Abbey is blue: Samedi, c'est Anna Marie

Après quelques jours passés hors de Picardie, puis après avoir subi ensuite un retour de flemme, pour le deuxième post de cette semaine, c'était mal parti... En plus depuis mercredi soir, je savais déjà qui serait ma muse, mais bon, comme nous rappelait justement le guignol de l'actuel premier président de la Cour des comptes et ancien candidat à la mairie de Paris, "quand ça veut pas... ça veut pas...".

Bref, mercredi soir, je zieutais d'un œil fatigué (donc pour ceux qui suivent, ça sous-entend que le second était fermé, passe que pour ceux qui l'ignorent, je suis pas encore borgne) une série US qui nous montre une fois de plus la supériorité de la police étatsunienne par rapport à celle de Kärcher 1er. Résoudre des affaires qui datent de 50 ans, moi je dis chapeau bas... De la part du producteur du chef d'oeuvre Pearl Harbor, que pouvais je attendre ceci dit? Enfin bon, durant cette épisode de Cold Case, j'eus l'agréable surprise d'entendre un morceau de la magnifique Abbey Lincoln (ce qui change car, en général, l'accompagnement musical de la série aurait tendance à ressembler à de l'ipecac, les fans du sieur Patton comprendront...).

Aujourd'hui ce petit post sera donc consacré à l'un des premiers classiques de la belle, Abbey is Blue sorti en 1959. Au départ, la jeune Anna Marie Woolridge se fit remarquer dans les années 50 dans quelques clubs... pas ceux des quartiers brumeux, mais plutôt ceux où on vous sert à manger... oui la mythologie jazz en prends un coup lol... En 1956 en plus d'enregistrer pour Benny Carter, l'année suivante grâce à sa plastique et à son joli brin de voix Anna Marie, qui porte désormais le pseudo Abbey Lincoln, joue dans le film The Girl Can't Help It. S'en suit un contrat pour trois albums avec le label prestigieux de jazz Riverside. Dès le premier album pour le dit label, la patte d'Abbey Lincoln est présente, voix chaude et un all star band à tomber raide (et je vous parle pas de la pochette de That's him qui pour l'époque, en 1957, pfffffiou...). Et puis, ce qui explique aussi mon admiration pour la belle, Anna Marie est fan de la grande Billie... Ça crée des liens, forcément lol. Justement, bien avant son hommage sur disque durant les 80's, on note sur That's him la présence d'un classique de Lady Day, Don't Explain.

En 1959, sort ainsi le dernier album pour Riverside, Abbey is Blue avec toujours sa pléthore de musiciens prestigieux, Kenny Dorham, Wynton Kelly, Philly Joe Jones, Stanley Turrentine... et bien sûr celui qu'on ne peut difficilement omettre, puisqu'il se marieront en 1962, l'immense batteur, Max Roach. On note que l'album contient aussi la première version vocale du standard Afro Blue ainsi que d'autres classiques du répertoire tels que Softly, As in a Morning Sunrise, Lost in the Stars ou Come Sunday . Comme je le soulignais plus haut, la comparaison avec Billie Holiday n'est pas maladroite, on retrouve en effet la même fragilité, la même subtilité mais aussi la même conviction que chez Lady Day, Abbey vit sa musique. Finalement, à part le morceau Laugh, Clown, Laugh qui permet de faire tomber la pression, l'émotion brute est au rendez-vous, en particulier sur le poignant Brother, Where are you?

Dead Can Dance - Spiritchaser

Petit retour en arrière, en 1993, le duo Lisa Gerrard et Brendan Perry sort Into the Labyrinth, un des albums les plus connus et vendus du groupe qui synthétise parfaitement leur passé et nouvelles aspirations musicales. On retrouve ainsi tout le savoir faire du duo, une musique à la fois mystique, à la fois atmosphérique qui vient puiser sa source dans la musique liturgique ou tribale. Or l'apport des musiques du monde se veut de plus en plus important...

En 1996, le nouvel album de Dead Can Dance, Spiritchaser, débarque alors, après une mise en bouche Gerrardienne, Lisa sortant son premier LP solo, The Mirror Pool, l'année précédente. Parler de dégoût, semble fort, mais paradoxalement bon nombre de fans ont accueilli tièdement cet album. Les raisons sont multiples et leurs justifications sinon douteuses apparaissent comme celles du comportement d'enfants trop gâtés. Les voix de Brendan et de Lisa font désormais corps contrairement aux albums précédents où on ne comptait qu'un vocaliste par chanson. Grief pour certains car symbole du manque d'implication de la future diva world, Gerrard semblerait dès lors plus intéressée par The Mirror Pool. Ajoutons juste qu'au contraire les deux chantent enfin véritablement en duo sur un album. L'album est profondément ouvert aux musiques du monde, un voyage sonore qui emmène l'auditeur aux bords du Gange, en Afrique noire, sur le contient Sud-Américain et en Océanie. Fallait il entendre (encore) des (néo)chants liturgiques façon new age? Depuis le début  de DCD, chaque album du duo se veut différent, la paire ne cherchant en aucun cas la pure redite. Mauvaise foi de l'enfant gâtée.

Spiritchaser est l'album le plus ouvert du duo, et peut-être le plus authentique, le plus riche aussi (pas moins 5 personnes pour les percussions de Nierika). Le groupe n'hésite plus à développer son propos, étirant ainsi sans redondance ses partitions (Songs of the Stars dépassant ainsi les 10 minutes) avec le retour notable de la guitare de Perry, en particulier sur Song of the Dispossessed (annonçant ainsi son futur album solo, l'excellent Eye of the Hunter).

A (re)découvrir.

Gravest Hits: Lux Interior et Poison Ivy

Y'a quelques mois, je vous avais parlé du groupe de Glenn Danzig, the Misfits, à l'époque dans un genre relativement proche (cette attirance pour les films de série B voire Z et ce bon vieux rock 'n' roll), j'avouais que ma préférence allait surtout à un autre groupe américain The Cramps.

