Cronico Ristretto : End of the World Party (Just in Case) - MMW (2004)

Apres les excellents Combustication ou Uninvisible, le trio new-yorkais formé par John Medeski, Billy Martin et Chris Wood remettaient le couvert en 2004 avec End of the World Party (Just in Case).

Comme l'avait maintes fois démontré par le passé ce trio de jazz atypique, ces musiciens aguerris pouvaient se targuer de faire le lien entre musiques dites actuelles et d'autres plus anciennes. En d'autres termes, Medeski, Martin & Wood avaient la capacité de faire cohabiter en un tout plusieurs générations de jazz : le post-bop, le soul-jazz des 60's, le jazz-funk des 70's avec le hip-hop par exemple. Ainsi l'amateur éclairé ne devrait pas être totalement surpris de savoir que le trio s'est attaché les services du producteur John King, membre des Dust Brothers, pour ce nouvel album, King ayant collaboré auparavant à certains albums des Beastie Boys ou de Beck.

Le son se veut ainsi plus compact, plus dense, certains diront même plus efficace. Plus léger sans être policé ou adouci, la "popisation" redouté n'a pas eu lieu. L'album est certes plus directe, mais sans verser dans la facilité. Si on peut regretter la richesse d'un Combustication, ce End of the World Party permettra aux novices d'apprécier une musique qui pourrait à tord rebuter le quidam (cf. la liste musicale à la Prévert précitée). Le trio nous offre ainsi une musique toujours aussi aventureuse, des rythmes latins sur les excellents Reflector ou Mami Gatoaux multiples nappes de claviers du premier morceau, Anonymous Skulls. Quant à la section rythmique incarnée par Martin et Wood, la formule reste égale à elle-même : un batteur toujours aussi inspiré et un bassiste toujours aussi délicieusement groovy.

Au final, un album qui ne détrône en aucune manière les albums précédemment cités mais qui peut servir d'introduction à cet inventif trio.



Facelift - Alice in Chains: Seattle 1990

Groupe issu de la fameuse scène de Seattle, si Alice in Chains ne fut pas le premier à sortir son premier album (Soundgarden ou Nirvana les ayant devancés), la bande à Jerry Cantrell furent néanmoins ceux qui connurent en premier une reconnaissance aussi bien publique que critique.

Après un contrat avec la major Columbia au cours de l'année 1989, les Alice in Chains signent en juillet 90 leur premier EP, We Die Young, dont la chanson éponyme écrite par Jerry Cantrell (comme la majeure partie des titres du répertoire du groupe) fut inspirée par des gamins désœuvrés d'une dizaine d’années dealers (le jeunisme touche tous les métiers ma bonne dame). Sur leur lancée (le label misant pas mal sur le combo) apparaît environ un mois plus tard leur premier album, Facelift, le 21 août 1990.

Le disque débute ainsi par la chanson qui ouvrait leur premier EP, We Die Young. Cette chanson délicieusement rampante tend à prouver en préambule qu'Alice in Chains est bien le seul groupe de Seattle à suivre les traces de Black Sabbath, Cantrell en profitant le temps du solo à faire son Iommi. Deux minutes trente plus tard, Man In The Box quant à elle permit à la formation de connaitre le succès publique, bien qu'étant tout sauf facile d'accès. Les ventes du LP démarrant doucement, 6 mois après sa sortie, seulement 40 000 copies ont trouvé preneur sur le territoire US, et voici que MTV s'entiche de cette chanson matraquant ainsi le clip sur son antenne... Résultat : 400 000 copies vendues (on ne sera pas trop critique mais ça en dit long tout de même sur le pouvoir de la chaîne musicale). Puis par ordre d'apparition, on retiendra les autres classiques du LP à savoir : Sea of SorrowBleed the Freak et Love, Hate, Love, les deux derniers titres prenant une dimension particulière en concert.

Comme bon nombre de premier album, celui-ci ne déroge pas à la règle : de bonnes intentions limitée par une production maladroite (un son sans relief) et des compositions qui n'ont pas encore atteint un niveau d'efficacité suffisante (au même titre que cette pochette, on est encore bien loin du toutou à trois pattes). Pourtant le groupe est déjà bien en place. La voix de Layne Staley est reconnaissable entre mille, les ambiances lourdes, poisseuses et maladives, marque de fabrique d'Alice in Chains, sont déjà présentes pour le plus grand bonheur (?!) des auditeurs sur bon nombre de plages.

De bonnes chansons qui finalement ne marquent pas suffisamment les consciences ? En quelque sorte. Cependant l'album contient tout de même cinq futurs classiques (sur 12 titres proposés, pour un premier essai, c'est plus qu'honorable). Dommage ces cinq chansons se suivent pratiquement... une fois passée la sixième piste, le dantesque Love, Hate, Love, on s'ennuie quelque peu.

A une époque où Layne Staley n'était pas encore handicapé par ses nocives addictions, le groupe tourna ainsi pour promouvoir ce premier jet, en première partie de l'Iguane Iggy Pop mais aussi et c'est suffisamment étrange pour être souligné, en première partie de Van Halen (allez passe encore), Poison ou Extreme ! Ceci dit dans un sens, on peut admettre que de tourner sur le territoire US avec Slayer, Anthrax et Megadeth lors du culte Clash Of The Titans (la version européenne ayant pour affiche Slayer, Megadeth, Testament et les Suicidal Tendencies) peut sembler aussi hors sujet pour certains (Alice parmi des groupes de thrash, drôle de mélange, n'est ce pas ?)

Toujours est-il, bien maligne la personne qui aurait devinée la nouvelle direction musicale d'Alice in Chains sur leur prochain EP Sap...


Charly Oleg: ouais fooooooormidable!!

Une fois n'est pas coutume, je débuterai ce billet par la conclusion... honte à vous mademoiselle Rx Queen! (les explications vont suivre je rassure mon lectorat, mais il s'agit dans un premier temps de trouver une accroche, et quoi de mieux comme cible que celle qui goûta de mon fiel dans un post précédent... mouais bon...). En effet, lancer un pari douteux dans le but de ridiculiser un personnage populaire et de laisser la sale besogne à quelqu'un d'autre, c'est pas du joli joli! Surtout en soudoyant la personne innocente après avoir complimenté un de ses précédents posts... RxQueen aurait elle Machiavel comme pygmalion? Sauf que fallait pas baver sur les rouleaux à Charly d'abord!

Aussi loin que je m'en souvienne, ma première rencontre télévisuelle avec le charismatique Charly doit dater de l'année 1985 voire 1986. A vrai dire, pendant une courte durée, durant ma primaire (profitez car je livre rarement des bribes de ma vie personnelle... fichtre, elle est diabolique la Rx...), revenant manger le midi à la maison, j'eus la surprise de découvrir une nouvelle émission, Tournez Manège (non parce que voyez vous, loin de moi l'idée de mettre en doute les qualités de l'Académie des neuf, mais à moins d'être un habitué, le concept me semblait déjà plus hermétique... certes Bernard Menez faisait parti quelque fois des invités, mais à l'époque, son charme me laissait quelque peu dubitatif). Et là, attention, je vous parle du véritable Tournez Manège, le vintage, celui qui durait presque une heure, la dernière partie étant consacrée au débonnaire Jean Amadou (on dira ce qu'on voudra, mais je viens de perdre le peu de crédibilité qui était encore en ma possession...).

