Mr. Hands - Herbie Hancock (1980)

A juste titre (1), ce blog a souvent raillé les travers des années 80, qui plus est avec une goutte d'amertume manifeste, au vu des trajectoires plus ou moins ratées des artistes issus des décennies précédentes (2). Le premier exemple me venant à l'esprit étant celle empruntée par le David Bowie des eighties, plus transparent et fantomatique que jamais comme nous le rappelait les premières chroniques du célèbre et désormais envié David Bowie Blog Tour 2009 (3). Pourtant, force est de constater que certains artistes n'ont pas attendu les années 80 pour se prendre les pieds dans le tapis, allant jusqu'à faire transparaitre le futur mauvais goût propre aux sonorités populaires des années 80 à de l'avant-gardisme? Encore une fois, à force de vouloir tirer sur l'ambulance, on enfonce avant tout de délicieuses portes ouvertes (c'est un pêché mignon, que voulez-vous). Ainsi, quand bien même certains prennent la précaution de relativiser à tours de bras, quitte à sortir de leurs chapeaux le fameux contexte historique aux grandes oreilles, nul ne peut décemment affirmer que les années 80 ont seules l'apanage du mauvais goût (4). Dès lors, on aurait tort d'oublier que des artistes, en plus de s'être « plantés » durant la décennie, qui fit de la musique désormais le faire valoir du vidéo clip, ont aussi enfilé quelques beaux plantages la décennie précédente.

Prenons Herbie Hancock, puisque c'est de lui qu'il s'agit, soit un des plus beaux exemples de jazzmen, symbole d'une génération à la recherche d'un second (voire triple) souffle. La mémoire collective retient en général de ce dernier avant tout son chef d'œuvre du jazz funk, Head Hunters, ce qu'on néglige, c'est l'après...
 

Low - David Bowie (1977)

On a beau être prêt à relever les défis les plus vicieux, accepter de participer au désormais fameux (et célèbre) David Bowie Blog Tour 2009, n'avait rien d'un pari sans risque. Or contrairement à mes autres camarades de jeu, le préposé à la chronique a réussi (non sans grâce) à éviter le piège tendu par Xavier, laissant à Arbobo, Thom ou Grisé les funestes albums des 80's de sieur David Robert Jones. Enfin... c'était avant de devoir chroniquer l'un des albums de Bowie les plus difficiles à chroniquer, soit le premier volet de sa trilogie berlinoise: Low. Prenons alors le problème inverse, fouillons les internets et retrouvons la retranscription d'une réunion qui s'est tenue dans les locaux de la maison de disque RCA datant de fin 1976.

Trio of Doom : McLaughlin/Pastorius/Williams (1979)

Des trios mythiques dans la musique, quand bien même il en existe bon nombre de surestimés (1), même mon agent comptable préféré vous dira que ce n'est pas ce qui manque. Maintenant, lorsque vous ajoutez comme nouveau paramètre des rencontres fantasmées voire totalement hypothétiques, le passionné de musique peut dès lors entrevoir une myriade de possibilités. Au début du mois par exemple, j'ai appris que Josh Homme accompagné de Dave Grohl et de John Paul Jones enregistreraient un album, tout du moins quelque chose qui ressemblerait à de la musique à Los Angeles (2). Le jazz aussi a connu de belles rencontres entre all-stars, qui plus est en trio, la première me venant à l'esprit étant le fameux trio Duke Ellington, Charles Mingus et Max Roach et leur Money Jungle de 1962. Concernant le jazz électrique, le format du trio pourrait en surprendre plus d'un si on garde à l'esprit les grands noms des 70's. Pourtant, on aurait tort d'omettre l'un des disques fondateurs du mouvement jazz-rock, Emergency du Lifetime de Tony Williams de 1969 qui déjà ne comptait que trois musiciens. Dix ans plus tard, on retrouve quasiment les mêmes, soit les deux tiers du trio originel, avec cette fois-ci en lieu et place de l'organiste Larry Young, l'étoile montante (et bientôt filante) de la basse électrique, Jaco Pastorius.