Avant tout, the Cramps, c'est surtout un couple de doux dingues, à savoir Erick Purkhiser et mademoiselle Kristy Wallace, plus connus sous ces joyeux pseudonymes: Lux Interior et Poison Ivy... Les deux futurs tourtereaux se sont rencontrés après que ce brave Erick ne prenne en auto-stop Kristy en 1972. Découvrant plus tard leurs goûts communs pour la contre-culture: films d'horreur de série B, des disques obscures de rockabilly des 50's, tout comme la surf music et le rock garage des 60's, ces derniers décident de former un groupe de rock (étonnant, non?).

Ceci dit, les bonnes idées, c'est bien gentil, mais ça prend du temps avant de les concrétiser. Il faudra ainsi attendre 1975 pour que le duo rejoignent la "grande pomme" et s'adjoignent les services de deux autres zicos. On notera une fois de plus pour ceux qui auraient la mémoire courte ce que fut le New York de ces années là, une véritable marmite bouillonnante gorgée de futurs grands noms de la scène punk made in NYC (Television, Patti Smith, the Ramones, etc...). Ainsi en travaillant dans le même magasin de disques, Lux fit la rencontre d'un autre employé Greg Beckerleg lui même porté sur les mêmes goûts musicaux, ni une ni deux, le petit nouveau baptisé Bryan Gregory sera le second guitariste du groupe (car à ces débuts, le combo avait la particularité de ne point avoir de bassiste). Petite anecdote en passant, qui n'est guère surprenante dans la mythologie punk (voire carrément cliché, il faut l'admettre), le sieur Gregory ne savait pas jouer au départ de la guitare...

Pour le poste de batteur, après avoir essayé la soeur de Gregory, puis une certaine Miriam Linna, le line-up se stabilise enfin avec l'arrivée de Nick Knox. The Cramps commencent ainsi à faire parler d'eux, dans les deux clubs cultes de NYC, le CBGB et le Max Kansas City, aidé il est vrai par les Ramones. Il faut dire que lors de leur premier show au CBGB en première partie des Dead Boys, le groupe eut la bonne idée de jouer avec des cordes neuves... et donc désaccordées! N'étant plus en odeur de sainteté, le combo fit ainsi ses armes dans le club new-yorkais connu quelques années plus tôt pour avoir eu en son sein les dernières représentations d'un Velvet Underground Reedien au bout du rouleau. Épaulé ainsi par les Ramones (pas étonnant ceci dit, ces derniers ayant les mêmes goûts pour la surf music et le rock garage des 60's), les Cramps sont de retour au fameux CBGB...

En 1978, sortent enfin leurs premiers 45 tours The Way I Walk et le fabuleux Human Fly qu'on retrouvera sur leur premier EP Gravest Hits. En 1979, les choses s'accélèrent et ils signent sur le label IRS où ils enregistrent dans le temple du Rock'n Roll, Memphis, leur premier LP, Songs the Lord Taught Us qui sortira en mai 1980. Suite au prochain épisode...

Pour terminer la semaine et entamer le week-end, une vidéo archi-culte d'un extrait de concert donné au Napa State Mental Hospital en 1978, qui n'est autre qu'un hôpital psychiatrique, où l'on pourrait trivialement penser que le plus fou n'est sans doute pas celui qui écoute les chansons.

The Cramps - Human Fly (Live at Napa State Mental Hospital en 1978)


Bill Withers: le Brassens de la Soul

Ouais bon, sous ce titre certes un peu raccoleur (ceci dit je vous expliquerai le pourquoi du comment), aujourd'hui mercredi, encore de la black music... mais pas du metal, de la soul, mouaaaaaarffff...

La première chose qui marque à l'écoute de ce grand monsieur, c'est l'humilité de l'artiste, tout en retenu, musique intime qui colle grandement avec le personnage. Faut dire, pouvait il en être autrement me direz vous? Car en matière de soul music, pour se démarquer les places sont chères! D'un côté vous avez les phénomènes tel que James Brown ou Otis Redding ou la grace androgyne d'un Marvin Gaye (merci au passage à celui qui m'a passé y'a pas si longtemps la vidéo de Marvin à Montreux en 1980). Bref, face à ça, m'étonne pas qu'un artiste comme Bill Withers ait pu faire son trou.

Alors avant d'être interrompu par moi-même, pourquoi divaguais je sur l'humilité du garçon? Et bien faut savoir qu'à la différence des autres, Bill fut bercé certes par la culture musicale afro-américaine, mais il ne fit pas parti de la grande famille du music-hall dès son plus jeune âge comme certains! C'est après 8 années dans la Navy, à 29 ans qu'il se destine véritablement à une carrière professionnelle. Encore que... il bosse le jour pour Boeing s'occupant de la tache au combien gratifiante de monter les sièges des toilettes pour les "navions"... Du coup, il travaille d'arrache pied la nuit pour composer et enregistrer des démos.

Finalement, Bill se fait remarquer en 1970 et signe avec Clarance Avant le boss du label Sussex à l'âge de 32 ans. Et dès le premier album, Just as I am sorti l'année suivante, on touche à quelque chose d'unique avec déjà son premier succès, le tube mélancolique et nostalgique Ain't no sunshine qui deviendra disque d'or et permis à Bill de remporter un Grammy Award dans la catégorie meilleur chanson R&B. Alors on pourrait penser que c'est le début du succès de Bill, et donc plus de soucis à se faire matériellement parlant et donc adieu Boeing... Que nenni, il ne lachera pas ce job tout de suite! Withers étant plutôt méfiant envers ce business, si ça rend pas encore plus sympathique le garçon, je comprend plus!

Alors sur ce premier essai, ce qu'on peut noter c'est déjà la maturité des compositions (vous me direz à l'âge où il a sorti l'album...). Alors certes, Bill n'a pas un organe à tomber raide, ni un jeu de scène tonitruant, mais il a une voix chaude et des plus sensuelles et comme pour sa musique, délivrée sans aucun artifice. L'originalité de ses chansons, enfin ce qui m'a aussi touché profondément, c'est la place prédominante de la guitare acoustique, instrument qui ne se trouve guère au centre des arrangements en général dans la soul music, le passé blues étant ainsi des plus présents. Ceci dit, ne vous attendez pas non plus à un aspect démo au niveau du son, ça reste excellemment produit, avec son lot de cordes pour vous tirer la chaire de poule.