Bref, pour les plus jeunes, cette sympathique émission au doux parfum de naphtaline débutait par la prestation ô combien merveilleuse du talentueux Charly Oleg, le tout diriger bien évidemment par la délicieuse Évelyne Leclercq. Ainsi, deux duos de candidats avaient pour tâche de reconnaître les chansons interprétées de mains de maître par Charly et son fidèle orgue Hammond. Et c'est ainsi que je fus frapper par le célèbre "formidable!" que Charly n'hésitait pas à répéter inlassablement pour encourager les candidats... ce mot magique résonne encore en moi après toute ces années.

Ceci dit, faudrait pas non plus réduire notre sémillant Charly à sa prestation lors de ce show quotidien qui dura tout de même huit années. Alors certes, notre sémillant organiste continu de jouer pour quelques galas à travers l'hexagone, j'ai même trouvé ce site si vous souhaitez louer les services de notre ami pour quelques soirées privées, mariages, animation dans les restaurants, clubs et discothèques, mais aussi pourquoi pas, soutenance de thèse! On notera le jeu de mot impérial: "le karaoké devient le kara oleg!"

Enfin bon, il ne faudrait pas non plus oublier que tout ceci, même s'il en a point honte, sert surtout à remplir sa gamelle, car le saviez vous mais Charly Oleg a un prix d'excellence au Conservatoire. Dernièrement, ce dernier a même sorti un album qui est bien loin des ambiances festives qu'on lui connait! Nous sommes plutôt à la croisée d'une musique influencée par le classique et quelques touches de jazz. En aparté, ça me fait penser que la chatoyante Yvette Horner avait aussi joué avec des musiciens de free jazz, alors hein bon...

Bref voici un extrait de son album solo et puis quand même, en souvenir du glorieux 1D20, en bonus je ne peux m'empêcher de vous offrir le duo que le monde entier nous a envié, Charly Oleg et le professeur Choron pour un dantesque Formidable.


Découvrez Charly Oleg!



Watershed - Opeth (2008)

Depuis 1995 et leur album Orchid, Opeth convie l'auditeur à un mélange des genres qui sur le papier appelle à la vigilance. « Hybride casse-gueule » ou pire produit « Appellation d'Origine Indigeste », cette rencontre entre un death metal racé made in Sweden et un rock progressif n'a pourtant fort heureusement peu de liens avec son cousin scabreux, le metal symphonique. Loin d'être pompeuse, la musique proposée par Opeth évite les pièges et caricatures liées au terme progressif.

Watershed se démarque en premier lieu par la présence de deux nouveaux membres, le batteur Martin Axenrot et le guitariste Frederik Åkersson. Après un Ghost Reveries qui divisa une partie des fans, Opeth continue donc de creuser le sillon progressif avec cette fois-ci une incursion plus 70's voire psychédélique tant au niveau du son que de l'instrumentation. A vrai dire, pour celui qui connaîtrait déjà un minimum son manuel du rock progressif des 70's, avec un tel descriptif, un début d'appréhensions sembleraient légitimes, non ?

L'album s'ouvre par l'inhabituel Coil, inhabituel car ce titre est totalement acoustique (avec en supplément quelques arrangements un peu « flonflons » qui auraient gagnés à être évité), monsieur Åkerfeldt de sa belle voix clair étant accompagné pour l'occasion par la dénommée Nathalie Lorichs. Mise en bouche sinon discutable, du moins étrange, mais vite oublié par Heir Apparent où nous retrouvons l'Opeth classique : une belle introduction aux guitares rugissantes croisant un piano discret mais mélancolique, quelques changements de rythmes bien sentis avec une guitare acoustique, une flûte et des growls death (seule chanson à ne contenir que des growls, les autres chansons de Watershed alternent voix clairs et growls), le tout avec suffisamment de classe pour que le mélange ne nous donne pas d'indigestion. Bon point.

Il en est tout autre de The Lotus Eater. Certaines parties viennent « polluer » la dite chanson. Si vouloir s'inspirer de ses aînés est une louable idée, encore faut il bien savoir choisir ces derniers. Et dans ce cas, le préposé n'a pas, semble t-il, les mêmes affinités. Le morceau est bon (du moins sa première partie), le break à partir de la quatrième minute l'est tout autant, mais il en est tout autre des claviers deux minutes plus tard (Åkerfeldt aurait-il trop écouté Deep Purple ? Dommage, mais n'allons pas trop vite). Certes, ceci ne dure pas bien longtemps, à peine quelques secondes, il n'empêche. Quant au titre suivant, Burden, il confirme la touche Deep Purple et ce lyrisme maladroit. S'inspirer du travail de John-Paul Jones aurait sans doute été plus louable que reprendre les plans de Jon Lord.

Histoire de se calmer un peu avec les quelques expérimentations, la chanson Porcelain Heart, choisie à juste titre comme single (par son aspect mainstream), recadre les égarements précédents, au même titre que le riche et mélodique Hessian Peel. L'album se clôt par un honnête Hex Omega, où cette fois-ci l'influence 70's se veut beaucoup moins présente que sur les chansons incriminées (cependant le morceau est vite oublié).

L'édition spéciale contient à ce propos trois autres chansons en plus d'un DVD incluant un making of, un titre inédit Derelict Herds et deux reprises, Bridge of Sighs de Robin Trower (ancien guitariste de Procol Harum) et Den ständiga resan de Marie Fredriksson (de Roxette. No comment).

Un album qui comblera sans doute bon nombre de fans mais qui se trouve handicapé par quelques maladresses. Malheureusement, ces dernières sont le fruit de la nouvelle évolution de la formation scandinave. Reste quelques chansons plus "classiques" pour faire passer la pilule. Difficile de classer ce LP parmi les indispensables d'Opeth. Très loin d'un Still Life...



PS: Opeth sont en concert au Hellfest ce dimanche 22 juin avec à l'affiche: Slayer, Motörhead, NOFX, Morbid Angel, My Dying Bride, the Dillinger Escape Plan, etc...


Cro-Mags: hare Krishna in your face...

Dans la série groupe méconnu qui eut une influence non négligeable sur un courant musical (voire deux présentement ici), je voudrais aujourd'hui celui d'Harley Flanagan, les Cro-Mags. A vrai dire c'est en réécoutant le premier album de Machine Head, le puissant et insurpassable Burn My Eyes (Rob Flynn n'ayant jamais réussi à faire mieux et ce n'est pas son dernier essai, The Blackening, qui viendra me contredire...) que je me suis souvenu de la place importante que pouvait avoir leur premier LP, le culte Age Of Quarrel sorti en 1986 (décidément cette année... aussi bien musicalement que personnellement on y reviens toujours).

Avant 1986 il existait déjà de nombreux liens entre la jeune scène metal américaine, la NWOAHM menée tambour battant par les groupes thrash Metallica ou Slayer. Ces derniers n'hésitant pas à apprécier des formations officiant dans le hardcore ou assimilé (les Dead Kennedys, les Misfits, Agnostic Front (d'après vous d'où vient le titre du LP des four horsemen ...And Justice For All?), DRI ou Verbal Abuse... et y incorporer ainsi leur influence dans leur musique (Slayer dans les 90's bouclant la boucle avec leur excellent Undisputed Attitude, sans doute leur meilleur album des 90's (bien que sorti en 90, je classe Seasons in the Abyss plutôt dans les 80's, album résumant et clôturant parfaitement la dite décennie)).

N'empêche arrivé en 1986, on attendait encore le premier véritable mélange des genres provenant d'une formation hardcore, appelé aussi crossover par certains (en attendant justement le virage thrashisant des DRI (en 1987 ces derniers sortant l'album Crossover, CQFD) et autres Suicidal Tendencies, Corrosion of Conformity). Et c'est ainsi que se pointent sans prévenir Harley et ses Cro-Mags en provenance de NYC (pas franchement étonnant non plus que les garçons viennent de New York...).

