Cronico Ristretto : Breeding of Mind - O'Donel Levy (1972)

Présenté précédemment lors du premier volet des Funky front covers, les premiers habitués se souviendront peut-être de l'album Everything I Do Gonna Be Funky, du moins de sa pochette et de sa non moins mémorable paire des fesses couvées par de chaleureuses mains protectrices. Deux années auparavant, l'auteur de cet attentat fessier signait Breeding of Mind, qui à défaut d'émoustiller le regard, flattait les oreilles des amateurs de jazz funky.

Contrairement au disque précité, la pochette de cet album se veut sobre, ce qui ne l'empêche pas d'être terriblement groovy et chaleureux. Pour se faire O'Donel travailla avec le talentueux arrangeur Manny Albam (qui a sur son CV tout de même des collaborations avec Stan Getz, Count Basie ou Dizzy Gillespie). En suivant le canevas du jazz funky (très populaire à cette époque), ces derniers s'inspirèrent de diverses influences dont la pop baroque, mais également une production soul qui n'est pas sans rappeler les disques enregistrés par le label CTI.

Degradation Trip - Jerry Cantrell : post Alice in Chains year zero

Deux mois après la mort de Layne Staley, son ancien camarade de jeu d'Alice in Chains, Jerry Cantrell, sortait son deuxième effort solo. Or bien que l'album fut écrit avant le décès de Layne, en connaissant un peu le dossier AiC, il est vrai que plus grand monde se faisait d'illusion sur une quelconque « reformation » du groupe de Seattle. Dès lors pour l'admirateur d'un Would ? ou d'un Grind, à défaut d'être considéré comme une nouvelle véritable offrande, ce nouvel LP du compositeur principal d'AiC pouvait décemment faire office de madeleine.

Premier point au crédit de Degradation Trip, et contrairement à son précédent effort solo, Boggy Depot, Jerry s'entoure d'un véritable groupe avec des musiciens qui ont fait leur preuve à savoir Mike Bordin (ex-Faith No More) et Robert Trujillo (ex-Suicidal Tendencies, ex-Infectious Grooves et futur Metallica). Mais qu'en est-il du songwriting ?

Deuxième bon point à l'écoute du disque, Cantrell semble s'être fait plaisir, le monsieur passant en revue ce qu'il sait faire de mieux : du riff bien gras et poisseux à la ballade acoustique (sans forcément conter fleurette et sortir son petit bouquet d'églantines sur une quelconque colline).

En guise de hors d'œuvre, le LP s'ouvre sur Psychotic Break, titre efficace prouvant et rassurant sur sa capacité à encore composer des chansons au charme trouble. Avis qui se prolonge sur le rampant Bargain Basement Howard Hughes. Mais le constat reste par moment cruel, la voix d'ange déchu de Staley fait malheureusement défaut sur Spiderbite. L'un des points forts d'AiC était justement cette balance juste et fragile entre cette voix écorchée et les mélodies de Cantrell. Ne boudons cependant pas notre plaisir, car si reproche il y a, ce manque se distingue davantage sur les chansons les plus tordues de l'album. Angel Eyes est à ce titre parfait avec son refrain accrocheur.

A défaut d'avoir écrit un chef d'œuvre, Cantrell nous propose donc un album agréable, loin d'être transcendant mais qui contient tout de même plusieurs chansons excellentes. Très peu de déchets pour un album dont on  n'attendait finalement pas grand chose. Certes Cantrell aurait pu réduire le nombre de titres : du dispensable Mother's Spinning in Her Grace, au champêtre Give It A Name, en passant par la terrible faute de goût She Was My Girl. On s'amusera par contre de l'hommage déguisé à Peter Frampton sur Locked On...

Contrat rempli.




Funky front covers

Histoire de nous dérider un peu avant le week-end (ou en attendant la mort, c'est une question de point de vue), j'en profite pour lancer une nouvelle rubrique dans ce blog, à savoir intéressons nous de plus prêt à quelques pochettes méconnues qui feraient encore leur petit effet si elles sortaient de nos jours.

Pour ramener du people, il existe un terme porteur, non pas le sexe bande de pervers, mais bien sur, la musique funk (rah la feinte de la mort qui tue sa race).


Pour débuter voici donc (de gauche à droite), la pochette du groupe the Fatback Band, Night Fever sorti en 1976. Les connaisseurs pourront constater qu'on reste en terrain connu, la pochette du précédent LP, Yum Yum (tout est dans le titre) nous faisait en effet voir une jolie demoiselle s'amusant avec une sucette et portant un T-Shirt fortement humidifié... Cette fois-ci, en émettant l'hypothèse ô combien courageuse, qu'il s'agit toujours de la même demoiselle, on constatera que cette dernière reste toujours autant mouillée... C'est une question de feeling dirons nous... Sans doute la formation de funk se posait des questions sur les méfaits du body painting...

Anthony Hamilton: Soul man

La semaine dernière je faisais amende honorable, décevant encore un peu plus les amateurs de tripes et autres boucheries sonores (ceci dit, z'avaient qu'à aller sur mon autre blog...). Et bien aujourd'hui, je vais vous confier que décidément l'amateur de terrorisme sonore n'est pas à la fête ici mais qui plus est, l'auteur de ses lignes eu une grave désillusion hier en faisant quelques recherches sur la toile.

Depuis le temps que ça trottait dans mon crâne de piaf, j'ai décidé que je devais enfin chercher la réponse à une question que l'humanité avait trop longtemps ignoré. Réponse qui au cas échéant pourrait empêcher l'extinction de bon nombre d'espèces animales, et permettre de résoudre enfin les problèmes d'impuissance que connaît la population mâle de l'Extrême-Orient. Bref, le suspense est à son paroxysme, attention je lache le morceau... L'échalote est elle aphrodisiaque?

Et bien comme pouvait le laisser supposer ma réaction au début de ce post, je dois malheureusement vous annoncer qu'aucune étude ne démontre un quelconque pouvoir de la part de cette sympathique alliacée sur les corps caverneux de la gente masculine. Bref, la poudre issue de cornes de rhinocéros, d'os de tigre ou autre bile d'ours et soupe de nids d'hirondelles (pour les plus fortunés vous avez aussi la soupe de pénis de tigre) ont encore de beau reste... C'est ballot tout de même, cultiver des échalotes restait moins dangereux et plus facile, bref amère déception n'est il pas?

Après cette introduction, une fois de plus tirée par les cheveux (le pire c'est qu'on m'y encourage), quoi de mieux comme transition qu'un peu de musique sensuelle (si je n'avais pas encore perdu les quelques bouchers durant l'intro, clair que cette fois ci, ils vont disparaître). Bref, petit coup de projecteur sur un chanteur de soul qui finalement est surtout connu aux USA, et c'est bien dommage, réparons donc cette injustice (à défaut de résoudre les autres problèmes).

Les quelques habitués du blog savent que j'apprécie fortement Bill Withers, or il y a quelque temps j'eu la chance de découvrir un artiste qui fut présenté comme le pont manquant entre l'interprète de Hope She'll Be Happier et Bobby Womack (remember Across 110th Street la chanson qui ouvre Jackie Brown de Tarantino). Bref Anthony Hamilton mérite t'il ces comparaisons flatteuses?

Avant de répondre, il faut déjà noter que le garçon a collectionné quelques revers. Après avoir quitté Charlotte pour rejoindre NYC en 1993, Hamilton signe pour le label Uptown Records. Mais son premier LP ne sortira jamais, le label ayant mis la clé sous la porte... 3 ans après sort enfin son album XTC signé chez MCA, LP apprécié par la critique, mais qui ressemble encore au début d'une traversée du désert, puisqu'il lui faudra attendre encore 6 ans pour sortir un nouvel album solo. Entre temps, Hamilton se fait reconnaître par ses pairs et collabore ainsi avec D'Angelo lors de sa tournée, le "Voodoo Tour" en 2000. A noter qu'à cette époque, Hamilton avait signé avec le label Soulife, mais cette fois ci encore, son album n'a jamais eu droit à une sortie... le label faisant faillite (on appelle ça, la lose?).

