Il est des films mineurs qui resteront à jamais gravés dans les mémoires. Non par leurs qualités artistiques à même d'éveiller l'esthète (déviant) qui sommeille en chacun de nous (tout du moins du préposé docteur), mais par le souvenir d'avoir su jouer les entremetteurs, et instigateurs d'une belle rencontre, tel ce joliment intitulé Morgane et ses nymphes et sa révélation, l'acteur Alfred Baillou. Car l'interprète du seul personnage masculin [1] du long métrage (traduit en anglais par un suggestif Girl Slaves of Morgana Le Fay) justifie à lui seul le visionnage de ce film, au-delà de son érotisme onirique à l'atmosphère délicieusement surannée. Mais n'allons pas trop vite, n'est-ce pas ?
Librement inspirée des légendes arthuriennes et de la fée Morgane, le long métrage narre les mésaventures d'Anna (Michèle Perello) et de Françoise (Mireille Saunin), deux jeunes femmes en vacances dans la campagne auvergnate. Celles-ci s'arrêtent un temps dans une auberge, mais le propriétaire leur suggère de partir rapidement et de faire demi-tour sans autre explication, sous les yeux d'un bien étrange petit personnage, Gurth (Alfred Baillou). La nuit tombée, désormais perdues, elles trouvent refuge dans une grange abandonnée. Cédant aux douces caresses et aux baisers d'Anna, Françoise s'endort dans ses bras. Au réveil, Françoise constate la disparition de son amie. Gurth, le mystérieux nain bossu rencontré la veille propose de le suivre, vers un château bordé d'un lac. Accueillie par trois jeunes femmes en mousseline transparente, Françoise fait la connaissance de la maîtresse des lieux, Morgane (Dominique Delpierre).


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Dans la mémoire du préposé, la musique de Blut Aus Nord pouvait se résumer à une introduction froide et lugubre, et à un riff, ou plutôt correction, LE riff : répétitif, imposant, majestueux (





