Don't Breathe - Fede Alvarez (2016)

Auréolé de la mention du meilleur film d'horreur étasunien des deux dernières décennies (détrônant ainsi The Witch, ce dernier ayant destitué l'année précédente It Follows, et en attendant donc l'apparition d'un prochain film régicide en 2017 - vous suivez ?), Don't Breathe [1] du réalisateur Fede Alvarez aura créé la sensation au cours de cet été outre-Atlantique, cette production indépendante se payant même le luxe de faire jeu égal en terme de fréquentation avec les blockbusters estivaux lors de sa sortie fin août. Or, en dépit de plusieurs réserves, qui cette fois-ci n'ont rien de rédhibitoires (suivez le regard du préposé vers les deux films précités), avouons dès à présent que cette apparentée relecture inversée du classique Seule dans la nuit de Terence Young n'en demeure pas moins une bonne surprise. Mais n'allons pas trop vite comme le veut l'adage.

Banlieue de Detroit, Rocky (Jane Levy) rêve de rejoindre la Californie avec sa jeune sœur Diddy. Son quotidien se borne à commettre avec son petit-ami Money (Daniel Zovatto) et Alex (Dylan Minnette) divers cambriolages dans les maisons que gèrent la société de gardiennage du père d'Alex, ce dernier subtilisant le double des clefs détenues par son paternel. Un jour, Money apprends de la part de son receleur qu'un vétéran de l'armée vit seul dans un quartier abandonné avec la coquette somme de 300 000 dollars en liquide. Après un premier repérage et la découverte que l'homme est en fait aveugle, les trois délinquants décident de passer à l'acte le soir même...
 

Live report : All Them Witches - La Maroquinerie, Paris, 10 octobre 2016

Chroniqué en janvier dernier, le troisième album des All Them Witches, Dying Surfer Meets His Maker, demeure, près d'un an après sa sortie le 30 octobre 2015, l'un des coups de cœur de l'année passée du RHCS. Auteurs d'un album conciliant feeling blues et groove stoner rock, les quatre musiciens originaires de Nashville étaient de nouveau de passage à Paris après leur précédent concert, le 8 mars dernier, à La mécanique ondulatoire. Dans le cadre de leur nouvelle tournée européenne de 17 dates, du 2 octobre à Bristol au 21 octobre à Anvers, faisant donc suite à leur précédente tournée sur le vieux continent en début d'année (1), ATW fit escale le 10 octobre à La Maroquinerie, pour un concert annoncé une fois encore complet, à l'instar de la majorité des dates de ladite tournée.

Accompagnant les étasuniens au cours de ce périple européen, les israéliens de The Great Machine avaient la charge d'ouvrir la soirée. Formation en provenance de Tel Aviv, le trio a à son actif trois disques, deux EPs, un premier sorti en mai 2013, un second en avril de cette année, et un album éponyme datant de décembre 2014. Adepte d'un stoner débridé, à l'image du look bigarré des frangins Omer et Aviran Haviv, guitariste et bassiste/chanteur, la musique de TGM évoque par moment le Mondo Generator de Nick Oliveri, entre desert rock, poussées punk et riffs plombés. Une bonne mise en bouche.
 

Live report : John Surman - Théâtre du Châtelet, Paris, 8 octobre 2016

Dans le cadre du festival Jazz sur Seine, du 7 au 22 octobre prochain, le saxophoniste britannique John Surman était convié lors d'une carte blanche à jouer au Théâtre du Châtelet. Étaient invités à cette soirée plusieurs musiciens et collaborateurs de longue date dont le contrebassiste Chris Laurence, la chanteuse norvégienne Karin Krog, le quatuor à cordes Trans4mation String Quartet et Jack DeJohnette, ancien batteur de Miles Davis et compagnon de route pendant trente ans du trio du pianiste Keith Jarrett.

Pour les présentations d'usage, indiquons qu'en plus d'être une figure de proue du jazz européen via le label ECM durant près de quatre décennies, John Surman peut se targuer d'être un souffleur atypique, doublé d'un explorateur à la recherche de nouveaux horizons sonores. Pour cela il suffit d'écouter par exemple son utilisation personnelle des boucles de synthétiseurs ou du re-recording (overdubbing en anglais) [1] sur Westering Home (1972) et Road to Saint Ives (1990). Concert scindé en deux parties bien distinctes, chacun de ces volets avait la tâche de mettre en lumière une des nombreuses facettes protéiformes de cet improvisateur, passé maitre dans l'art de la clarinette basse et du saxophone soprano et baryton.