En ce mercredi, un extrait donc du premier album de Bill Withers, nommé Hope She'll Be Happier au sujet au combien mélancolique avec encore un sujet de rupture au passage chez Bill, sa belle l'ayant quittée pour les bras d'un autre... Et en cadeau, la version live enregistrée au prestigieux Carnegie Hall le 6 Octobre 1972.

I can't believe that she don't want to see me,
We lived and loved with each other so long.
I never thought that she really would leave me,
But she's gone.

Bill Frisell: Le Miles Davis de la six cordes

Après la fureur, un peu de douceur et de réconfort (encore que...) de la part d'un guitariste multicarte: Bill Frisell.

En repensant à mon post de lundi dernier, je cherchais pour faire contre point quelque chose de plus calme, or en citant John Zorn, je me suis rappellé que Bill Frisell en plus d'avoir collaboré à Naked City, était un guitariste connu pour être très versatile.

Le monsieur étudie la six cordes au Berklee College de Boston (comme Al Di Meola) en suivant les enseignements d'un certain Jim Hall (on a vu pire comme professeur...). A noter tout de suite que cette rencontre sera importante dans la carrière, le jeu et la sonorité du petit Bill. On peut aussi faire un parallèle à ce propos entre Frisell et un autre guitariste de jazz, Pat Metheny. En plus d'être de la même génération, ces deux guitaristes en plus d'être influencé par Jim Hall, connaissent finalement le même background musical, à savoir avoir été bercé autant par le rock des 60's que par la country, le blues et puis ensuite par le bop, tel que le grand Wes Montgomery. D'ailleurs, c'est grace à Metheny que Frisell commença véritablement sa carrière de guitariste pour le label ECM, Metheny étant indisponible ce dernier recommanda Bill à Manfred Eicher. Ainsi Bill devient sideman pour des figures importantes du label allemand tel que Jan Garbarek ou Paul Motian. Il faut dire que le jeu tout en subtilité de Bill fait des merveilles et colle à merveille avec le son ECM.

A ce propos, dans le titre du post, j'écris le Miles Davis de la six cordes... pourquoi me direz vous? Pour deux raisons, la première, comme pour le Prince of Darkness, Frisell peut jouer de tout, ce dernier ne peut être rattaché à un style bien particulier. Et puis, deuxiement, tout comme Miles, Bill aime les silences, pour ainsi étendre son jeu et remplir l'espace.

D'ailleurs preuve en est de la versatilité du monsieur, ce dernier rejoignit dans les années 80 la grande pomme et rencontra ainsi le doux dingue John Zorn. Là encore, son jeu fait des merveilles, teinté d'une ironie et d'un humour collant parfaitement aux délires zorniens. Au cours des ces dernières années, Frisell enregistra ainsi avec des artistes aussi divers que Marianne Faithfull par exemple, et continua de creuser le sillon d'un jazz contemporain à la croisée de plusieurs influences en tout musicien ouvert sur le monde qu'il est.

Mr Masami Akita

Désormais, comme à l'époque où je vivais à Hong-Kong, le lundi sera de nouveau le jour consacré aux expériences sonores plus ou moins extrêmes. Alors j'étais parti pour poster encore une fois du doom metal, vu l'accueil de la semaine dernière, mais je me suis dit qu'après tout, un peu de musique bruitiste ça manquait à nos chers oreilles.

La dernière fois que j'avais proposé en écoute un titre pour tout bon fan de mélodie sucrée, il s'agissait du remix Pure II de Godflesh. A cette époque, j'avais expliqué en quoi l'album de Lou Reed, Metal Machine Music avait permis d'ouvrir la voix à bon nombre de terroristes sonores en herbe. Ceci dit, Lou représente la partie Rock'n Roll du mouvement bruitiste, mais ce dernier peut évidement provenir d'une musique plus électronique...

A ce titre, pouvez vous me citer trois artistes ou groupes en provenance du Japon? Pas forcément évident du premier coup... Perso, à cette question, mon tiercé dans le désordre serait DJ Krush, les keupons gentiment cinglés de Melt-Banana et donc celui qui nous intéresse, Merzbow alias mr Masami Akita.

Au départ et pratiquement à la même époque, Merzbow (nom provenant de l'œuvre Merzbau de l'artiste allemand Kurt Schwitters) suit assez l'approche des papys de la musique industrielle Throbbing Gristle, à savoir triturer des bandes magnétiques, créer des boucles sonores obsédantes, bruitistes et malsaines. En 1979 et 1980, il fonde deux labels Lowest Music & Arts et ZSF Produkt, lui permettant ainsi une plus grande liberté (de toute façon, quel label pouvait bien vouloir le signer?), d'autant plus que le garçon est atteint d'une créationïte aiguë (maladie qui toucha des artistes tels que John Coltrane, David Murray, Frank Zappa ou John Zorn et qui s'exprime par une envie irrésistible de sortir plus de 4 albums par an). Il n'empêche, Merzbow dans les années 90 signa pour divers labels adeptes cultivant l'irrévérence sonore tel que Tzadik (celui de Zorn justement) ou encore Relapse (label de metal extrême) et collabora avec des artistes comme Mike Patton ou Alec Empire.

On notera histoire de prouver une fois de plus l'influence du compositeur de MMM que l'un des premiers disques de Merzbow s'intitule justement Metal Acoustic Music, la boucle est bouclée comme on dit... Autre aspect intéressant de la musique de ce cher nippon est son attirance pour tout ce qui concerne le bondage, le fétichisme et autres réjouissances (avec des titres d'albums comme Pornoise, Sadomasochismo, Music For Bondage Performance ou Neo Orgasm qui pourrait en douter?), aspect souligné aussi des performances lors de ces prestations scéniques.

Lundi rimant avec aspirine et tympans qui saignent, voici un extrait de l'album 1930 sur le label de John Zorn datant de 1998. Alors que dire et surtout qu'en penser de cette chanson (?!), Iron, Glass, Blocks and White Lights ? Selon moi, ça se rapproche d'une expérience, on est pas loin des titres les plus virulents de Trane (comme son fameux Live in Japan ou The Olatunji concert), à écouter volontairement fort, se laisser porter par cette transe bruitiste. Alors oui, la majorité des personnes peuvent considérer ce genre d'oeuvre comme une arnaque ou plus simplement comme du bruit, et pourtant... Ceci dit, à écouter tout de même en pleine possession de ses moyens (physiques j'entends, mentalement, c'est autre chose lol), car on en sort pas indemne.
Amis masochistes sonores, bonne écoute.