Habitué de la scène punk US (premier groupe à 10 ans...), Harley qui gravite autour des formations de hardcore telles que les Stimulators ou les fameux Bad Brains au début des 80's forment en 1982 les Cro-Mags, groupe aussi connu pour son nombre élevé de musiciens utilisés (le jeu des chaises musicales...). Apres une démo qui sera éditée quelques années plus tard (en 2000 sous le patronyme Before the Quarrel), c'est avec son line-up le plus connu que les Cro-Mags signent ce qui va devenir l'un des albums de chevet de ce qu'il conviendra d'appeler plus tard le hardcore metal.

Le groupe connait en son sein John Joseph au chant, Harley Flanagan à la basse, Kevin "Parris" Mayhew et Doug Holland aux guitares et Mackie Jayson à la batterie. Gardant des racines avant tout ancrées dans le hardcore, la musique se veut virulente, concise (en moyenne un morceau dure 2 minutes) mais avec aussi, détail novateur, de nombreux breaks supplées par une rythmique plombée (l'apport des deux guitares...). Ceci dit, les Cro-Mags savent aussi varier les plaisirs, ces derniers n'hésitant pas à jouer des chansons mid-tempo telles que Malfunction, Seekers of the Truth ou Life of my Own.

Malheureusement après une tournée avec Motörhead et Megadeth, le groupe changea encore de line-up, ne put dès lors capitaliser le buzz autour d'eux, le prochain album Best Wishes ne sortant que 3 ans plus tard...

Cro-Mags - We Gotta Know

PS: Pourquoi ce post a un titre pareil? Tout simplement parce qu'on peut jouer du hardcore et verser dans Krishna and co (tout comme bien plus tard Shelter).

The Roots : Rising Down (2008)

En préambule à cette chronique, le nouvel album des Roots est sorti officiellement le 29 avril, et force est de constater que, depuis cette date, peu d'articles ont été rédigés sur la toile à propos de Rising Down. Ceci dit, le souvenir d'un énorme regain médiatique concernant la sortie de leur précédent album n'apparait pas non plus à l'esprit du préposé.

Après l'excellent Game Theory sorti en septembre 2006, voici donc le petit dernier des Roots from Philly, Rising Down. Première question ô combien prévisible, après un tel brûlot, le nouvel album peut-il être du même acabit ? Et bien, non. Merci et au revoir. Enfin n'allons pas trop vite, car les Roots restent quoiqu'il arrive de toute façon au dessus de la mêlée.

Alors quoi de neuf me direz-vous chez Black Thought, ?uestlove et consorts ? Le petit dernier se veut plus politique mais aussi plus sombre, à l'image du morceau 75 Bars (Black's Reconstruction) ou du paranoïaque I Can't Help It. Quand bien même l'impression générale semble faire passer l'album pour une oeuvre plaisante mais pas mémorable (compte tenu du passif du combo), nombre de chansons pourraient faire office de futurs classiques.
 

Pig Destroyer: Grouiiiiiiiiiiiiiiik! Scratch!!!!!!!!!!

Et un grand écart, un de plus! A vrai dire j'étais parti pour chroniquer le nouveau Roots, Rising Down, ou une de leurs excellentes compilations, aux titres affreusement mensongers, Home Grown! The Beginners Guide To Understanding The Roots, mais il s'est posé différents options que je ne pouvais pas refuser.

Premièrement, l'ami Dragibus ayant fait référence aux new-yorkais de Brutal Truth, l'envie de poster un peu de grindcore me titillait. Sans compter que Thom nous conviait à nous reposer sur la dépouille d'un des pères du metal pompier, bref l'envie de défouraillage devenait de plus en plus pressante, d'autant plus que le cas qui nous intéresse est loin de jouer dans la catégorie plan démonstratif indigeste (et avec ça ma bonne dame vous reprendriez bien une tranche de musique symphonique?). Et puis, quoi de plus éclectique que de passer de Guy Marchand à Pig Destroyer!!! (Fallait pas flatter mon éclectisme chère RxQueen...)

Comme je l'avais annoncé lors d'un précédent post consacré au premier album de Carcass, il m'est très difficile de trouver une quelconque attirance pour les combos officiant dans le grindcore (je me souviens encore du set d'Agathocles... la misère...), surtout quand ces derniers jouent la carte du gore, les groupes de qualité se comptant sur les doigts d'un lépreux manchot (ceci dit si vous aimez quelqu'un qui régurgite plus qu'il ne braille...). Mais quelque fois, des petits malins décident de pousser le grindcore dans ses derniers retranchements...

En 1997 voit apparaître première particularité un groupe de grindcore avec un vocaliste (J.R. Hayes), un guitariste (Scott Hull ancien du combo culte Anal Cunt) et un batteur Brian Harvey mais point de bassiste! Les esprits chagrins pourront toujours me rétorquer de toute façon dans ce style les bassistes étant limités, la non présence de basse ne doit pas tant changer la donne... Que nenni! Le fait d'avoir une seul guitare permet au trio d'avoir un son tranchant, rugueux et de ne pas s'empêtrer dans une lourdeur maladroite (qu'un chant d'outre tombe vomis par un décérébré viendrait parfaire).

Après divers EPs, un album et une compilation, Pig Destroyer sort en 2001 Prowler in the yard, qui en plus d'être considéré comme leur meilleur album, représente une nouvelle pierre angulaire du grindcore aventureux et intelligent, bref de l'ambroisie pour les orphelins de Brutal Truth. Et même si la pochette aussi rappelle les productions grindgore habituelle, Prowler in the yard est en fait un concept-album (et oui même les groupes de grindcore s'y mettent) nous narrant les aventures d'un joyeux rôdeur et de sa petit amie Jennifer... n'empêche ce qui nous intéresse surtout c'est la qualité de composition de Scott Hull, le jeu imposant de Brian Harvey et le chant hurlé de J.R. Hayes qui me réconcilie avec le chant grind.

Si vous appréciez en effet les guitares torturées ou autres plans syncopés et destructurés d'un Meshuggah ou d'un Dillinger Escape Plan et que l'idée d'écouter du grindcore ne vous fait pas peur (durée moyenne d'un morceau étant de 90 secondes), je vous conseille l'écoute de cet album. Hull prends un malin plaisir à distiller des plans à la fois malsain et noisy (Hyperviolet) tout en ayant parfaitement assimilé le quid du parfait terroriste sonore en employant une palette extrême qui va du death au thrashcore (remember Carnivore de Peter Steele) voire même rock (bon faut bien chercher j'admets). Et comme je le laissais supposer, la performance d'Harvey n'est pas en reste, on est très loin du sauvage qui empile les blasts à tout bout de champs, son jeu se veut suffisamment étoffé pour apparaître comme l'un des autres points forts du LP. Pour finir, quitte à radoter encore un peu plus, même si Hayes n'est pas Lee Dorian (LE vocaliste de Napalm Death, première période), on ne peut que le remercier d'avoir un chant hurlé dans les médium, évitant par la même occasion la fatigue auditive de l'auditeur.


Pig Destroyer - Piss Angel


PS: Au passage le nom du groupe n'est pas une référence gore (désolé pour les amis des ongulés) mais au contraire une piqure de rappel pour ceux qui auraient tendance à oublier que le grindcore n'est autre que du punk extrême: Pig Destroyer rimant en fait avec Cop Killer.

Guy Marchand - A Guy in blue

Voici presque un an et demi, je criais mon admiration pour le talentueux et tellement mâle Guy Marchand, de manière certes maladroite, mais que voulez vous quand l'affectif parle... La semaine dernière après mon périple de 4 heures dans les transports en commun, j'eus la surprise de recevoir en cadeau le dernier album de l'interprète de Tout en dansant la rumba, quelle ne fut pas mon émotion!