Ogre - Steven R. Monroe (2008)

En s'inspirant de la célèbre introduction du Captain Flam : au fin fond de votre errance, à des années et des années lumière de toute rémission, veille celui que le cinéphile déviant appelle, quand il n'est plus capable de trouver une solution à ses problèmes, quand il ne reste plus aucun espoir : le nanar horrifique. Voici donc la chronique d'une adorable catastrophe filmique annoncée, celle où l'auteur de ces lignes tentera de démontrer par A+B que la quête du pouvoir rime souvent avec un léger dommage collatéral pour la population de basse extraction.

Pour débuter, on appréciera la délicate accroche commerciale tentant de nous vendre cet Ogre en faisant référence à un autre congénère, vert de son état, qui truste depuis pas mal d'années les projecteurs hollywoodiens: "No Donkey. No Fairy Tale. Just TERROR" [1]. Bref, attention les jeunes, cette production, pour la chaîne câblée étasunienne Sci Fi Channel, réalisée par Steven R. Monroe, n'est pas là pour amuser la galerie. Voici donc le règne de la terreur, jeunes gens, un personnage de légende venu hanter vos pires cauchemars télévisuels... Dommage, finalement, que la seule chose qui soit un tant soit peu impressionnante soit ladite jaquette... étonnant, non ?

Aura (1985) : United colors of Miles Davis

Force est d'admettre, et au-delà de la formule qui pourrait aisément paraitre facile, les albums de Miles Davis des années 80 ont loin d'avoir la même fulgurance que ceux du passé. Décennie des plus paradoxales, à savoir celle du retour inespéré et de la starification, les disques 80's du ténébreux trompettiste souffrent de la comparaison. Or, Aura, son dernier album pour la Columbia enregistré en 1985 (on y reviendra), s'inscrit sans conteste comme l'un de ses disques les plus intéressants.

Après cinq ans de black out total, où encore aujourd'hui certains n'en ont pas encore fini de fantasmer sur cette période noire, Miles Davis revenait sur le devant de la scène avec son album The Man with the Horn. Bon gré mal gré, le mythe vivant poursuivait son chemin entouré d'une jeune garde allant du guitariste Mike Stern, du saxophoniste soprano Bill Evans [1] en passant par le fidèle Al Foster à la batterie, le bassiste Marcus Miller et le claviériste Robert Irving III. Pour le pire et pour le meilleur, ces deux derniers eurent une importance notable sur la production et les compositions de Davis durant ladite décennie. Toujours aussi versatile, humant l'air du temps, la fracture avec la jeune garde symbolisée par les Young Lions Marsalis s'amplifie. A une époque où le jazz revient vers un classicisme hérité du hard bop des 50's, Miles Davis lorgne de plus en plus vers la pop et le funk synthétique.

Sisters, soeurs de sang - Brian De Palma (1973)

Brian De Palma. Étonnant le parcours de ce cinéaste de la bande des cinq [1], longtemps sous-estimé par les critiques, au mieux juste bon à être comparé à un sous Hitchcock à la sauce barbu aux dents longues. Une vision d'autant plus paradoxal que ces supposés défauts, en particulier celui de proposer un cinéma (de genre) référentiel. Force est d'admettre, ceci dit, que l'œuvre et l'influence d'Alfred Hitchcock sur le cinéma de Brian De Palma n'est plus à prouver, ce dernier se déclarant ouvertement comme un de ses héritiers : Obsession ou relecture à peine voilée de Vertigo, sa « trilogie » [2] débutée en 1980 avec Dressed to Kill (Pulsions), et conclu par le mésestimé Body Double, sans oublier son cinquième long métrage, et premier hommage au maître, Sisters, sorti en 1973.

Rencontrés lors d'un show télévisé faisant la part belle au voyeurisme [3], la jeune mannequin et apprentie comédienne Danielle Breton (Margot Kidder) invite le soir même chez elle son compagnon d'infortune hertzienne, le prévenant Phillip Woode. Bien qu'importuné la veille, lors du dîner par l'ex mari de la jeune femme, le couple passe une excellente soirée et n'hésite pas à passer la nuit ensemble. Au matin, Woode apprenant à la fois que Danielle vit avec sa sœur jumelle et qu'il s'agit de leur anniversaire, achète un gâteau pour l'occasion, ce gentilhomme ne voulant en aucun cas semer le trouble entre les deux sœurs. De retour à l'appartement de Danielle, Woode se fait assassiner brutalement à l'arme blanche... tandis qu'une voisine, Grace Collier, assiste à l'agonie du malheureux de sa fenêtre. Cette dernière, journaliste pour un quotidien de Staten Island, décide alors de mener sa propre enquête avec l'aide d'un privé, la police ayant bouclée l'affaire faute de preuves... et de cadavre.

