Avant Hard: Alison avant Felt Mountain

J'avais promis de l'électro, certes, mais je n'avais point défini de quel genre, à savoir du roots de chez roots, de l'analogique!

Certaines personnes, moi le premier, sont assez irritées de constater le succès de certaines personnes qui pompent allègrement leurs aînés en misant sur l'inculture de leurs jeunes auditeurs. Ca fait pédant de dire ça? vieux con diront certains? C'est vrai, ceci dit s'inspirer de ses anciennes influences pour créer quelque chose de neuf est plus que louable, alors que si c'est pour nous servir du copier-coller, perso, j'ai du mal à avaler...

Et justement, aujourd'hui, le groupe ADD N' TO (X) va à l'encontre de cette idée (réactionnaire?). Comme je l'écrivais en préambule, ces derniers officient dans un genre qui rappelle les débuts de l'électro, à l'époque où d'ailleurs ce dernier n'avait encore point de nom, mais si l'époque du tout analogique, Robert Moog & co!

L'originalité de ADD N' TO (X) est justement de reprendre les bons vieux bidouillages de papa et donc les instruments de l'époque et d'accommoder le tout avec une vision musicale actuelle (entre le trip-hop et la dénomination fourre-tout post-rock). Le trio formé en 1994 par Barry Smith, Ann Shenton et Steven Claydon s'inspirent ainsi des expériences du rock libertaire allemand de la grande époque (Faust, Can, Neu! voire même Kraftwerk, de toute façon, difficile de faire l'impasse sur les géniteurs d'Autobahn) mais aussi bien des maîtres de la musique contemporaine comme Xenakis. Au final, on a droit à un mélange détonnant. La première fois que j'ai écouté le groupe, je fus relativement décontenancé, on frôle le kitch sans jamais y mettre la tête dedans, dans un sens, proche du côté néo-vieillot du duo Air, mais alors ce serait la version sous acide.

DJ Premier and Gifted Unlimited Rhymes Universal

Je note que mon post sur Cathedral n'a pas laissé indifférent, mouarf... promis je remettrais du metal velu prochainement...

D'ailleurs, en attendant de mettre un peu d'electro (passe que là aussi, ça fait un bail), un peu de rap, et ceux qui lisent ce blog ne seront guère étonnés, c'est encore du rap teinté de jazz.

La dernière fois je m'étais intéressé aux disciples de la Native Tongue, à savoir les cultissimes Tribe Called Quest, ceci dit à la même époque un autre groupe de NYC va faire parler de lui: le duo DJ Premier et Guru nommé Gangstarr...

Ils se forment fin 80's puis après quelques démos et autres maxis ces derniers sortent leur premier album en 89, No More Mr. Nice Guy. A noter que cette année fut assez exceptionnel dans le genre, car un autre album permis aussi d'ouvrir de nouvelle porte, le 3 Feet Highand Rising de De la Soul (en attendant le premier méfait des Tribe Called Quest People's Instinctive Travels and the Paths of Rhythm), à savoir offrir une nouvelle grammaire dans le rap. Ceci dit le premier album de Gangstarr à la différence des deux autres compères de la Native Tongue n'avait pas encore offert tout son potentiel, pour cela il faudra attendre les deux albums suivant Step In The Arena et Daily Operation sortis en 1991 et 1992. Les deux ans d'attente entre les deux premiers albums du duo furent ainsi profitables, Premier affinant ses samples jazz et Guru sa prose.

On notera qu'à partir de 94, Guru commença son projet solo Jazzmattaz où cette fois ci le MC invite désormais des jazzmen à taper le boeuf avec lui. A ce propos, les activités de Premier étant elles aussi diverses (production d'albums de KRS-One, Nas, Jay-Z, Notorious BIG...), on constate que Gangstarr deviendra au cours du temps plus un side-project pour le duo, dommage...

Cathedral: riffs de gastéropode sous sédatifs

Tiens ça faisait longtemps que j'avais pas posté de la musique de velus!

Cela dit, attention pour la furie sonore on repassera, on reste dans un registre lent de chez lent, et du lourd de chez lourd... du doom quoi!

Fin '89, Lee Dorian, officiant comme brailleur chez Napalm Death, a envie de quitter son groupe de grindcore, marre du punk extrême et de la tournure death que prends le combo. En bon fan des groupes doom cultes des 70's et 80's (Black Sabbath, Trouble, St Vitus, Pentagram, Candlemass...), ce dernier voudrait bien à son tour continuer à creuser son sillon dans le genre. Sauf qu'à l'époque dans le metal underground, il était plus facile de monter un groupe death qu'un groupe doom... C'est ainsi qu'après un concert de Carcass, Lee rencontre un roadie du groupe de Bill Steer, et autour de quelques bières décident de former Cathedral. Après avoir trouvé la perle rare, Garry "Gaz" Jennings à savoir le soliste du combo, les affaires peuvent enfin commencer...

En 1990, les membres de Cathedral sortent ainsi leur démo autoproduite intitulée In Memorium, petit chef d'oeuvre en matière de doom extrême. Une batterie binaire, une guitare rampante et un chant plaintif, voici la marque du groupe. Et comme je le signalais dans le titre de ce post (cf Manuel Rabasse), pfiou, mon Dieu que c'est lent! Sacré Lee, après avoir chanté dans l'un des groupes les plus rapides qui soit, le voici désormais dans l'un des plus lents, lol. La démo leur permettra d'obtenir par la suite un deal avec le label anglais Earache pour leur premier LP, Forest of Equilibrium (encore un classique du genre), où Gaz montre désormais son penchant pour le rock progressif des 70's; le groupe abandonnant ainsi à partir du deuxième album le doom extrême pour quelque chose de plus stoner.