Une femme dans la tourmente (Midareru) - Mikio Naruse (1964)

Inédit en salles en France jusqu'à sa récente exploitation en décembre dernier, quelques mois après la rétrospective consacrée à son réalisateur, Mikio Naruse, à la Maison de la culture du Japon à Paris en avril 2015 [1], Une femme dans la tourmente sort pour la première fois en DVD dans le cadre du coffret L'âge d'or du cinéma japonais (1935-1975) édité par Carlotta qui sort ce 14 octobre.

Plus discret et secret que ses pairs Akira Kurosawa ou Kenji Mizoguchi, Mikio Naruse (1905-1969) est devenu à l'instar de Yasujiro Ozu l'un des témoins privilégiés des bouleversements de la société nippone d'après-guerre. Réalisateur de 89 films entre le début des années 30 et la fin des années 60, Mikio Naruse a pratiqué plusieurs genres différents, avec toujours la même constante au niveau du récit qui se résume toujours par « une quête de bonheur matériel ou sentimental dans laquelle les personnages se lancent au mépris des convenances morales, quête toujours entamée mais jamais aboutie », comme le souligne Eléonore Mahmoudian dans le Dictionnaire en 101 cinéastes japonais inclus dans ledit coffret. Et Une femme dans la tourmente ne déroge pas à ce constat. Au contraire, ce mélodrame, récompensé en 1964 au festival de Locarno par le prix d'interprétation féminine pour Hideko Takamine, actrice préférée de Naruse, narre l'amour impossible et la passion refoulée de deux êtres stoppée par les conventions sociales de l'époque. Mais n'allons pas trop vite.

Au Japon, la récente ouverture d'un supermarché met à mal la santé financière des petits commerçants d'un quartier d'une petite ville de province. Veuve de guerre, Reiko (Hideko Takamine) s'occupe seule depuis dix-huit ans de l'épicerie appartenant à sa belle-famille, quand son beau-frère, d'une dizaine d'années son cadet, Koji (Yûzô Kayama), revient dans le giron familial après avoir quitté son emploi à Tokyo. Alors que sa famille attend de lui la reprise du magasin, celui-ci mène au contraire une vie oisive et dissolue, entre jeux d'argent, alcool et filles [2]. Or la belle-famille de Reiko qui a d'autres projets pour l'épicerie...
 

Le syndrome d'Edgar Poe - N. G. Mount (1995)

Avant-dernier chapitre inattendu d'une filmographie atypique, avant un téléfilm étasunien Brooklyn Cop (1998) et un WIP longtemps reporté, et à jamais inachevé, dénommé Death Camp [1], Le syndrome d'Edgar Poe de N. G. Mount, alias Norbert Moutier, s'échappe quelque peu des précédentes productions de son auteur. Marquant la fin d'une époque d'intense activité, par la série de quatre longs métrages réalisés en moins de cinq ans jusqu'au mitan des années 90, ce syndrome peut, non sans raison, être considéré par les thèmes évoqués comme son film le plus singulier. Produit dans la foulée de Dinosaur from the Deep avec Jean Rollin, le métrage quitte la science-fiction ultra fauché pour verser dans l'hommage Sadien. Rien que ça. Mais n'allons pas trop vite.

En proie à de récurrents cauchemars et souffrant d'une santé mentale fragile, Roderick (Christophe Bier) croit être l'incarnation du grand écrivain Edgar Allan Poe. En pension chez sa tante (Sylvaine Charlet) depuis sa sortie de la clinique psychiatrique, le jeune homme est incapable d'écrire le moindre mot. Or la comtesse compte sur le futur roman de son neveu pour financer les réparations de son manoir, qui tombe inexorablement en ruine. Aidée par le trouble docteur Kemp (Gérard Stum), celle-ci invite le temps d'un séjour le professeur Waldemar (Robert André) accompagné de son épouse Morella (Brigitte Borghese), une dominatrice férue de sadomasochisme qui a pour mission de rallumer la flamme morbide de Roderick. Témoin de ces pratiques qui débouchent sur la torture et le meurtre de victimes ayant eu le tort d'accepter l'hospitalité de la propriétaire des lieux, Roderick retrouve finalement l'inspiration, tandis qu'un étrange individu vêtu de noir semble hanter les couloirs du château... 
   