Avant Hard: Alison avant Felt Mountain

J'avais promis de l'électro, certes, mais je n'avais point défini de quel genre, à savoir du roots de chez roots, de l'analogique!

Certaines personnes, moi le premier, sont assez irritées de constater le succès de certaines personnes qui pompent allègrement leurs aînés en misant sur l'inculture de leurs jeunes auditeurs. Ca fait pédant de dire ça? vieux con diront certains? C'est vrai, ceci dit s'inspirer de ses anciennes influences pour créer quelque chose de neuf est plus que louable, alors que si c'est pour nous servir du copier-coller, perso, j'ai du mal à avaler...

Et justement, aujourd'hui, le groupe ADD N' TO (X) va à l'encontre de cette idée (réactionnaire?). Comme je l'écrivais en préambule, ces derniers officient dans un genre qui rappelle les débuts de l'électro, à l'époque où d'ailleurs ce dernier n'avait encore point de nom, mais si l'époque du tout analogique, Robert Moog & co!

L'originalité de ADD N' TO (X) est justement de reprendre les bons vieux bidouillages de papa et donc les instruments de l'époque et d'accommoder le tout avec une vision musicale actuelle (entre le trip-hop et la dénomination fourre-tout post-rock). Le trio formé en 1994 par Barry Smith, Ann Shenton et Steven Claydon s'inspirent ainsi des expériences du rock libertaire allemand de la grande époque (Faust, Can, Neu! voire même Kraftwerk, de toute façon, difficile de faire l'impasse sur les géniteurs d'Autobahn) mais aussi bien des maîtres de la musique contemporaine comme Xenakis. Au final, on a droit à un mélange détonnant. La première fois que j'ai écouté le groupe, je fus relativement décontenancé, on frôle le kitch sans jamais y mettre la tête dedans, dans un sens, proche du côté néo-vieillot du duo Air, mais alors ce serait la version sous acide.

DJ Premier and Gifted Unlimited Rhymes Universal

Je note que mon post sur Cathedral n'a pas laissé indifférent, mouarf... promis je remettrais du metal velu prochainement...

D'ailleurs, en attendant de mettre un peu d'electro (passe que là aussi, ça fait un bail), un peu de rap, et ceux qui lisent ce blog ne seront guère étonnés, c'est encore du rap teinté de jazz.

La dernière fois je m'étais intéressé aux disciples de la Native Tongue, à savoir les cultissimes Tribe Called Quest, ceci dit à la même époque un autre groupe de NYC va faire parler de lui: le duo DJ Premier et Guru nommé Gangstarr...

Ils se forment fin 80's puis après quelques démos et autres maxis ces derniers sortent leur premier album en 89, No More Mr. Nice Guy. A noter que cette année fut assez exceptionnel dans le genre, car un autre album permis aussi d'ouvrir de nouvelle porte, le 3 Feet Highand Rising de De la Soul (en attendant le premier méfait des Tribe Called Quest People's Instinctive Travels and the Paths of Rhythm), à savoir offrir une nouvelle grammaire dans le rap. Ceci dit le premier album de Gangstarr à la différence des deux autres compères de la Native Tongue n'avait pas encore offert tout son potentiel, pour cela il faudra attendre les deux albums suivant Step In The Arena et Daily Operation sortis en 1991 et 1992. Les deux ans d'attente entre les deux premiers albums du duo furent ainsi profitables, Premier affinant ses samples jazz et Guru sa prose.

On notera qu'à partir de 94, Guru commença son projet solo Jazzmattaz où cette fois ci le MC invite désormais des jazzmen à taper le boeuf avec lui. A ce propos, les activités de Premier étant elles aussi diverses (production d'albums de KRS-One, Nas, Jay-Z, Notorious BIG...), on constate que Gangstarr deviendra au cours du temps plus un side-project pour le duo, dommage...

Cathedral: riffs de gastéropode sous sédatifs

Tiens ça faisait longtemps que j'avais pas posté de la musique de velus!

Cela dit, attention pour la furie sonore on repassera, on reste dans un registre lent de chez lent, et du lourd de chez lourd... du doom quoi!

Fin '89, Lee Dorian, officiant comme brailleur chez Napalm Death, a envie de quitter son groupe de grindcore, marre du punk extrême et de la tournure death que prends le combo. En bon fan des groupes doom cultes des 70's et 80's (Black Sabbath, Trouble, St Vitus, Pentagram, Candlemass...), ce dernier voudrait bien à son tour continuer à creuser son sillon dans le genre. Sauf qu'à l'époque dans le metal underground, il était plus facile de monter un groupe death qu'un groupe doom... C'est ainsi qu'après un concert de Carcass, Lee rencontre un roadie du groupe de Bill Steer, et autour de quelques bières décident de former Cathedral. Après avoir trouvé la perle rare, Garry "Gaz" Jennings à savoir le soliste du combo, les affaires peuvent enfin commencer...

En 1990, les membres de Cathedral sortent ainsi leur démo autoproduite intitulée In Memorium, petit chef d'oeuvre en matière de doom extrême. Une batterie binaire, une guitare rampante et un chant plaintif, voici la marque du groupe. Et comme je le signalais dans le titre de ce post (cf Manuel Rabasse), pfiou, mon Dieu que c'est lent! Sacré Lee, après avoir chanté dans l'un des groupes les plus rapides qui soit, le voici désormais dans l'un des plus lents, lol. La démo leur permettra d'obtenir par la suite un deal avec le label anglais Earache pour leur premier LP, Forest of Equilibrium (encore un classique du genre), où Gaz montre désormais son penchant pour le rock progressif des 70's; le groupe abandonnant ainsi à partir du deuxième album le doom extrême pour quelque chose de plus stoner.

Rick James: Super freak!

Vendredi dernier j'avais écrit sur une figure du label Stax, aujourd'hui en voici une autre de l'autre label soul made in Detroit, la Motown évidement...

