Suicide: psycho-danse

Petite question qui n’attend pas de réponse, et pourquoi les junkies psychopathes n’auraient ils pas droit de danser eux-aussi ? Oui car mardi, j’ai passe de la musique qui passe en club (enfin surtout en UK) très guillerette mais faut savoir qu’a l’origine, y’a une bande de frappes qui ont pondu l’âme sombre de cette musique.

Depuis le temps, je commence a radoter, mais le New-York des années 70 fut quand même un sacre laboratoire. Et parmi ceux qui réussirent a réinventer le rock (Television par exemple) d’autres ouvrir d’autre porte, comme nos deux lascars Alan Vega et Martin Rev.

Alors le groupe se forme au début de la décennie, avec comme particularité un chanteur et un synthétiseur (enfin quelque chose qui y ressemble, on est encore dans les 70’s). Ce qui est aussi étonnant c’est la dualité du combo. Alan chante a la manière rockabilly des 50’s, puis des que les boucles oppressives de Rev se mettent en place, la face cachée apparaît, sombre, torturée. Et c’est justement la force du duo, a la fois avoir influence des groupes pop des 80’s comme Soft Cell, mais aussi le cote noir de la musique electro-rock que donnera par exemple Revolting Cocks. A chaque fois, on navigue donc entre les deux, et puis comment aussi ne pas retenir l’un des morceaux les plus cultes des 70’s Frankie Teardrop, morceau a mettre a fond, et qui fera plaisir aux voisins en particulier quand le père Vega poussent ses gueulantes, 10 minutes de bonheur (enfin le propos reste cauchemardesque quand même).

Cela dit je parle du premier album de Suicide, mais je vais proposer un titre qui ne sortira que sur leur deuxième album... Oui mais je préfère passer deux versions live, l’une de ‘77, au fameux et maintenant ferme CBGB’s et une autre lors des nombreuses reformations épisodiques du combo datant de ’98. N’empêche, quand on écoute la première version live et qu’on pense à la date, trente ans! Respect !!!

Black President's not dead!

Je note que comme hier, je ne poste pas de nouveauté, car j’avais déjà écrit un petit quelque chose concernant Fela ; cela dit, comme pour Lou, je pourrais très bien sortir un Fela mensuel, vu l’importance du bonhomme.

Aujourd’hui le morceau propose est issu d’une excellente compilation (oui de temps en temps ça existe, et ça ne rime pas forcement avec un vieux florilège moisi) sorti sur Barclay, The Two Sides of Fela: Jazz & Dance. Déjà premier point, la plupart des titres sont plus ou moins difficilement trouvables, d’ou l’intérêt de la dite compil. Et puis, le label a décidé de séparer comme son nom l’indique les deux versants de la musique de Fela. Choix qui pourrait paraître plus ou moins discutable et surtout vain car les cotés jazz et danse de Fela sont indissociables, mais bon... Mais ne crachons pas non plus dans la soupe, le choix reste judicieux et permet quand meme de se faire une idée pour le néophyte du talent de Fela.

Alors pour coller avec la thématique hebdo, on se doute déjà de quel cote j’ai choisi le morceau. Kalakuta provient en fait du quartier de Lagos (capital du Nigeria, je vous le rappelle) ou plutôt le fief de Fela nomme "Kalakuta Republic" (un nom pareil en pleine geinte militaire, ça fait un peu tache tout de même). Bref, on touche, et je l’ai déjà dit, a ce que l’on a fait de mieux en matière de musique (je pourrais dire africaine, mais ça serait vraiment réducteur), on retourne a la source même de la musique black populaire de cette fin de millénaire, un funk originel gorge de trance et de rythmique cuivrées endiablées.

Vous avez compris, moi Fela, j’adore.

Ratcliffe & Buxton

Au début de ce blog, j’avais sommairement présenté ce duo de producteurs, à savoir Basement Jaxx, on va un peu étoffer la chose en ce mardi.

Le duo se forme en ’94 et fonde illico le label Atlantic Jaxx Records. Durant 5 ans, ces derniers font s’atteler à la tache, entre remix et EP’s. En ’99, après plusieurs succès, leurs chansons faisant le tour des clubs, ils signent sur le même label que Prodigy, XL Recordings et sortent enfin leur premier album, Remedy.

Quatre ans après leur 1er LP, leur troisième album Kish Kash arrive encore à surprendre et représente sans doute ce qu’ils ont fait de plus abouti. Premier point, les guests, Lisa Kekaula, la chanteuse soul du groupe garage US, The Bellrays, Me'Shell NdegéOcello (facile à retenir comme patronyme), la petite peste du rap UK Dizzy Rascal ou la diva du mouvement goth Siouxsie Sioux. Certes, on pourrait leur reprocher le fait de s’être un peu trop dispersés, et que le nombre grandissant des collaborations reflète plutôt une petite forme au niveau de l’écriture du fait de cette versatilité. Mais en fait non. Au contraire, ils ont réussi à rendre la chose uniforme, et ça passe très bien. Certes il y a de nombreux invités mais ces derniers passent par la moulinette Jaxx, dès lors pour reprendre une image culinaire, ça pimente le plat, apporte de la nouveauté mais ne l’affadit point car ça reste du Basement Jaxx un point c’est tout. Puis, au niveau inspiration, y’a un petit côté Princien, qui n’est pas pour me déplaire, sans compter les paroles qui justement dans la grande tradition du Kid de Minneapolis sont souvent à double sens.

Bref du tout bon, et ils prouvent une fois de plus qu’on peut faire de la musique à vocation électro/dance sans virer dans de la soupe innommable.

Punk’s not dead !

Y’a quelques mois (en octobre il me semble) je vous avais conté l’histoire d’un des deux plus grands groupes de punk anglais des années 80, Discharge, et bien aujourd’hui parlons un peu de l’autre bande d’énergumènes à savoir the Exploited.

En 1981, la bande à Wattie Buchan formée à Edimbourg sort son premier disque Punk’s not dead ou son premier cri de ralliement, 150000 copies vendues, pas mal pour un groupe avec peu de support. La même année, ils tournent avec Discharge pour le 'Apocalypse Now' tour, rien que le nom, on sait déjà que ça a dut être chaud… Qui plus est, la date londonienne se passe une journée après les émeutes de Brixton, du pain bénit pour le groupe. Oui car en plus d’avoir gueuler que le punk n’était pas mort, the Exploited est sans contexte l’un des groupes les plus anarchistes qui soit, on balance pas un titre I believe in anarchy impunément… Et donc chaque chanson correspond souvent à une rixe verbale, primaire certes, ça reste du punk, mais diablement jouissive. Alors au niveau tableau de chasse, on fout un bon gros coup de tatane aux Mods, aux militaires ou au premier ministre de l’époque, la délicieuse mère Thatcher (appelée gentilement dans le dit morceau "fucking cunt!").