Ogroff - N.G. Mount (1983)

Présenté en avant-première mondiale lors de la première édition du festival du Super 8 organisé par la revue Mad Movies à Paris en 1983 [1], le film Ogroff jouit depuis cette date d'un culte, certes modeste, mais non démenti. Auréolé du titre de premier slasher français, cet OFNI, dans le paysage hexagonal, est l'œuvre de N. G. Mount, alias Norbert Moutier, créateur de Monster Bis, ou l'un des fanzines les plus connus de l'époque au côté du Ciné Zine Zone de Pierre Charles. Rêve insensé d'un amateur de cinéma bis décidé à tourner un long métrage d'horreur en Super 8, nanar gore invraisemblable réalisé avec une économie de moyens frôlant l'indécence, témoignage d'une époque révolue, Ogroff est tout à la fois, et bien plus encore. Diffusé par la suite dans les années 80 en VHS sous le titre Mad Mutilator, le film a été édité depuis en DVD par Artus Films dans une version collector trentième anniversaire. Culte.

Malheur à l'imprudent qui viendrait perturber la quiétude du résident et seigneur de la forêt Orléanaise : Ogroff. Pour ce bûcheron masqué, la Seconde Guerre mondiale n'est pas encore terminée. Nul peut échapper à sa folie meurtrière : homme, femme, enfant, pour chacune de ses victimes, la même sentence, mutilation, démembrement, puis la mort. 
  

The Witch - Robert Eggers (2015)

Remarqué et récompensé au festival de Sundance de 2015, lauréat du prix de la mise en scène pour Robert Eggers, The Witch aura autant suscité l'admiration que l'aversion du public, tant ce long métrage s'éloigne des films d'horreur contemporains. Une position qui n'est pas sans rappelée l'une des révélations, ou présentée comme telle, de l'année 2014, It Follows. A l'instar du second film de David Robert Mitchell, le scénario écrit par Robert Eggers se démarque des usuelles histoires de possession qui font encore florès Outre-Atlantique, pour revenir sinon aux sources du mal, du moins, aux prémices des hallucinations hystériques qui envahirent l'ancienne colonie britannique, et qui aboutirent au procès des sorcières de Salem en 1692 dans le Massachusetts. Entre thriller psychologique et film fantastique, le film promettait beaucoup. Trop. A l'image de sa bande annonce. Les meilleures intentions ne font pas toujours les meilleurs films, mais n'allons pas trop vite...

Nouvelle Angleterre, 1630. La famille de la jeune Thomasin (Anya Taylor-Joy), ses parents et ses frères et sœur, est menacée d'être bannie par la communauté de colons à laquelle il appartient, le père William (Ralph Ineson) ayant une autre interprétation de la bible. La famille décide de quitter la colonie et de vivre à l'orée de la forêt voisine. Quelques temps plus tard, la famille étant désormais installée, la mère, Katherine (Kate Dickie), donne naissance à un cinquième enfant, Samuel. Tandis que celui-ci était sous la surveillance de Thomasin, Samuel disparaît mystérieusement non loin du bois... 
   

The Sand - Isaac Gabaeff (2015)

Évoqué en conclusion de notre chronique du déjà navrant Blood Beach de Jeffrey Bloom, The Sand d'Isaac Gabaeff n'échappe pas à la règle, qui veut que la relecture d'un mauvais film a peu de chance d'être une bonne surprise. Présenté en avant-première lors du festival britannique FrightFest en 2015, ce long métrage accumule les tares que son seul budget restreint ne pourrait justifier. Une raison suffisante, en somme, pour le préposé à la chronique de faire l'éloge déviante de ce sable meurtrier, qui conjugue effets spéciaux numériques ratés et ressorts dramatiques grotesquement boursouflés. Gare à la vorace plage tueuse de spring breakers...

La nuit tombée sur une plage américaine, un groupe d'étudiants font la fête, quand deux d'entre eux découvrent, par hasard, un énorme œuf. Le lendemain matin, remis de leurs divers excès, plusieurs jeunes se réveillent : Kaylee (Brooke Butler) et Mitch (Mitchel Musso) sont dans la loge du maître-nageur, Jonah (Dean Geyer) le petit-ami de Kaylee est dans une voiture accompagné de Chanda (Meagan Holder), et d'un couple d'amis à l'arrière du véhicule, Vance et Ronnie, tandis que Gilbert (Cleo Berry) est coincé dans une poubelle. Or des autres compagnons de la soirée, il ne reste plus que leurs sacs de couchage vides. A son réveil, Kaylee aperçoit sur la plage une mouette qui se fait happer par le sable...
   