Rick James car c'est de lui dont il s'agit, aura attendu pas mal d'années avant de connaître le succès, les excès (qui vont avec d'ailleurs) et de porter le sobriquet the king of the punk-funk. Première chose à remarquer chez ce monsieur qui porte un look capillaire reconnaissable (genre canin, cousin du cocker), c'est son CV. En effet, le petit James Ambrose Johnson Junior a déjà un oncle célèbre, Melvin Franklin. Bon moi aussi au premier coup, ça m'a pas ébranlé, mais si je vous maintenant que c'est le bassiste des Temptations, déjà...

Pis son premier groupe à défaut d'être connu, The Mynah Birds, formé à l'âge de 17 ans en 1966, connaît en son sein quelques musiciens qui se feront connaître quelques années plus tard... comme des futurs membres des Buffalo Springfield... Neil Young (!!) et Bruce Palmer ainsi que Goldy McJohn des futurs Steppenwolf (Born to be wild pour les plus jeunes).

Ensuite le groupe signa chez Motown mais malheureusement aucun disque ne parut et les bandes semblent perdues... ou cachées quelque part... Ensuite sous le nom de Terry Johnson il travailla comme compositeur/producteur toujours pour la Motown en 1968 puis forma d'autres groupes divers jusqu'à la fin de la décennie punk. En effet à partir de 77, il revient de nouveau à la Motown toujours pour le même emploi, mais cette fois ci le bassiste va entamer une carrière solo qui débute véritablement en 1978 avec la sortie de son premier LP Come Get It et son single You and I (8 minutes quand même!). A noter aussi le single Mary-Jane qui, je vous fait pas un dessin, est un hommage aux fumigènes jamaïcains... A partir de ce moment là, Rick James commence à enfiler les hits ainsi que les rails de coke... Après un album décévant, Garden of Love, on le traitera même de vendu à l'occasion, James sort sans doute son album le plus abouti, le conceptuel Street Songs, qui collectionne les morceaux de bravoure funk Give it to me baby, Ghetto Life, la ballade Fire and Desire et surtout son titre le plus connu, samplé par MC Hammer (remember U can't touch this) ou par Jay-Z, l'énooooooorme Super Freak.

James collectionna encore quelques succès dans les charts durant les 80's mais ses problèmes addictifs auront raisons de lui à la fin de cette décennie, et fera ainsi plus les choux gras de la presse à scandale qu'autre chose... Encore une icône du funk brulée par les excès... Après deux années à Folsom (mais sans Johnny Cash), James sortira finalement un album solo en 1997, Urban Rapsody. L'homme mourut en 2004 dû à des problèmes pulmonaire et cardiaque (en général ça va de paire...).


Pochette de Street Songs ou Rick qui fait le trottoir (sympa les bottes!)

Bad Brains; Rastafari punk from DC

En général, si vous demandez à un connaisseur, Le groupe de hardcore en provenance de Washington DC, on vous répondra assurément le groupe culte de Ian McKaye, Minor Threat. Cela dit, faudrait pas non plus oublier un autre groupe issu de DC, qui ne fut pas à l'origine du mouvement straight-edge, mais du croisement entre la rage punk et de l'engagement politique issu du reggae. Alors oui, cette différence n'a pas eu lieu d'exister en UK, les scènes reggae et punk chez la perfide Albion ont toujours été plus ou moins liées (le meilleur exemple reste les Clash). Mais aux USA, tout restait à faire...

C'est ainsi qu'un guitariste de formation jazz fusion Dr Know décida de fonder un groupe où le hardcore et le reggae s'acoquineraient en 1979. Arrivent ainsi dans la formation le chanteur HR, le bassiste Darryl Aaron Jenifer et le batteur Earl Hudson. Après s'être fait une bonne réputation parmi la scène locale, le groupe devra attendre 3 années pour sortir plusieurs EP's et un album éponyme qui ne sorti que sur cassette. A vrai dire sur les deux premiers albums du combo, le mix entre les différentes composantes n'est pas encore optimal, les albums sont composés de brûlots punk, faisant la nique à n'importe quel groupe de petits blancs becs, et de morceaux dub/reggae excellemment inspirés. Il faudra attendre le troisième album et cultissime I against I pour que l'assimilation soit complète. Malheureusement les divisions au sein du quartet vont commencer à se sentir, Dr Know et Jenifer voulant continuer dans le virage grosse guitare alors que les deux autres étaient plus pour un retour au reggae. Leur dernier album sera ainsi Quickness qui montre une approche plus funk metal dans le sillage du groupe de Vernon Reid Living Color. Au final, bon album, plaisant, mais l'époque bénite est derrière eux... Les deux réfractaires quitteront ainsi le groupe, Dr Know et Jenifer trouveront d'autres remplaçants, mais plus rien d'intéressant...

Sauf que depuis quelques mois, une info a circulé, le retour du combo originel pour un nouvel album produit par l'un des Beastie Boys, Adam Yauch, Build a Nation qui sortira le 26 juin prochain... Alors on croise les doigts...

Black Moses of Soul

Honte sur moi, qu'on me conspue, qu'on me griffe, qu'on me fouette (par contre pour les crachats, chui pas cho je vous préviens), c'est la première fois que j'écris un post sur Isaac Hayes. D'ailleurs les prochains posts seront consacrés aussi à d'autres musiciens afro-américains...

N'empêche est ce moi, mais j'ai l'impression que l'influence de ce grand monsieur est totalement occulté! Dans le meilleurs des cas, on se souvient qu'il a composé la bande originale du film Shaft, et sinon...bah rien...ça me rend trop zaraf! Pourtant, en lisant le CV du bonhomme on reste sur les fesses. Né en 42 puis élevé par ses grands-parents, le gars apprendra tout seul comme un grand à jouer du piano, de l'orgue et du saxophone! Après avoir joué dans différents groupes et avoir été musicien de studio pour un certain Otis Redding par exemple, mr Hayes fit le bonheur du label Stax. Accompagné de David Porter, ces derniers prénommé the Soul Children vont écrire pour le label pas moins de 200 chansons! dont des énormes tubes comme Soul Man pour Sam & Dave.