Twilight... au crépuscule de la niaiserie

Le préposé en convient, et vous pouvez en convenir, écrire une critique du dernier film phénomène adolescent n'est en aucun cas constructif, sinon un acte, le cas présent, de méchanceté facile. Le titre du post étant suffisamment éloquent, hormis vouloir (de nouveau) se poser en un garant d'une pose cinéphile pseudo élitiste [1], rédiger un post sur Twilight n'apporte rien. A l'image de ce long-métrage.
     
Twilight ou l'histoire de la jeune Bella qui du haut de ses dix-sept printemps doit désormais vivre chez son père, sa mère [2] désormais trop occupée à suivre sur les routes de la belle Amérique son second mari, joueur de baseball de son état. Non contente de devoir quitter l'Arizona et Phœnix pour déménager dans l'un des états les plus pluvieux des USA, l'état de Washington, (Isa)Bella se retrouve ni à Seattle ni à Twin Peaks, mais dans une bourgade appelée Forks, où l'on n'y décompte pas moins de 3000 âmes. Très vite intégrée au lycée local, Bella fait la connaissance du mystérieux Edward Cullen, un jeune homme lunatique, qui vit pratiquement en vase clos avec sa fratrie, ce qui n'empêche pas les deux jeunes gens de se sentir attirés l'un vers l'autre...
  

Chocolat, Claire Denis (1988)

Il serait dommage de ne retenir que les films les plus expérimentaux de la talentueuse Claire Denis à savoir Trouble Every Day ou L'intrus, quand bien même dans le premier cas, celle-ci filme à merveille les couloirs d'hôtel ou les assassinats sauvages dans les pavillons de banlieue.

D'autre part, en guise de préambule, on pourrait rappeler que Chocolat n'est autre que le premier film de l'ex-assistante réalisateur de Wim Wenders et de Jim Jarmusch... voilà de quoi éveiller normalement le cinéphile, n'est-ce pas (1)? Ainsi sur le tard, encouragée par le cinéaste de L'ami Américain, Claire Denis se lance dans l'écriture et la réalisation de son premier long-métrage, film qui comme c'est souvent le cas chez certains auteurs, retrace une part plus ou moins autobiographique de sa vie. Claire Denis va dès lors puiser dans ses souvenirs d'enfance, ceux de la petite fille qui grandit en Afrique coloniale lorsque son père était encore administrateur en Haute-Volta, au Cameroun et à Djibouti (2).

Alphaville : une étrange aventure de Lemmy Caution - Jean-Luc Godard (1965)

1965, neuvième film de Jean-Luc Godard en cinq ans, en attendant Pierrot le Fou la même année. Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution, ou le projet audacieux de retranscrire un univers déshumanisé, à la croisée du film d'anticipation, de la Science-Fiction et du polar. Un Godard qui dès son premier chef d'œuvre, A bout de souffle, s'était déjà essayé à une variation autour du film de genre, mais avec cette fois-ci en guest, l'un des héros populaires du cinéma de genre des 50's, Eddie Constantine.

Lemmy Caution, sous le nom d'emprunt Ivan Johnson journaliste au Figaro-Pravda [1], enquête pour le compte des pays extérieurs dans la cité futuriste Alphaville. Dès son arrivée à son hôtel, d'étranges phénomènes se produisent, il se fait agressé dans sa chambre par un inconnu et reçoit les avances d'une demoiselle... une séductrice d'ordre 3. Caution a pour mission de retrouver l'agent Henry Dickson (Akim Tamiroff), porté disparu, puis de ramener voire d'éliminer le créateur d'Alphaville, le professeur Von Braun (Howard Vernon). Au cours de son investigation, Lemmy Caution rencontre la fille du professeur (Anna Karina) et découvre un monde où les sentiments et la poésie sont bannis. Un monde où tout est dicté par une autre création du professeur Von Braun, l'ordinateur omnipotent Alpha 60. Les habitants y sont conditionnés. Nulle émotion ne doit apparaître sous menace de mort. Cette dernière étant considérée comme illogique. Un monde où on ne pose jamais la question "Pourquoi ?" mais où l'on doit toujours répondre "parce que".