Propriété privée - Leslie Stevens (1960)

Protégé d'Orson Welles à ses débuts [1], dramaturge puis scénariste pour le cinéma (il adapta la pièce de Gore Vidal, Le gaucher, pour Arthur Penn), producteur et réalisateur, dont une majeure partie de son travail fut consacré au petit écran (il est le créateur de la série de science-fiction Au-delà du réel entre 1963 et 1965), le prolifique Leslie Stevens, à l'instar de son illustre Pygmalion, dût rapidement composer avec une industrie cinématographique, rarement conciliante avec les créateurs épris d'indépendance. Écrit à une époque où le puissant code Hays régissait encore la production des films aux États-Unis, le premier film de Stevens, Propriété privée, n'eut d'autre choix d'être produit sans l'appui des grandes majors hollywoodiennes. Thriller aux références sexuelles explicites et au voyeurisme revendiqué, condamné par la Ligue pour la vertu, l'odeur de soufre laissée par Propriété privée dispensa sans surprise en 1960 un parfum de scandale. Film noir longtemps considéré comme perdu, invisible depuis sa sulfureuse sortie, Propriété privée ressort dans les salles ce 7 septembre 2016 dans une version restaurée en haute définition 4K. 

Émergeant d'une plage longeant l'océan pacifique, deux vagabonds nommés Duke (Corey Allen) et Boots (Warren Oates) font escale dans une station-service de la Pacific Coast Highway. Ils y font la connaissance d'Ed Hogate (Jerome Cowan) venu faire le plein de sa rutilante Buick Skylark. De la même manière qu'ils l'avaient fait avec le patron de la station-service, les deux marginaux intimident le directeur commercial. Or peu de temps après, ils remarquent une élégante femme blonde (Kate Manx) dans une belle auto blanche. Ils obligent le représentant de commerce, sous la menace de leurs couteaux, à suivre la jeune femme jusqu'à une villa cossue dans les hauteurs de Los Angeles. Sur place, ils découvrent que la maison d'à côté est inhabitée. Ils décident alors de s'y installer incognito pour épier leur nouvelle voisine, Ann, qui passe ses journées au bord de la piscine à attendre son mari...
 

Basket Case 2 & 3 - Frank Henenlotter (1990-1991)

Huit années après les premiers méfaits de la fratrie Bradley, et une relecture hallucinogène nommée Brain Damage sortie en 1988, Frank Henenlotter revenait aux affaires en signant coup sur coup, en ce début de décennie 90, l'épisode 2 et 3 de son film culte Basket Case. Disponibles en DVD et Blu-Ray le 7 septembre prochain, le troisième volet étant inédit en France, ces deux séquelles toujours produites par Edgar Ievins, en association désormais avec James Glickenhaus, confortent l'esprit originel, tout en lorgnant cette fois-ci davantage vers la comédie trash.

La fin du premier Basket Case, et son épilogue doublement tragique, le meurtre et le viol de Sharon par Belial, et la supposée mort des deux frères par défenestration, laissaient peu de place, pensait-on, à une quelconque suite. Erreur. Rescapés de leur chute, les frères Bradley, reconnus coupables de leurs crimes, s'échappent et trouvent refuge chez « mamie Ruth » dont la maison est devenue l'asile de créatures difformes à l'image de Belial. Personnage secondaire, et néanmoins central, des deux nouveaux épisodes, interprété par Annie Ross, mamie Ruth est loin d'être une protectrice de freaks disciple de la non violence. Gare aux vilains qui souhaiteraient faire du mal à ses chers protégés : dans l'épisode deux, une journaliste (Judy Grafe), travaillant pour un tabloïd, et dans l'épisode trois, un shérif et ses adjoints alléchés par la prime d'un million de dollars pour la capture des frères Bradley, car mamie Ruth a désormais un bras armé et vengeur nommé Belial. Ça va saigner...