A partir de 67, Isaac commence sa carrière solo en publiant le bien nommé Presenting Isaac Hayes, qui annonce déjà la patte du monsieur, à savoir un savoureux mélange de jazz, de soul et de blues. Mais il faudra attendre l'album suivant Hot Buttered Soul sorti deux ans plus tard pour connaitre le succès. Et pourtant sur la papier, ceci est loin d'être évident, l'album ne contenant que 4 longs titres. L'expérience du premier album a permis de perfectionner le propos, derrière le canevas de chanson pop, mr Hayes brode de longues plages instrumentales pleine de groove, de cuivre et de cordes, sans oublier la voix du monsieur (quand je pense aux atrophiés du bulbe qui se pâment devant un Barry White...).

C'est ainsi que mr Hayes sorti bon nombre d'albums intemporels durant la première partie des 70's, avec la même recette, certes, mais que des classiques qui furent gentillement samplés par la prochaine génération (l'album To be continued le fut totalement par Massive Attack) sans compter aussi l'nfluence qu'il a pu avoir sur le phrasé rap... Comme je le soulignais plus haut, mr Hayes composa la bande originale du film Shaft en 1971 et gagna un oscar pour la meilleure BO par ailleurs. On oubliera pas non plus sa prestation lors du fameux festival Wattstax le 20 aout 1972 pour commémorer le 7ème anniversaire des émeutes à Watts. La photo du haut est d'ailleurs issue de ce concert, où l'on voit que Isaac porte finalement mieux les chaînes que le cuir ou la dentelle... Pis en prime l'affiche du documentaire sorti l'année suivante.

The World Is Saved - Stina Nordenstam

En matière de chanteuse, je suis loin d'être un fan des brameuses, la technique vocale est loin d'être une priorité selon moi. La preuve, ma chanteuse préférée de jazz (voire tout style confondu, encore que, j'oublie pas l'ange de la mort, Nico) reste et restera la sublime Billie Holiday. Et chez elle, tout passait par l'émotion, la souffrance dans son cas, il est vrai... Finalement, y'en a pour tout le monde, la puissance d'Ella Fitzgerald, la technique parfaite de Sarah Vaughan ou Billie... Dès lors, pas étonnant que je recherche des demoiselles qui soient dans le registre vocale de l'interprète immortelle de Strange Fruit.

Alors aujourd'hui, petit post consacré à une chanteuse suédoise qui mériterait un peu plus de reconnaissance (donc là vous avez compris que je parlerais pas de Lisa Ekdahl), Stina Nordenstam. Depuis le début des années 90, celle demoiselle brouille les pistes, à savoir créer son propre univers musical où se rencontre la pop, le jazz avant-gardiste, le trip-hop et la folk. En 1994 Stina commence à faire parler d'elle avec And She Closed Her Eyes enregistré sous la houlette du trompettiste Jon Hassel. Vue la nationalité de mademoiselle Nordenstam, il serait cliché de définir ses chansons comme froides, et pourtant... ceci dit, rien à voir avec l'interprète de Mütterlein, univers froid, certes, mais surtout intimiste aidé par cette voix mutine. En 1998 Stina décide de sortir un album de reprises, qui vont de Leonard Cohen, the Doors à Prince. Et justement, sa reprise de Purple Rain est tout simplement bluffante, tout en retenu, épurée à l'extrême, très loin de l'exubérante version originale du nain pourpre.

Son dernier album en date, The World Is Saved, sorti en 2004 nous montre son visage le plus abordable. Et pourtant, il s'agit à mon avis de son meilleur opus (comme quoi). Chaque titre ressemble à un conte chanté par la fée Stina. A la différence des albums précédents, Stina a gardé son univers mélancolique mais a poli les angles cette fois-ci, rendant l'objet plus facile d'accès à travers des mélodies plus pop, cachant à l'auditeur l'aspect complexe et sombre du propos. Seul regret, Stina ne s'est jamais produit en concert...

The end of a love affair
The world is born again
If things doesn't look the same
It's cause they constantly change

Boys next door's party

Comme je l'avais souligné dans un post précédent (en Octobre, y'a prescription...), avant de se faire connaître au sein de The Birthday Party, Nick Cave fit parti du groupe Boys Next Door. Finalement, entre les deux patronymes, il y eut peu de changement puisqu'en fait c'est le même groupe, avec les mêmes zicos (enfin au départ), le changement de nom intervient simplement quand ils décidèrent de quitter l'Australie pour le vieux continent.

En 1980 sort ainsi le premier album éponyme de the Birthday Party (ou le dernier de Boys Next Door, au choix). Au final, en plus de la prestation totalement allumé de Cave (à chaque fois qu'on lui demande des anecdotes de cette période, Nick botte toujours en touche, prétextant qu'il était toujours défoncé et qu'il ne se souvient donc de rien, info/intox?), on retiendra aussi les musiciens, les guitaristes Mick Harvey (futur Bad Seeds) et Rowland S. Howard, le bassiste Tracey Pew et le batteur Phillip Calvert, qui bien qu'étant aussi frappés que leur frontman font preuve d'une forte cohésion musicale.

Il faut dire que les cendres du punk ont permis à bon nombre de groupes d'émerger et développer encore un peu plus leur propre schizophrénie musical. Les australiens sont ainsi difficilement cataloguable, ces derniers nous offrent un cocktail poisseux où le blues, le rockabilly, le free jazz et le punk forniqueraient ensemble le tout dans le dernier des bastringues connus.

Preuve en est, la dernière chanson du premier album de the Birthday Party, Happy Birthday. Attention, on est loin de la chanson mielleuse et casse bonbon qu'on doit supporter d'un sourire crispé lors de toute bonne vieille fête de famille qui se respecte. Je vous rappelle qu'il s'agit d'un groupe de méchants garçons! Donc chanson à conseiller pour tout anniversaire, mais dédicacée avant tout à tous les frappés, les hystériques, en résumé les inadaptés.
Bref, j'adoooooooore.

Kat Onoma: sensualité fantômatique

Après quelques jours (semaines?) de déprime plus ou moins intense, une petite chanson qui à défaut d'être joyeuse (faut pas trop m'en demander quand même), éveille les sens (en tout cas les miens...), une véritable ode à la sensualité, recommandée comme fond sonore lors de jeux érotiques...