Ainsi Guy Marchand, après des albums tels que Emilio ou Nostalgitan pour ses dernières sorties où son amour pour les musiques latines, en particulier le tango, ressurgissait (on n'oubliera pas tout de même sa collaboration en 1975 avec le très grand Astor Piazzolla et la reprise de son célèbre thème Libertango sur Moi je suis tango), décide d'enregistrer enfin un véritable album de jazz gorgé de blues (pour rappel, Guy est clarinettiste de jazz de formation mais n'allons pas trop vite pour reprendre une expression chère à X).

Pour se faire notre homme est accompagné par André Charlier et Benoît Sourisse dont le CV a dû rassurer Guy sur les intentions du duo (John Scofield, Michel Portal, Mike Stern, Michel Petrucciani, Martial Solal, Didier Lockwood ou Jean-Jacques Miltau... on a vu pire). Ainsi, A Guy in blue voit notre pimpant jeune septuagénaire s'adonner à sa passion, d'un côté une formation réduite de jazz aguerrie et inspiré, de l'autre Guy jouant le rôle du crooner gouailleur.

Évidemment, à la première écoute le style vocal de monsieur Marchand a de quoi déstabiliser, bien qu'il reste suffisamment dans un registre sobre par moment, ce dernier ne peut s'empêcher de jouer quelques personnages, forçant le trait (Maudit Blues), le titi parisien faisant ainsi surface.

Hormis ce détail qui pourrait donc freiner quelques personnes, je reste abasourdi par la qualité de la musique (Facile à s'en rappeler, Si tu m'abandonnes), Guy Marchand est véritablement secondé par un groupe de première catégorie. On est très loin du cahier des charges inhérent à la variété française dans tout ce qu'elle a de plus méprisable. La musique de l'album oscille donc entre un jazz vocal lorgnant aussi bien du côté du blues, du bop que du jazz New Orleans, nous offrant même une petite escapade plus latine sur Dolorès (on se refait pas...) voire même funky (Fermé pour cause) par l'apport de ce bon vieil orgue Hammond cher à Jimmy Smith. On retiendra que l'album se clôt par la chanson très New Orleans, Mon Héritage, où Guy reprends sa clarinette le temps d’un chorus...

Au final, un album qui fera plaisir à ses admirateurs. Un grand monsieur ce Guy.





Is There Anybody out There? Merci Roger...

Au risque de passer pour quelqu'un qui a décidé de régler certains comptes, finalement quand on veut chasser le naturel, ce dernier vous revient toujours en pleine figure... Dès lors alors que vous aviez choisi de porter le masque de la zenitude (ou celui de l'hypocrisie, ça dépends aussi du tempérament de chacun), vous vous retrouvez avec ce bon vieux couteau aiguisé (et prêt à servir) entre les dents (je peux toujours même ça sur le dos de l'atavisme, mon grand-père paternel ayant été communiste...). Bref, ayant envie ces derniers temps de décider de me border de fiel, c'est reparti pour une chronique plutôt tiédasse.

Comme chacun sait ou devrait savoir, en 1979, le groupe de Roger Waters (Pink Floyd) publie son deuxième plus grand succès, The Wall, un concept album ô combien mégalomane... à l'image de son auteur vous pourriez ajouter. J'éviterai de faire la critique de cet album, enfin sa partie studio j'entends, n'étant premièrement pas le propos de ce billet et deuxièmement si je voulais mettre les formes il s'agirait de faire comme à l'école une belle thèse et antithèse, The Wall ayant les défauts de ses qualités (et au final doit sans doute avoir autant d'admirateurs que de détracteurs).

Non dans ce post, nous allons émettre quelques doutes (bel euphémisme) quant aux qualités de l'album live issu de la tournée de The Wall nommé: Is There Anybody out There? Tout d'abord, de quand date la sortie de cette merveille (quel mauvais esprit...)? A peu près vingt ans après l'enregistrement, soit en avril 2000. Dès lors, vous m'excuserez mais déjà personnellement ça sent pas bon. Bien sur on pourra toujours me rétorquer qu'un album live sorti vingt ans ou un an après son enregistrement ne change finalement pas grand chose, ça reste une chouette opération commerciale dans le but de mettre un peu de beurre dans les épinards à moindre frais dans la poche des producteurs et de la maison de disque. Il faut avouer qu'on cherche pour bon nombre de disques de ce genre l'utilité artistique. Sentiment qui aujourd'hui peut facilement s'amplifier étant donné avec quelle facilité on peut trouver désormais des bootlegs soundboard de très bonne qualité gratuitement sur la toile (comme sur les quelques liens que je propose sur ce blog).

Il n'empêche, grâce à Roger Waters, celui qui perdit le procès qu'il ne fallait pas perdre dans les années 80 (contre ses anciens meilleurs amis pour rappel David Gilmour et Nick Mason... Waters ayant forcé Rick Wright à vendre ses parts fin 70's), nous voici avec le disque live de la tournée The Wall (ironiquement les mauvais esprits pourront à juste titre ajouter qu'après le live de 90 à Berlin du père Waters, on en demandait pas tant...). Tournée qui d'ailleurs fut assez particulière puisqu'il y eut très peu de dates (LA, NYC, en Allemagne et à Londres à Earls Court il me semble), la logistique ne permettant pas une pléthore de dates (ce qui collait aussi avec le propos de l'album, Waters ayant l'idée d'écrire ce concept album après son écœurement des tournées gigantesques dans les stades).

Oui mais que reproches tu à cet album live hormis le fait d'être un enregistrement public? Déjà comme je l'ai écrit plus haut, en fait ce n'est pas tant la nature du disque qui me gène, il existe plusieurs disques live incontournables (le Live Dead du Grateful Dead ou l'apocalyptique Decade of Aggression de Slayer par exemple), certains faisant même office de meilleurs disques tout support confondu (comme le No Sleep 'Til Hammersmith de Motörhead encore que le débat reste ouvert pour ma part). Non le vrai problème c'est que ce disque (fournit dans un coffret qui de mémoire, comme le reste de la discographie de Pink Floyd d'ailleurs, coute bonbon) est plat, ce disque n'apporte rien, aussi bien au niveau de l'interprétation (que c'est mou...) que de la prise de risque. Certes pour cette dernière, le disque ne se prêtait pas à des improvisations, il n'empêche, sans compter que le côté pêchu soit aux abonnés absents, l'émotion aussi est en berne. J'en veux pour preuve les deux extraits sonores d'aujourd'hui, à savoir Don't Leave me Now et The Trial. Autant dans la version studio, on cherchait l'oxygène, le désespoir étant de mise pour Don't Leave me Now autant là... plouf plouf... Ok à l'écoute du morceau on ne fera pas tourner les serviettes pour autant mais où est la folie originelle? Et The Trial n'est pas en reste, quand on connait la version studio, cette fois ci on touche le fond, Waters se démenant comme un beau diable, mais est ce suffisant?