Pour info, le groupe bien que changeant de line-up souvent durant leur carrière (le seul membre originel est le brailleur Wattie et sa fameuse crête), le combo existe toujours, et leur dernier album en date est Fuck the system (ha ! toute la poésie et légèreté du keupon !) sorti en 2002. Au niveau influence, comme leur compère de Discharge, toute la scène extrème américaine ou anglaise comme les grindcoreux ce Napalm Death leur doivent beaucoup forcément. D’ailleurs Slayer reprendra un medley du groupe pour la BO de Judgement Night. Cela dit on peut aussi noter leur influence sur la future scène rock indus, un morceau comme Troops of tomorrow annonce énormément les rythmes répétitifs du dit mouvement.

Donc pour coller avec la thématique de cette semaine, à savoir bouge ton corps, une chanson qui donnera envie à tout le monde de bousculer son voisin, de lui déboîter l’épaule, bref de faire un bon vieux pogo des familles au final.

Bryan Ferry sous Lexomil

Après un hymne à la sensualité, on termine la semaine en beauté, quitte à plomber l’ambiance.

Dans les années 90, on nous a cravaché avec le renouveau de la scène pop anglaise, et pourtant si je dois retenir le nom d’un combo issu des 90’s, c’est bien les Tindersticks.

C’est sûr on est loin des brailleurs qui copient sans vergogne l’héritage des Beatles (déjà eux, j’ai du mal, alors des copies carbone vous pensez…), aujourd’hui place à l’émotion pure, à la mélancolie.

En 1995 sort le deuxième album des anglais, contenant seize chansons, seize raisons de continuer à prendre du Prozac. On retient un talent certain pour les orchestrations, le groupe définissant parfaitement la notion de romantisme dans la musique populaire. Et puis, comment oublier la voix de leur chanteur, Stuart Staples, comme le titre du post le laissait supposer, on a droit à une variation du crooner, façon Bryan Ferry, mais fatigué, las de tout, à fleur de peau.

Donc une petite histoire de rupture pour égayer le week-end à venir et comme ils ont enregistré une version en français, je vous passe les deux, plus les paroles pour une fois (oui car même en français, pas évident de comprendre ce que chante l’ami Stuart).

Rassurez vous, la semaine prochaine on change de registre, ça va guincher, et lundi pour la peine, on sort la crête rouge et les épingles à nourrice.

Plus de liaisons
Plus de trahisons
Plus de liaisons
Comment devineras-tu ?
Si je tremble dans tes bras
Si je soupire dans tes cheveux
Cette dernière liaison
Maintenant plus de trahisons
Plus de liaisons
Comment devineras-tu ?
Si mes bras tremblent
Si j'évite ton regard
Cette dernière liaison
Plus de liaisons
Plus de trahisons
Plus de liaisons
Non, plus de trahisons
Plus de liaisons
Comment devineras-tu ?
Si je tremble dans tes bras
Si je soupire dans tes cheveux
Cette dernière liaison
Quelque part dans ma tête
Je sais ce qui se passe
Mais tout ça a grandi
Ne me laisse pas le choix
S'amuser seulement
Ca me semble un tel crime a présent
Va jouer, jouer sur la route
Et tu mourras écrasée
Plus de liaisons
Plus de trahisons
Plus de liaisons
Comment devineras-tu ?
C'était spontané
Mais on a rappelé les autres
On s'est amusé avec nos précédents amants
Il y a foule là-dedans
Plus de liaisons

Trust in me

Entre deux chansons pour dépressifs, aujourd’hui petite ode à la sensualité. C’est en 2003 qu’apparaît le deuxième album de Susheela Raman, Love Trap. Deux années auparavant, pour son premier album la demoiselle avait déjà montré un talent certain en matière d’assimilation des genres, à savoir la musique pop et son héritage culturel, la musique indienne. Et en matière de sensualité elle avait aussi déjà annoncé la couleur en reprenant la fameuse chanson Trust in me de manière très lascive (et en concert, je vous raconte pas, c’est chaud bouillant…).

A noter que Love trap est comme pour le précédent album le fruit de la collaboration avec le producteur et guitariste Sam Mills. Ces derniers ont ainsi décidé de rendre cet album encore plus ouvert et plus libre que le précédent mais aussi plus groovy.

Pour ceux qui s’en souviennent, Arte avait d’ailleurs diffusé un documentaire sur le retour aux racines de Susheela en Inde.

La vie ne fait pas de cadeau…

Parmi les chanteurs faisant parti du patrimoine francophone, s’il y en a bien un qui a su décrire parfaitement l’amour et ses conséquences, c’est bien le grand Jacques.

Personnellement, je suis plus attaché aux compositions de Brel les plus tragiques dans ce cas-là. Cela dit, Ne me quitte pas, doit faire parti des exceptions, car est ce parce que je l’ai trop entendu, ou le fond qui me dérange, toujours est il que j’accroche plus du tout à cette chanson. Non dans le genre tragique, mon choix va plutôt vers La fanette ou Orly, bref vous aurez compris si vous les connaissez, au niveau ambiance on est très très loin Des bourgeois

Orly fait parti du dernier album, Les Marquises, composé par Brel, soit une année avant sa mort, en 1977. Cet album est donc finalement son dernier emporté par un cancer qui n’avait pas dit son dernier mot. En effet quelques années auparavant, il avait décidé de tout quitter et de vivre dans le Pacifique, suivre les traces de Gauguin. Puis, se sachant sans doute condamné (le retour du crabe) il décide de rentrer à Paris et de graver son testament artistique. Et c’est vrai que la mort plane au-dessus cette œuvre, album sombre avec parmi les chansons les plus connues Vieillir et Jojo, ou l’adieu à son ami Georges Pasquier.

Puis vous avez Orly, parmi l’œuvre de Brel, c’est sans doute celle que je trouve la plus bouleversante.

Bref, c’est pas le genre de mésaventure qui risque de m’arriver le 27 avril au soir…

Ode à mme Trane

Tiens ça faisait longtemps que j’avais pas écrit un post sur John Coltrane…

1959 est une année marquante dans l’histoire du jazz, deux chefs d’œuvre en effet y seront enregistrés par mon sax ténor préféré. En mai de cette année, le quintet de Miles est en train de graver sans doute le plus grand album de jazz de tous les temps à savoir Kind of blue puis juste après Trane embraie sur l’enregistrement de son premier album pour le label Atlantic, Giant Steps.