Sepultura: Under Siege (Live in Barcelona)

Formé autour de l'ossature fraternel des Cavalera, Igor et Max, Sepultura nait en 1984 à Belo Horizonte alors que les deux frangins n'ont même pas encore 15 ans. Ainsi après des débuts fortement influencé par Hellhammer, Venom ou Sodom, le jeune groupe propose un thrash metal des plus véloces, et ceci jusqu'au début des années 90. Et il est vrai qu'à la différence des groupes américains de thrash, en particulier la fameuse scène de la Bay Area, Sepultura se distingue par des rythmes plus brutaux ou une voix écorchée. Dès lors, bien que restant dans un domaine purement thrash, le groupe de Belo Horizonte reste souvent affilié à la scène death US. Parallèle appuyé s'il en est, leur album Beneath The Remains et Arise étant produit par l'un des producteurs incontournables de la scène death en provenance de Floride, Scott Burns.

Après donc le coup de massue Beneath The Remains qui permit à Sepultura de se faire connaitre sur la scène internationale, avec en point d'orgue une participation marquante au Dynamo Open Air d'Eindhoven, les quatre brésiliens reviennent deux ans plus tard avec Arise en 1991. Album plus mature et mieux produit qui marque encore un peu plus la patte de Sepultura avec leur style à la contrée du thrash et du death. Néanmoins quelques évolutions musicales pointent à l'horizon, un léger virage expérimental qui aboutira au phénoménal Chaos A.D. Ainsi, Sepultura s'ouvre un peu plus à la musique industrielle et a la judicieuse idée d'ajouter quelques percussions, mettant à jour (sommairement certes) leur identité brésilienne. Mais Arise, c'est aussi une tournée dantesque de deux ans, où pas moins de 39 pays eurent droit aux assauts des Cavalera and co. Pays, il faut le souligner pour un groupe de metal ou de rock, ne se résumant pas seulement aux pays occidentaux.

Anges et démons: quand Robert joue avec le feu au Vatican

En attendant la prochaine adaptation de The Lost Symbol de Dan Brown, troisième volet des aventures capillaires du bon professeur Robert Langdon, les studios hollywoodiens ont eu la "riche" idée de défier la chronologie narrative et de sortir Anges et démons après Da Vinci Code [1] .

Mais commençons en préambule en faisant amende honorable [2]. Précisons qu'il ne s'agit que de la critique du film, et non du roman de Dan Brown. Le préposé à la chronique ne doute pas une seule seconde que le roman originel ne fait état d'aucune incohérence.

Le Vatican est en danger mes biens chers frères, mes chères sœurs. Et avant d'accuser les fondamentalistes de l'église évangéliste ou autres joyeux extrémistes que nous offrent gracieusement les trois grandes religions monothéistes, il convient de pointer tout suite cette infâme et rancunière société secrète, les Illuminati. Certes, par le passé le Vatican a eu la main lourde, il n'était guère populaire de prôner les vertus de la Science face à la foi catholique. Ainsi les Illuminati, après avoir subi une répression sanglante, se sont jurés d'anéantir l'Église catholique un jour ou l'autre. Or la bête, c'est bien connu, tapis dans l'ombre, choisit toujours le moment propice pour arriver à ses fins. A la mort du souverain pontife, comme le veut la tradition, le conclave doit se dérouler pour élire le nouveau pape. Les Illuminati décident alors de kidnapper les quatre cardinaux favoris et menacent d'en tuer un par heure à partir de 20h... en attendant minuit où le Vatican périra par le feu. La société secrète a en effet l'intention d'utiliser l'antimatière qu'elle a subtilisée au CERN de Genève pour offrir à Rome une nuit enflammée mémorable. Seule solution, envoyer prestement un émissaire du Vatican à Harvard pour demander l'aide du bon professeur Langdon...

Funny Games - Michael Haneke : l'horreur avec des gants blancs (1997)

Une semaine après la Palme d'or décernée à son dernier film, Le ruban blanc, intéressons nous à l'un des films marquants du controversé [1] cinéaste autrichien Michael Haneke, Funny Games. Film qui eut droit, dix ans plus tard, à son remake américain, et réalisé, une fois n'est pas coutume, par Haneke lui-même.

