génération apparaît encore, et là ça y est la mayonnaise commence à prendre forme ! Faut dire qu’à la différence de leurs aînés, les p’tits jeunes n’hésitent pas non plus à tourner intensément. Du coup des groupes comme Scarve ou aujourd’hui Gojira réussissent à avoir du succès à l’étranger, et pour ces derniers, ils arrivent même à vendre autant à l’étranger qu’en France. Bon maintenant, pas de quoi de se pignoler, ça reste du death metal, les ventes sont loin d’être exceptionnelles, un disque qui se vend à 30000 exemplaires c’est un carton dans le genre…

Donc Gojira, ex-Godzilla (pour des problèmes de droit, je crois, en même temps, Gojira c’est le nom japonais du lézard géant, alors…) est un p’tit groupe qui nous vient des Landes. Déjà la première chose qui frappe à l’écoute du groupe, c’est le batteur, un p’tit jeune qui promet… la double grosse caisse n’a aucun soucis pour lui, et à l’écoute du dernier album on peut espérer qu’il élargisse la panoplie de ses influences rythmiques. Deuxième particularité, on est très loin des poncifs du genre, bien que ce soit du death, le groupe est zen, sympathisant greenpeace, ni d’image gore ou de relent pseudo-satanique (n’en déplaise à M6). Du coup la musique ressemble à un véritable rouleau compresseur et sans branlette de manche, aucun solo !! pour un groupe metal, c’est suffisamment étonnant pour être souligné.

Voici donc un extrait du 1er album de 2002, à l’époque ils étaient pas encore connus, et maintenant ils font la couv’ des magazines metal de la perfide Albion et sont même distribués aux USA, la classe donc.

"mmh, mon p'tit chat..."

Je viens d'apprendre une triste nouvelle, le comédien Philippe Noiret est mort.

De la bande des quatre du film de Ferreri, il ne reste plus donc que Piccoli... pour combien de temps pourrait on dire.

Manque plus que ses potes et compères des Grand ducs JP Marielle et J Rochefort viennent a casser leur pipe, et la, on sort les mouchoirs.
Donc en resume, apres J Palance et R Altman, si l'on en croit la fumeuse croyance chretienne (vous savez la serie des 3, la sainte trinite, belle fumisterie...), on devrait etre tranquille au niveau rubrique nécrologique liee au cinoche.
Enfin, salut l'artiste comme on dit dans ces cas là.

Meursault

« La vieillesse est un naufrage », et bien pour le père Robert Smith, je trouve que ça lui va comme un gant ! Et pourtant, tout avait si bien commencé…

A 17 ans, il forme donc son groupe The Cure, et trois ans plus tard se fait connaître avec son premier 45 tours, Killing an arab. Évidemment avec un titre pareil, on retient l’attention. On pourrait même se faire de nouveaux amis parmi les sympathisants d’extrême droite… Oui mais sauf que ça tombait à plat, car le jeune Robert, lui, pensait pas à mal, en tout bon admirateur de Camus, et donc de l’étranger. Il aurait du intituler sa chanson, Today, mammy is dead, il aurait eu moins de soucis…

Ce que j’aime dans cette chanson, et d’ailleurs dans le premier album (encore que, je préfère la version US du 1er album, ont viré quelques titres faiblards et rajouté Boys don’t cry), c’est que ça sonne frais, limite insouciant, mais dans le bon sens du terme ! Ah !! à l’époque ne se prenait pas encore trop au sérieux, et n’avait pas encore découvert la panoplie complète du corbeau maquillé… Viendront ensuite la fameuse trilogie, qui se terminera en beauté en ’82 avec Pornography, le début de la fin en somme...

Tony évidemment !

Il me paraissait difficile de parler d’Herbie sans mentionner aussi l’autre prodige du second quintet de Miles, Tony Williams.

Enrôlé dans un premier temps chez Sam Rivers, puis chez Jackie McLean, Tony, parallèlement au quintet de Miles, enregistra avec l’étoile filante Eric Dolphy sur le cultissime Out The Lunch, mais aussi avec son partenaire Herbie à ses débuts.

Ce qui caractérise le style Williams, c’est sans doute sa fougue, et c’est bien ce que recherchait justement Miles ; quelqu’un qui le mette en danger à chaque fois.

A 18 ans, Tony sort son premier album en tant que leader, signé comme son compère Herbie chez Blue Note. Et bien pour un premier essai, c’est déjà un coup de maître. Une musique qui flirte avec l’air du temps, c’est a dire le free jazz, sans jamais en être véritablement. L’utilisation du vibraphone est aussi intéressante à ce titre, car peu utilisé finalement dans le jazz (comparativement à d’autres instruments j’entends).

Voici donc un extrait du 1er album Life Time sorti en ’64 avec entre autres Sam Rivers, Gary Peacock et Herbie.

Watermelon Man

Le jazz se veut une musique d’adulte, et à cet égard c’est bien dommage, car finalement celle ci devient trop élitiste. Cependant, il arrive que certains musiciens de jazz réussissent à faire venir de jeunes auditeurs à ce style, au grand dam de certains, mais ça, des crétins, y’en a partout...

Alors est-ce parce qu’Herbie hancock fut un musicien prodige, jouant déjà du Mozart à 11 ans pour le Chicago Symphony, en tout cas ce dernier a toujours été en avance sur ses collègues bon nombre de fois. En 1962, à 22 ans, le prestigieux label Blue Note (enfin à l’époque, aujourd’hui, il a perdu un peu de sa superbe, ce label...) offre à ce gamin un contrat en tant que leader. Déjà, c’est à la fois osé de la part du label mais aussi du pianiste, car à 22 ans, être leader d’une formation jazz, ça demande à la fois un sacré potentiel et une maturité pour se permettre cela. Mais le bonhomme il a tout ça !