Rick James: Super freak!

Vendredi dernier j'avais écrit sur une figure du label Stax, aujourd'hui en voici une autre de l'autre label soul made in Detroit, la Motown évidement...

Rick James car c'est de lui dont il s'agit, aura attendu pas mal d'années avant de connaître le succès, les excès (qui vont avec d'ailleurs) et de porter le sobriquet the king of the punk-funk. Première chose à remarquer chez ce monsieur qui porte un look capillaire reconnaissable (genre canin, cousin du cocker), c'est son CV. En effet, le petit James Ambrose Johnson Junior a déjà un oncle célèbre, Melvin Franklin. Bon moi aussi au premier coup, ça m'a pas ébranlé, mais si je vous maintenant que c'est le bassiste des Temptations, déjà...

Pis son premier groupe à défaut d'être connu, The Mynah Birds, formé à l'âge de 17 ans en 1966, connaît en son sein quelques musiciens qui se feront connaître quelques années plus tard... comme des futurs membres des Buffalo Springfield... Neil Young (!!) et Bruce Palmer ainsi que Goldy McJohn des futurs Steppenwolf (Born to be wild pour les plus jeunes).

Ensuite le groupe signa chez Motown mais malheureusement aucun disque ne parut et les bandes semblent perdues... ou cachées quelque part... Ensuite sous le nom de Terry Johnson il travailla comme compositeur/producteur toujours pour la Motown en 1968 puis forma d'autres groupes divers jusqu'à la fin de la décennie punk. En effet à partir de 77, il revient de nouveau à la Motown toujours pour le même emploi, mais cette fois ci le bassiste va entamer une carrière solo qui débute véritablement en 1978 avec la sortie de son premier LP Come Get It et son single You and I (8 minutes quand même!). A noter aussi le single Mary-Jane qui, je vous fait pas un dessin, est un hommage aux fumigènes jamaïcains... A partir de ce moment là, Rick James commence à enfiler les hits ainsi que les rails de coke... Après un album décévant, Garden of Love, on le traitera même de vendu à l'occasion, James sort sans doute son album le plus abouti, le conceptuel Street Songs, qui collectionne les morceaux de bravoure funk Give it to me baby, Ghetto Life, la ballade Fire and Desire et surtout son titre le plus connu, samplé par MC Hammer (remember U can't touch this) ou par Jay-Z, l'énooooooorme Super Freak.

James collectionna encore quelques succès dans les charts durant les 80's mais ses problèmes addictifs auront raisons de lui à la fin de cette décennie, et fera ainsi plus les choux gras de la presse à scandale qu'autre chose... Encore une icône du funk brulée par les excès... Après deux années à Folsom (mais sans Johnny Cash), James sortira finalement un album solo en 1997, Urban Rapsody. L'homme mourut en 2004 dû à des problèmes pulmonaire et cardiaque (en général ça va de paire...).


Pochette de Street Songs ou Rick qui fait le trottoir (sympa les bottes!)

Bad Brains; Rastafari punk from DC

En général, si vous demandez à un connaisseur, Le groupe de hardcore en provenance de Washington DC, on vous répondra assurément le groupe culte de Ian McKaye, Minor Threat. Cela dit, faudrait pas non plus oublier un autre groupe issu de DC, qui ne fut pas à l'origine du mouvement straight-edge, mais du croisement entre la rage punk et de l'engagement politique issu du reggae. Alors oui, cette différence n'a pas eu lieu d'exister en UK, les scènes reggae et punk chez la perfide Albion ont toujours été plus ou moins liées (le meilleur exemple reste les Clash). Mais aux USA, tout restait à faire...

C'est ainsi qu'un guitariste de formation jazz fusion Dr Know décida de fonder un groupe où le hardcore et le reggae s'acoquineraient en 1979. Arrivent ainsi dans la formation le chanteur HR, le bassiste Darryl Aaron Jenifer et le batteur Earl Hudson. Après s'être fait une bonne réputation parmi la scène locale, le groupe devra attendre 3 années pour sortir plusieurs EP's et un album éponyme qui ne sorti que sur cassette. A vrai dire sur les deux premiers albums du combo, le mix entre les différentes composantes n'est pas encore optimal, les albums sont composés de brûlots punk, faisant la nique à n'importe quel groupe de petits blancs becs, et de morceaux dub/reggae excellemment inspirés. Il faudra attendre le troisième album et cultissime I against I pour que l'assimilation soit complète. Malheureusement les divisions au sein du quartet vont commencer à se sentir, Dr Know et Jenifer voulant continuer dans le virage grosse guitare alors que les deux autres étaient plus pour un retour au reggae. Leur dernier album sera ainsi Quickness qui montre une approche plus funk metal dans le sillage du groupe de Vernon Reid Living Color. Au final, bon album, plaisant, mais l'époque bénite est derrière eux... Les deux réfractaires quitteront ainsi le groupe, Dr Know et Jenifer trouveront d'autres remplaçants, mais plus rien d'intéressant...