Mais ne chargeons pas trop la barque non plus. A vrai dire la comparaison avec l'album studio surproduit par Ezrin ne pouvait forcément ne pas tourner en la faveur d'Is There Anybody out There?, l'atmosphère si particulière de The Wall étant difficile à reproduire en public. Dans ce cas il aurait été préférable de non pas sortir ceci en disque mais de nous montrer le spectacle filmé, la pilule aurait été sans doute plus facile à avaler... sachant que pendant presque la moitié du set le groupe et ses musiciens additionnels jouent derrière un mur de briques factices (ceci dit selon les morceaux Waters et Gilmour réapparaissaient). Et puis pas certain que cela aurait fait double emploi avec le film d'Alan Parker... Dans les plus, on constate l'ajout de deux nouvelles chansons: What Shall We Do Now? et The Last Few Bricks, sauf qu'elles n'apportent pas grand chose (ok l'une d'entre elles permettaient surtout aux roadies de faire leurs petites sur la scène... la belle affaire)

En conclusion, un disque qui ne pourra plaire qu'aux fans die-hard du groupe, la durée de vie d'un tel objet étant très très limité. Quitte à écouter The Wall, autant jeter son dévolu sur la version originale studio.

New-York Noise: Big Apple sound 1978-1983

Loin d'être un fan des compilations (faut dire que ces dernières servent surtout de passe-plats, les majors les utilisant pour nous refourguer leur camelote pas fraîche...), on pourrait de prime abord commencer à émettre quelques réticences sur la dite compil, pourtant même avant de jeter une oreille sur le contenu, le mélomane curieux à la lecture des informations qui circulent autour du disque devrait commencer à avoir les yeux qui pétillent. Ainsi, le titre de cette compilation qui annonce déjà du lourd s'il on en croit la pochette: New York Noise: Dance Music from the New York Underground 1978-1983, compil ne provenant non pas d'une major mais d'un "petit" label Soul Jazz records, dont l'un des spécialités est justement de rééditer via des compilations des chansons disparues faisant parties d'un patrimoine musical plus ou moins underground (dub, post-punk, jungle, etc...).

Le propos de New York Noise (accrocheur comme patronyme, n'est ce pas?) est ainsi de nous présenter un panel des groupes obscurs officiant dans un mélange de genres des plus savoureux : NYC punk, funk, no wave, disco underground, post punk et autres courants expérimentaux.

Parmi les artistes redécouverts, le disque s'ouvre par le morceau Optimo des Liquid Liquid, qui officièrent de 1980 à 1983 dans un post punk groovy influencé par le dub et le funk. Et ma foi, le fan des Talking Heads devrait retrouver ses petits à l'écoute du bébé, une basse qui ne tient pas en place et des rythmes dansants rappelant les préférences world du David Byrne band. L'apparenté avec les géniteurs d'I Zimbra continue de plus belle avec le Baby Dee de Konk et sa géniale section de cuivres (de toute façon avant l'écoute du disque on savait l'importance des "têtes parlantes" sur la scène new yorkaise, mais la, ça en devient bluffant, comme sur Do dada de The Dance), un pont entre l'afro beat (Felaaaaaaaaaaaaaaaa!), le hip-hop, le funk et le post punk. A noter que la compil fait les choses bien puisque autour des deux groupes cités plus haut, gravitaient souvent les ESG ou Bush Tetras, et justement ils y sont! Les Bush Tetras nous proposant un rock dansant (plus j'écoute New York Noise et plus je repense au buzz des dernières années concernant les groupes de New York justement officiant dans le registre d'un rock dansant, je pouffe...) tandis que ESG sont surtout connus pour avoir été samplés par Big Daddy Kane, les Beastie Boys, Jay Dee ou Gang Starr (ah ouais quand même!).

Puis vient le premier All Star band on serait tenter de lancer, à savoir Material avec rien que moins Bill Laswell à la basse et Robert Quine à la guitare (toujours dans les bons coups celui là) pour un Reduction qui montre qu'un morceau peut être très bien à la fois funky et abstrait (une sorte de My Life in the Bush of Ghosts mais funk donc). Puis vient sur sa lancer un autre combo mené par un musicien loin d'être inconnu, DNA d'Arto Lindsay pour un 5:30 court mais dissonant annonçant par la même occasion la future trilogie des 80's de Sonic Youth, ce que va confirmer la 9ème piste Lesson No.1 for Electric Guitar de Glenn Branca (Thurston Moore et Lee Ronado ayant collaborés lors de leurs jeunes années avec le compositeur d'avant-garde), qu'on croirait tout droit sorti d'un Daydream Nation!

Histoire de ne pas oublier que New York est la ville qui nous offrit le mouvement hip-hop, le 7ème morceau nous gratifie d'un bon vieux rap old school (Sugarhill Gang and co...) Beat Bop emmené par Rammelzee et K.Rob, chanson inclue dans le documentaire culte de la culture hip-hop, Style Wars de 1983. Bref 10 minutes qui permettent aussi de constater que les Beastie Boys ont du être suffisamment bercés par ce morceau pour en reprendre certains gimmicks vocaux.

Parmi les autres artistes présents sur cette joyeuse compilation, on retiendra aussi Clean On Your Bean #1 de Dinosaur L alias Arthur Russel et la chanson clôturant le disque et qui donne son nom au groupe : Defunkt. Russel ayant la particularité d'avoir été compositeur et violoncelliste, d'avoir collaboré avec Philipp Glass ou David Byrne et par conséquent d'être aussi à l'aise dans les musiques dites populaires ou bien plus élitistes. De ce fait, Clean On Your Bean #1 nous convie à une musique qu'on pourrait toujours située dans le sillage d'un post punk mais très connoté funky le tout saupoudré de rythmes latins. Quant à Defunkt, groupe mené par Joseph Bowie, la chanson éponyme représente l'archétype d'un funk raide, bref collant parfaitement avec l'atmosphère dégagée par les groupes précédents.

Au final, une compilation qui est certes loin d'être indispensable mais qui devrait intéresser tous les aficionados de la musique new yorkaise de cette période et les curieux en général.



Extrait d'un concert de Defunkt jouant le morceau Avoid the Funk datant de 1981 live au Berlin Jazz festival

Mercenary for justice - Don E. FauntLeRoy (2006) | Out For Kill - Michael Oblowitz (2003)

Enchainer deux films des années 2000 avec Steven Seagal, telle était la mission dangereuse du préposé docteur à la chronique. Une mission risquée mais non dénuée d'intérêt pour l'amateur.

Commençons notre périlleux périple par le dantesque Mercenary for justice. Enfin dantesque, c'est vide dit. Point de nanar des familles, mais plutôt un gros navet pur jus (comme c'est souvent le cas chez l'ami Steven). Voici Steven chef d'un commando de mercenaires. En 2006 ? Qui peut y croire encore ? Autant dans Ultime décision (ou  le seul film qui arrive à faire arracher des larmes à ses fans, Steven se sacrifiant au bout d'une trentaine de minutes), sa carrure athlétique faisait encore illusion, autant désormais, même son regard trahit sa nature bovine. Terrible. Ne pas s'étonner dès lors de le voir surtout jouer du fusil mitrailleur, sa majesté n'étant pas d'humeur à casser les membres inférieurs des méchants qui oseraient croiser son chemin. Le strict minimum syndical.


Entombed - Wolverine Blues : Death ‘n’ Roll Attitude (1993)

1990, une bande de gamins suédois jettent un pavé dans la mare. Premier méfait d'Entombed, Left Hand Path, enregistré l'année précédente, redéfinit d'un seul trait le métal extrême européen, créant par la même occasion à la fois un nouveau son et initiant une nouvelle scène. Alternative crédible à la vague death metal floridienne naissante, tant au niveau des structures que du son (création des désormais fameux studio Sunlight), les cinq scandinaves allaient marquer durablement la décennie.