Bien que ce ne soit pas son premier album en tant que leader, on note que les choses vont désormais s’accélérer pour Trane. Il entend devenir un véritable leader et ne plus être qu’un sideman qui sort épisodiquement quelques albums sous son nom.

A cette époque Trane n’a pas encore trouvé son trio magique, à savoir McCoy Tyner, Elvin Jones et Jimmy Garrisson. Pour l’accompagner il fait appel alors à des musiciens rencontrés lors de ses précédents albums en tant que leader ou d’autres sidemen de Miles. L’enregistrement se déroulera en deux sessions avec le pianiste Tommy Flanagan et le batteur Art Taylor puis Wynton Kelly et Jimmy Cobb (pianiste et batteur pour Kind of blue), mais avec toujours l’inusable et premier compagnon de route le contrebassiste Paul Chambers (qui appartient aussi au premier quintet de Miles).

A part ça, pas grand à dire, on tient sans doute ce qui ce fait de mieux en matière de hard bop, ça déroule sec, peu de répit. On note l’excellent Mr P.C. dédicacé justement au contrebassiste Paul Chambers et puis surtout l’un des plus beaux titres composés par Trane pour sa femme (de l’époque) Naïma. Epaulé par Cobb, Chambers et Kelly, on touche à la grâce pure, on retrouve la même magie et la même mélancolie que l’on pouvait retrouvé dans Kind of blue (en même temps on a là réuni pour ce titre un quartet issu de cet album).

Et puis, c’est sans doute la plus belle déclaration d’amour que le jazz est connu.

Bref, en plus d’être un magnifique prénom, Naïma, est sans contexte l’une de plus belles réussite de Mr John Coltrane.

Je t’aime moi non plus

Un petit point avant de commencer à raconter mes salades (oui j’ai pas oublié les propos outranciers d’un certain monsieur Reuh, t’ar ta gueule toi en mai…).

J’avais déjà en tête cette thématique depuis quelques temps, mais comme ça tombait la semaine du 14 février, eh oh, machoman, j’allais pas jouer dans la catégorie fleur bleue, pour entendre après « oh la fille, oh la fille ! », ouais…désolé… Puis avec ce que j’ai choisi comme chansons, on ne risque pas de verser non plus dans la mièvrerie, pas de chansons sucrées, donc les sentimentalo-diabétiques pourront passer aussi leur chemin.

La dernière fois je m’étais lancé dans une comparaison subjective entre Layne Staley et le cocaïnomane souffrant de l’estomac; cette fois ci, un petit rappel historique du groupe Alice in Chains.

Pour commencer, je radote mais pas sûr que ceux qui lisent cette note étaient déjà là le 20 octobre alors bon… Parce que ça me les bouffe un peu de lire que la scène de Seattle est considéré comme grunge. Si mouvement grunge il y a eu, celui-ci ne concerne que Nirvana et ses imitateurs (par exemple les anglais Bush), mais pas Alice ou Soundgarden (je cite pas Pearl Jam, j’ai pas envie de tirer sur une ambulance), voilà c’est dit.

Certes comme les groupes nommés plus haut, Alice fut formé fin 80’s biberonné par le rock noisy de cette décennie et celui des 70’s (Bowie, Led Zep, Neil Young…). Mais à la différence des autres autochtones, la principale influence du groupe de Layne fut Black Sabbath, on retrouve en effet la même lourdeur, le même coté poisseux, suffocant. Et puis rapport à la chanson d’aujourd’hui, Alice in Chains a toujours été doué pour écrire des ritournelles ayant pour thème la tension, celle dû à l’addiction (de son chanteur) pour les paradis artificiels, mais aussi celle entre les rapports humains (« comme quand vous êtes coincés dans un espace exigu »… merci Jean-Claude D. pour cette précision).

En 1990 sort donc leur premier album Facelift un an avant la déferlante Nevermind. Même si l’album ne représente qu’une ébauche du style Alice in Chains, le groupe réussira à faire parler de lui, puisque Facelift sera certifié album de platine, aidé il est vrai par MTV et le vidéo-clip de Man in the box.

Dès lors, avec le Louder Than Love de Soundgarden, la scène de Seattle sort désormais de l’ombre et est prête à casser la baraque.

Le Lou Reed du mois

Le look et Lou en général ça fait deux. Il n’a jamais été reconnaissable grâce à une apparence vestimentaire particulière… sauf entre 1973-1974! Lorsqu’il est devenu comme le nom de son album live un véritable rock’n’roll animal.

Années de tous les excès en somme, version dégénérée de la mode glam: Lou habillé tout en noir, visage et corps émaciés (fournis par un cocktail alcool, drogues dures et médicaments), maquillage noir, cheveux ras peroxydés et la touche finale, un collier en cuir clouté, extrême donc…

Et puis musicalement aussi, Lou a changé. Il a troqué le minimalisme du Velvet pour un rock fiévreux à guitares saignantes (secondé par des anciens du Alice Cooper band). Forcément, certains ont critiqué la démarche, tres commerciale… Et c’est vrai que les versions revisitées du Velvet ne sont pas toutes merveilleuses, autant transformer White light white heat en une sorte de boogie sudiste passe encore, autant la version de 13 minutes de Heroin me laisse dubitatif. Mais cela dit, les versions de Sweet Jane ou de Rock’n’roll sont bien meilleures sur ce disque, comme quoi. Et puis, pour la réédition de ce live culte, RCA a eu la bonne idée de rajouter deux autres titres issus de Berlin, alors que demande le peuple (faut dire qu’à l’origine, y’avait que 5 chansons)?

Au final, un disque live culte de chez culte, et indispensable quand même.

Serie Z

Ils arrivent quelque fois, que les films de genre (de B jusqu’à Z) inspirent les groupes de rock. Par exemple Blondie sur leur 1er album ont dédié une chanson à la fameuse attaque des fourmis géantes. Mais ils arrivent aussi que ces films inspirent non seulement les chansons, mais aussi finalement le look du groupe.