Cronico Ristretto : Le soldat Laforêt - Guy Cavagnac (1971)

Ofni passé inaperçu sur grand écran en 1974, Le soldat Laforêt de Guy Cavagnac sort pour la première fois en DVD le 7 septembre prochain. Restauré en Haute Définition à partir des négatifs originaux grâce au soutien de la cinémathèque de Toulouse, qui fut également à l'origine de la restauration de La Campagne de Cicéron produit par Guy Cavagnac en 1988, cet unique long métrage réalisé en 1970 par l'ancien assistant de Jean Renoir s'offre ainsi une nouvelle jeunesse. Dont acte.
 
Juin 1940. Le soldat Laforêt (Roger Van Hool) perd par mégarde son régiment au détour d'une route. Tentant de retrouver en vain ses camarades, le jeune homme se met à errer à travers la campagne Aveyronnaise. Son vagabondage l'amène dès lors à croiser toute une galerie de personnages singuliers dont la jolie Diane (Catherine Rouvel)...

Basket Case - Frank Henenlotter (1982)

Après un premier volet consacré de près (The Exterminator, Blue Jean Cop) et de loin (Maniac Cop, Le scorpion rouge) au réalisateur/producteur James Glickenhaus, Carlotta revient le 7 septembre prochain avec le second chapitre de leur Midnight Collection, cette fois-ci, entièrement dédié à l'œuvre de l'américain Frank Henenlotter [1], à savoir ses trois Basket Case, suivi de près par Frankenhooker. Auteur d'une série qui connaîtra donc deux séquelles au début de la décennie précédente, Frank Henenlotter signe à l'orée des années 80 avec Basket Case un premier film tout sauf anodin. Mieux, fort de son succès lors des séances de minuit new-yorkaises, et profitant par la suite de l'avènement de la VHS, celui qui devait rester cantonner aux productions bon marché des cinémas grindhouse de la 42ème rue de la Big Apple est devenu au fil du temps un classique du cinéma d'exploitation 80's. En un mot, culte.

Duane Bradley (Kevin Van Hentenryck) débarque à New York avec pour bagage un étrange panier en osier cadenassé. Une fois installé dans un hôtel miteux de Manhattan, le mystère autour de ce panier est dévoilé : il s'agit de Belial, ancien frère siamois de Duane, séparé de force quand ils n'avaient que douze ans par une équipe de médecins engagés par leur propre père. Difforme, communicant avec Duane par la pensée, et désormais libre, Belial n'a qu'une idée en tête, se venger des docteurs qui ont pratiqués l'opération…

Dickshark - Bill Zebub (2015)

Créateur au début des années 90 du fanzine metal The Grimoire of Exalted Deeds, le dénommé Bill Zebub est devenu au cours de la décennie suivante un des réalisateurs bis les plus prolifiques avec environ 3 à 4 sorties direct-to-video par an. Tout en continuant ses activités dans la musique, The Grimoire continue d'être publié, l'homme caché sous le pseudonyme Professor Dum Dum anime une émission sur une radio locale dans son New-Jersey natal, et publie en DVD depuis le bien nommé Metalheads en 2001 moult documentaires et interviews de ses groupes préférés (telle la série des Metal Retardation), Zebub s'est fait connaître par le contenu atypique de ses productions, mêlant mauvais goût et budget minimaliste, à l'instar d'une de ses premières productions, Jesus Christ: Serial Rapist [1] en 2004 (et réédité en 2011), narrant l'histoire d'un psychopathe, kidnappeur de jeunes femmes, amateur de bondage et se prenant pour le fils de dieu, premier volet d'une série de longs métrages mettant en scène de près ou de loin le dit nazaréen (Zombiechrist, Jesus the Daughter of God ou bien encore Jesus The Total Douchbag). 2015, comme à l'accoutumée, Zebub ne manque pas de projets, et celui que certains ont nommé le King of the B Movies (?!) réalise plusieurs parodies, Nightmare on Elmo's Street et le méfait qui nous intéresse : Dickshark, connu également sous le nom de Frankenshark

Un couple est sur le point de faire l'amour, quand l'homme décide d'appliquer sur son sexe une crème censée augmenter la taille de son appendice. Catastrophe. Si la taille de son pénis a bien augmenté, celui-ci a pris la forme d'un requin. Après plusieurs essais infructueux avec sa partenaire, l'homme rejoint par dépit la salle de bain, quand celui-ci est attaqué par son squale génital qui lui sectionne un doigt ! Alerté par son petit ami, la jeune femme sort son revolver et tire sur le requin qui se sépare de son compagnon, et plonge dans la cuvette des toilettes disparaissant à jamais. Du moins, le croyait-on... 