Sauf que depuis quelques mois, une info a circulé, le retour du combo originel pour un nouvel album produit par l'un des Beastie Boys, Adam Yauch, Build a Nation qui sortira le 26 juin prochain... Alors on croise les doigts...

Black Moses of Soul

Honte sur moi, qu'on me conspue, qu'on me griffe, qu'on me fouette (par contre pour les crachats, chui pas cho je vous préviens), c'est la première fois que j'écris un post sur Isaac Hayes. D'ailleurs les prochains posts seront consacrés aussi à d'autres musiciens afro-américains...

N'empêche est ce moi, mais j'ai l'impression que l'influence de ce grand monsieur est totalement occulté! Dans le meilleurs des cas, on se souvient qu'il a composé la bande originale du film Shaft, et sinon...bah rien...ça me rend trop zaraf! Pourtant, en lisant le CV du bonhomme on reste sur les fesses. Né en 42 puis élevé par ses grands-parents, le gars apprendra tout seul comme un grand à jouer du piano, de l'orgue et du saxophone! Après avoir joué dans différents groupes et avoir été musicien de studio pour un certain Otis Redding par exemple, mr Hayes fit le bonheur du label Stax. Accompagné de David Porter, ces derniers prénommé the Soul Children vont écrire pour le label pas moins de 200 chansons! dont des énormes tubes comme Soul Man pour Sam & Dave.

A partir de 67, Isaac commence sa carrière solo en publiant le bien nommé Presenting Isaac Hayes, qui annonce déjà la patte du monsieur, à savoir un savoureux mélange de jazz, de soul et de blues. Mais il faudra attendre l'album suivant Hot Buttered Soul sorti deux ans plus tard pour connaitre le succès. Et pourtant sur la papier, ceci est loin d'être évident, l'album ne contenant que 4 longs titres. L'expérience du premier album a permis de perfectionner le propos, derrière le canevas de chanson pop, mr Hayes brode de longues plages instrumentales pleine de groove, de cuivre et de cordes, sans oublier la voix du monsieur (quand je pense aux atrophiés du bulbe qui se pâment devant un Barry White...).

C'est ainsi que mr Hayes sorti bon nombre d'albums intemporels durant la première partie des 70's, avec la même recette, certes, mais que des classiques qui furent gentillement samplés par la prochaine génération (l'album To be continued le fut totalement par Massive Attack) sans compter aussi l'nfluence qu'il a pu avoir sur le phrasé rap... Comme je le soulignais plus haut, mr Hayes composa la bande originale du film Shaft en 1971 et gagna un oscar pour la meilleure BO par ailleurs. On oubliera pas non plus sa prestation lors du fameux festival Wattstax le 20 aout 1972 pour commémorer le 7ème anniversaire des émeutes à Watts. La photo du haut est d'ailleurs issue de ce concert, où l'on voit que Isaac porte finalement mieux les chaînes que le cuir ou la dentelle... Pis en prime l'affiche du documentaire sorti l'année suivante.

The World Is Saved - Stina Nordenstam

En matière de chanteuse, je suis loin d'être un fan des brameuses, la technique vocale est loin d'être une priorité selon moi. La preuve, ma chanteuse préférée de jazz (voire tout style confondu, encore que, j'oublie pas l'ange de la mort, Nico) reste et restera la sublime Billie Holiday. Et chez elle, tout passait par l'émotion, la souffrance dans son cas, il est vrai... Finalement, y'en a pour tout le monde, la puissance d'Ella Fitzgerald, la technique parfaite de Sarah Vaughan ou Billie... Dès lors, pas étonnant que je recherche des demoiselles qui soient dans le registre vocale de l'interprète immortelle de Strange Fruit.

Alors aujourd'hui, petit post consacré à une chanteuse suédoise qui mériterait un peu plus de reconnaissance (donc là vous avez compris que je parlerais pas de Lisa Ekdahl), Stina Nordenstam. Depuis le début des années 90, celle demoiselle brouille les pistes, à savoir créer son propre univers musical où se rencontre la pop, le jazz avant-gardiste, le trip-hop et la folk. En 1994 Stina commence à faire parler d'elle avec And She Closed Her Eyes enregistré sous la houlette du trompettiste Jon Hassel. Vue la nationalité de mademoiselle Nordenstam, il serait cliché de définir ses chansons comme froides, et pourtant... ceci dit, rien à voir avec l'interprète de Mütterlein, univers froid, certes, mais surtout intimiste aidé par cette voix mutine. En 1998 Stina décide de sortir un album de reprises, qui vont de Leonard Cohen, the Doors à Prince. Et justement, sa reprise de Purple Rain est tout simplement bluffante, tout en retenu, épurée à l'extrême, très loin de l'exubérante version originale du nain pourpre.

Son dernier album en date, The World Is Saved, sorti en 2004 nous montre son visage le plus abordable. Et pourtant, il s'agit à mon avis de son meilleur opus (comme quoi). Chaque titre ressemble à un conte chanté par la fée Stina. A la différence des albums précédents, Stina a gardé son univers mélancolique mais a poli les angles cette fois-ci, rendant l'objet plus facile d'accès à travers des mélodies plus pop, cachant à l'auditeur l'aspect complexe et sombre du propos. Seul regret, Stina ne s'est jamais produit en concert...