Les Misfits du père Glenn Danzig y correspondent parfaitement. En fait, ces derniers pousseront le concept des Cramps encore plus loin. On ne verse plus que dans le psychobilly mais directement dans l’horror punk, avec des histoires de zombies et autres ghoules. Donc au niveau look on a droit à des zombies bodybuildés avec une coupe de cheveux particulière (voir photo ci contre) et une musique qui rappellent les géniteurs de Human fly mais en plus dure. Et c’est sans compter aussi la voix de Danzig, ou comment jouer au crooner punk avec un look de mort-vivant…un fan d’Elvis qui verse dans l’horreur et dans le punk (le groupe s’est formé en 77, plus punk comme date, y’a pas… bon y’a aussi 76, mais bon), on aura tout vu…

Certes, au niveau porte étendard du psychobilly, je préfère les Cramps, mais les Misfits ont aussi leur part dans l’évolution du rock. Et puis, ces derniers ont quand même réussi à influencer quelques groupes comme un petit combo de San Francisco appelé Metallica (depuis leur début, ils reprennent souvent en live la chanson Last Caress). Après, le groupe se sépara en 1983, Danzig fera une carrière solo (inintéressante selon moi) et les Misfits se reformeront sans lui en 1996 (il tentera dès lors via un procès d’interdire cette reformation, un chic type ce Glenn).

Return of the Thin White Duke: Live !!

La dernière fois, quand j’ai proposé un titre rare live de Led Zeppelin, le retour fut très positif, que ce soit au niveau des commentaires ou des visites. Je persévère donc et m’en vais vous proposer une version live rare du père David Bowie… Je vais faire péter mes stats !! mais chaque chose en son temps…
On peut aisément dire que l’artiste pop le plus intéressant des années 70 fut sans conteste David Bowie (hormis Michel Delpech, j’attends vos avis contraires via les commentaires). Même si certaines personnes mettent en doute le génie musical du bonhomme, oui ça existe ! Par exemple selon Yves Bigot (s’occupe des divertissements de France 2, je crois que j’ai tout dit…), il aurait simplement repris de manière vulgaire l’héritage du Velvet… Autant le traiter d’opportuniste ! Donc quand le glam rock de Marc Bolan (T-Rex pour les nuls) explosa, Bowie le copia… Puis après il décida de reprendre de manière putassière la soul… Et pour finir en bon vampire, il s’adjoint les services de Brian Eno, mais au final il n’y est pour rien, il a juste repris les idées du chauve… Bah y’a des coups de pompe qui se perdent, c’est moi qui vous le dit !

C’est sûr, quel opportunisme musical de faire de la soul en 1975… Bah voyons! Oui je m’emporte facilement…et alors !?

Faut dire, mon album préféré du caméléon, est sans contexte le dernier album de sa période américaine, Station to Station, l’époque dorée du thin white duke. Et puis au niveau opportunisme, faudra m’expliquer quelque chose, car c’est tout le contraire. L’album précédent Young Americans voyait un David totalement perdu dans la shnouff, bon album de soul blanche, mais pour du Bowie, album décevant, définitivement perdu pour les paradis artificiels? Et bien non, justement, pour le suivant, le père Jones joue la carte de l’avant-garde et de l’éclectisme, flirte avec les rythmes naissant du disco, joue au crooner (et il est très doué pour ça le bougre) et commence à expérimenter sa pop froide. Et au niveau format, on est loin de la pop consensuel, l’album ne contient que 6 chansons, pour une durée moyenne d’environ 5 minutes avec un titre éponyme de 10 minutes.

Certes, on peut le considérer comme un album de transition puisqu’il a encore les pieds aux USA, mais déjà la tête ailleurs (Berlin), et annonce donc la fameuse trilogie, mais le terme transition reste finalement réducteur.

Donc vous aurez compris, si je dois choisir un album de Bowie (choix au combien cornélien), ce sera Station to Station. Et comme promis, une version live relativement inédite d’un concert au Nassau Coliseum de New York datant de la tournée de 1976, qui est justement plus rock et plus incisive que la version studio ou celle du live Stage.

Le Nazaréen superstar

Si y’a bien quelque chose qui me turlupine par rapport à la religion catholique, c’est bien le fait que les afro-américains restent encore en grande partie attachés à tout ce folklore. Certes, en général, la religion trouve un meilleur public parmi les défavorisés, au plus bas de l’échelle, il est bon de pouvoir se rattacher à une croyance, à la foi comme ils disent. Cela dit, pourquoi alors rester lier à cette religion en particulier ? En tant qu’anciens fils d’esclaves, on comprend aisément les conversions vers l’Islam qui ont été opéré depuis environ 5 décennies, et ainsi ne plus suivre la religion de ses anciens tortionnaires. Cependant l’histoire des deux tours a dû freiner quelque peu les conversions outre-Atlantique…

Mais bon, en tant qu’athée convaincu, même ce choix me laisse finalement perplexe. L’homme reste faible, et ce dernier aura toujours besoin de croire en quelque chose, quand c’est pas la religion, c’est une idéologie (pour le coup, l’Histoire nous a montrée que la pensée du barbu Marx n’était sans doute pas la bonne alternative d’ailleurs…). Pour paraphraser Pierrot, l’enfant croit au père Noël, l’adulte vote…

Bon, tout ça pour parler de Stevie Wonder, me direz vous… Oui, et alors ?

Alors le petit Stevie, bien avant les Jackson 5, fut le petit prodige de la Motown dans les années 60. Mais fort heureusement, ce dernier avec l’âge adulte abandonna cette soul consensuel pour un son plus funky, et laissa quelques perles pour la postérité durant les seventies. Au passage, on peut aussi remercier le grand Marvin Gaye qui fut le premier artiste du label de Detroit a sortir un véritable 33 tours et pas une compilation de 45 tours comme ça se faisait à l’époque. Et quel album ! L’un des plus grands albums de cette décennie, What’s goin’ on. En effet, auparavant, la Motown ne sortait que des simples, et c’est Marvin qui a dû tanner le boss du label pour sortir son chef d’œuvre. Et finalement, ensuite, le succès aidant, d’autres artistes purent ainsi enregistrer de véritables LP’s pour le label.

En 1973, Stevie sort sans doute son meilleur album (à mon avis), Innervisions, comprenant le dantesque Higher Ground qui sera repris brillement d’ailleurs par les Red Hot sur leur album Mother Milk. Et comme Marvin avait montré la voie à suivre, le petit Stevie n’oublie pas de composer des chansons plus engagées comme Living for the City, ou les déboires d’un jeune Black du Mississipi à son arrivée à NYC ou la magnifique All in love is fair, montrant qu’on peut écrire une chanson ayant pour sujet l’amour sans verser dans la facilité, le vulgaire ou le cul-cul la praline (j’aime bien cette expression). Pour finir, en bon enfant qui fut bercé par le Gospel, Stevie nous pond une petite merveille Jesus Children of America, ce qui clôt notre thématique hebdomadaire.