Funny Games narre le calvaire d'une famille venue passer quelques jours de vacances près d'un lac. Tout avait pourtant bien commencé pour Georg (Ulrich Mühe), Anna (Susanne Lothar) et leur fils. Ces derniers arrivent en voiture dans leur lieu de villégiature habituel tout en saluant leurs voisins au comportement étrangement absent. Une fois installés, en attendant de défaire leurs bagages, Georg et junior mettent à l'eau leur embarcation, le petit s'interrogeant sur l'absence de la petite Sissi. Pendant ce temps, Anna reçoit la visite de Peter (Frank Giering), un des hôtes de leurs voisins croisés précédemment, lui demandant, de la part de la maîtresse de maison voisine, quatre œufs. De sa supposée maladresse à son extrême politesse, le malaise s'accroît rapidement entre Anna et Peter, tension qui atteint sa première limite à l'arrivée de Paul (Arno Frisch), le partenaire de Peter. L'escalade de la violence est déclenchée. Le conflit larvé entre la famille et les jeunes étrangers explose, la famille devenant désormais l'otage des deux jeunes hommes.

Capitaine Orgazmo - Trey Parker (1997)

Populaire outre-Atlantique [1], le film parodique reste encore marginal en France, avec quelques exceptions telles que La cité de la peur ou les deux derniers OSS 117. A la décharge du genre, avouons toutefois que la parodie ressemble le plus souvent à un gloubiboulga, juste bon à accumuler les références cinématographiques, au détriment d'une certaine cohérence. Or, le film qui nous intéresse joue la carte du faux nanar, et flirte entre l'hommage et la parodie. Enfin, celui-ci peut-il être foncièrement mauvais quand le héros porte une magnifique combinaison rose et un orgazmo-rayon à son bras droit ? Petit rappel des faits. 1997 fut une année mémorable pour la paire Trey Parker et Matt Stone. En plus d'avoir enfantés le monstre South Park, ces derniers écrivent Orgazmo (VF: Capitaine Orgazmo), soit un délire potache hommage à la série Z, aux comics et... au porno de seconde zone.

Joe Young (Trey Parker), jeune missionnaire mormon ayant quitté son Utah natal se voit confier la mission délicate de prêcher la bonne parole à Los Angeles. Une tâche difficile, face à l'hostilité de la population locale, qui plus est lorsque votre chère et tendre est restée à la maison. Au détour d'une propriété, soit les joies du porte à porte, Joe se voit proposer grâce à ses talents en arts martiaux, le premier rôle dans une production porno pour jouer le rôle du charismatique Capitaine Orgazmo. Certes, tout ceci va à l'encontre de la morale mormone, mais les 20 000 $ que lui propose Maxxx Orbison (Michael Dean Jacobs) pourraient bien financer le mariage de notre héros. Et puis comme le souligne fort justement ce producteur (véreux ?), on ne demande à Joe que de jouer la comédie, pour le reste, on peut très bien faire appel à une "doublure-bite". Et c'est ainsi que Joe va se laisser emporter par le succès (troisième plus gros succès au box-office US entre Jurassic Park et E.T. svp), Orbison le soudoyant encore un peu plus pour tourner une suite. Mais le Capitaine Orgazmo n'est-il seulement qu'un personnage de fiction ?

Master : le corned-beef du death metal ?

En référence au non moins célèbre Bâfrons des Chroniques de la haine ordinaire de Pierre Desproges, le préposé n'est pas fait pour écouter continuellement une musique de haute tenue. Car un peu de sauvagerie primaire n'a jamais tué personne, qui plus est quand cette dernière vous est servie par tonton Paul Speckmann.

Formé par le bassiste Paul Speckmann et le batteur Bill Schmidt à Chicago en 1983, la même année que Death ou Morbid Angel, Master [1] fut l'une des premières formations de la jeune scène extrême à trouver un label au mitan de la décennie. Or, cruelle désillusion, leur contrat avec Combat Records, fin 1985, fut rendu caduc devant les exigences financières de leur manager de l'époque et d'une partie du groupe [2], laissant la place libre à Possessed, premier groupe de death metal à publier un album, le dénommé Seven Churches. Durant la seconde moitié des 80's, Speckmann and co purent dès lors « à loisir » constater l'étendu des dégâts. Master avait certes le statut de groupe culte, le groupe pouvait s'enorgueillir d'être les parrains de la scène extrême de Chicago, mais était devenu surtout spectateur de ce nouveau tourbillon musical. Fin de la décennie, le groupe signait finalement avec Nuclear Blast.