Révolutionner un courant musical quand l'âge moyen des protagonistes dépasse de peu celui de la majorité, l'étiquette aurait pu être dure à porter. Deux possibilités s'offraient aux suédois : creuser le même sillon jusqu'à la caricature, ou aller de l'avant afin d'éviter une mort lente. Si ce genre de remise en cause peut apparaît à terme, Entombed embraye la seconde aussi vite que Left Hand Path était apparu. Une année après la sortie de leur premier album, Entombed prouve que le surplace n'est point de mise et enregistre Clandestine, un album plus compact et technique, avec toutefois comme fil conducteur le fameux son Sunlight.

666 - Aphrodite's Child (1972)

Pour ceux qui l'ignoraient, sachez vils brigands qu'il ne faut pas réduire certaines personnes à leurs casseroles. On peut très bien vivre de nos jours en ayant une affection particulière pour les synthés bontempi et David Hasselhoff, mais il serait dommage de réduire l'interprète de Quand je t'aime à ses autres niaiseries. Ceci dit, même si Demis Roussos (car c'est de lui dont il s'agit) attire sans difficulté une sympathie toute naturelle du fait de sa bonhomie (ça doit venir du syndrome du gros barbu), vous aurez toutefois toutes les difficultés lors d'un quelconque dîner des plus mondains de convaincre votre interlocuteur (qui ne sera sans doute ni gros, ni barbu) sinon un retour en grâce, du moins un nouveau regard sur ce chanteur bassiste ventripotent hellénique. Et pourtant.

Fin 60's, les Aphrodite's Child de passage à Paris (quelques pavés volant au dessus du quartier latin...), ces derniers s'y installent et rencontrent Boris Bergman. Il leur écrit les paroles de leur premier tube Rain and Tears, viendront ensuite d'autres 45 tours comme It's five o'clock ou I Want To Live qui permirent aux quatre musiciens grecs de surfer sur la vague du patchouli pop. Mais assez rapidement Vangelis, le compositeur principal du groupe, décide de voir plus loin, et décide de composer un concept album comme il était de bon ton en cette année 1969. Histoire de ne pas suivre les aventures d'un garçon sourd et muet champion de flipper, Papathanassiou décide ni une ni deux (ni trois) de s'atteler à un projet démentiel, ô combien mégalomane, l'Apocalypse du père Jeannot (rien que ça...) sur leur prochain album, 666.

Comme pour un opéra, Vangelis demande ainsi au poète Costa Ferris de s'occuper des paroles, qui s'inspirent aussi bien de l'Evangile de Jean que de la culture des 60's (la tragédie d'Altamont, la Guerre du Vietnam, la télévision...). Pendant ce temps Vangelis va rester cloîtrer pendant 3 ans dans un studio pour écrire ce magma sonore. En plus des musiciens habituels, Demis Roussos au chant et à la basse, Lucus Sideras à la batterie et Silver Koulouris à la guitare, viennent se greffer Michel Ripoche et Harris Halikitis au sax ténor et percussions mais aussi les acteurs Vannis Tsarouchis et Irene Papas (pour une performance qui restera dans les annales). Au final, voici un album dantesque, un psychédélisme brutal (résultat d'un mauvais trip ?), du rock progressif mystique mal embouché, qui remue les tripes sans jamais verser dans les travers du style (Emerson Lake and Palmer ou les futurs albums de Yes). L'album est en effet extrêmement versatile et complexe, passant d'un morceau pop, à une plage expérimentale à de la musique traditionnelle, voire du hard-rock 70's. De même certaines personnes seraient tentées de ne retenir que le morceau Infinity pour son côté bordélique et pour la prestation d'Irene Papas (un orgasme de six minutes), mais quand bien même ce titre s'insère parfaitement dans ce concept casse-gueule, il serait dommage d'occulter la maîtrise des musiciens et l'unité de la dite oeuvre.

Pour la petite histoire, le LP eu quelques soucis de distribution. Mercury Records n'appréciant guère les divagations orgasmiques d'Irene Papas, le bébé fut dirigé vers la filiale Vertigo. De même, on demanda à Vangelis de couper les quelques minutes choquantes du joyeux disque. La morale resta sauve pendant encore un an, le disque ne sortant qu'en 1972 officiellement. Sinon commercialement, le disque fut un bouillon... étonnant, non ?


Saint Tony Williams priez pour nous

Décidément on va penser que je passe mes journées à Delft à regarder la TV... (et attendez de voir la prochaine chronique). Dimanche matin, en attendant la messe, je suis tombé sur une de ces délicieuses publicités que seul le cable ou le satellite peuvent nous offrir, à savoir les compilations proposées par Timelife. Mais petit rappel des faits, ouvrons la boîte à souvenirs! (mode journal intime mode ON) A l'époque où j'avais droit de me délecter des programmes télévisuels en provenance du satellite ASTRA (raaaaaah les bonnes émissions de variété allemande, le téléachat US doublé en allemand (mmmh le Chef Tony et ses supers couteaux, "là voyez vous ça sert à rien (juste à épater la sauterelle à l'oeil vitreux et au sourire "ultrabrite" qui lui sert de complice) mais avec ce couteau je peux trancher une boîte de conserve" (j'avais l'air moqueur envers la potiche blonde (le premier qui me sort que c'est un pléonasme n'a qu'a voir les programmes de la Rai pour se persuader que la greluche qui sert de faire valoir pourrait tout aussi bien être brune, ce qui pour une italienne semblerait plus facile à trouver j'en conviens) mais cette dernière était tout sauf malpolie, une vraie professionnelle, appelons la Cindy, puisqu'elle n'a à aucun moment voulu casser la baraque à notre chef cuistot américano-italien de seconde zone, et lui avouer que pour ouvrir une boîte de conserve, il aurait été plus judicieux d'utiliser un ouvre-boîte... sauf que dans ce cas, ses couteaux il les met où notre Tony s'il ne peut même pas les refourguer à la ménagère germanique?).

Bref, à cette époque je savourais déjà les délices des réclames pour les compilations Timelife, en particulier celle qui étaient présenté par mon ami Bobby Vinton, l'immortel interprète de Blue Velvet. Et comble du bonheur, ce dimanche matin (en attendant la messe je vous le rappelle), je suis tombé sur la même mise en scène surannée (mais sans les bougies, la cheminée et le piano cette fois ci, dommage...). Pour se faire, vous prenez un ancien chanteur prêt à cachetonner pour n'importe quoi, une greluche (encore! bah oui je sais bien mais j'y suis pour rien moi, je ne fais que reporter les faits) qui va nous jouer à la fois sa fan et servir de passe-plats car il va falloir la vendre la tambouille, et c'est pas gagné, va y'avoir du taf! Les dites compilations suivent toujours une thématique pré-établie, pour Bobby, nous avions droit à un florilège des chansons romantiques des 50's-60's, et aujourd'hui et bien une spéciale "power ballads" made in 70's-80's, en résumé quand le rocker (tatoué ou permanenté, rayez la mention inutile) se fait romantique (méééeuh partez pas tout de suite!).

Avant de débuter ce pathétique réquisitoire (et inutile?), rien que la mention "power ballads" mériterait à elle seule la rédaction d'un mémoire... à voir dans un prochain post si Alzheimer ne m'atteint pas encore. Ainsi donc, en espérant d'avoir réveillé la curiosité de quelques lecteurs, vous vous demandez tous (je met au pluriel, je mise sur au moins deux personnes... soyez chic quoi) mais après Bobby Vinton, qui Timelife a choisi pour nous vendre cette compilation indispensable et abordable (80 euros les 150 chansons, sic...). Attention... je lâche le morceau... roulement de tambours... le chanteur des célèbres: REO Speedwagon of course!!! (bon avec la photo c'était plus facile, d'ailleurs je ne sais même pas s'ils ont eu droit à vendre leur soupe dans notre jolie(?!) contrée ces yankees).