Enfin bon la roue va plutôt tourner en son sens ensuite, après une nomination pour un Grammy pour sa collaboration avec le groupe Nappy Roots en 2003, Hamilton signe pour le label So So Def. La même année, il collabore avec le RH factor de Roy Hargrove sur son fameux Hard Groove où ce dernier fait appel à la crême de la soul contemporaine (Erykah Badu, D'Angelo...). Aux dernières nouvelles, un nouvel album devrait sortir prochainement. Au final, le père Hamilton méritait il ces comparaisons? Au regard du passé, et de la production actuelle, on peut effectivement admettre que tout ceci est finalement tout sauf putassier. A découvrir pour les amateurs de soul contemporaine.

Aujourd'hui un extrait sonore, Fallin in Love Again, et une vidéo, Magnolia's Room, issus d'une compilation, Southern Comfort, datant d'Avril 2007 qui permit à l'artiste de sortir des chansons rares ou inédites (vu les déboires qu'il a eu, certain qu'il doit en avoir pas mal encore sous le coude...).



The Thing - John Carpenter : Who Goes There ?

"We found something in the ice... we found something... we found something..."

En 1982, le box office a fait des yeux doux à un extra-terrestre qui contrairement à la majorité des immigrés (enfin l'image négative véhiculée par ces derniers, à croire qu'on quitte son pays natal le cœur léger) veut rentrer à la maison (remarquez vu le prix du coup de téléphone en PCV qu'il vient d'infliger à ses nouveaux amis, pas étonnant que la demie portion veuille retrouver ses pénates en passant). Bref, tonton Steven avait de nouveau cassé la baraque avec sa vision "Oui-Oui est un alien". Du coup, les vrais réalisateurs, ceux qui en ont dans le pantalon, et qui pensent fièrement que tout ce qui vient d'ailleurs est une menace, ont pris un bouillon au box office cette année là.

Cependant John Carpenter ne fait pas parti heureusement de cette catégorie: réalisateur réactionnaire, ce qui n'empêcha pas un succès très mitigé à sa sortie de son nouveau long métrage en 1982, The Thing. Certes, comme je le laissai supposer, sa vision en surface du thème de l'"alien from the space" allait à cent lieux de celle du gentil ET (encore que deux années après, Carpenter réalisa Starman...) et il faut croire que les masses n'avaient pas envie à cette époque de jouer avec ses propres peurs.

Papayou en deuil

Quoi qu'est ce que j'apprends? Jean-Chrysostome Dolto vient de mourir d'un cancer foudroyant! Petit rappel des faits, enfin disons plutôt remettons en ordre les premiers souvenirs que j'ai du garçon dans un premier temps.

Je crois que le premier véritable souvenir que j'ai de Carlos c'est son look bon enfant en provenance d'une quelconque île paradisiaque: une barbe fleurie, une chemise hawaïenne (ceci dit dans ce cas présent je garde une préférence pour Thomas Magnum) et une dégaine de bon vivant. Je me souviens aussi que dans les années 80 on voyait Carlos faire la réclame pour une boisson à base d'orange avec le fameux jingle "Oasis, Oasis, c'est bon, c'est bon". Quoi de mieux pour faire vendre ce breuvage une tête de gondole que les gamins apprécient (après tout y'a bien une chaîne de restauration rapide qui a demandé à un décérébré de TF1 de faire de la pub pour son tout nouveau burger, qui portait le nom du guignol au passage... savent brosser dans le sens du poil les responsables marketing).

Maintenant, il serait dommage de retenir que ces bribes, car finalement ce qu'on retient de Carlos ce n'est pas son amour pour la pêche au gros, mais sa carrière de chanteur. Celle ci débuta par un duo avec Sylvie Vartan, Deux minutes trente cinq de bonheur (à l'écoute du bousin, je me demande ce qu'ils ont pris pour oser annoncer un truc pareil...). Heureusement, par la suite Carlos gratifia la France franchouillarde de quelques hymnes durant les 70's et 80's. Bref Patrick Sébastien lui doit tout, avouons le!

En allant sur le site Bide et Musique et en tapant Carlos, vous pourrez voir le nombre élevé de chansons qu'a pu faire le bonhomme... 46! Et j'ai honte de le dire, mais je n'en connais même pas la moitié... trop zaraf! N'empêche, les nostalgiques du 1D20 se souviendront la larme à l'oeil des Tout nu, tout bronzé ("on fait trempette chez les mouettes...", du Tirelipimpon et de son délicat refrain ("Tirelipimpon sur le Chihuahua, Tirelipimpon avec la tête avec les bras, Tirelipimpon un coup en l'air un coup en bas, Touche mes castagnettes moi je touche à tes ananas!") ou du fameux Papayou (la vidéo du jour).

Salut l'artiste!


My Dying Bride: Le chant du cygne

Pour le retour (momentané?) du blog, quoi de mieux qu'un peu de musique guillerette? Et les joyeux bardes britanniques en provenance d'Halifax que sont My Dying Bride font partis des chantres de la musique festive à forte valeur ajoutée métallique...

Formé en 1990 avec en leur sein le chanteur (neurasthénique?) Aaron Stainthorpe, les guitaristes (cyclothymiques?) Andrew Craighan et Calvin Robertshaw et le batteur (bipolaire?) Rick Miah, MDB (pour les intimes) fait parti comme je l'avais souligné dans un post précédent des réformateurs du doom metal issu de la scène death de la Perfide Albion. Après une démo désormais culte Towards the Sinister (chansons qui seront rééditées ultérieurement sur les compilations Meisterwerk 1 & 2 ou l'indispensable Trinity), le combo va sortir son premier EP sur le tout jeune label français Listenable, God is Alone. Le buzz commençant à se faire sentir au niveau de la scène underground (le EP étant rapidement sold out), MDB signe sur le label anglais Peaceville.

Enregistré en 1991 mais sorti en mars 1992, le tout nouvel EP Symphonaire Infernus et Spera Empyrium (avec désormais un certain Adrian Jackson au poste de bassiste) s'impose déjà comme une pièce incontournable de la nouvelle scène doom metal. MDB a en effet un atout maître, un nouveau membre, Martin Powell, de formation classique faisant office de violoniste. Cet apport va permettre ainsi au combo d'accentuer la tristesse, le romantisme noir qui feront la marque de fabrique ( l'AOC en quelque sorte) du sextette britannique. Ceci dit, le groupe étant encore à ses jeunes années, ce dernier n'a pas encore totalement digéré l'influence du death metal. Certains titres comme De Sade Soliloquay ont encore une rythmique ou des blasts typiquement issus du death... et c'est sans compter aussi la présence certes minoritaire d'un ou deux solos de guitare.

Ce qui devait arriver, arriva...1992 voit aussi la sortie du premier LP de MDB, As the Flower Withers. Tout comme sur l'EP précédent, le groupe se cherche encore, et alterne les ambiances morbide plus ou moins lente (la future voie du groupe donc) Sear Me, The Bitterness And The Bereavement, les brûlots The Forever People, Vast Choirs voire un mix des deux The Return of the Beautiful.
En ce lundi, je vous propose une vidéo live de Sear Me.



Un peu de poésie pour débuter l'année

Une fois n'est pas coutume, je vais commencer par un petit bilan de mes stats, à savoir parmi les mots clés utilisés quels sont ceux qui flatteraient ma perversion (supposé). Je note que la "soupe à l'oignon" ramène pas mal de monde, 5 personnes! Vous me direz, où est la perversion, la dedans? A vrai dire, j'en vois pas, mais disons que faire des recherches sur la dite soupe à l'oignon et atterrir sur mon blog m'a quelque peu surpris! D'autant plus que je n'ai pas souvenir d'avoir déjà évoqué ce sujet (ah si le 9 mars dernier...).

Bref recentrons le débat: de la fesse, de la fesse... et encore de la fesse! Ainsi j'ai eu droit à ces divers mots clés, régalez vous, ça se passe de commentaire (encore que...) : "africaine porno", "baise punk", "bondage vierge", "changer de sexe par la magie", "clips punitions au fouet", "décolletés osés", "docteur baise", "docteur paillard", "sex ultra gore", "blog sexe extrême", "ode au sadomasochisme", "sex cul vierge", "vierge découvre orgasme"...