The Endless Summer - Bruce Brown (1966)

Documentaire emblématique de la culture surf outre-Atlantique, The Endless Summer ressort dans les salles françaises en version restaurée inédite ce mercredi 10 août après une première sortie hexagonale, on l'imagine forcément en catimini, il y a quarante-huit ans. Projet initié par un jeune californien passionné de surf, le dénommé Bruce Brown eut l'idée de suivre avec sa caméra 16 mm le voyage de deux compatriotes surfeurs à la recherche de la vague parfaite au cours d'un « été sans fin ». Munis de leur seul planche de surf, d'un maillot de bain, et d'un pansement au besoin, Robert August et Mike Hynson, 18 et 21 ans au début de l'aventure en hiver 1963, avaient pour destination l'Afrique, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Tahiti puis Hawaï.

Doté d'un budget de 50 000 dollars, Bruce Brown, déjà réalisateur de nombreux documentaires sur le surf depuis la fin des années 50 dont le séminal Slippery When Wet (1958), souhaitait cette fois-ci s'écarter de ses précédents films en quittant la côte Ouest des États-Unis. Songeant au départ tourner uniquement en Afrique du Sud (on y reviendra), Brown décida par la suite de prolonger cet « été sans fin » en Afrique subsaharienne (Sénégal, Ghana et Liberia) et en Océanie. Au final, 15 km de bobine aux images d'une rare beauté.

Un temps pour vivre, un temps pour mourir - Hou Hsiao-hsien (1985)

Poursuivant son cycle autobiographique, entamé deux années plus tôt avec Les garçons de Fengkuei, qui s'inspirait librement de son passé de délinquant, Hou Hsiao-hsien livre avec Un temps pour vivre, un temps pour mourir son oeuvre la plus personnelle. Second volet de sa trilogie dit du passage à l'âge adulte (débutée en 1984 avec Un été chez grand-père tiré des souvenirs de la romancière et scénariste Chu T'ien-wen), Un temps pour vivre est le film le plus intimement lié aux souvenirs du cinéaste, de l'exil de sa famille en 1948 aux décès successifs de ses parents à l'orée de sa majorité. Portrait d'une jeunesse taïwanaise aux parents déracinés, ce sixième long métrage est désormais de nouveau visible dans les salles de cinéma depuis le 3 août dernier.

1948, Ah-Hsiao, tout juste bébé, et sa famille quittent le Sud de la Chine alors en pleine guerre civile pour Taïwan, où le père a trouvé un poste d'enseignant. D'abord installés près de Taipei, ils déménagent à Fengshan, au Sud de l'île, où le climat est plus clément pour le père, asthmatique. Choyé par sa grand-mère qui ne perd pas espoir de pouvoir refouler un jour le sol continental, le petit garçon espiègle surnommé Ah-ha qu'il était à dix ans, se mue à l'adolescence en jeune homme taciturne et membre d'un gang...

Les garçons de Fengkuei - Hou Hsiao-hsien (1983)

Troisième film inédit dans le cadre de la rétrospective des œuvres de jeunesse de Hou Hsia-hsien, Les garçons de Fengkuei indique une nette rupture dans la filmographie du cinéaste chinois. Long métrage légèrement postérieur au film à sketches sorti la même année en 1983, L'homme-sandwich, et réalisé par le collectif fondateur de la Nouvelle vague taïwanaise, dont HHH mis en scène le court-métrage éponyme, Les garçons de Fengkuei confirmait la nouvelle mue du réalisateur après le transitionnel Green, Green Grass of Home. Fruit de la rencontre avec la romancière Chu T'ien-wen, qui devenait à partir de cette date sa scénariste attitrée, le film puise au plus prêt des souvenirs de jeunesse du cinéaste, et introduit le début d'une tétralogie [1] qui se conclura avec Poussières dans le vent (1986), avant d'entamer trois ans plus tard un nouveau cycle cinématographique centré cette fois-ci sur l'histoire de Taïwan [2]

Ah-ching (Doze Niu) et ses amis habitent Fengkuei, un paisible village de pêcheurs des îles Penghu. Les quatre garçons multiplient les bagarres et petits larcins pour passer le temps et s'échapper à l’ennui. Suite à un règlement de comptes qui a mal tourné, trois membres du groupe, Ah-ching, Ah-jung et Kuo-tzu partent à Kaohsiung. Grâce à la sœur d'Ah-ching, ils trouvent sur place un appartement, puis un travail dans une usine locale. Mais la vie dans cette grande ville va bientôt remettre en cause l'unité et l'amitié de ce petit groupe face aux réalités quotidiennes...