The end of a love affair
The world is born again
If things doesn't look the same
It's cause they constantly change

Boys next door's party

Comme je l'avais souligné dans un post précédent (en Octobre, y'a prescription...), avant de se faire connaître au sein de The Birthday Party, Nick Cave fit parti du groupe Boys Next Door. Finalement, entre les deux patronymes, il y eut peu de changement puisqu'en fait c'est le même groupe, avec les mêmes zicos (enfin au départ), le changement de nom intervient simplement quand ils décidèrent de quitter l'Australie pour le vieux continent.

En 1980 sort ainsi le premier album éponyme de the Birthday Party (ou le dernier de Boys Next Door, au choix). Au final, en plus de la prestation totalement allumé de Cave (à chaque fois qu'on lui demande des anecdotes de cette période, Nick botte toujours en touche, prétextant qu'il était toujours défoncé et qu'il ne se souvient donc de rien, info/intox?), on retiendra aussi les musiciens, les guitaristes Mick Harvey (futur Bad Seeds) et Rowland S. Howard, le bassiste Tracey Pew et le batteur Phillip Calvert, qui bien qu'étant aussi frappés que leur frontman font preuve d'une forte cohésion musicale.

Il faut dire que les cendres du punk ont permis à bon nombre de groupes d'émerger et développer encore un peu plus leur propre schizophrénie musical. Les australiens sont ainsi difficilement cataloguable, ces derniers nous offrent un cocktail poisseux où le blues, le rockabilly, le free jazz et le punk forniqueraient ensemble le tout dans le dernier des bastringues connus.

Preuve en est, la dernière chanson du premier album de the Birthday Party, Happy Birthday. Attention, on est loin de la chanson mielleuse et casse bonbon qu'on doit supporter d'un sourire crispé lors de toute bonne vieille fête de famille qui se respecte. Je vous rappelle qu'il s'agit d'un groupe de méchants garçons! Donc chanson à conseiller pour tout anniversaire, mais dédicacée avant tout à tous les frappés, les hystériques, en résumé les inadaptés.
Bref, j'adoooooooore.

Kat Onoma: sensualité fantômatique

Après quelques jours (semaines?) de déprime plus ou moins intense, une petite chanson qui à défaut d'être joyeuse (faut pas trop m'en demander quand même), éveille les sens (en tout cas les miens...), une véritable ode à la sensualité, recommandée comme fond sonore lors de jeux érotiques...

Dire qu'il aura fallu attendre 6 ans pour attendre un nouvel album de Kat Onoma, après l'excellent Far from the pictures... Cela dit le chanteur Rodolphe Burger fut pas mal occupé avec ses projets parallèles (disque solo Meteor Show avec au manettes Doctor L, collaboration avec un autre alsacien pour un mémorable Samuel Hall, premier disque avec Olivier Cadot On n'est pas des indiens, c'est dommage, a travaillé avec Françoise Hardy, etc... bref il a pas chômé...) et pour le guitariste Philippe Poirier pareil, à droite et à gauche... du coup 6 ans d'attente...

Bon mais, et alors me direz vous? Et bien l'attente fut profitable au groupe alsacien. Le fait d'avoir pas expérimenté de son côté et d'avoir plus ou moins créer le concept de blues électro sur Meteor Show, a permis à Burger d'amener des machines dans le son de Kat Onoma. Seconde évolution, le groupe a ajouté des orchestrations nouvelles, à savoir un quatuor à cordes et aussi une chorale Gospel. Avec tout ces changements, on pourrait avoir quelques craintes, ce disque ne risque t'il pas de devenir un dessert indigérable?

La réponse, vous vous en doutez est négative. Cela dit, par moment, le disque manque peut être un peu d'unité. Mais ça doit venir du fait de mon admiration pour leur concept-album Billy the Kid (d'après les textes du poète US Jack Spicer) qui reste leur meilleur album à mon avis. Par contre au niveau du son, on tient entre ses mains leur disque le plus abouti, le travail sur la guitare est tout bonnement phénoménal, en particulier sur le titre La scie électrique. En même temps, quand on demande à Ian Caple de produire son disque, on peut fermer les yeux à l'écoute du boulot accompli pour les Tindersticks (oui passe que y'a pas que Flood dans la vie...). Burger fera d'ailleurs appel encore à lui pour mixer le premier album de Jeanne Balibar...

Eraser: human behavior

Y'a quelques temps, lorsque j'avais proposé Closer de NIN en écoute, j'avais écrit que le père Trent Reznor avait le sens de la formule en matière de parole sexuée. Cela dit, les fans des clous de 9 pouces savent parfaitement que Reznor est encore plus doué quand il choisit pour thème l'autodestruction ou plus généralement, les rapports humains.

Alors en accord avec ma santé mentale, voici donc non pas la plus connue des chansons du fameux album The downward spiral mais en tout cas, ma préférée en matière de parole, Eraser. Musicalement, c'est du classique, batterie marteau pilon, voix et guitare saturées, du rock industriel en somme. On remerciera d'ailleurs au passage l'apport de Flood sur le son, ce dernier sonne plus brut et live que chez les autres collègues adeptes du bruit industriel.

