Dans la débordante et démesurée filmographie de Jesús Franco, le début des années 1980 marque sinon un tournant, du moins une évolution notable dans ses productions : son retour sur ses terres natales. Après des années d'exil qui le vire principalement tourner à l'étranger pour trois compagnies durant la décennie précédente : le Comptoir Français de Robert de Nesle, Elite Film du suisse Erwin C. Dietrich, et enfin de manière épisodique, la fameuse Eurociné [1] de Marius Lesoeur, le madrilène retrouve une Espagne libérée du poids (de la censure) franquiste. Un terrain de jeu idéal pour ses diverses déviances cinématographiques, qui lui fait croiser de nouveau l'acteur Antonio Mayans, figure incontournable de l'univers francien des années à venir, après l'adaptation de La nuit des assassins (La noche de los asesinos) d’Edgar Allan Poe en 1973.
Or un come-back peut en cacher un autre, comprendre une nouvelle relecture d'une de ses œuvres fondatrices : Vampyros Lesbos. Abandonnant les rives du Bosphore pour les paysages insolites des Canaries, Franco profite de ce Macumba Sexual pour nous rappeler qu'il reste avant tout un des grands chantres du cinéma hallucinatoire.
Alice Brooks (Lina Romay) et son compagnon (Antonio Mayans) passent leurs vacances à Gran Canaria. Celle-ci reçoit un coup de téléphone de son patron Mortimer. Une certaine Princesse Obongo (Ajita Wilson) souhaite acquérir une propriété à Atlantic City. Il lui demande d’aller la rencontrer, cette dernière, vivant sur une île voisine. Mais Alice est très perturbée par cette requête. Depuis son arrivée, des cauchemars, mettant en scène une dénommée Tara Obongo, la hantent…
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