Merci Jim

Petite précision, je remercie Jim Jarmusch, pas le gourou Jim Jones de lundi dernier…

Alors ce post fera plaisir à la mygale poitevine, car comme je l’ai souligné précédemment, j’ai découvert le Requiem de Gabriel Fauré en visionnant le dernier Jarmusch, Broken Flowers. Il m’a ainsi donné envie d’y prêter une oreille plus attentive.

Faut dire que moi et la musique dite classique ça fait deux. Cependant, il faut aussi différencier quelle musique classique. Autant la musique baroque ou contemporaine ne m’a jamais posé de problème autant Mozart and co, j’y arrive pas. Alors pourquoi ? Doit on y voir un repoussoir psychologique voir atavique du à mes origines prolétaires, je ne sais pas, mais si cette musique était aussi moins élitiste...

On pourra me rétorquer, que j’écoute du jazz, et ça aussi ce n’est pas une musique réservée aux masses, certes, mais le jazz n’est pas devenu élitiste par choix et au départ c’était une musique populaire. Et tous les grands jazzmen sont issus des quartiers défavorisés (en étant afro-américains quoi de plus normal, sauf Miles qui était issu des classes moyennes, mais bon, faut toujours un contre exemple…), après s’ils sont écoutés par un public blanc, à qui la faute ? Et puis, même si c’est caricatural de penser ceci, la musique classique me fait penser à une culture réactionnaire (vous avez dit de droite ?), donc forcément, par réflexe héréditaire, on traîne des pieds.

Oui mais justement, grâce à Jim, j’ai pu découvrir ce fameux Requiem. Alors oui, laissons les préjugés de côté, c’est une œuvre magnifique et contrairement à ce que je reproche aux œuvres classiques, pas du tout pompeux, un bon point pour moi donc. Et puis un groupe comme Elend a dû écouter pas mal de fois ce requiem d’ailleurs…

Et puis ça nous rappelleras un sketch du regretté Pierre Desproges.

Le fils ou le disciple, au choix

Au départ, vu la thématique de cette semaine, je voulais mettre un morceau de JC, à savoir The father, the son and the holy ghost. Mais bon, comme je n’ai pas encore écrit un petit quelque chose sur son fidèle disciple, Pharoah Sanders, le moment était donc venu.

C’est en 1965, que Trane s’adjoint les services d’un autre sax ténor (comme si la puissance de JC n’était pas suffisante) en plus d’un duo de batteurs sur son album Meditation. Et pour prouver (le titre de l’album le laissait présager) une fois de plus le mysticisme de son leader, le morceau qui ouvre Meditation n’est autre que le titre cité plus haut. Pour la petite histoire, on peut aussi y voir le trio gagnant du free à travers le titre de ce morceau, en effet, par ordre d’apparition, nous avons ainsi Trane, Pharoah et le regretté et incompris Albert Ayler (qui aura vraiment mérité le sobriquet malheureusement d’artiste maudit, j’y reviendrai…).

Après la mort de Trane, Pharoah décide forcément de suivre les traces de son leader. Pour se faire, il ajoute à son free jazz incandescent des rythmes et autres mélodies en provenance d’Afrique et d’Asie. Et c’est vrai que hormis les solos totalement barrés du père Sanders, on navigue en pleine vague proto-world music.

En 1969, sortent trois albums (mais enregistré quatre en fait) dont deux qui feront date, Karma et son fameux The creator has a master plan et Jewels of thought. Pour ces albums, Pharoah fait appel au vocaliste Leon Thomas (avec une voix d’ailleurs très particulière, nous dirons).
Aujourd’hui, le morceau pourrait être à la gloire d’Allah à la vue du titre, cela dit, ça serait réducteur, car finalement on tend plus vers quelque chose d’universel, un mysticisme à la Trane, celui qui croyait en toutes les religions en somme.

Cronico Ristretto : Nusrat Fateh Ali Khan - Qawwali

Sans transition (c'est peu de l'écrire) après le billet d'hier, revenons à une autre musique, le Qawwali. En évoquant rapidement la semaine dernière le chant des soufis, intéressons nous aujourd'hui d'un peu plus près à cette musique contemplative. Exit le Maghreb, bienvenu au Pakistan.

Le Qawwali n’est autre qu’une expression musicale soufi (musulmane) basée sur plusieurs genres poétiques et qui trouve sa source principalement au Pakistan, en Inde. Construit sur la structure classique du râg et du tâl, ce chant religieux poétique doit provoquer l'extase de l'auditoire.

Après ce petit préambule, parlons un peu d'un des maîtres de cet art, Nusrat Fateh Ali Khan, connu pour avoir fait justement découvrir ce style musical au-delà des frontières orientales. Premier point plutôt étonnant, Nusrat ne commença sa carrière (même si ça peut paraître effectivement réducteur et péjoratif d'utiliser ce terme dans ce cas présent) qu'à partir de 30 ans. Un retard somme tout relatif, ce dernier ayant entre temps enregistré pas moins de 125 albums en vingt ans !

La force de Nusrat, en plus de sa voix, aura été de faire évoluer le Qawwali, à l'instar des grands musiciens. Non content d'ajouter des vocaux improvisés (le chant khyal), le pakistanais trancha avec la tradition en n'hésitant pas à s'ouvrir aux musiques contemporaines. Sacrilège ? Tant que les synthétiseurs se font discrets...

Certes la chanson proposée en ce 13 février pourra faire à juste titre grincer les dents des puristes, l'album dont celle-ci est tirée provenant du premier album de Nusrat Fateh Ali Khan signé sur le label de Peter Gabriel, Real World Records. Ces arrangements synthétiques auront au moins un avantage, à défaut d'apparaître datés de nos jours, faire découvrir au public occidental une musique sur le fond intemporelle.

PS : Le morceau Mustt Mustt eut droit à un remix du collectif de Bristol, Massive Attack.



Jim, Gilbert, David et les autres…

Comme l'avait supposée indirectement la petit nièce cachée de Mme Soleil, le thème de cette semaine a pour sujet les rapports entre la religion ou le mystique de manière plus générale avec la musique.

Glenn Benton et la religion ? Vaste débat où le cliché a de beau reste. Mais en mettant de côté l'aspect grand guignolesque satanique de Deicide, le groupe et une chanson en particulier collait plutôt avec la thématique hebdomadaire. Dès lors,  point de Sacrificial Suicide aujourd'hui ! Masochiste, mais à un certain point tout de même !