Dire qu'il aura fallu attendre 6 ans pour attendre un nouvel album de Kat Onoma, après l'excellent Far from the pictures... Cela dit le chanteur Rodolphe Burger fut pas mal occupé avec ses projets parallèles (disque solo Meteor Show avec au manettes Doctor L, collaboration avec un autre alsacien pour un mémorable Samuel Hall, premier disque avec Olivier Cadot On n'est pas des indiens, c'est dommage, a travaillé avec Françoise Hardy, etc... bref il a pas chômé...) et pour le guitariste Philippe Poirier pareil, à droite et à gauche... du coup 6 ans d'attente...

Bon mais, et alors me direz vous? Et bien l'attente fut profitable au groupe alsacien. Le fait d'avoir pas expérimenté de son côté et d'avoir plus ou moins créer le concept de blues électro sur Meteor Show, a permis à Burger d'amener des machines dans le son de Kat Onoma. Seconde évolution, le groupe a ajouté des orchestrations nouvelles, à savoir un quatuor à cordes et aussi une chorale Gospel. Avec tout ces changements, on pourrait avoir quelques craintes, ce disque ne risque t'il pas de devenir un dessert indigérable?

La réponse, vous vous en doutez est négative. Cela dit, par moment, le disque manque peut être un peu d'unité. Mais ça doit venir du fait de mon admiration pour leur concept-album Billy the Kid (d'après les textes du poète US Jack Spicer) qui reste leur meilleur album à mon avis. Par contre au niveau du son, on tient entre ses mains leur disque le plus abouti, le travail sur la guitare est tout bonnement phénoménal, en particulier sur le titre La scie électrique. En même temps, quand on demande à Ian Caple de produire son disque, on peut fermer les yeux à l'écoute du boulot accompli pour les Tindersticks (oui passe que y'a pas que Flood dans la vie...). Burger fera d'ailleurs appel encore à lui pour mixer le premier album de Jeanne Balibar...

Eraser: human behavior

Y'a quelques temps, lorsque j'avais proposé Closer de NIN en écoute, j'avais écrit que le père Trent Reznor avait le sens de la formule en matière de parole sexuée. Cela dit, les fans des clous de 9 pouces savent parfaitement que Reznor est encore plus doué quand il choisit pour thème l'autodestruction ou plus généralement, les rapports humains.

Alors en accord avec ma santé mentale, voici donc non pas la plus connue des chansons du fameux album The downward spiral mais en tout cas, ma préférée en matière de parole, Eraser. Musicalement, c'est du classique, batterie marteau pilon, voix et guitare saturées, du rock industriel en somme. On remerciera d'ailleurs au passage l'apport de Flood sur le son, ce dernier sonne plus brut et live que chez les autres collègues adeptes du bruit industriel.

En 1995, dans la grande tradition des groupes industriels, chacun allant de son album de remix, Reznor édite Further down the spiral. Cela dit autant l'album de remix Fixed du EP culte Broken me paraissait indissociable de l'original, autant là, à part quelques remixes bien sentis comme ceux de Mr self destruct, le tout ressemble assez à un pétard mouillé... pour fan perdu en pleine subjectivité ou collectionneur selon moi.

En cadeau les paroles de Eraser, vous noterez que ça résume parfaitement l'idée du couple chez les WASP...
Need you
Dream you
Find you
Taste you
Fuck you
Use you
Scar you
Break you
Lose me
Hate me
Smash me
Erase me

Un samedi soir...

Quand certaines personnes passent leur temps à siroter du breuvage rouge en attendant que leur pote le DJ daigne passer "What's your name", d'autres rejoignent leur pote Al Bundy et vont au fameux "nibard bar"...

Comment parler de N.E.R.D. sans mentionner le duo de producteurs The Neptunes? Cherchez pas, on peut pas... Fin 90's en provenance de Virginia Beach, un certain Pharrell Williams et Chad Hugo vont apporter un peu de sang neuf dans l'industrie du rap US, avec dans leur CV des inconnus (?!) comme Ol' Dirty Bastard ou Jay-Z. Pis forcément, le succès aidant, ces derniers sont appelés à la rescousse pour s'occuper des produits formatés issus de la pop US. Encore une fois, même si les noms des têtes de gondole (Britney, Usher... sic!) donne envie de vomir, on ne peut que s'incliner devant le talent des producteurs. Car qu'on le veuille ou non, être en charge d'emballer une bonne bouse demande un talent certain...

Ca me rappelle une anecdote à propos des Stooges... Car en matière de producteur, chez la bande à Iggy, on retient surtout John Cale pour le premier et Bowie pour le troisième... Pourtant comment ne pas avoir aussi une pensée pour celui de Fun House. Faut savoir que Don Gallucci n'était pas connu avant 1970 pour avoir produit du rock garage! Au contraire, Elektra l'avait choisi en espérant qu'il puisse lisser le propos des p'tits gars de Ann Arbor... Sauf que le père Don en voyant la furie en live, a très vite compris qu'il fallait absolument retranscrire cette folie en studio... Un grand pas pour l'histoire du Rock, mais un petit pour les ventes de l'album...

Donc revenons à nos moutons. Après être devenus les producteurs les plus hype du moment (à faire pâlir un Dr. Dre ou un Timbaland), le duo s'adjoint les services de leur pote d'enfance Shay pour former N.E.R.D. (No One Ever Really Dies). Et finalement, musicalement on retrouve le même éclectisme que chez les Neptunes, sauf que là... on joue plus du tout dans la même catégorie...

En 2002 sort ainsi leur premier et meilleur album In search of... qui connut une particularité. Au départ celui-ci ne fut en effet que distribué en Europe, puis fut ré-enregristré complétement en live avec des musiciens pour une distribution mondiale. Alors que vaut cet album? Comme je le disais plus haut, les gars écoutent de tout, et ça se ressent forcément sur disque, bref c'est un formidable mix, entre la soul, le rap, le rock, pour moi un album essentiel de cette décennie (avis subjectif assumé).

Moi, disciple du grand Chuck N.

J'aurais du attendre un peu avant d'écrire un nouveau post, mais hier on a fait saigner mon petit cœur, et c'est donc avec ce cœur meurtri que je vous écrit ce billet. Mais qu'est il arrivé au docteur chômeur que je suis pour être dans un tel état?