Cute Girl | Green Green Grass Of Home - Hou Hsiao-hsien (1980-1982)

Lauréat du Prix de la mise en scène lors du festival de Cannes 2015 pour The Assassin, Hou Hsiao-hsien est devenu depuis une trentaine d'années un des réalisateurs les plus influents du cinéma contemporain. Modèle pour les jeunes cinéastes chinois dès les années 1980 en compagnie d'Edward Yang (Yi yi), Chen Kun-hou ou Wan Jen, avec qui il cosignera en 1983 le film-manifeste L'homme-sandwich, cette figure emblématique de la Nouvelle Vague taïwanaise eut droit en mars dernier, du 2 au 31, à une rétrospective à la Cinémathèque française, quelques semaines après avoir présenté en ce lieu et en avant-première son nouveau long métrage primé. Or dans la continuité de cet hommage, cinq œuvres de jeunesse du cinéaste (1), dont trois inédits, ressortent dans les salles le mercredi 3 août 2016 en version restaurée dans le cadre d'une rétrospective initiée par Carlotta.

Tourné à l'âge de 32 ans, après avoir exercé ses talents d'assistant dans la seconde moitié des années 70 pour des cinéastes comme Li Xing, Chen Kunhou ou Lai Chengying, Hou Hsiao-hsien se lance dans la réalisation de son premier long métrage. Écris, tourné et monté en seulement deux mois, Cute Girl s'affiche comme l'acte de naissance d'un début de carrière placé sous le signe du cinéma populaire avec, pour incarner les deux personnages principaux, les deux grandes vedettes de l'époque : le Hongkongais Kenny Bee et la Taïwanaise Feng Fei-fei. 

Jeune fille aisée promise au fils d'un riche industriel (Anthony Chanque son père a choisi pour elle comme époux, Wenwen (Feng Fei-fei), prise par le doute, quitte Tapei pour rejoindre sa tante qui vit à la campagne. Elle y fait la connaissance de Daigang (Kenny Bee), jeune géomètre citadin d'origine modeste venu faire avec ses collègues des mesures dans le village pour la prochaine construction d'une route, projet qui n'est pas s'en créer des tensions avec une partie de la population locale...
  

Little Big Man - Arthur Penn (1970)

Après un premier long métrage et une première incursion dans le genre du western en 1958, dans Le gaucher avec Paul Newman dans le rôle de Billy The Kid, qui se solda par une expérience des plus mitigées, tant critique que public, plus des premiers rapports difficiles avec une major [1], la Warner Bros., le cinéaste Arthur Penn, fort du succès de Bonnie et Clyde, trois ans plus tôt, revint en 1970 au genre avec l'adaptation du roman éponyme de Thomas Berger, Little Big Man (Mémoires d'un visage pâle dans sa version française). Entreprise de démystification de l'histoire des Etats-Unis, tant sur la forme que sur le fond, le long métrage s'inscrivit comme le premier acte de films remettant en cause la conquête de l'Ouest, et les velléités des colons blanc en abordant la question amérindienne [2], avant l'année suivante du Soldat bleu de Ralph Nelson [3] ou Jeremiah Johnson de Sydney Pollack. Un classique désormais de retour au cinéma le 20 juillet 2016 dans une version restaurée inédite.