Alors Benton sataniste ? Pourquoi pas (y’en a bien qui se disent encore communistes), mais qu'entend-on finalement par cela ? Car, n’en déplaisent aux journaleux de la chaîne officiant sur le canal 6, les rapports entre des membres de groupes de black ou de death et des sectes sataniques ne sont que pur délire.

Plus proche d’un mode de pensée exprimée à une époque par exemple par Lavey, que d’un gros raout sacrificiels de nouveau-nés. Dès lors, toute l’imagerie, les paroles ressemblent plus à un gimmick; une haine viscérale pour la religion, la catholique en particulier certes, mais quand Glenn gueule Kill the christian, qui serait assez stupide pour croire qu’il pousse véritablement au meurtre (à part les clampins cités plus haut) ?

Mais alors si tu veux mettre un morceau de Deicide, crétin, tu vas nous proposer quoi ; car c’est pas totalement faux, le choix devient plus restreint d’un coup, mais…

Et bien la semaine dernière, en lisant Libération j’ai vu qu’un docu-fiction avait pour sujet le fameux massacre du 18 novembre 1978 en Guyana où près de 500 paumés en quête de spiritualité se sont empoisonnés (ou fait aidés…) sur ordre de leur gourou, le brave Jim Jones. Vous noterez que je ne parle que de 500 clampins, les 300 enfants ont leur avoir pas demandé leur avis… D’ailleurs en passant, je ne comprend pas cette manie qu’ont certains gourous à foutre en l’air leur entreprise (bah en fait, ils sont aussi cintrés que leurs adeptes, voilà tout…). Ils ne peuvent pas faire comme Gilbert Bourdin ? Il me semble que de créer une secte demande quelques efforts, si c’est pour tout détruire, merci bien. Donc, attention à ne pas bâtir une secte sur l’idée d’une apocalypse prochaine. Voilà pour mon quota de cynisme…

Donc l’ami Glenn, sur le premier méfait de Deicide, s’est inspiré de ce joyeux fait divers pour nous proposer cette chanson, Carnage in the temple of damned, tout un programme avec un titre pareil me direz vous. Et pour continuer dans le bon goût, avant l’avalanche de riffs, on a droit à une intro guillerette où on entend le gourou intimant l’ordre de boire le pinard (empoisonné of course) … « drink the wine, drink, drink… », sacré Glennou, pas le dernier pour la déconne celui-là…

Maître étalon

Forcément, finir cette semaine sans parler de Kashmir aurait été une gageure. Certes, ce n’est pas la première chanson écrite par un groupe de rock où l’influence de la musique arabe est présente. Je pense en particulier au groupe de Keith Moon, The Who, et leur fameux titre Baba O’Riley (pour les nuls et bouffeurs de séries, c’est le générique de CSI NY) et ce fabuleux violon.
Mais bon, comme le titre du post le laisse supposer, cette chanson est vraiment l’exemple type selon moi de la parfaite fusion des deux genres. Cependant, qui pouvait en douter de la part de Page and co ? Par le passé, Led Zep nous avait déjà montré son goût pour les musiques de monde. Et puis, il faut aussi noter que Kashmir tout en faisant partie des meilleures chansons du groupe ne comporte pas de solo de guitare, cette dernière n’occupant pas d’ailleurs une place primordiale, ce qui pour Led Zep est à souligner.

Pour la version proposée journalière, je voulais au départ mettre la version de ’94, celle réenregistrée par Page et Plant avec l’orchestre égyptien, et qui finalement est la version ultime. Et puis, je me suis dit que toute personne de bon goût se devait de connaître déjà cette version (un peu de provoc ça fait pas de mal), donc j’ai plutôt jeté mon dévolu sur une version live que peu de personnes doivent avoir, celle issue d’un des concerts du groupe de 75 au Earl’s Court (du 24 mai), où le combo joua pendant une semaine (à noter que chaque concert durent environ 3h30… des tueurs).

Bref, c’est de l’ambroisie.

Chaâbi

Hier je parlais de monsieur Eno, justement l’artiste d’aujourd’hui a collaboré avec le pape de l’ambient sur son avant dernier album, Tékitoi, vous avez deviné ? (ceci dit avec sa photo, ça devient évident et completement con de poser la question...) Réponse : un autre grand bonhomme Rachid Taha (« on s’y attendait pas » ... « merde ! »).

Né à Oran, il a quitté son Algérie natale à 10 ans pour les rigueurs du climat vosgien. Puis quelques années après, il fonda à Lyon le premier groupe de rock arabe, Carte de séjour (avec un nom pareil, ça résume assez bien le bonhomme, quelqu’un d’entier), où se mélange rock anglais, funk et musique arabe.

A partir de 1989, le groupe choisit d’arrêter l’aventure (pour la petite histoire, la séparation fut décidée lors d’un concert durant la chut du Mur de Berlin). En 1990, Taha commence donc sa carrière solo, et continue à mixer ses diverses influences pour s’intéresser à la musique en techno avec en point d’orgue son morceau de 1993, Voilà voilà contre la montée du partie de « n’a qu’un œil » (cf une chanson de Kat Onoma). D’ailleurs, ce morceau fut un tube dans les clubs londonien, et résume assez bien la carrière de l’artiste. Il est plus connu à l’étranger qu’en France !

Sur, le type chante en arabe, n’est pas consensuel et joue une musique qui n’est pas lisse…

En 1993, Taha reprendra aussi sur le même album, Olé, la chanson Ya Rayah du maître Dahmane El Harrachi, issue de la tradition chaâbi. Mais c’est cinq années plus tard sur son album, Diwan (à noter que le volume deux est sorti fin 2006), que Taha connaîtra un succès retentissant (mondial même, mais pas en France, étonnant non ?). Il reprend des chansons du répertoire traditionnel (celle de Farid El Atrache, Akli Yahiatène, Khelifi Ahmed, El Hadj El Anka, Nass El Ghiwane et de nouveau Ya Rayah) mais évidemment avec ses propres arrangements. Et cette fois-ci, la version de Ya Rayah cartonne, et est classée numéro un en Egypte et au Liban, mais également en Colombie, en Turquie, en Grèce. Et c’est finalement à partir de ce moment que Taha tournera dans le monde entier, en Egypte mais aussi en Asie Sud Est ou aux USA.

Aujourd’hui, comme on pouvait le laisser supposer, ce sera le morceau Ya Rayah mais en public, car pour avoir vu Rachid Taha en concert, ça prend une autre dimension.