En remerciant au passage tout de même ces internautes lubriques (ou curieux!), voici une chanson au titre tout aussi évocateur Cocks 'N' Asses. Morceau sorti à l'origine en guise de face B au single de The Weeping Song de Nick Cave & the Bad Seeds en 1990. Titre qui a la particularité d'être un instrumental (excepté quelques râles de Cave) et de comporter une boîte à rythme guidée par Victor Van Vught, Cave jouant du piano et Harvey à la guitare.

A l'écoute de la chose, on comprend finalement que le morceau fasse office de face B, pas mauvais en soi, le côté artificiel de la drum machine expliquant en partie la non présence du titre sur l'album The Good Son. Ceci y'a pas de quoi non plus casser des briques non plus... Un morceau d'ambiance plus ou moins malsaine qui prouve une fois de plus l'intérêt des faces B, permettre à l'artiste de tester des nouvelles formules qui n'ont pas leur place sur un album.

1987: bilan d'une année musicale

Non parce que bon, qui dit fin d'année, dit bilan toussa... Du coup tout le petit monde fermé des blogueurs va nous pondre (enfin je dis ça, tous les vendeurs de papier vont faire de même) son best of de l'année 2007. Refusant de faire comme tout le monde, histoire de faire mon intéressant et ayant une réputation de c****** à tenir (encore que ces derniers temps, ça serait plutôt une réputation de psychopathe), voici donc non pas un bilan forcément subjectif de l'année musicale passée, mais plutôt un petit coup de rétroviseur sur l'année 1987 (tout aussi subjectif en passant puisque je ne retiens que ce que je veux! sinon allez sur wikipedia et me bavez pas sur les rouleaux).

Déjà comme on peut le laisser supposer, nous situant dans les 80's, aucun album des anciennes gloires des 70's n'a réussi à créer quelque chose qui marquera les esprits. Dans les demi-surprises, Carlos Santana sortira un Blues for Salvador honorable hormis cette satanée production made in 80's... Pour le reste, Bowie nous gratifie de Never Let Me Down, Neil Young de Life et le Pink Floyd de David Gilmour d'A Momentary Lapse of Reason... Bref merci pour ce tiercé gagnant, mais ça sent le sapin.

Pour continuer dans le mauvais esprit, j'ai voulu regarder parmi les grands succès de cette année (ouais là je fais mon snob...), bah là aussi c'est du bon, on retiendra Los Lobos et leur La Bamba et Rick Astley et son fumeux Never Gonna Give You Up (à froid je ne me rappelais pas de ce truc... après un passage éclair via deezer, j'ai compris ma douleur... Je connais ce machin qui attaque méchamment les neurones!!). Sinon il parait que U2 aurait cassé la baraque avec un With or Without You issu d'un certain The Joshua Tree, mais moi ça me dit rien (mauvais esprit mais aussi de mauvaise foi...).

1987 rime surtout avec l'apparition de deux classiques du rap (les vieux comme moi n'oublieront pas d'ajouter la mention "old school"...), à savoir le Paid in Full d'Eric B & Rakim (ce dernier ayant un flow d'une "coolitude" exceptionnelle) et le premier méfait de Public Enemy Yo! Bum Rush the Show. Au rayon musique groovy, difficile aussi de faire l'impasse sur le Sign 'O' the Times du nain pourpre, qui même si personnellement la production datée fait partie des points faibles du disque de Prince, reste parmi les plus belles réussite de la pop des 80's. Au rayon funk à vocation plus punchy et histoire de rajouter une couche sur l'autel de la snob attitude, on écrasera une larme sur le dernier album enregistré par Hillel Slovak (et accessoirement le dernier album des Red Hot Chili Peppers qui m'intéresse, quel snob je fais).

En parlant de musique punchy, ceci me permet de faire le lien sur ce qui fut une bonne année en matière de musique pop/rock à forte valeur ajoutée en saturation et assimilés. 1987 voit ainsi l'émergence des Pixies avec leur premier LP Surfer Rosa mais aussi les confirmations avec les seconds albums des Jesus & Mary Chain, Darklands, ou celui des Hüsker Dü, Warehouse: Songs and Stories. Du côté de NYC, la bande à Thurston Moore n'est pas en reste puisque Sister, second volet d'une trilogie entamée l'année suivante par Evol, est l'un des meilleurs albums enregistrés par Sonic Youth. De même, Jello Biafra and co offre, en 1987 en guise de conclusion à une des meilleures formations punk US qui soient, les Dead Kennedys, une excellente compilation gavée d'inédits, Give Me Convenience or Give Me Death. Et puis après la causticité des textes de Jello, ne pas oublier aussi les fous en provenance du Texas, les classieux Butthole Surfers et leur Locust Abortion Technician, un album qui mixe allégrement le punk, le rock psychédélique, des rythmes déconstruits et quelques riffs métalliques (si à la lecture de ceci vous vous dites que ça annonce Mr Bungle, vous n'avez pas tord!).

Le niveau de virulence ayant monté d'un cran, intéressons nous à ce qu'il convient d'appeler la musique des jeunes qui voudraient se faire passer pour des méchants... Finalement, on serait tenté de dire que 1987 fut une petite année comparée à 1986. Faut dire que lorsque la même année, on nous gratifie d'un Master of Puppets et d'un Reign in Blood, difficile s'il en est de faire aussi bien. Néanmoins, il reste encore quelques petites rognures à grignoter, et non des moindres pour l'amateur de musique extrême! A commencer déjà par la première véritable pierre angulaire du death metal, le premier album de Death, Scream Bloody Gore, et aussi le premier monument du grindcore par les jeunots de Napalm Death, Scum. On soulignera aussi l'album des suisses Celtic Frost, Into the Pandemonium, avec la fameuse pochette issu d'un tableau de Jérome Bosch. Album qui à défaut d'avoir franchement bien vieilli, montre que l'on peut être l'un des pères du black metal et s'intéresser au gothique ou à l'électro.

La transition est donc toute choisi pour cette partie, vous l'aurez deviné! 1987 présente ainsi le premier chef d'œuvre du duo Gerrard/Perry à savoir Dead Can Dance et leur fabuleux Within the Realm of a Dying Sun, une œuvre intemporelle. Du côté de chez les allemands aussi les musiques nouvelles ont le vent en poupe puisque les papes de la musique industrielle, Einsturzende Neubauten, nous gratifie d'un Fünf Auf Der Oben Offenen Richterskala mémorable, plus implicite, plus froid et mélodique. En guise de mélodie et d'électro/pop, 1987 voit l'ascension de plus en plus irrésistible de Depeche Mode avec Music for the Masses qui depuis leur sombre album précédent et l'apport visuel de Corbijn efface définitivement les errements des jeunes années.

Pour finir et sans transition aucune, en cette année apparait un hommage sincère à Lady Day par l'une de ses plus grandes admiratrices, Abbey Lincoln, avec son Abbey sings Billie. Au rayon jazz mainstream, Pat Metheny signe un Still Life (Talking) certes grand public mais bluffant, ce dernier ayant assimilé magnifiquement l'apport de la musique brésilienne.



Le corps et l'âme selon Trane & Lady Day

Depuis aujourd'hui, j'ai récupéré une fameuse vidéo pirate de Led Zeppelin datant d'un concert de 1977 à Seattle. Alors vous ajoutez les quelques commentaires de soutien que j'ai reçu et le concert de Page, Plant, Jones et Bonzo, ça écarte un moment mon vague à l'âme (faut être réaliste, du mal à croire que ça se ne repointe pas assez rapidement quand même...).

Bref ce concert à Seattle m'a rappelé au bon souvenir d'un disque live de Trane enregistré dans cette même ville un soir de 30 Septembre 1965. Il faut tout de même se remémorer que 1965 fut l'année riche pour Trane et son quartet. Certes, 1964 aussi, pourra me rétorquer à juste titre le connaisseur. En effet, difficile de faire l'impasse sur cette mythique année puisqu'est paru en 1964 l'un des plus beaux disques qui soit, A Love Supreme.