Liquid hip-hop - DJ Cam (2004) : ça coule de source (1)

En attendant une prochaine chronique musicale à la gloire de la carne en boîte et une autre au bon souvenir du cinéma ultra bis hong-kongais des 80's, voici la critique sans prétention d'un album d'Abstract hip hop qui du reste est lui aussi sans prétention. Liquid hip hop soit le retour d'un bon vieux hip hop old school des familles (2), histoire de faire plaisir aux blogueurs trentenaires et autres quadras (3) nostalgiques du Golden Age.

En 2002, on avait laissé Laurent Daumail alias DJ Cam avec son album fortement teinté de soul jazz Soulshine qui lui valut un succès mondial avec le single Summer in Paris (à défaut de succès critiques, celles-ci étant plutôt mitigées). Mais Cam l'avait déjà montré par le passé, plus ce dernier s'éloigne de ses racines, plus il a besoin de s'y replonger. En 1998, Cam avait ainsi sorti The Beat Assassinated, le voici donc en 2004 avec Liquid hip hop.

US Go Home - Claire Denis (1994)

Après lui avoir offert une courte apparition dans un de ses précédents moyens métrages Keep It for Yourself (1991), Claire Denis proposa à Vincent Gallo en 1994 un rôle secondaire plus conséquent dans US Go Home produit par la chaîne Arte dans sa collection Tous les garçons et les filles de leur âge [1]. Comme peut le laisser supposer le titre de la collection citée précédemment, l'histoire de ce moyen-métrage cerne les affres de l'adolescence.
 
1965. Martine (Alice Houri) vit avec son frère et sa mère en banlieue non loin de Paris : "pour y aller c'est tout une expédition, alors on n'y va pas". A cet âge où l'idée d'être considérée comme une adulte prévaut, la jeune Martine n'a qu'une idée en tête : perdre sa virginité. Sa mère accepte que cette dernière aille à une soirée à la seule condition que son frère Alain (Grégoire Colin) l'accompagne. D'abord réticent, Alain accepte de servir de caution à Martine et à sa meilleure amie Marlène (Jessica Tharaud), leurs chemins se séparant en cours de route, chacun allant dans des soirées différentes. Déçues par leur soirée initiale (les parents étant présents), les filles, et en particulier Martine, décident de rejoindre Alain à sa soirée adulte : "ici on couche".
 

Depeche Mode ou les mikados multicolores

Il faut admettre qu'en général je ne suis pas du genre à attendre grand chose des nouveaux disques sortis par les groupes qui viennent de fêter leurs 30 ans d'existence (1). Le nouveau Cure, le nouveau U2? Un peu de sérieux. A moins d'avoir oublié tout sens du raisonnable, défendre mordicus des groupes qui ont perdu lentement (mais surement) toute crédibilité au cours de ces 15-20 dernières années (2) relève de la pathologie, tout du moins du sacerdoce voire du sacrifice, à vous faire passer pour la nouvelle Sainte Rita. Concernant Depeche Mode, je dois avouer que depuis la douche froide Exciter (3), je suis loin de jouer les midinettes en attendant le cœur serré les nouveaux râles de Dave Gahan. Dès lors, même si Playing the Angel m'avait réconcilié avec l'ancien groupe de garçons coiffeurs, contrairement à certains admirateurs encore nombreux, j'étais loin de piaffer en attendant la sortie de leur nouvelle offrande au titre faussement arrogant, Sounds of the Universe.

Comme je l'annonçais dans mon introduction et contrairement à ce qu'on serait tenté de penser dans mon entourage, la question de savoir si Depeche était encore capable de sortir un album valable me parait suffisamment louable, qui plus est après trois décennies dans les pattes. Leur avant-dernier album ayant été une bonne surprise, un album qui rassura en grande partie les fans, les qualités de songwriter de Martin Gore étant de retour (4). Néanmoins, ma nature méfiante restait tout de même sur ses gardes concernant le nouveau Sounds of the Universe. Gore pourrait-il maintenir le cap?