Pour info, Taha était en couverture du Télérama de la semaine dernière, et sur ce lien vous avez justement une interview sans concession du garçon.

Visionnaires

Quand en 1981 sorti l’album My Life in The Bush of Ghosts (d’après l’écrivain nigérian Amos Tutuola) de messieurs Brian Eno et David Byrne, la surprise fut relativement de mise. Certes, Eno avait déjà montré son intérêt pour le sampling à travers ses poulains sur son label Obscure et avec Byrne, ils avait enregistré sur l’album Fear of music des Talking Heads l’incroyable I Zimbra et ses rythmes africains. Mais là, ils ont frappé un coup encore plus fort.

Ou comment dans un même disque mettre à la fois du funk, de la musique du Maghreb, de la musique concrète, une touche d’électro et un peu d’ambiant (pas étonnant de la part du père Eno, rappel, il en est le géniteur). De plus, tout à l’heure, je parlais du sampling, faut savoir qu’à l’époque, y’avait pas d’ordinateur, pas de numérique, tout s’est fait en analogique… bref, on s’amuse avec des bandes magnétiques, et quand on écoute le résultat, on est bluffé ! Et quand on sait après, tout ceux qui suivront leur trace en samplant des chants ou des musiques tribales à la sauce électro, pff…

Mais revenons au thème hebdomadaire. Les deux petits malins ont donc décidé de frotter leur savoir faire à la musique arabe, et en particulier aux chants des soufis sur Regiment. Personnellement, à chaque fois que j’écoute cette chanson, je suis émerveillé par le résultat. Sans doute le titre que je préfère de l’album (ça trompe pas, dès que je tombe sur le morceau, j’augmente le volume).

En résumé, si vous ne connaissez pas, jetez y une oreille, et en plus d’être un disque visionnaire, il n’a pas pris une ride. Sans compter que l’album a été réédité dernièrement, agrémenté de bonus et du clip de Mea Culpa par le cinéaste expérimental Bruce Conner.

Un dandy anglais près du Bosphore

Après une escale en Israël, on continue notre petit voyage pour le Bosphore et plus particulièrement Istanbul. Il y a quelques mois, je m’étais intéressé au groupe de batcave Bauhaus. Et bien ce mardi est consacré au chanteur du groupe anglais à savoir Peter Murphy et en particulier à son album de 2002, Dust. Pour bref rappel, Bauhaus a officiellement splitté après la tournée Burning from the inside. Après le groupe se reformera deux fois le temps de faire le plein de cash lors des tournées. Mais revenons à nos moutons…
Cela faisait donc déjà quelques années que notre dandy vivait à Istanbul, c’est alors tout naturellement que ce dernier décida de rendre hommage à la culture de son pays d’adoption. Et on peut l’en remercier ! Car pourquoi les corbeaux amateurs de musique goth n’auraient pas droit d’être enivrés eux aussi par les parfums de l’Orient ? Hein ? Bon…
Cela dit, ce qu’il y a aussi d’intéressant c’est le fait de s’être focalisé sur la musique turque. En effet, on constate à l’écoute de Dust que cette dernière est assez proche des orchestrations de la musique égyptienne, et donc rien à voir avec les rythmes plus tribaux de la musique berbère par exemple.

Donc merci à toi Peter.

Radio Shalom

Ça faisait déjà quelques temps qu’une thématique consacrée à l’influence des musiques orientales et maghrébines sur la musique rock ou occidentale me trottait dans ma p’tite tête.

Alors comme le lundi, on tente d’astiquer les écoutilles à coups de tisonnier, la recherche d’artistes plus ou moins extrêmes qui correspondraient à ce thème fut assez brève. En effet, des groupes de qualité (et surtout signés) officiant dans un metal oriental, y’en a pas 36. Cela dit, il ne faudrait pas croire que le riff plombé est l’apanage des occidentaux. De plus en plus de groupes issus de Turquie, d’Algérie ou du Maroc commencent à pousser. Et dans les deux derniers pays cités, il existe même des festivals ou des concerts qui permettent à la scène locale de s’exprimer. Ce qui tendrait à prouver l’universalité de la rage ou du désespoir du death et du doom ? Vous doutez encore de la véracité de mes propos ? Un dernier exemple, il y a un an et demi environ, la chaîne franco-allemande officiant sur le canal numéro 5 avait proposé un document sur la jeunesse de plusieurs pays du Moyen-Orient. Et bien, chose incroyable en Iran des jeunes écoutaient du metal extrême et en jouaient même chez eux (oui, car des concerts ça me parait difficile quand même dans le pays des ayatollahs). Certes, c’est un cas isolé, des jeunes faisant partie des classes favorisées, mais ceci montrait quand même que ce genre arrive à passer les frontières (pour la Corée du Nord, me demandez pas, je n’ai aucune info). Et en plus, cerise sur le gâteau, ces jeunes faisaient des études de théologie…

Bon, mais aujourd’hui alors tu nous proposes quoi, me dit le lecteur impatient (ah ? ça existe sur ce blog ?). Et bien comme je le disais plus haut avant de faire du prosélytisme pro-metal extrême, des groupes signés, y’en a pas des masses. Et le plus connu (car finalement les premiers) est le groupe israélien Orphaned Land, qui sortit son premier album Sahara sur le label français Holy Records (oui le même que la semaine dernière). C’est donc la première fois que l’on a pu entendre des rythmes orientaux avec de la musique death. Mais aujourd’hui, ce sera un extrait du deuxième album El Norra Alila de 1996. Evidemment, c’est un lieu commun, mais force est de constater que le mix des deux genres est plus mature sur ce deuxième essai, les vocaux death étant fortement minoritaires d’ailleurs. Alors certes, celui (ou celle) qui connaît l’album pourra me rétorquer que le morceau El Meod Na’ Ala n’est pas le plus représentatif de l’album. Je répondrais à cet(te) effrontée que je fais ce que je veux, d’abord, et puis c’est la seule qui est chantée en hébreu, et je trouvais intéressant de mettre une chanson dans cette langue (surtout que ça risque d’être la seule que ce blog connaîtra) alors bon… A noter que ce titre fait office de suite au morceau précédent, Shir hama’ alot, qui est quant à lui totalement acoustique et par conséquent traditionnel (d’ailleurs il fait partie du répertoire traditionnel je crois).

Ah oui, j'allais oublié, accessoirement, c'est un groupe qui prône la paix, vu la nationalité du groupe, il me semblait important de le signaler, pour couper court aux idées reçues.