Or justement, que ce soit dans la famille du jazz ou d'un point de vue plus restreint, à savoir Trane et ses musiciens, il y a eu et il y aura toujours un avant et un après A Love Supreme. Maladroitement, on serait même tenté de parler de fuite en avant, Trane a découvert quelque chose de si grandiose qu'il ne peut plus reculer désormais. Aller encore plus loin, se remettre en cause perpétuellement. Dès lors, ses musiciens auront toutes les difficultés à le suivre, en particulier le batteur Elvin Jones et le pianiste McCoy Tyner, mais là je vais un peu trop vite en besogne...

Ainsi en 1965 entre les disques sortis cette année où ceux qui furent enregistrés cette même année mais qui sortiront un peu plus tard, on dénombre pas moins de 11 albums environ. Une année riche dirons nous. On retiendra son attirance pour la musique africaine sur Kulu Sé Mama (amour qu'il avait déjà avoué sur des disques précédents comme Africa/Brass en 1961) avec l'intervention du chanteur percussionniste Juno Lewis, disque qui permet aussi d'agrandir pour l'occasion le quartet de Trane et d'inviter d'autres musiciens. 1965 voit aussi naître l'autre manifeste du free jazz, Ascension, un monstre, 40 minutes de musique sans aucun compromis où chaque invité (et non des moindres: Archie Shepp, Marion Brown, Freddie Hubbard, Dewey Johnson, John Tchicai et le fils prodigue Pharoah Sanders) a droit à son espace de liberté (Trane n'y joue en effet qu'un seul solo de sax).

Mais comme je le disais plus haut avec cet amour effréné pour la découverte, les sidemen de Trane ont quelques difficultés à suivre les traces du maître. Faut dire que ce dernier est loin, très loin... Entre un Meditation en studio qui en remet une couche (Trane s'adjoint les services d'un deuxième batteur Raschied Ali) et des performances live toujours plus proche de l'abstraction, McCoy et Elvin jetteront définitivement l'éponge...

Aujourd'hui, enfin cette nuit, rapport aussi à une thématique soulevée par Thom, voici donc le titre Body & Soul joué par Trane et son quartet (plus le clarinettiste Donald Rafael Garrett et Pharoah Sanders au sax ténor) ainsi que la version intemporelle de 1940 chantée par Lady Day (là je soupire... un ange passe comme dirait l'autre), miss Billie Holiday.

Street Hassle : Lou Reed, Parrain du Punk ?

Non content d'être indissociable du punk, comme pouvait l'être le twist à St Tropez, New-York fut pendant très longtemps un véritable bouillon de culture. Et tandis que les Television et autres Ramones foutaient le feu au CBGB, Lou Reed ne pouvait regarder ces drôles énergumènes, rejetons du VU, que d'un drôle d'œil, qui plus est depuis son sobriquet de parrain du Punk, soit le genre de titre et récompense qu'on file aux artistes finis.

Dès lors, après avoir écrit son album le plus délicat, Lou prend tant bien que mal le train en marche et très (trop) rapidement, lâche en novembre 1976, Rock and Roll Heart, ou son premier album pour le label Arista. Mais l'album est une déception. Bâclé, à vouloir surfer sur la vague naissante, Lou se plante lamentablement : mauvaises critiques et vente insignifiante (Lou n'a jamais vendu des masses, mais là, c'est moins que moins !).

Dans ces cas là, une petite remise en cause est de bon aloi. Et justement, Lou Reed met à profit un temps de réflexion pour concocter un album qui fleure bon la misanthropie et le retour d'une ambition artistique qu'il avait plus ou moins mise en veille depuis le suicidaire Berlin. En somme, Lou laisse passer la vague punk, et en profite pour enregistrer un nouveau disque volontairement mal léché, cru et sombre : Street Hassle.
 

Bertold Brecht cover

Je dois vous avouer quelque chose (vous avez droit de passer les deux premiers paragraphes, ça risque d'être à mon image...), j'ai un certain don pour me pourrir le cerveau tout seul comme un grand. Certes, j'en tire aucune gloire, premièrement parce qu'il serait étonnant d'en tirer une quelconque gloire: "ouais super, je suis miné" et grâce à quoi? "grâce à ma stupéfiante et ô combien envieuse capacité à me flinguer les neurones" (Mr Coué is back) et comment? (oui car en bon scientifique (?!), LA question n'est pas "pourquoi" je vous le rappelle, mais l'ultime "comment?"... J't'en pose des questions c******! Sauf que là, précisément, c'est moi qui ait posé la dite interrogation, alors bon, passons...)

Disons, pour faire simple, qu'il me faut pas grand chose, le vol d'un papillon, une mouche atteinte de flatulence, et pif paf pouf, je sors ma pioche... Secondement (oui petit rappel, il y avait un premièrement), la gloire que je pourrais en tirer est loin d'être viable socialement (ni commercialement d'abord, fichtre! pourtant payer quelqu'un pour miner le moral des autres ça me plairait assez comme reconversion, le métier de bourreau n'étant plus à la mode...), alors au final, on attends que ça passe en tentant de faire le moins de remous possible (n'étant pas à l'abri d'un dommage collatéral), comme toujours...

Dans ces cas là, on s'écoute How Fortunate The Man With None de Dead Can Dance chanté par Bendan Perry, issu de l'album Into The Labyrinth de 1993 d'après un poème de Bertold Brecht datant de 1928 Die Ballade von den Prominenten.

Ghost Rider on the road

Vu que certains font dans le réchauffé, à savoir je vous sers une louche d'une ancienne chro que j'agrémente d'une nouvelle version, histoire de prouver selon les cas que "j'ai décidément bon goût" ou cas contraire "la vache, mais comment j'ai pu apprécier un truc pareil", j'ai décidé de faire encore plus fort! A savoir resservir une ancienne chronique que j'avais non pas posté mais envoyé par mail il y a quelques temps (durant mon fumeux périple asiatique). L'intérêt pourrait être limité, en particulier pour ceux qui connaîtraient déjà la dite chro, et pourtant il serait dommage de faire l'impasse sur ce merveilleux billet (la méthode Coué est ma meilleure alliée). D'abord, il faut faire preuve d'altruisme, et pourquoi mes lecteurs (enfin ceux qui daignent user de leur précieux temps sur ce misérable blog... tiens la méthode Coué n'aura guère duré longtemps...) n'auraient ils pas le droit de subir cette missive? Et puis pour les autres, les destinataires du mail, au final, pas certains qu'ils lisent encore ou qu'ils ont déjà lu ce blog... De toute façon, je vous propose la version 2.0 de la chronique de Ghost Rider, alors hein bon, me baver pas sur les rouleaux!

Si mes souvenirs sont exacts, c'est au mois de Mars que j'ai décidé d'aller voir un navet au doux nom de Ghost Rider, enfin navet... il faut le dire vite, car derrière cette plante potagère se cachait en fait un délicieux nanar! Et puis que voulez vous, à cette époque, j'étais encore jeune et naïf, j'allais même préparer mon dossier de candidature pour les postes de maîtres de conférence (c'est dire à quel point j'étais ingénu)...

Premier point, même en sachant qu'on risque de perdre son temps, il est bon de garder ses anciens réflexes de pseudo-cinéphile et de chercher dès lors quelques renseignements à propos de l'œuvre artistique que vous allez admirer. De ce fait, j'eus l'agréable surprise de constater que cette relecture du comics de la Marvel était de nouveau réalisé par un spécialiste du genre... celui qui a réglé son compte à la franchise Dardevil, réalisateur dont de je tairais le nom, non par respect pour sa famille mais parce que j'ai tout simplement la flemme d'aller chercher son patronyme. Puisqu'on est dans les amabilités, je note que contrairement au film précédent, le Ghost Rider n'est pas joué par Ben Affleck, quel dommage! Certes, la fan du jeune premier au charisme d'huitre asthmatique et au talent discutable (tout le contraire du frangin Casey en passant) pourrait faire la mou, et pourtant on est loin de perdre au change, car entre un acteur qui cabotine à tout va et un autre qui tente d'avoir autant de réactivité qu'une tranche de foie de veau, ma préférence penche pour le premier...