En 1995, dans la grande tradition des groupes industriels, chacun allant de son album de remix, Reznor édite Further down the spiral. Cela dit autant l'album de remix Fixed du EP culte Broken me paraissait indissociable de l'original, autant là, à part quelques remixes bien sentis comme ceux de Mr self destruct, le tout ressemble assez à un pétard mouillé... pour fan perdu en pleine subjectivité ou collectionneur selon moi.

En cadeau les paroles de Eraser, vous noterez que ça résume parfaitement l'idée du couple chez les WASP...
Need you
Dream you
Find you
Taste you
Fuck you
Use you
Scar you
Break you
Lose me
Hate me
Smash me
Erase me

Un samedi soir...

Quand certaines personnes passent leur temps à siroter du breuvage rouge en attendant que leur pote le DJ daigne passer "What's your name", d'autres rejoignent leur pote Al Bundy et vont au fameux "nibard bar"...

Comment parler de N.E.R.D. sans mentionner le duo de producteurs The Neptunes? Cherchez pas, on peut pas... Fin 90's en provenance de Virginia Beach, un certain Pharrell Williams et Chad Hugo vont apporter un peu de sang neuf dans l'industrie du rap US, avec dans leur CV des inconnus (?!) comme Ol' Dirty Bastard ou Jay-Z. Pis forcément, le succès aidant, ces derniers sont appelés à la rescousse pour s'occuper des produits formatés issus de la pop US. Encore une fois, même si les noms des têtes de gondole (Britney, Usher... sic!) donne envie de vomir, on ne peut que s'incliner devant le talent des producteurs. Car qu'on le veuille ou non, être en charge d'emballer une bonne bouse demande un talent certain...

Ca me rappelle une anecdote à propos des Stooges... Car en matière de producteur, chez la bande à Iggy, on retient surtout John Cale pour le premier et Bowie pour le troisième... Pourtant comment ne pas avoir aussi une pensée pour celui de Fun House. Faut savoir que Don Gallucci n'était pas connu avant 1970 pour avoir produit du rock garage! Au contraire, Elektra l'avait choisi en espérant qu'il puisse lisser le propos des p'tits gars de Ann Arbor... Sauf que le père Don en voyant la furie en live, a très vite compris qu'il fallait absolument retranscrire cette folie en studio... Un grand pas pour l'histoire du Rock, mais un petit pour les ventes de l'album...

Donc revenons à nos moutons. Après être devenus les producteurs les plus hype du moment (à faire pâlir un Dr. Dre ou un Timbaland), le duo s'adjoint les services de leur pote d'enfance Shay pour former N.E.R.D. (No One Ever Really Dies). Et finalement, musicalement on retrouve le même éclectisme que chez les Neptunes, sauf que là... on joue plus du tout dans la même catégorie...

En 2002 sort ainsi leur premier et meilleur album In search of... qui connut une particularité. Au départ celui-ci ne fut en effet que distribué en Europe, puis fut ré-enregristré complétement en live avec des musiciens pour une distribution mondiale. Alors que vaut cet album? Comme je le disais plus haut, les gars écoutent de tout, et ça se ressent forcément sur disque, bref c'est un formidable mix, entre la soul, le rap, le rock, pour moi un album essentiel de cette décennie (avis subjectif assumé).

Moi, disciple du grand Chuck N.

J'aurais du attendre un peu avant d'écrire un nouveau post, mais hier on a fait saigner mon petit cœur, et c'est donc avec ce cœur meurtri que je vous écrit ce billet. Mais qu'est il arrivé au docteur chômeur que je suis pour être dans un tel état?

Hier soir, quelqu'un a osé émettre des soupçons sur les qualités du loner... Alors après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps, j'ai crié vengeance! passe que comme dirait mon moustachu préféré (enfin pas tout à fait passe que j'oublie pas non plus Thomas Magnum) spécialiste du side-kick en santiags, faut pas me baver sur les rouleaux!

Bref, en ce vendredi, j'ai décidé de m'atteler à un artiste folk plus connu des critiques que du grand public, et qui devrait clouer le bec à cette personne insolente qui osa mettre en doute les qualités de la musique folk. Pour se faire, j'ai décidé de vous causer un peu du grand Nick Drake et de son fabuleux premier album Five Leaves Left sorti en 1969. La première particularité qui me vient à l'esprit chez Drake c'est sa capacité à installer des ambiances intimistes. On pourrait dans un sens le rapprocher d'un Van Morrison ou d'un Neil Young mais sans le coté bluesy du premier et country du second. Pis pour coller à la thématique des derniers posts, à l'écoute des chansons de Nick Drake, ne pas oublier ses anti-dépresseurs passe que bon, intimistes certes mais aussi bouleversantes et mélancoliques sont ses chansons. A la différence aussi d'un Neil Young, le spleen du garçon n'est pas mis en exergue par sa voix mais bien par la richesse de l'instrumentation (et forcément par sa qualité d'écriture).

En matière de richesse musicale, Nick Drake est en effet accompagné par un quatuor à cordes et par Rocky Dzidzornu (qu'on retrouvera la même année chez les Stones pour le classique Let It Bleed) aux percussions et aux congas. A lire ça, on pourrait à juste penser que le rendu risque d'être au combien indigeste et pompeux, et bien non! Bref, c'est du velours!