Azuma-San!!! (Sono Otoko, Kyobo Ni Tsuki)

Violent Cop, soit ma troisième rencontre cinématographique avec Takeshi Kitano mais chronologiquement sa première réalisation, ce long-métrage étant sorti au Japon il y a tout juste vingt ans. Cela dit, il aura fallu attendre la consécration du metteur en scène nippon lors de la Mostra de Venise en 1997 et son film Hana-Bi, récompensé par un Lion d'Or, pour qu'en Europe, et plus précisément en France, on daigne ENFIN distribuer ses films antérieurs. C'est-à-dire ceux datant d'avant son premier coup de poing cinématographique qui le fit connaitre hors de l'archipel japonais, Sonatine.

Azuma est un policier assez particulier: individualiste, jusqu'au-boutiste. Il use de méthodes peu orthodoxes et se laisse facilement envahir par des accès de rage incontrôlée. Au cours d'une enquête sur la mort d'un dealer sans envergure, Azuma découvre un trafic de drogue orchestré par la pègre dont la source proviendrait directement de la police (1).

C.O.C. : Animosity Against Conformity (1985)

Formé au début des 80's en Caroline du Nord, Corrosion of Conformity n'a pas toujours officié dans un registre metal sudiste. Bien au contraire. En 1983, à l'instar des Suicidal Tendencies ou des Dirty Rotten Imbeciles (D.R.I.), C.O.C. enregistrait son premier album Eye for an Eye avec comme line-up : Eric Eycke au chant, le bassiste Mike Dean, Woody Weatherman à la guitare et Reed Mullin à la batterie. Musicalement, l'album évoquait les débuts de D.R.I, un hardcore agressif conjuguant rapidité avec durée expéditive.

En 1985, le bien nommé Animosity montrait un Corrosion au rang serré, Dean se plaçant derrière le micro pour les vocaux, avec Mullin en appui, Eric Eycke ayant quitté la jeune formation. Désormais en trio, C.O.C. a paradoxalement étoffé sa musique, ou plutôt épaissi celle-ci. La nouvelle scène extrême de la côte ouest ni étant sans nul doute étrangère, Animosity surprend immédiatement par sa nouvelle approche sonique. Dès les premières secondes, l'influence d'un Kill'em All parait ainsi évidente. Or si le morceau d'ouverture Loss For Words rappelle le son abrasif du premier Metallica, C.O.C. restait ancré toutefois dans un hardcore des plus féroces, en somme un des meilleurs représentants du crossover naissant, loin des griefs habituels que laissent poindre ce sous-genre par définition bâtard (soit une formation masquant ses lacunes par un mur de guitares thrashy).

Dünyayı Kurtaran Adam - Çetin Inanç (1982)

Mettons les choses au clair, tout de suite, pourquoi tant d'amour pour le dénommé film Dünyayı Kurtaran Adam, littéralement en anglais The Man Who Saves the World, appelé plus communément Turkish Star Wars ? Avant de développer quelque peu mon propos, la réponse parait limpide, car on a rarement vu un film atteindre un tel niveau de n'importe quoi! Le genre de film où l'on en viendrait à émettre des doutes sur la santé mentale des protagonistes, à croire que l'équipe technique était totalement shootée au rakı, un film qu'on rapprocherait avant tout aux délires d'une bande de gamins de 7 ans fan de science-fiction. Sauf que...

Le scénario, écrit par la star turc Cüneyt Arkın qui s'offre pour l'occasion le premier rôle (on y reviendra car là aussi, il y a matière à discussion... et à critiques élogieusement nanars), recycle grossièrement une histoire à la gloire de la SF naïve post-Star Wars. Deux pilotes de vaisseaux spatiaux après une bataille de stock-shots intergalactiques contre les vils méchants de l'Empire se retrouvent perdus sur une planète (interdite ?) envahie de stock-shots de pyramides de Gizeh. Sur cette planète moyennement hospitalière (au bout de cinq minutes nos deux héros se font tout de même attaqués par des cavaliers squelettes en mousse), Murat et Ali se font capturés et découvrent le triste sort réservé par l'Empereur à la population locale. Mais grâce à leur bravoure, nos pilotes venant d'une autre galaxie terrassent les pleutres aux ordres de l'Empereur et sauvent ainsi cette population asservie. Ce qui n'empêchera pas malheureusement le meurtre d'un enfant par le cousin éloigné de Robby le robot (Forbidden Planet). A noter, on en est pas moins homme, pendant que nos deux mâles se font panser leurs blessures, notre héros Murat (Cüneyt Arkın) tombe sous le charme d'une blonde à très forte... personnalité.