Et justement, dans la catégorie, acteur qui se fourvoie dans un nombre incalculable de navets, qu'on a du mal à croire que ce dernier à jouer pour Lynch ou les frères Coen, je voudrais Nicolas Cage. En plus d'enfiler les daubes avec une rapidité qui force le respect, le neveu de FFC va ainsi cabotiner à un rythme frénétique, un régal pour les rétines. Dans Ghost Rider, Cage prends ainsi un malin plaisir à nous rejouer son personnage de Sailor (Wild at heart, dommage car finalement c'est peut-être le moins bon Lynch, enfin bon...), c'est à dire je pointe mon index vers le méchant et lui dis en gros à la Chuck, toi "tu va finir avec la bite dans un tupperware" (on notera tout de même que le garçon est sévèrement burné, car faire ça devant le Diable ou son rejeton, ouah, quel courage!). On oubliera pas non plus la propension à faire des grimaces du père Cage, à croire qu'il était en manque de quelque chose le gars...

Et l'histoire me direz vous? Car oui, le plus incroyable, c'est qu'il y en a une histoire... étonnant, non? En gros, un adolescent pactise avec le cornu pour que son paternel ne meurs point du cancer. Scène banal dirons nous, pour toi le jeune avide d'un Faust de supermarché. Sauf que... il ne porte pas le surnom de Malin (joué par Peter Fonda, tout en brushing) pour rien notre bouc préféré, le lendemain le papa meurt lors de son numéro de cascade à moto... C'est ballot! Du coup, le gamin est vénère, il a vendu son âme pour des bonbecks (ce qui expliquerai pourquoi 15 ans plus tard le personnage n'arrête pas de manger des bonbons, enfin je ne vois pas d'autre explication...). Alors il laisse tomber sa petite copine et part sur la route, raaaaaaaaaaaah tel un loner de la route, un vrai rebelle de l'asphalte... Tiens en parlant de la copine du loser, j'ai apprécié la scène bucolique où notre apprenti Faust d'opérette grave sur un tronc d'arbre "J & R forever", j'en ai usé tout mon paquet de kleenex tellement c'était émouvant... (le pire c'est que la dernière scène, ils nous refont le coup, le même champ de fleurs, le même arbre, âmes sensibles s'abstenir svp). Bref il laisse tomber sa girlfriend (encore un grand moment d'émotion, prévoir plusieurs paquets de mouchoirs en papier), puis devient un cascadeur reconnu (c'est papa qui serait fier de junior si le Diable avait pas été si méchant... un vrai mélodrame ce film), mais le Malin lui rappelle au bon souvenir du funeste contrat. Et c'est ainsi que va naître le fumeux Ghost Rider.

En effet, le rejeton de Mephistopheles fait des siennes, il veut sa part du gâteau, quel enfant ingrat (il convient au passage de pointer les lacunes de Belzebuth en matière d'éducation). Sans compter que c'est une grosse faignasse ce cornu, car il ne veut même pas botter le cul de junior lui-même (trop salissant?), et c'est à Johnny blaze de le faire (oui c'est le nom du heros, ca tape! j'attendais un moment avant de vous donner le patronyme du gars, ça se mérite...)! Bon on est rassuré car à la fin le fiston devient un tas de cendre, et Johnny pointe de nouveau du doigt le Diable en lui disant "bah ton contrat tu peux te le mettre où je pense, je vais rester un Ghost rider rien que pour te faire chier! Na! Et maintenant je serais là pour contrecarrer tes plans, et toc!".

Vous aurez compris, moi j'ai adoré ce film. Et encore j'ai fait quelques raccourcis osés, j'en conviens. Par contre pour un film de ce genre, je constate quand même peu d'action, et puis il dézingue rapidement ses ennemis le Johnny. Faut dire ils sont pas finauds, le Johnny est immortel, et ils veulent quand même lui péter sa gueule, y'sont cons ces démons, je vous jure... Et puis histoire de garder une certaine continuité dans les posts, Eva Mendes (l'homme lubrique appréciera au passage ses décolletés) joue dans ce nanar, comme quoi, on peut passer de Ghost Rider à We own the night.

La nuit nous appartient...

Ou la devise de l'unité criminelle de la police new-yorkaise chargée des crimes sur la voie publique, mais aussi et surtout le nouveau long métrage de James Gray, We own the night.

Bobby Green (Joaquin Phoenix) n'a pas suivi la tradition familiale. Ce dernier n'est pas policier comme son père ou son frère, mais gérant de la célèbre boîte de nuit El Caribe à Brighton Beach dans Brooklyn (le quartier russe, remember Little Odessa du même James Gray). Bobby a d'ailleurs décidé de changer de nom de famille, histoire de ne pas être reconnu comme le fils ou le frère de... Bobby flambe, joue, profite de la vie accompagné de sa petite amie porto-ricaine (Eva Mendes).

Mais 1988 sonne l'escalade de la violence entre le NYPD et les trafiquants de drogue (on compte à l'époque 2 policiers morts chaque mois). Bobby devra ainsi faire des choix, celui de rester en bon terme avec le gangster russe, neveu de Buzhayev, propriétaire du El Caribe, qui deale dans sa boîte de nuit et soupçonné d'être le plus gros trafiquant de la Big Apple ou bien abandonner cette famille d'adoption et aider son frère Jospeh (Mark Wahlberg) et son père Burt Grusinsky (Robert Duvall) à coincer ce réseau de dealers. Bobby va se retrouver ainsi au centre d'un jeu où le juste milieu n'a pas lieu d'être, et où son impuissance sera le reflet de son incapacité à maîtriser son destin et celui de ses proches.

Troisième film du petit génie James Gray (trois films en 13 ans, c'est peu me direz vous... certes, mais à chaque fois, nous avons droit à un film exceptionnel, le premier réalisé à 25 ans... comme un certain Welles, ça tombe bien, Gray est fan du grand Orson), qui après The Yards en 2000 sort enfin La nuit nous appartient où cette fois ci, sous le canevas d'un film noir vont s'entrecroiser le destin tragique d'une famille réduite à sa plus simple expression, un père et ses deux fils. Après s'être fortement inspiré de la tragédie grecque, Gray lorgne vers le côté Shakespearien du film noir, l'impuissance de l'homme, l'amour ou la vie de ceux qu'on aime broyés par le destin.

Après quelques années de traversée du désert, The Yards n'étant pas du goût du patron de Miramax, Gray peaufinera le scénario de son nouveau film, s'inspirant de son parcours personnel. N'étant pas en odeur de sainteté à Hollywood, le financement de son nouveau film aurait pu être problématique, mais durant The Yards, Gray s'est lié avec Joaquin Phoenix et Mark Wahlberg. Or depuis 2000, ces deux anciens jeunes premiers sont devenus fortement bankable (comme on dit dans le métier coco), avec Walk the Line pour l'un et The Departed pour l'autre, et vont ainsi aider James Gray à produire son nouveau film. On note que pour son précédent film, Gray avait réussi à obtenir les services de Santino Corleone, alias James Caan, pour We own the night, le réalisateur de Little Odessa fait jouer désormais Tom Hagen, alias Robert Duvall, le fan du Parrain qu'est Gray ne peut être que comblé... Duvall et Caan n'étant pas les derniers pour louer le talent du petit, le comparant ainsi à Coppola. Et pourtant, si on devait aussi faire un parallèle ce serait aussi du côté de l'autre italo-américain, Martin Scorsese, le même savoir-faire pour nous présenter des communautés, la même passion pour la musique (Blondie croise the Clash ou encore Bowie), le même talent pour diriger ses acteurs...

Bref un film noir au charme classique mais intemporel. Le film de l'année?

Live Dead - Grateful Dead

C'est pas pour dire, mais j'ai la rancune tenace ma bonne dame. Et en bon disciple du moustachu roi de la santiag et du sidekick vengeur, quand on me bave sur les rouleaux, je ne puis crier qu'une seule chose :"raaaaaaaaaaaaah mais je vais me le faire celui là!!!". Ceci dit, et j'entends déjà railler les cuistres, Chuck en grand philosophe, ne pourrait accepter ce genre de traitement. Enfin, disons que le sidekick à base de santiag ne saurait être la solution véritable au problème soulevé, ce châtiment est certes juste mais point suffisant. Il convient en effet, vous, mes chers fidèles, (bah quoi, y'en a bien qui ont rêvé de devenir président et le sont devenus... c'est ça le pire, alors pourquoi pas gourou...) une fois le vilain corrigé de lui faire admettre son erreur, sous peine de lui faire savourer (certains diront infliger... pfffff) l'intégrale de Walker Texas Ranger (d'une traite je précise... mmmmmmh, quelle délicieux supplice n'est ce pas, surtout quand Chuck/Washo a des visions et qu'il se prend pour un aigle survolant la forêt... désolé...). Bref le vilain personnage s'est reconnu lors du dernier post, alors sache que ce billet t'es dédicacé (oui je suis machiavélique et ultra crédible)!