Retour aux fondamentaux: Suicidal Tendencies

Comme je l'avais souligné dans des posts précédents, le punk muta aux USA sous une forme appelé hardcore fin 70's début 80's, avec comme tête de file les Dead Kennedys, Fear, Black Flag, Minor Threat, etc... En 1982 à Venice sous le soleil californien, Mike Muir forme avec le guitariste Grant Estes, le bassiste Louiche Mayorga et le batteur Amery Smith, le groupe Suicidal Tendencies. Avec un nom pareil, on se doute déjà de la couleur... encore que, le nom du combo est plus provocateur qu'autre chose. Et à part leur premier album dont les paroles collent parfaitement avec leur patronyme, le reste de la discographie est loin de rimer avec un climat dépressif (attention je vous arrête tout de suite, c'est pas la seule raison qui explique que leur premier album est mon préféré...). Dans le registre, hardcore dépressif à grosse guitare, je vous conseille plutôt les premiers Life of Agony (j'y reviendrai un jour).

Le premier album éponyme des Suicidal Tendencies est un condensé de hardcore, à savoir agressif, rapide ayant pour thème l'aliénation, la dépression ou la politique avec un humour très corrosif (il est tellement noir cet humour qu'il est loin d'être discernable en fait par moment). C'est par la suite que la bande à Muir rafraîchira son propos à base de guitare metal provenant du thrash, et d'un esprit plus festif aidé par la basse funk de l'immense Robert Trujillo.

En cadeau, un extrait des paroles:

Suicide's an alternative

Sick of trying - what's the point
Sick of talking - no one listens
Sick of listening - it's all lies
Sick of thinking - just end up confused
Sick of moving - never get no where
Sick of myself - don't wanna live
Sick and tired - and no one cares
Sick of life - it sucks

Pfff, va falloir que je retrouve mes cachetons moi...

Meurs ma belle...

En ce dimanche, un peu de musique pour dépressifs, ça changera un peu...

J'avais déjà proposé un titre des anglais My Dying Bride lors de ma playlist d'adieu à HK, mais je n'avais point développé mon propos.

La fin des 80's vit l'émergence non pas d'un nouveau genre musical mais plutôt l'écriture d'un nouveau chapitre dans ce que l'on appelle les musiques sombres à connotation métallique. Parmi le metal underground, le death a le vent en poupe (en Floride et en Suède pour rappel) en cette fin de décennie. Sauf que la perfide Albion n'est point en reste, car en plus d'avoir permis l'émergence du grindcore, celle-ci va voir l'éclosion de ce que l'ont peut appeler le clan des réformateurs. Késako?

Dans les 80's, quelques groupes suivirent le sillage du Black Sabbath des 70's, une musique relativement lente, lourde et sombre, appelé doom metal. On a ainsi vu des groupes comme Trouble pour les USA (très typé 70's) ou Candlemass pour la Suède qui aura une grande importance pour la suite. En effet, ces derniers sortent en 1986 leur premier album Epicus, doomicus, metallicus qui permettra justement de faire avancer le mouvement et servir ainsi de phare à tous les dépressifs avides de grosse guitare.

Et justement, des petits jeunes issus du death metal à l'inverse de ce qui se faisait à l'époque (toujours plus rapide, toujours plus brutal en somme), décident de ralentir leur propos. On voit ainsi apparaître, un death metal toujours aussi lourd mais désormais rampant. A ce petit jeu là, on retiendra 3 noms, Paradise Lost, My Dying Bride et Anathema. Les admirateurs de John Milton furent ainsi les premiers à sortir leur 1er méfait en 1989 avec Lost Paradise, disque encore immature mais qui annonçait tout de même un sacré potentiel comme le prouva le précédent LP, l'excellent Gothic sorti en 1991. Pour la fiancée mourante, il faudra attendre 1992 pour voir sortir leur premier album, As the flower withers, disque encore imprégné de leur passé death mais qui pose déjà la marque de fabrique de ces adeptes du romantisme noir, à savoir un metal lourd, sombre, dépressif avec comme particularité d'avoir en son sein un certain Martin Powell, claviériste mais aussi violoniste!

Voici pour les présentations (vous noterez que je n'ai point développé mon propos pour Anathema, c'est voulu! ils sont devenus plus intéressants quand ils ont laissé tomber le doom...), à l'occasion j'étofferai un peu plus le pourquoi du comment prochainement.
Bon prozac.

Parliament: Attache moi!

Est ce parce que la chaleur a enfin pointé le bout de son nez dans la Somme ou parce que ces derniers temps on aurait tendance à stimuler mes penchants SM...toujours est il que le thème d'aujourd'hui aura pour sujet ... les menottes...raaaaaaaaaah!! Certes l'utilisation de ces petits ustensiles ont en premier lieu un autre but... mais bon...

Et justement l'autre groupe du dr Funkenstein a écrit une petite ritournelle à ce sujet... En 1976, George Clinton et sa bande de doux dingues sortent leur album ultime, Mothership Connection, avec excusez du peu, deux anciens souffleurs du James Brown band, monsieur Maceo Parker et Fred Wesley. Du coup, épaulé par la basse de Bootsy Collins et le piano de Bernie Worrell, Clinton enchaine les perles en ouvrant l'album avec P-Funk (Wants to Get Funked Up), une formidable merveille funk, un classique qui sera comme toute l'oeuvre de Clinton, samplée par la future génération hip-hop à venir (encore que chez Digital Underground on est plus proche d'une forme de continuité du P-Funk que d'un simple pillage en bonne édu-forme à mon avis).