Bref, tout est l'avenant après ça. Quand vous avez un "has been" qui fait la réclame pour une compilation invendable (même le grand Pierrot se casserait les dents c'est vous dire), à quoi pouvons nous nous attendre en terme de chansons proposées? Réponse: au meilleure du pire du rock FM anglophone de ces deux décennies. Alors pour changer, étant donné qu'à l'origine ce genre de compil est destinée aux publics américains on a droit à tous ses groupes qui bien qu'ayant eu une carrière longue ne sont finalement reconnus que par un tube, ouvrez votre porte-monnaie pour entendre Kansas, Boston, Chicago, Styx (ça me rappelle un épisode de That 70's Show ) ou REO Speedwagon (vous doutiez qu'on échappe à eux sérieusement?). Enfin je dis ça, les demoiselles sont aussi à l'honneur, toi le ou la fan de Bonnie Tyler, Pat Benatar ou Elton John (oui elle est facile et de mauvais goût...) régalez vous! Le pire c'est que cette publicité doit durer dans les quinze minutes, les cochons vous passent en boucle en effet les mêmes extraits de chansons (bien calés sur le refrain, histoire de pas louper le coche) et histoire d'en remettre une couche, on a droit à l'intervention de comédiens (oui je sais, allez peut-être que ce sont des vrais gens comme dans les micros trottoirs de JP Pernaut) pour nous assurer de la qualité du truc. Au bout de 5 minutes, la bave (ou un rire nerveux ou choix) commence ainsi à apparaître, mais comme tout bon produit toxique, c'est à la fin qu'on savoure le plus la chose... Un peu de courage que diable!

Vous aurez compris, ne pas s'attendre à des grands noms dans la compilation, ça doit pas rentrer dans le budget de nos amis... Une chose est sure, la chanson d'aujourd'hui (issue de leur premier album) ne fait pas partie de la dite compilation (remarquez ça fait partie des rares chansons que j'apprécie des toxic twins). Et puis en épilogue, je tiens à signaler qu'à cause d'eux j'ai aussi loupé la messe (crédible?).


en bonus: Bobby Vinton - Blue Velvet

Qui veut sentir mon gant?

Y'a quelques temps, je m'étais amusé à inclure dans un billet à but totalement lucratif (par moment il ne m'en faut pas beaucoup en matière d'amusement, je concède, ceci dit ces temps ci ma bonne dame, hein bon... enfin je me comprends...), la fausse photo promotionnelle des non moins artificiels Spinal Tap pour leur nouveau album au titre qui sent bon la sueur, le mâle, le vrai, avec des poils, bref Smell My Glove.

Je ne me lancerai pas dans la chronique complète de ce film (ma rigueur m'en empêcherai voyez vous, n'ayant vu que la seconde moitié du faux documentaire de Rob Reiner), mais il est à noter tout de même que toute ressemblance avec des groupes de heavy metal qui ont sévit dans les 70's-80's et qui continueront à sévir lors des prochaines décennies est plus que judicieuse (des noms, des noms! ... patience!). Ce qui est assez marrant c'est qu'à la sortie du film en 1984, les toxic twins (Steven Tyler et Joe Perry d'Aerosmith surnommés aussi affectueusement les "avions renifleurs"...) qui étaient bien dans le creux de la vague (allez les gars encore deux ans avant le retour en grâce par Run DMC) se sentir visés par cette pochade. Pas parano nos deux gaillards. Pourtant..
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Disons que cette fausse tournée de reformation d'un groupe britannique de hard rock qui accumule les galères en plus d'être filmé sous l'oeil de la comédie, pointe les travers et autres caricatures de ce mouvement musical. Petite déception tout de même, j'aurai aimé voir un peu plus de cuir ou l'arrivée d'une moto sur scène (oui je suis fan du look de Judas Priest), mais ne gâchons pas notre plaisir, on a droit à un moustachu qui porte virilement la peau de bête (Manowar poussera le concept encore plus loin puisque ces derniers penseront à huiler leurs corps de mâles... MMMMmmmmmmhhhhhhhHHHH). Puis pour les décors de scène, une mention spéciale pour les faux cocons (quand ils veulent bien s'ouvrir) ou la scénographie en hommage à Stonehenge (deux nains qui dansent autour d'une pierre de 45 cm de haut...ridicule? pfff mééé non c'est la magie celte!). Sur ce point, ça m'a fait penser aux décors gigantesques utilisés par Iron Maiden lors du World Slavery Tour (inspirés par l'Egypte Antique avec momie de 3 mètres de haut qui se balade lors du morceau Powerslave) ou pour leur tournée en support à leur disque Seventh Son of the Seventh Son (cette fois ci la scène ressemble à un immense glacier). Bref vive la démesure... sauf que chez nos amis les Tap, ça sent le sapin, faute de moyens... L'amateur de black metal pourra toujours émettre quelques réticences, on peut très bien avoir une scénographie attractive avec peu de moyens. Il est vrai que certains scandinaves n'hésitent pas à cracher du feu (Immortal), empaler des têtes de cochons (Dark Funeral) ou le fin du fin, mettre à disposition de son public quelques rats morts (certifiés AOC je précise) en tête de gondole (qu'on hésitera pas à balancer en fin de set dans le public).


Pour finir mention spéciale aux solos joués par l'un des guitaristes, qui en plus de jouer dans la catégorie prisée des branleurs de manche (une espèce qui est loin d'être en voix de disparition dans le heavy metal classique), réussit à jouer simultanément sur une deuxième guitare avec ses bottes mais aussi et surtout, se sert d'un violon comme archer (oui parce que Jimmy Page n'a pas poussé le concept assez loin, quel petit joueur ce Jimmy...)
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Tricky: Paranoia is the key

Dernier post avant une nouvelle expatriation. Et quoi de mieux que du Tricky pour sonder mon humeur du moment.

Après des débuts prometteur chez Massive Attack, Tricky Kid sort en 1995 son fameux Maxinquaye, disque phare de ce qu'on appellera trip-hop. Ce premier album en dépit d'être une des meilleurs créations de son auteur n'était finalement que le premier chapitre des peurs de Tricky. On ira jusqu'à dire que Maxinquaye est le disque le plus lumineux (enfin le moins sombre) de Tricky première période (le Tricky junkie en somme). Ses albums à venir étant en effet de plus en plus épais, rampants, malsains, sombres avec en point d'orgue l'étouffant Angels With Dirty Faces (si je vous dis que ce dernier est mon préféré, ça vous étonne?).

Ainsi un an après Maxinquaye, sort déjà son troisième LP Pre-Millennium Tension, album gentiment paranoïaque s'il en est, mais pas seulement. L'album fut enregistré en partie en Jamaïque au Grove Studios, du coup forcément, ce périple va influencer son écriture tant au niveau des paroles que musicalement. On ne sort pas en effet impunément "Here comes the Nazarene, look good in that magazine, Haile Selassie, they look after I" (Tricky Kid). De même comme son nom peut l'indiquer Ghetto Youth n'est autre qu'un ragga (à la sauce Tricky!). Et puis les habitués du petit bonhomme, en dépit d'écrire des albums de moins en moins accessibles, pourront toujours avoir quelques repères telle que la participation de la chanteuse Martina Topley-Bird comme sur le chatoyant Makes Me Wanna Die. Et puis les amateurs d'ambiance torturée devrait aussi trouver leur quota quotidien de noirceur, Vent, chanson ouvrant le LP étant un agréable hors d'oeuvre.

Au final un bon album de transition avant le cauchemardesque Angels With Dirty Faces.