Dans un hôpital, Jack Crabb (Dustin Hoffman), 121 ans, est le dernier survivant de la bataille de Little Bighorn qui vit la victoire des Indiens sur les troupes du général Custer (Richard Mulligan). Il raconte à un journaliste sa vie, du massacre de ses parents par les Indiens Pawnees, à son adoption par les Cheyennes, où il reçut le surnom de Little Big Man par son grand-père adoptif Peau de la Vieille Hutte (Dan George), puis son retour parmi les Blancs, jusqu'à son enrôlement dans l'armée de Custer durant les guerres indiennes…

Le scorpion rouge - Joseph Zito (1988)

1988. Tandis que les États-Unis connaissaient les dernières heures d'un Reaganisme en phase pré-Alzheimer, le cinéma d'action 80's US se trouva fort dépourvu quand la fin prochaine de la Guerre froide fut venue. Une période de transition en somme, à laquelle les stratèges d'Hollywood trouvèrent des solutions adaptées ou non : d'un côté, les pragmatiques qui lorgnèrent vers une virile coexistence pacifique telle la Double détente de Walter Hill, et les autres, garants ad vitam æternam des saintes valeurs du monde libre. Sorti quelques mois après Rambo III, qui voyait le pré-retraité John Rambo prêter mains fortes à de courageux moudjahidines contre la vile armée soviétique (qui avait eu la mauvaise idée de retenir prisonnier son cher et tendre Colonel Trautman), Le scorpion rouge suivait une direction similaire, soit mettre en lumière une dernière fois le vrai visage de « l'empire du mal » dixit le cowboy de la Maison blanche. Fort de sa prestation marquante en qualité de boxeur russe dans le rôle du glacial Ivan Drago dans le déjà fort Reaganien Rocky IV, le suédois Dolph Lundgren rangeait momentanément son costume de superhéros [1], pour enfiler, non pas les gants mais, l'uniforme d'un soldat soviétique. Film fleurant bon la testostérone, symptomatique d'un cinéma d'action stéréotypé typique des années 80, Le scorpion rouge est désormais disponible depuis le 6 juillet en Blu-ray et DVD dans le cadre de la Midnight collection éditée par Carlotta.

Nikolai Petrovitch Rachenko (Dolph Lundgren) est un Spetsnaz, soldat d'élite de l'armée soviétique dépêché en Afrique pour aider un pays ami en proie à une rébellion, dont le leader Ango Sundata menace le régime communiste en place. Sa mission : assassiner ce chef rebelle. Afin d'infiltrer le camp ennemi, Nikolai sème le trouble dans un bar. Arrêté, il partage la même cellule que celle du rebelle Kallunda Kintash (Al White) ainsi que celle du reporter américain Dewey Ferguson (M. Emmet Walsh). D'abord sur leurs gardes, le soldat gagne la confiance des deux hommes après les avoir aidés à s'échapper et à rejoindre le campement de Sundata. La nuit venue, Nikolaï tente d'assassiner sa cible, mais le leader se méfait de ce nouvel allié nouvellement rallié...

Maniac Cop - William Lustig (1988)

Absent depuis 1983 et son Vigilante avec Robert Forster et Fred Williamson, William Lustig revenait cinq années plus tard aux affaires déviantes avec un nouveau film d'horreur intitulé Maniac Cop. Clin d'œil évident à son culte et traumatisant Maniac interprété par le regretté Joe Spinell, ce troisième film [1], écrit par Larry Cohen (Le monstre est vivant), et produit par James Glickenhaus, marquait l'acte de naissance d'un nouveau croque-mitaine, Matt Cordell. Vision personnelle et revisitée d'un certain type de slashers devenus recette à succès au cours de la décennie 80, ce nouveau tueur en série cédait à Freddy Krueger et autres Jason Voorhees les plaisirs simples de massacrer la jeunesse américaine, pour mieux occire sans distinction l'innocent venu chercher de l'aide auprès de cette silhouette portant l'uniforme de la police new-yorkaise. Un film désormais disponible en Blu-ray et DVD le 6 juillet prochain, dans le cadre de la Midnight Collection éditée par Carlotta.

New-York, une série de meurtres sanglants est perpétrée depuis peu. Or les témoins affirment que le tueur porte un uniforme de policier. En charge de l'enquête, le lieutenant McCrae (Peter Atkins) est persuadé que l'auteur de ces crimes est bien l'œuvre d'un policier fou. Contre l'avis de ses supérieurs, McCrae donne l'information à une amie journaliste afin de protéger les new-yorkais. Tandis que l'effet inverse se produit, et qu'une véritable psychose s'empare de la population, l'agent Jack Forrest (Bruce Campbell) est soupçonné d'être le maniac cop, depuis la découverte du cadavre de sa femme dans une chambre d'un motel voisin, le journal intime de son épouse indiquant que celle-ci le suspectait d'être le tueur en série. Mais l'inspecteur McCrae est convaincu de son innocence…