Mais bon, comme le sujet c'est "attache moi (au radiateur, aux barreaux du lit, etc...)", je vous propose donc leur chanson simplement intitulée, Handcuffs, (menottes en anglais, pour les mous du bulbe). Et en guise d'apéritif, voici quelques paroles du dit titre:

"Do I have to put my handcuffs on you mama?
You're a sweet fine sexy woman and you're good to a man..."

Pas de besoin de traduction il me semble... La prochaine fois je vous parlerai de fouet et autres choses...

Massive Attack: fiou....FSO!

Les fans de Lafesse comprendrons la portée philosophique de cette accroche.

En zieutant hier d'un oeil distrait le weather report (oui premièrement, je fais mon Jean-Claude et deuxièmement je suis pas vache je vous fait partager des aspects intimes de ma vie trépidante...), j'ai noté qu'une vague de chaleur pourrait traverser la Somme cette semaine (ouah! si ça c'est pas de l'info!). Bref pour les adorateurs du soleil, des mélanomes ou plus simplement ceux (ou celles...) qui ont chaud pour oui ou pour un non, ce post t'est dédicacé! Encore que le titre choisi en ce lundi est loin d'être une ode à la chaleur, Heat miser de Massive Attack...

Après avoir bouleversé la décennie 90's en 1991 avec leur premier album, Blue Lines, le trio composé de Muschroom, 3D et de Daddy G prennent leur temps pour sortir leur second album. Trois années passent et le 6 Septembre 1994, Protection le nouvel album sort enfin. Alors quoi de neuf de la part du collectif de Bristol? On a toujours droit au savant mélange de rap, de soul, de reggae et de house. Cependant autant sur Blue Lines l'influence du jazz se voulait plus présente, comme le célèbre sample de Stratus de Billy Cobham sur Safe from harm, cette fois ci le trio a décidé d'étoffer un peu plus son propos en rajoutant des influences classiques.

Le trio a gagné aussi en maturité tant qu'à l'utilisation des samples, défaut qu'on pouvait reprocher au premier LP (j'essaie vraiment de chercher la p'tite bête cela dit tant Blue Lines est quasi parfait à mes yeux). Et comme le prouvera aussi leur troisième méfait, Mezzanine, l'ambiance des albums devient désormais de plus en plus sombre. Protection sera aussi la dernière collaboration du sale gosse Tricky qui sortira un autre chef d'œuvre du genre, le fabuleux Maxinquaye l'année suivante en 1995.

Si je griffe, qui suis-je?

Même si certaines filles ont un tempérament de griffeuse, en général, dans ces cas là, on pense en premier au parasite qui squatte le canapé, la turbine qui fait qu'à ronronner, ou celui qui va s'étaler sur la feuille où vous êtes justement en train d'écrire, bref... le chat (appelé affectueusement le "sac à puces").

Donc après cette introduction, une fois de plus dispensable, une petite histoire tournant autour du Felis silvestris catus (pour les zoologues qui liraient ce blog ou les érudits en latin...). Au niveau des chansons plus ou moins cultes ayant pour titre un matou, à défaut d'être la plus connue de tous (passque bon, Tom Jones merci bien...), en tout cas, voici une chanson bien barrée, pour un groupe qui ne l'est pas moins, Primus.

Alors quid de ce groupe? Le trio s'articule autour du virtuose de la basse Les Claypool et du guitariste Larry Lalonde (ex-Possessed, un des premiers groupes death de l'histoire) et du batteur Tim "Herb" Alexander. Voici pour les présentations, mais alors qu'attendre de ces gus? Et bien imaginez un groupe de funk qui aurait trop écouté de punk, de metal et surtout une énorme rasade de Frank Zappa (décidément il est partout celui-là?!) pour l'esprit déconneur.
En 1991 sort leur troisième album Sailing the Seas of Cheese (avec un titre pareil, on peut déjà émettre des réserves sur la santé mentale des garçons), considéré à juste titre comme leur meilleur. Parmi les invités, on notera la présence du talentueux Tom Waits pour un Tommy the Cat dantesque.

Beastie Boys: Confirmer, décevoir ou surprendre

A la lecture du titre du post, voici finalement les choix qui s'offrent à un artiste ou à un groupe lors de la sortie de leur deuxième disque.

Mais avant d'étoffer mon propos, petit retour en arrière... Aujourd'hui, je savais qu'en surfant sur mes sites web habituels, je trouverais l'inspiration. Et bien, ça n'a pas manqué, en zieutant d'un oeil discret le blog rock et branchouille de Libé (dans mon cas, on peut résumer ça par un acte de masochisme assumé...). Alors de quoi ça causait? A vrai dire le sujet ne me touchait en aucune manière, l'avis du gars sur la prestation scénique du groupe de brit-pop Kaiser Chiefs. Sauf que parmi mes relations bloggesques, je connais une demoiselle qui a assisté au concert de ces derniers à Lille, samedi dernier. Et son avis va à l'opposé de l'article proposé... Ainsi ce qui devait rester anecdotique, s'avéra une source d'inspiration pour moi.