Après cette intro une fois de plus inutile (que voulez vous, il faut parfois se faire violence pour satisfaire son fan-club... qui ne contient qu'un membre... je signale au passage que je ne me compte pas comme membre de cette association à but lucratif), voici quelques lignes d'un groupe qui restera comme l'archétype du combo hippie issu de Frisco. Encore que je me dois déjà de calmer le jeu, oui j'aime la musique du Dead, mais surtout celle des jeunes années, avec en point d'orgue l'album live présenté aujourd'hui. Il faut déjà se replacer dans le contexte (formule passe-partout je l'avoue...), le groupe du guitariste Jerry Garcia peut difficilement être mis à l'écart de la scène psychédélique de la côte ouest, le fameux (ou fumeux...) summer of love, le LSD, la vie en communauté, bref le mouvement hippie quoi... Dès lors, je suis le premier à être moins intéressé par la suite de la discographie du Grateful Dead. Loin de moi l'idée de porter un jugement, mais force est de constater que musicalement à partir les années 70, le groupe pourra porter le sobriquet de has been... Comme tout artiste qui reste attaché volontairement ou non à un mouvement artistique, et là pour le coup, entre les morts célèbres et les mutations que va connaître le rock à l'aube des 70's, il est certain que la musique du Dead va perdre au fur et à mesure en popularité. Ceci dit, d'un point de vue personnel, il convient aussi d'admettre que l'évolution que prend le groupe, à savoir un virage plus folk country n'a pas été une réussite non plus (n'est pas Neil Young qui veut).

Après 3 albums studio qui sentaient gentiment les expérimentations (et pas que musicales les expérimentations... sans compter qu'elles ont coûté cher au label, à force d'être déchirés et de squatter les studios, ils ont tout de même laissé une ardoise de 100000 dollars... vous me direz quand on vend des albums comme du papier toilette c'est pas génant, mais là justement...) où on retiendra sur le dernier sorti en 1969, Aoxomoxoa, l'excellent What's Become a Baby et son chant particulier rappelant celui du muezzin; le Dead sort déjà un album live cette même année. Artistiquement, ce disque enregistré est une réussite, du fait des prestations scéniques du Dead, spécialistes des jams sessions les musiciens sont désormais libres, et commercialement c'est loin d'être une mauvaise opération pour la Warner, un album live permet en général de rentrer dans ses frais pour un minimum d'investissement...

Live/Dead représente ainsi selon moi la quintessence du groupe, un feeling et une mise en place impeccables, bref le classique du Dead en 6 titres pour 75 minutes de musique (oui je sais, on compte 7 chansons, mais And We Bid You Goodnight ne dure que 36 secondes...). Et puis, ce live contient tout de même l'hymne du Dead, Dark Star, 23 minutes de jam épique inspiré et qui a le mérite de passer justement très vite, comme quoi jam ne rime pas forcément avec dodo... A noter que la bande à Jerry Garcia aura écouté A Love Supreme de Trane pour s'en inspirer, ce qui au final n'a rien d'étonnant quand on sait qu'à l'inverse Dark Star fut repris aussi par des jazzmen comme David Murray.

La seule chanson apparaissant sur un album studio n'est autre que St Stephen, le classique d'Aoxomoxoa, chanson qui fait la part belle au psychédélisme (la guitare mais aussi le break proche du conte) mais aussi au bluegrass cher à Garcia. The Eleven est quant à elle un bel exemple de la complémentarité du combo tout comme le groovy et soul (Turn On Your) Love Light, reprise d'un titre chanté quelques années plus tôt par Bobby "blue" Bland. On retrouve d'ailleurs cette même ambiance et même goût pour la musique noire sur le sombre et bluesy Death Don't have No Mercy (l'ombre de Robert Johnson n'étant pas loin). Le groupe à l'époque avait l'habitude de finir ses messes (quand un concert peut durer 3h voire plus, on peut utiliser ce genre de qualificatif je pense...) par le morceau Feedback qui comme son nom l'indique fera la joie (j'en fais partie en tout cas) des aficionados de bruit blanc et d'ambiance lugubre (dans la continuité du titre précédent) servant ainsi de pont au And We Bid You Goodnight.

En guise de vidéo (la chanson du jour étant The Eleven), une petite performance live du Grateful Dead pour le talk show de Hugh Hefner, Playboy After Dark, où le groupe joue l'excellent St Stephen... tout une époque...



Elle est partie...

En attendant la semaine prochaine, où je risque de me friter avec quelqu'un, histoire de rappeler à cette vile personne que le groupe de Jerry Garcia a quand même sorti quelques jolies galettes, j'entame après une pause suffisamment longue un coup de projecteur sur la vénérable exception culturelle française.

Sauf erreur de ma part, après mon vibrant hommage à Bézu, cela faisait quelques mois que nous nous étions pas intéressés à enfin de la chanson consistante, française donc... à quoi ça rime toutes ces chroniques sur des artistes inconnus... et même pas français qui plus est... C'est vrai quoi, nous aussi on a des artistes qui peuvent faire le poids (Carlos forever...) et même la nique aux productions anglo-saxonnes. Alors back to the eighties si vous le voulez bien!
Fin 1983, deux fans de new wave alias Dominique Delaby et Eric Fettweis fondent LE groupe de pop électronique que notre pays attendait avec impatience, Partenaire Particulier. Les choses s'accélèrent rapidement ensuite avec l'arrivée d'un troisième membre, Pierre Béraud-Sudreau, entre les concerts donnés en Gironde et la première démo, le trio se fait repérer et signe un contrat avec WEA pour ce qui deviendra le tube du groupe, l'éponyme Partenaire Particulier. Et là, ceux qui raillaient la capacité des français à nous servir une electro-pop de qualité peuvent se casser les dents! Ah ah ah, Les Erasure et autres Pet Shop Boys ou OMD ont trouvé leur maître. Il faut dire, que nos amis germaniques avaient montré la voie avec les excellents Modern Talking, prouvant une fois de plus que l'hégémonie anglo-saxonne devait cesser! Encore que, Dieter et Thomas chantent en anglais... je sais...

Ainsi notre trio restera pas moins de 25 semaines consécutives dans le Top 50 culminant ainsi à la troisième position. Mais il s'agit quand même de relativiser, certes reste à ce jour le plus grand succès du groupe, mais en aucun cas leur plus belle chanson. La chanson éponyme reste, avouons le, un peu fofolle, nos compositeurs ont écrit leur Just Can't Get Enough, mais il manque quelque chose. Et ma foi, on ne peut que s'agenouiller devant tant de talent puisqu'il ne faudra qu'attendre une année pour avoir leur chef d'oeuvre Elle est partie.

Dominique Delaby quittant la formation, le duo a débauché un certain Laurent Letrillard qui n'apparaîtra finalement que sur leur deuxième 45 tours Je n'oublierai jamais. Entre temps, le duo restant travaille d'arrache pied quant à l'écriture du tant attendu premier album qui sort finalement en 1986 le bien nommé Jeux interdits. Parmi les nombreuses pépites que regorge ce disque, on retiendra donc le magnifique et poignant Elle est partie. Et je me permettrai de faire un parallèle un peu osé mais en aucun cas fallacieux, quand on pense que Martin Gore aura attendu 6 ans pour nous sortir une chanson aussi abouti que Question of Time alors que nos deux amis ont mis moins de temps pour nous sortir une telle perle, je pouffe...