Tricky - Christiansands

Cheval-Mouvement: le 1er Burger solo

Prouvant une fois de plus (encore que je n'avais point besoin d'une autre preuve de mon délabrement moral) que je suis bien à la ramasse ces temps ci (et vous ne subissez pas mes lamentations égocentriques nocturnes), j'ai appris en début de semaine que Rodolphe Burger venait de sortir un album solo. Certes, pas de quoi faire tourner les serviettes pour le commun des mortels, n'empêche le petit noyau d'admirateurs qui gravite autour du bonhomme a du se sentir plutôt soulagé.

Dix ans qu'on attendait un nouvel album solo, ce n'est pas rien. Cela dit, cette décennie fut loin d'être vide artistiquement... au contraire! Rodolphe a simplement multiplié les collaborations (James Blood Ulmer, Alain Bashung, Olivier Cadiot...), fondé une maison de disque, Dernière Bande, produit nombres d'artistes via son label (Fred Poulet, Alain Bashung, Chloé Mons, Jeanne Balibar...) ou pas (Jacques Higelin, Françoise Hardy). Et voici que No sport fait enfin son apparition. Mais aujourd'hui, pour changer, on va regarder dans le rétroviseur et s'intéresser au premier effort de Rodolphe Burger, lorsque ce dernier faisait encore parti du groupe Kat Onoma.

En 1993 Burger enregistre ainsi à Bruxelles son premier album solo Cheval-mouvement. LP qui se distingue des précédents efforts de son groupe (en particulier l'excellent Billy the Kid), ce dernier étant profondément minimaliste et principalement acoustique. L'une des forces du disque provient de son ambiance crépusculaire (The Shape of the Ground ouvrant l'album) appuyé par la belle voix grave de Burger. De même, en disant plus haut que Cheval-mouvement était majoritairement acoustique, ceci ne signifie pas que Burger suit la grammaire folk classique, ce qui sur le fond pourrait le rapprocher d'un Will Oldham alias Bonnie "Prince" Billy. De même, Burger n'oublie pas de brancher les amplis, histoire d'ajouter quelques couches de distorsions (Sing).

Au niveau des textes, les habitués de Kat Onoma ne seront pas non plus déstabilisés puisque Burger chante sur des textes d'Olivier Cadiot, Thomas Lago ou Jack Spicer. De même, comme il nous le prouvera sur ces prochains LP solo, nous avons droit à une reprise, et en attendant celle des Stones sur Meteor Show, Burger s'attelle à un des classiques de l'Iguane Iggy Pop, The Passenger (à noter que la vidéo d'aujourd'hui propose un rendu plus électrique que la version de l'album). Et puis il faut aussi noter que la chanson qui donne son nom à l'album en plus de faire parti des meilleurs créations de son auteur, n'est pas sans rappeler l'approche d'un John Coltrane via son My Favourite Things, Burger sur ses prochains disques n'hésitera pas ainsi à la ré-écrire totalement.

Cronico Ristretto : Breeding of Mind - O'Donel Levy (1972)

Présenté précédemment lors du premier volet des Funky front covers, les premiers habitués se souviendront peut-être de l'album Everything I Do Gonna Be Funky, du moins de sa pochette et de sa non moins mémorable paire des fesses couvées par de chaleureuses mains protectrices. Deux années auparavant, l'auteur de cet attentat fessier signait Breeding of Mind, qui à défaut d'émoustiller le regard, flattait les oreilles des amateurs de jazz funky.

Contrairement au disque précité, la pochette de cet album se veut sobre, ce qui ne l'empêche pas d'être terriblement groovy et chaleureux. Pour se faire O'Donel travailla avec le talentueux arrangeur Manny Albam (qui a sur son CV tout de même des collaborations avec Stan Getz, Count Basie ou Dizzy Gillespie). En suivant le canevas du jazz funky (très populaire à cette époque), ces derniers s'inspirèrent de diverses influences dont la pop baroque, mais également une production soul qui n'est pas sans rappeler les disques enregistrés par le label CTI.

Degradation Trip - Jerry Cantrell : post Alice in Chains year zero

Deux mois après la mort de Layne Staley, son ancien camarade de jeu d'Alice in Chains, Jerry Cantrell, sortait son deuxième effort solo. Or bien que l'album fut écrit avant le décès de Layne, en connaissant un peu le dossier AiC, il est vrai que plus grand monde se faisait d'illusion sur une quelconque « reformation » du groupe de Seattle. Dès lors pour l'admirateur d'un Would ? ou d'un Grind, à défaut d'être considéré comme une nouvelle véritable offrande, ce nouvel LP du compositeur principal d'AiC pouvait décemment faire office de madeleine.

Premier point au crédit de Degradation Trip, et contrairement à son précédent effort solo, Boggy Depot, Jerry s'entoure d'un véritable groupe avec des musiciens qui ont fait leur preuve à savoir Mike Bordin (ex-Faith No More) et Robert Trujillo (ex-Suicidal Tendencies, ex-Infectious Grooves et futur Metallica). Mais qu'en est-il du songwriting ?

Deuxième bon point à l'écoute du disque, Cantrell semble s'être fait plaisir, le monsieur passant en revue ce qu'il sait faire de mieux : du riff bien gras et poisseux à la ballade acoustique (sans forcément conter fleurette et sortir son petit bouquet d'églantines sur une quelconque colline).

En guise de hors d'œuvre, le LP s'ouvre sur Psychotic Break, titre efficace prouvant et rassurant sur sa capacité à encore composer des chansons au charme trouble. Avis qui se prolonge sur le rampant Bargain Basement Howard Hughes. Mais le constat reste par moment cruel, la voix d'ange déchu de Staley fait malheureusement défaut sur Spiderbite. L'un des points forts d'AiC était justement cette balance juste et fragile entre cette voix écorchée et les mélodies de Cantrell. Ne boudons cependant pas notre plaisir, car si reproche il y a, ce manque se distingue davantage sur les chansons les plus tordues de l'album. Angel Eyes est à ce titre parfait avec son refrain accrocheur.

A défaut d'avoir écrit un chef d'œuvre, Cantrell nous propose donc un album agréable, loin d'être transcendant mais qui contient tout de même plusieurs chansons excellentes. Très peu de déchets pour un album dont on  n'attendait finalement pas grand chose. Certes Cantrell aurait pu réduire le nombre de titres : du dispensable Mother's Spinning in Her Grace, au champêtre Give It A Name, en passant par la terrible faute de goût She Was My Girl. On s'amusera par contre de l'hommage déguisé à Peter Frampton sur Locked On...

Contrat rempli.




Funky front covers

Histoire de nous dérider un peu avant le week-end (ou en attendant la mort, c'est une question de point de vue), j'en profite pour lancer une nouvelle rubrique dans ce blog, à savoir intéressons nous de plus prêt à quelques pochettes méconnues qui feraient encore leur petit effet si elles sortaient de nos jours.

Pour ramener du people, il existe un terme porteur, non pas le sexe bande de pervers, mais bien sur, la musique funk (rah la feinte de la mort qui tue sa race).


Pour débuter voici donc (de gauche à droite), la pochette du groupe the Fatback Band, Night Fever sorti en 1976. Les connaisseurs pourront constater qu'on reste en terrain connu, la pochette du précédent LP, Yum Yum (tout est dans le titre) nous faisait en effet voir une jolie demoiselle s'amusant avec une sucette et portant un T-Shirt fortement humidifié... Cette fois-ci, en émettant l'hypothèse ô combien courageuse, qu'il s'agit toujours de la même demoiselle, on constatera que cette dernière reste toujours autant mouillée... C'est une question de feeling dirons nous... Sans doute la formation de funk se posait des questions sur les méfaits du body painting...