Hier soir, quelqu'un a osé émettre des soupçons sur les qualités du loner... Alors après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps, j'ai crié vengeance! passe que comme dirait mon moustachu préféré (enfin pas tout à fait passe que j'oublie pas non plus Thomas Magnum) spécialiste du side-kick en santiags, faut pas me baver sur les rouleaux!

Bref, en ce vendredi, j'ai décidé de m'atteler à un artiste folk plus connu des critiques que du grand public, et qui devrait clouer le bec à cette personne insolente qui osa mettre en doute les qualités de la musique folk. Pour se faire, j'ai décidé de vous causer un peu du grand Nick Drake et de son fabuleux premier album Five Leaves Left sorti en 1969. La première particularité qui me vient à l'esprit chez Drake c'est sa capacité à installer des ambiances intimistes. On pourrait dans un sens le rapprocher d'un Van Morrison ou d'un Neil Young mais sans le coté bluesy du premier et country du second. Pis pour coller à la thématique des derniers posts, à l'écoute des chansons de Nick Drake, ne pas oublier ses anti-dépresseurs passe que bon, intimistes certes mais aussi bouleversantes et mélancoliques sont ses chansons. A la différence aussi d'un Neil Young, le spleen du garçon n'est pas mis en exergue par sa voix mais bien par la richesse de l'instrumentation (et forcément par sa qualité d'écriture).

En matière de richesse musicale, Nick Drake est en effet accompagné par un quatuor à cordes et par Rocky Dzidzornu (qu'on retrouvera la même année chez les Stones pour le classique Let It Bleed) aux percussions et aux congas. A lire ça, on pourrait à juste penser que le rendu risque d'être au combien indigeste et pompeux, et bien non! Bref, c'est du velours!

Retour aux fondamentaux: Suicidal Tendencies

Comme je l'avais souligné dans des posts précédents, le punk muta aux USA sous une forme appelé hardcore fin 70's début 80's, avec comme tête de file les Dead Kennedys, Fear, Black Flag, Minor Threat, etc... En 1982 à Venice sous le soleil californien, Mike Muir forme avec le guitariste Grant Estes, le bassiste Louiche Mayorga et le batteur Amery Smith, le groupe Suicidal Tendencies. Avec un nom pareil, on se doute déjà de la couleur... encore que, le nom du combo est plus provocateur qu'autre chose. Et à part leur premier album dont les paroles collent parfaitement avec leur patronyme, le reste de la discographie est loin de rimer avec un climat dépressif (attention je vous arrête tout de suite, c'est pas la seule raison qui explique que leur premier album est mon préféré...). Dans le registre, hardcore dépressif à grosse guitare, je vous conseille plutôt les premiers Life of Agony (j'y reviendrai un jour).

Le premier album éponyme des Suicidal Tendencies est un condensé de hardcore, à savoir agressif, rapide ayant pour thème l'aliénation, la dépression ou la politique avec un humour très corrosif (il est tellement noir cet humour qu'il est loin d'être discernable en fait par moment). C'est par la suite que la bande à Muir rafraîchira son propos à base de guitare metal provenant du thrash, et d'un esprit plus festif aidé par la basse funk de l'immense Robert Trujillo.

En cadeau, un extrait des paroles:

Suicide's an alternative

Sick of trying - what's the point
Sick of talking - no one listens
Sick of listening - it's all lies
Sick of thinking - just end up confused
Sick of moving - never get no where
Sick of myself - don't wanna live
Sick and tired - and no one cares
Sick of life - it sucks

Pfff, va falloir que je retrouve mes cachetons moi...

Meurs ma belle...

En ce dimanche, un peu de musique pour dépressifs, ça changera un peu...

J'avais déjà proposé un titre des anglais My Dying Bride lors de ma playlist d'adieu à HK, mais je n'avais point développé mon propos.

La fin des 80's vit l'émergence non pas d'un nouveau genre musical mais plutôt l'écriture d'un nouveau chapitre dans ce que l'on appelle les musiques sombres à connotation métallique. Parmi le metal underground, le death a le vent en poupe (en Floride et en Suède pour rappel) en cette fin de décennie. Sauf que la perfide Albion n'est point en reste, car en plus d'avoir permis l'émergence du grindcore, celle-ci va voir l'éclosion de ce que l'ont peut appeler le clan des réformateurs. Késako?

Dans les 80's, quelques groupes suivirent le sillage du Black Sabbath des 70's, une musique relativement lente, lourde et sombre, appelé doom metal. On a ainsi vu des groupes comme Trouble pour les USA (très typé 70's) ou Candlemass pour la Suède qui aura une grande importance pour la suite. En effet, ces derniers sortent en 1986 leur premier album Epicus, doomicus, metallicus qui permettra justement de faire avancer le mouvement et servir ainsi de phare à tous les dépressifs avides de grosse guitare.

Et justement, des petits jeunes issus du death metal à l'inverse de ce qui se faisait à l'époque (toujours plus rapide, toujours plus brutal en somme), décident de ralentir leur propos. On voit ainsi apparaître, un death metal toujours aussi lourd mais désormais rampant. A ce petit jeu là, on retiendra 3 noms, Paradise Lost, My Dying Bride et Anathema. Les admirateurs de John Milton furent ainsi les premiers à sortir leur 1er méfait en 1989 avec Lost Paradise, disque encore immature mais qui annonçait tout de même un sacré potentiel comme le prouva le précédent LP, l'excellent Gothic sorti en 1991. Pour la fiancée mourante, il faudra attendre 1992 pour voir sortir leur premier album, As the flower withers, disque encore imprégné de leur passé death mais qui pose déjà la marque de fabrique de ces adeptes du romantisme noir, à savoir un metal lourd, sombre, dépressif avec comme particularité d'avoir en son sein un certain Martin Powell, claviériste mais aussi violoniste!

Voici pour les présentations (vous noterez que je n'ai point développé mon propos pour Anathema, c'est voulu! ils sont devenus plus intéressants quand ils ont laissé tomber le doom...), à l'occasion j'étofferai un peu plus le pourquoi du comment prochainement.
Bon prozac.