"là tu vois coco, avec mon 48 pistes on va faire la nique à Daniel Miller"

Parallèle qui se retrouve sur la vidéo proposée aujourd'hui, Anton Corbijn leur a tout piqué lui aussi... décidément, je retiens celui qui, il y a quelque temps, disait tant de bien de Black Celebration... Forcément je vous ajoute le clip de Partenaire Particulier avec en prime le logo de la cinq de Berlusconi... culte...

Elle est partie
Si loin d'ici
Dans la nuit, nuit de folie
Elle s'est enfuit
Elle est partie
Si loin d'ici
Dans la nuit, nuit de folie
Elle s'est enfuit
Elle est partie seule dans la nuit


Partenaire Particulier - Elle est partie


Partenaire Particulier - Partenaire Particulier

It's Just Begun - Jimmy Castor

Autre artiste peu connu, voire même sous-estimé, dont nombre de ses chansons furent pourtant samplées par la jeune génération hip-hop : Jimmy Castor.

Notre futur producteur a commencé dans les 50's comme chanteur puis saxophoniste dans diverses formations de doo-wop tel que Jimmy & the Juniors et surtout Frankie Lymon & the Teenagers. A cela s'ajoute quelques sorties en solo dans les 60's jusqu'à la fatidique année 1966. En effet, le doo-wop commence à sentir gentiment le renfermé, une autre musique populaire, un nouveau son fait parler de lui à Harlem : la musique latine des communautés cubaine et portoricaine de NYC met le feu au poudre avec l'une de ses futurs stars, le talentueux Ray Barretto.

Dès lors, notre Castor adepte du rhythm'n blues va se lancer dans la production d'une soul latino avec son premier grand tube en 1966 Hey Leroy, Your Mama's Callin' You sur Smash Records. Après quelques disques sur Capitol, Decca ou Compass, Jimmy Castor trouve chez RCA un label qui va enfin publier son premier véritable LP, It's Just Begun, disque à l'image de son auteur, versatile, groovy et généreux.

L'album s'ouvre et se clôt par des morceaux instrumentaux où l'ambiance orchestrale donne l'impression qu'on n'a pas entre les mains un disque de funk mais plutôt la bande originale d'un film dramatique. Étrange ? C'est d'autant plus étonnant que déboule à la fin du premier morceau quasi post-apocalyptique, le premier tube funk de l'album. Niveau transition, le Castor fait très fort. It's Just Begun est un morceau funk au groove imparable, une basse émoustillante avec un saxophone accrocheur. A cela vous ajoutez un toucher hendrixien et des percussions latines et voici un morceau culte... Et ensuite paf ! Que nous arrive t'il ? Le MORCEAU de Jimmy Castor où notre ami nous narre à partir d'un spoken word dantesque, les aventures d'un homme des cavernes à la recherche de LA femme, miss Bertha Butt, un des samples préférés d'Afrika Bambaataa (rien que ça). Que dire des "sock it to me" et autres "I'll sock it to ya, Daddy". Plus une rythmique torride, ce fameux Troglodyte mérite lui aussi haut la main la dénomination de morceau culte.

Après ces deux morceaux là, forcément, le reste de l'album fait un peu pale figure. Sur You Better Be Good,Castor garde son groove certifié AOC, le savoir faire de Jimmy faisant le reste. Psyche et L.T.D. quant à eux ne dépareilleraient pas chez un Santana funky. Et c'est finalement là où le LP pèche un peu. Jimmy aime les musiques, et au lieu d'en faire un mix complet, il nous propose au contraire trois morceaux de funk, puis du rock latino et enfin un morceau de soul très pop My Brightest Day. Ne boudons cependant pas notre plaisir, la générosité du Castor fera taire les esprits les plus grognons, et si notre ami est versatile, jamais il nous sert une musique aseptisée et sans saveur.

La fin de l'album se caractérise par un Bad que n'aurait pas renié ce bon vieux Sly et un I promise to remember nous rappelant au bon souvenir de son passé doo-wop.

En guise de vidéo, voici celle de Troglodyte avec le comique US Lil' John Rinaldi dans ses œuvres.


Pizzaiolo et Mozzarel: Aldo et l'amour de la pizza



Ainsi vendredi dernier, j'ai eu l'insigne privilège de regarder le film de Christian Gion, Pizzaiolo et Mozzarel avec l'une des mes anciennes idoles, Aldo "la classe" Maccione. Autant vous dire tout de suite, pour celui ou celle qui serait un peu lent à la détente, NRJ 12 ne m'a pas gratifié d'un des "meilleurs" Aldo, au contraire, ce film de 1985 sentait le sapin à plein nez...

Pour commencer, petit résumé (c'est vite dit...) de cette farce... attention dès le début ça attaque les neurones! C'est l'histoire de deux frères, des demi-frères pour être exact, bon en général on peut considérer ceci comme un détail, sauf que l'un est blanc et l'autre noir... Pourquoi pas me direz vous? Certes, certes, sauf que le premier est joué par Aldo et le second par Sidney! Mais qui est Sidney tentera l'insolente jeune personne (pour rappel, 21 ans et moins...)? Mais Sidney c'est l'émission H.I.P. H.O.P.!!! diffusée sur TF1 qui permis de faire découvrir à la jeunesse le smurf et toute la nouvelle culture urbaine en provenance des USA... bref émission culte, pour nostalgiques avertis... Mais je m'égare, donc nos deux gus sont frangins, par quelle pirouette scénaristique? Notre mamma, interprétée par Marthe Villalonga (toute en nuance, comme d'hab' quoi) fut mariée au départ par un italien pur jus, et naquit ainsi de cette tendre union le beau Carlo, et puis à la mort de son défunt mari, notre mamma plus pied-noir que napolitaine, fit la rencontre durant un Paris/Dakar (oui déjà là au niveau des dates, ça vaut son pesant de cacahuètes, vu que la compétition créée par Thierry Sabine date de la fin des 70's, enfin bon, vu ce qui suit, on peut fermer les yeux sur cet écart...) du futur papa de Mozzarel (no comment). Avant d'aller plus loin, petite déception au niveau des accents, autant notre délicieuse Marthe tente de camoufler son accent pied-noir avec un simili accent italien bâtard, autant Sidney ne fait pas d'effort! Pfffffffff...

Ainsi nos charmants garçons travaillent sur une plage dans la pizzeria tenue par la délicieuse Maria (jouée finement par Valentina Gras... on fera pas de jeu de mot sur son patronyme, mais tout de même, vu le niveau de vulgarité de la dame, elle le porte bien son nom...). Mais qui est Maria? Disons que cette dernière se dit fiancée à notre bel étalon, ce qui n'est point réciproque, je rassure tout de suite les fans d'Aldo. Effectivement, entre deux séances de gym (durant cette scène, le quota plan mammaire est évidemment respecté), car Carlo est prof de remise en forme mais aussi Mitch Buchannon transalpin du pauvre, notre pizzaiolo n'oublie pas de besogner vaillement toutes les demoiselles qui en font plus ou moins la demande... Quelle tombeur ce Carlo...

Sauf que notre brave Carlo a un but dans la vie (ça fait partie des différences entre lui et moi), et ô combien facilement réalisable... rencontrer et se faire entretenir par une belle et jeune milliardaire! Fastoche! Pour le commun des mortels, je l'avoue, même avec un karma sans malus, c'est loin d'être gagné... oui mais on parle d'Aldo la classe là! Bref, notre étalon va faire la rencontre justement de la belle Edwige (hommage à la troublante Edwige Fenech? partenaire d'Aldo dans Tais toi quand tu parles), qui correspond à ses critères... (quand même, y'en a un qui a du bol!) Sans aller trop loin, je ne voudrais point vous gâcher ce plaisir, cette rencontre était tout sauf le fruit du hasard (oui, c'est dur, je sais... mais rassurez vous, y'aura tout de même un happy end). En effet, notre brave Carlo est le sosie parfait du dictateur du Malaguena, enfin général-président à vie Gonzales y Ramirez pour être exact. Et Face à l'infâme Jérôme, le grand chancelier, Carlo devra prendre la place du véritable général-président, pour permettre l'accession au pouvoir du méchant... Quelle histoire! Quel suspense! Merci monsieur Wolinski!