Plus j’écoute son 1er album Takin’ Off, plus je trouve cet album extraordinaire. Du à son jeune âge, on pourrait critiquer le fait que cet album est accessible voire conventionnel, mais ça serait de la mauvaise foi car au contraire pour moi il serait plutôt spontané. En effet, on est loin d’une musique jazz facile pour dîner mondain (Kenny G par exemple), et celle ci annonce une future sophistication qui trouvera son point d’orgue avec son album de 1968, Speak Like A Child. A noter que cet album annonce déjà son goût pour les musiques funky (il reprendra d’ailleurs le titre Watermelon Man sur son cultissime Headhunters).

Pour finir, il en faut du talent pour se permettre d’avoir comme sideman le saxophoniste Dexter Gordon, et le Prince of Darkness ne se trompera pas, puisqu’Herbie fera partie du fabuleux second quintet de Miles.

Sunlight

Ah bah tiens, y’avait longtemps que j’avais posté quelque chose concernant le death metal! Encore, me direz vous ! Oui, je l’avoue, j’ai un faible pour ce genre, au même titre que John Coltrane, le Velvet ou Guy Marchand, comme quoi c’est pas incompatible…

La maxime qui voudrait que l’on soit jeune et qu’on aime faire du bruit, s’est vue plus d’une fois confirmée. C’est ainsi qu’en 1989, le death metal made in Floride se développe de plus en plus et devient dès lors le style extrême dans le rock le plus prisé dans les milieux undergrounds. Oui mais il faut toujours se méfier de la vieille Europe, et celle ci va connaître deux scènes extrêmes importantes, l’une basée chez la perfide Albion et l’autre chez nos amis scandinaves.

En 1989, en Suède donc, (la Norvège étant le pays du black metal, mais ça c’est une autre histoire), naît parallèlement, à la future hégémonie US, le son SUDEOIS. Et ce qui parait encore plus étonnant c’est que tout cela est dû à une bande de gamins de 15-16 ans. Alors j’entends tout de suite les mauvais esprits, on voit bien que c’est une musique puérile, vu que le maître étalon est fait par une bande de morveux. Oui sauf que non.

Déjà, on est loin des lieux communs des groupes US. Ici les clichés, Satan est mon ami par exemple, ont très peu leur place. On garde le côté morbide mais le côté grand guignol en moins. Et puis il y a ce son si particulier, bien différent de celui dont je parlais y’a 15 jours. Un son épais mais surtout gras bien crade et les compos se veulent aussi plus complexes que celles de leur homologues yankees. C’est bien simple, après cet album, le studio Sunlight où fut enregistrer le 1er album d’Entombed servit de référence à toute une scène naissante. Et puis, pour des gamins de 16 ans, ils se la jouent quand même pas mal, des sacres zicos, et puis une voix comme ça, à cet âge là... pfff !

?uestlove

Après avoir fait un post sur Tribe Called Quest, fallait bien que je parle un des ces quatre du groupe de Philadelphie, the Roots. C’est bien simple, ces mes là sont des OVNI dans le paysage musical. Déjà, première particularité, vous en connaissez beaucoup des groupes de rap où le leader est batteur ? Cherchez pas, y’a pas !

Un groupe de rap qui joue sa propre musique, avec de vrais zicos ! peu de samples. Déjà sur disque, le groupe est suffisamment original, mais en live, on approche quelque chose d’exceptionnel, le pont véritable entre la culture urbaine afro-américaine des 40 dernières années, du jazz, de la soul, du funk, du hip-hop. Et le tout grâce justement à l’impulsion de leur batteur ?uestlove qui insuffle une énergie incroyable. D’ailleurs, dernière preuve du talent du bonhomme, il a joué dernièrement avec Herbie Hancock, comme carte de visite c’est pas mal.

Pour une fois je vais mettre une nouveauté, un extrait de leur dernier album sorti en septembre, une bombe !

hommage

Un petit hommage en passant à un grand monsieur du cinéma US qui nous a quitté vendredi dernier, Jack Palance: l'homme au visage taillé à la serpe.

Je ne ferais pas de bio, Libération et autres journaux l'ont fait.

Pour la peine un extrait de la bande originale du Mépris de Godard avec justement Jack dans le rôle du producteur Jeremiah Prokosch.

Danny Carey

Le rock n’a jamais manqué pas de bûcheron, mais des batteurs à la fois massif, inventif et avec une vraie personnalité, déjà, ça se fait rare. Or dans ce registre, les années 60-70 ont vu l’émergence de deux batteurs anglais monstrueux, musicalement mais aussi humainement parlant, Keith Moon et John Bonham.

Or après la disparition de ces deux lascars, en 1978 et 1980, une filiation digne de ce nom fut plus que difficile à trouver. Certes, Dave Lombardo pourrait être rattaché à ce type de batteur, mais tout comme son groupe, son jeu n’est pas limité, mais pas assez ouvert musicalement (je parle de Slayer pour les nuls).

Il aura fallu attendre les années 90 pour retrouver un batteur puissant, appartenant à un groupe tout aussi original et important que pouvait l’être ceux des années 70. Danny Carey au sein de Tool incorpore ainsi bon nombre de rythmes tribaux que l’on avait plus entendu dans le rock depuis belle lurette et surtout de manière aussi fort réussi et inspiré.

En guise de hors d’œuvre, le morceau the grudge qui ouvre leur avant dernier album Lateralus.