Et c'est vrai que le cap du second album sans tomber dans les clichés (par exemple, le premier album celui de la révélation, le deuxième, celui de la confirmation et le troisième celui de la maturité... donc si on suit ce fumeux raisonnement, au quatrième, on vire au pourri?), peut facilement virer au casse-gueule. Cela dit, vient un second problème dans mon escarcelle, quel exemple choisir maintenant (c'est bien gentil de jouer au malin, mais maintenant faut trouver quelqu'un!).

Alors j'ai décidé de prendre comme exemple celui de la surprise, l'artiste qui prend à contre sens tout le monde, la critique et le public; et celui des Beastie Boys convient parfaitement. En effet, en 1986, les sales gosses cassent la baraque avec leur album License to ill, concentré de parodies et autres provocations. Car même si pas mal de monde leur tombe sur la couane, il s'en vendra énormément, ce fut d'ailleurs le premier gros succès en matière de rap aux States. Alors avec déjà un tel pedigree, personne ne s'attendait à un tel deuxième album, le bien nommé Paul's boutique, produit par les Dust Brothers. Fini le mélange primaire rap potache et grosse guitare, la bande à Mike D décide de raffiner son propos (musicalement), ce qui en déboussolera plus d'un, autant le public que la critique! L'une des raisons vient du fait que le groupe joua les précurseurs, et osa un mélange détonnant annonçant ainsi le devenir de la pop des 90's (Beck peut les remercier à mon avis).

Talk Talk: halte aux idées reçues

Cette fois ci encore, je vais tenter de réhabiliter une décennie que j'aime non pas conspuer mais critiquer, celle de mon enfance, bref rien de nouveau dans ce blog, les eighties...

Mais en plus de montrer encore une fois qu'il y eut du bon durant cette décennie, je vais aussi tenter un nouvel éclairage d'un groupe qui fut trop longtemps rattaché à un tube, Such a shame. Pour les étourdis ou les mous du bulbe de ma génération je vous rappelle que cette bluette efficace fut choisie pour les besoins d'une publicité ventant les mérites d'une voiture (bon comme y'a prescription, c'était la 205). Spot qui fut réalisé si mes souvenirs sont exacts par Gégé Pires, soit bien avant Taxi... D'ailleurs, cette pub synthétisait aussi parfaitement les années "fric et flambe", les 80's donc... Pis bon, le plan final avec la nana dans l'avion qui regarde à travers le hublot son marlou en train d'écrire avec sa tuture (vive les dérapages) "garce", top classe. Pour finir ce paragraphe dans la lignée d'un Culture Pub, cette réclame fut aussi diffusée dans plusieurs pays puisqu'il y eut plusieurs versions pour le plan final. D'ailleurs, pour le coup, les anglo-saxons eurent droit à un "Bitch" du plus bel effet...

Pour la musique, comme je l'ai écris plus haut on avait droit à la chanson de Talk Talk Such a shame, très gros tube de 1984. Ceci dit, résumer Talk Talk à cette chanson serait une gageure. En effet, après ce succès, le combo eut l'intelligence de vouloir évoluer, de ne pas se répéter et de s'éloigner ainsi de cette new wave. Et ma foi, il est vrai qu'en écoutant l'album Spirit of Eden sorti en 1988, difficile de croire qu'il s'agit du même groupe! Certes, la voix de Mark Hollis sert toujours de repère, sauf que le groupe a totalement changé la donne.

Alors quid? Talk Talk vire le côté artificiel propre à la new wave et aborde une approche plus organique, le groupe joue live en somme. Et puis autre révolution, le combo met au placard la démarche pop, pour résumer la recherche de la mélodie ne représente plus leur Saint Graal. cette fois ci, on recherche une atmosphère, d'où l'influence du jazz et des musiques dites avant-gardistes sur les arrangements. On pourra rapprocher cette façon d'écrire d'un Radiohead ou un Sigor Ros pour le côté éthéré. Et puis comme pour ces groupes, Talk Talk a en son sein un chanteur unique et habité, monsieur Mark Hollis, qui après l'arrêt du combo publiera un album solo en 1998 dans la continuité des dernières recherches musicales de Talk Talk.

Spirit of Eden ou un indispensable du post-rock selon moi.

I'm back

Pour fêter l'ascension au pouvoir de Kärcher 1er, voici donc le retour du blog. En passant, en lisant un peu les quelques blogs qui se sont émoustillés pour cette mascarade, je note encore une fois que certains électeurs de gauche tirent à bouler rouge sur ceux qui ont voté blanc (ou pas du tout) ... Bah vi, si Marie-Ségolène n'est pas passée c'est à cause d'eux, salauds! On croit rêver... Bon passons ces peccadilles...


Quand j'avais débuté ce blog j'avais posté en premier une chanson des Stooges (datant du temps béni, pas The weirdness) de 1970. Cette fois ci, encore un morceau qui fut composé à l'époque de Funhouse, mais n'apparut officiellement que lors de la parution des fameuses sessions complètes du dit album en 2000. On pourrait croire à priori que le morceau Lost In the future est d'un intérêt limité, or que nenni. S'il n'apparait pas dans Funhouse c'est surtout parce qu'il n'aurait pas collé avec le reste de l'album, mais en aucun cas du fait de ses qualités, au contraire!
Par contre je note quand même que j'ai toujours pas écrit un post sur l'autre grand groupe américain made in Detroit, les protégés de John Sinclair, le MC5 bien sur, la honte... A charge de revanche! "Kick out the jams motherfuckers!"