Pour ceux qui sont encore restés à lire ce post, qui risque d'être plus long qu'à l'accoutumé, je dois vous avouer que le reste est à l'avenant, la réalisation et le jeu des mmmh... je vais être indulgent, des acteurs, est aussi marquant. Hormis Speed qui, si mes souvenirs sont exacts, voue une certaine admiration pour Les diplômés du dernier rang, difficile de reconnaître à Christian Gion une once de talent... n'est pas Max Pecas ou Philippe Clair qui veut! Peu de folie dans ce film, les plans nichons se font rares, et la vulgarité est loin d'atteindre des niveaux acceptables... Que reste t'il alors? Et bien j'y viens! Le jeu, ou plutôt le non-jeu des acteurs et les gags que ces derniers s'évertuent à produire, car dans ce domaine, si vous êtes comme moi, fan de Jean-Michel Pasdechute, vous risquez la crise d'apoplexie à chaque instant. Attention les gags foireux sont de mises, à cela vous ajoutez un Aldo en roue libre (à un tel point qu'on en vient à louer les talents de directeur d'acteurs de Philippe Clair, c'est dire...), qu'on atteint un niveau délicieux de portnawak!

A cela, il convient d'émettre une réticence au jeu d'Aldo, tout de même... En effet, notre brave général-président à vie Gonzales y Ramirez a la particularité de ne point avoir d'attirance pour la gente féminine... dès lors, on serait tenter d'espérer un jeu tout en finesse de notre Aldo, comme dans Tais toi quand tu parles (au passage Wolinski ne s'est pas foulé, il reprend le gag du sosie pédéraste... un classique, hum hum hum...), et bien non, la déception fut grande pour moi. Au moins chez Philippe Clair, Aldo nous gratifiait d'une Zaza Napoli croisée James Bond, alors que dans Pizzaillo et Mozzarel, le jeu reste suffisamment superficiel... une grande frustration pour ma part... sauf que dans ce long-métrage Aldo joue un dictateur... Ouais bah là aussi, y'a pas de miracle et même avec une casquette de SS sur la tête (c'est plutôt rassurant finalement)... Notre pauvre Aldo cabotine à tout va, et s'essouffle surtout, la fin est proche mes amis je vous le dis... snif... Pour les nostalgiques, on notera aussi la présence d'anciens camarades de jeu d'Aldo dans les 70's, les Tontos, mais pour en rajouter une couche, ces derniers aussi sont sous-employés... la fin d'une époque donc...

Au final, Christian Gion et Aldo Maccione nous servent un nanar assez navrant, qui manque cruellement de souffle (ou de vulgarité à voir)... à vous demander comment vous avez pu accrocher à tel truc durant vos jeunes années... Ça vaut pas un Philippe Clair ma bonne dame! Donc si vous cherchez un film où Aldo est en tête d'affiche, piochez plutôt dans la filmo du pied-noir fou, y'a matière... rien que Plus beau que moi tu meurs ou Tais toi quand tu parles, vous en reviendrez pas...

Les promesses de l'ombre - David Cronenberg (2007)

Aujourd'hui sort dans les salles obscures le dernier long métrage du canadien David Cronenberg. Pour le cinéphile averti ou pire l'admirateur du réalisateur de The Brood ou Crash, cette seule phrase devrait suffire, nul besoin d'argumentation en fait, l'homme a rarement déçu, fidèle à ses principes cinématographiques, dès lors juste de savoir que Cronenberg nous propose une nouvelle offrande, devrait étancher la soif de sang de frais de toute personne avide de sensations brutes... Ceci dit, je m'en vais développer un peu plus mon propos pour les quelques néophytes qui errent sur ce blog... quelle bonté, n'est ce pas (remarquez dans le cas présent, pas sur que ce soit moi qui fasse preuve de bonté, mais plutôt ceux qui perdent leur temps à lire ce torchon...bref...).

Si Alzheimer ne vous a pas encore planté une paille dans le cerveau pour vous aspirer la mémoire qui est la votre, vous devriez vous souvenir qu'il y a quelque temps je me suis évertué à vous faire la publicité du premier film de James Gray, à savoir Little Odessa. Or justement, le dernier Cronenberg a pour sujet la mafia russe, mais cette fois ci non pas celle exilée à NYC, celle installée à Londres, dans les beaux quartiers qui plus est.

Ainsi Tonton David nous narre un joli conte de fin d'année, celle de la naissance d'un bébé le soir de Noël...  la jeune mère de 14 ans mourant en couches. La sage-femme (Naomi Watts) en récupérant le journal intime de la jeune fille décide de retrouver la famille du nouveau-né. Manque de bol me direz vous, le carnet est écrit en russe (ouf, notre héroïne est d'origine russe), et avec l'aide de son oncle celle-ci découvre que le propriétaire d'un luxueux restaurant, le Trans-Siberian, serait mêlé à cette affaire. Or le brave entrepreneur Semyon (Armin Mueller-Stahl) et son psychopathe de fils Kirill (Vincent Cassel) sont à la tête d'une famille d'affranchis. Nikolai le chauffeur, comprendre l'homme de mains (Viggo Mortensen), se doit t'intervenir, avec pour mission de récupérer le dit journal, ultime preuve de l'implication du boss dans cette sombre affaire de viol...

Deuxième collaboration entre Cronenberg et Mortensen, et difficile de ne pas constater que le réalisateur canadien a trouvé un allier au service des thématiques chères à l'auteur. Tout comme dans le précédent film, A history of violence, Mortensen dégage une animalité profonde, une réelle puissance mais cache aussi son jeu, un rôle qui fait la part belle à la composition d'une personnalité complexe. On retiendra forcément l'une des scènes qui restera sans doute dans les annales du cinéma dans les années à venir, celle où Nikolai se bat nu dans un hammam contre deux assaillants, et pourtant ce serait réduire la performance de Mortensen et le style cru de Cronenberg. La scène où Nikolai est intronisé dans sa nouvelle famille est tout aussi importante, à savoir renier sa famille de chair, scène toute aussi violente que la précédente finalement.

Cronenberg tisse ainsi un thriller qu'on peut aisément qualifier de dostoievskiens tout en gardant sa vision crue du monde, de l'être humain (physique et psychologique) ou de la violence. Et le happy end du film cache au final bien des choses (voir le dernier plan du long-métrage)...

In Sadness, Silence and Solitude - Raison d'être : tristesse, silence et solitude

Restons sur la même ligne directrice que précédemment, à savoir une musique dédicacée à tous les consommateurs de prozac insomniaque, le dark ambient de Raison d'être, le projet d'un seul homme, monsieur Peter Andersson.

En 1997 sort ce qui doit être le quatrième album de mister Andersson, le bien nommé In Sadness, Silence and Solitude. Raison d'être officie dans le dark ambient, dès lors point de surprises, format long, musique sombre ou éthérée selon l'envie de l'auteur, mais aussi froide (pour un suédois, quelle surprise vous pourriez me dire) et contemplative (pour continuer dans les clichés, avec les paysages et la neige propre à la Scandinavie, quoi de plus normal).

Le premier titre, Reflecting in Shadows, s'ouvre par des infra basses grondantes au fur et à mesure que le morceau s'étire, la claustrophobie n'étant jamais loin du fait de l'utilisation de sons aquatiques (provenant d'une voûte, d'une grotte ?), quand soudain on distingue une lumière un court instant, des chants grégoriens (enfin assimilé) fantomatiques font leur apparition. Pour le second titre, In Absence of Light, sous un climat lourd joué par des nappes de claviers planants se greffent une légère rythmique tribale. The Well of Sadness rappelle le titre d'ouverture, une ambiance sombre où s'intègre parfaitement un chant féminin sorti de nulle part lors de la première partie du morceau pour ensuite nous offrir quelques minutes de sérénité, le temps d'un moment. Deep Enshroudred comme son nom l'indique fait quant à lui la part belle à une partition très sombre, les ambiances profondes et répétitives soulignant un peu plus l'oppression qui se dégage du titre. L'album se clôt par Passing Inner Shield, où durant les 13 minutes de la dite ritournelle, Andersson nous convie à nous reposer l'esprit, nous proposant ainsi sa partition la plus planante.

Âmes sensibles s'abstenir.