The Dark side of Hip-Hop

Pour clore le chapitre hebdomadaire consacré à l’année 1995, j’ai décidé de m’occuper d’un de mes albums préférés de rap, à savoir le troisième album des latinos made in LA Cypress Hill, III - Temples of Boom.

Après s’être fait remarqué en 1991 avec un premier album détonant, le groupe formé par B-Real, Sen Dog et DJ Muggs, remettent le couvert deux années plus tard avec Black Sunday. A la différence de leur premier méfait qui en comparaison est plutôt festif, l’atmosphère du deuxième album se veut plombée (dont un fameux sample de Black Sabbath, cqfd donc). On notera aussi l’apparition désormais sur leur pochette d’album des fameuses têtes de mort, un de leur signe distinctif. De plus pour ces fumeurs invétérés de marie-jeanne, ce qui est assez pittoresque, c’est qu’en général certains appellent justement les joints, les cigarettes qui font rire, et bah au niveau du deuxième album, on se marre plus du tout, comme quoi…

Alors pour leur troisième album, on continue dans les ambiances lugubres, le brouillard s’épaissit et la pénombre envahit même l’espace. Ce qui distingue cet album des autres, en plus d’être fortement recentré sur B-Real (et une participation de RZA sur Killa Hill Niggas), Sen Dog s’occupant de son projet rock, c’est la place prédominante de l’immense DJ Muggs. Sur les précédents albums, l’homme avait montré son savoir faire, mais là, il s’est surpassé, car en plus de faire broyer du noir l’auditeur, ce dernier élargie la palette de ses influences, on a droit ainsi à des samples de musiques indiennes du plus bel effet.

Pour résumer, on peut dire que Cypress a atteint des sommets et aura quelques difficultés par la suite à faire aussi bien (pour ma part le IV est vraiment moyen), mais réussira tout de même à avoir un sursaut à partir de Skull & Bones, mais ça…

Nu soul

Dans les années 90 est apparu un nouveau mouvement musical, nommé la neo-soul. Ce dernier contrairement au R&B putassier qui pollue les ondes décidait de rendre un hommage à la soul des années 60-70, mais tout en allant de l’avant néanmoins, à savoir en utilisant les techniques de production de l’ère du hip-hop.

En 1995, sort le premier album d’un des pères fondateurs de ce mouvement, à savoir Brown Sugar, de D’Angelo. La première chose qui surprend l’auditeur (enfin qui devrait) est le style vocal du monsieur. En effet, on a droit à un croisement réussi entre un Prince et un Marvin Gaye, voix qui tranche déjà avec la production des nineties (et encore aujourd’hui). Et puis, non content d’avoir un très bel organe, D’Angelo ne joue pas dans la cour de ceux qui reprennent des anciens tubes des années 70 et leur collent une production rap (vous avez dit les Fugees ?).

Non, le bonhomme écrit ses chansons et les produit aussi en général (pour un jeunot de 21 ans, c’est pas mal). Par contre comme le montre la photo, le type a un physique massif, il ferait du rap hardcore, ça ne dépareillerait pas, mais justement pas du tout, et c’est encore plus choquant quand on entend sa voix d’ailleurs. Cinq ans plus tard, il sortira un second album et depuis plus de news, RAS, hormis quelques apparitions (excellentes cependant) chez l’ami Roy Hargrove.

Cold metal

Lors d’un précédent post ayant pour thème les landais Gojira, j’avais cité les nordistes SUP, et bien aujourd’hui, ce post leur est justement consacré.

C’est en 1993 que sort le premier album du groupe, The Cube, alors encore nommé Supuration. Forcément avec un tel nom, le combo officie dans le genre death metal, dans la grande tradition des Immolation, Suffocation et co. Cependant, bien que le nom du groupe annonce plus ou moins la couleur, il serait dommage de réduire dès le premier album dans un death primaire sans originalité, au contraire... En effet, l’originalité du groupe qui s’étoffera au fur et à mesure des albums est déjà présente. Certes, la voix grave axée sur des borborygmes plus ou moins accentués est bien en place mais l’on peut entendre ici ou là une voix claire qui n’est pas s’en rappeler des accents coldwave. Eh oui, de la coldwave parmi du death metal, c’est ce qui arrive quand des jeunes ont été bercés par la pop et le metal des années 80. Mais ce n’est pas tout, à la différence des autres groupes du genre, on ne joue pas à la course de « je serais le plus rapide ou le plus brutal », multipliant les breaks ou les changement de rythme. Là encore, les nordistes s’inscrivent dans une approche mécanique, froide, à la croisée de l’industriel. Et forcément dans ces cas là, pas de branlette de manche, aucun solo ou assimilé ne pointe à l’horizon, et est ce que ça manque finalement ? Et bien non, au contraire, cette particularité ajoute un peu plus de froideur à l’œuvre.

Deux ans plus tard, les lillois reviennent avec un nouvel album, Anomaly, et comme pour l’album précédent (et comme pour les prochains aussi), celui-ci est encore à la base d’un concept (on voit aussi par la même occasion l’influence qu’a eu le groupe canadien Voivod, un concept-album à chaque fois et une ambiance futuro-industrielle).

Cela dit, cet album creusera encore un peu plus le fossé et recevra un accueil plutôt mitigé, à tord évidemment (un peu trop en avance sur leur temps, mais le public suivra par la suite). Donc sur ce second album, le death a pratiquement disparu, reste un metal à forte connotation industriel avec une atmosphère coldwave encore plus présente. Mais regrettable fut aussi l’attitude de leur maison de disque de l’époque (PIAS je crois), peu de soutien, une campagne de pub maladroite. Bref, sans la détermination des frangins Loez et co, on ne donnait pas cher du combo.
Mais pour une fois, l’histoire s’est plutôt bien terminée puisque le groupe signa ensuite chez les français Holy Records. A noter que sous la houlette de leur nouveau label, le groupe ré-enregistra l’album en 2002 et rajouta des titres manquants, clôturant ainsi l’histoire.

Tribute to 1D20

Il commence à être loin ce temps où je pouvais mettre de la musique dans mon bureau, me repasser en boucle quelques dialogues savoureux de films plus ou moins surannés. Au lieu de ça, je me retrouve avec des énergumènes qui foutent leur sonnerie de portable à fond (et qui ne sonne que lorsqu’ils se sont barrés, car ici on laisse le portable posé sur le bureau, on le garde pas sur soi… ou on le laisse dans son sac à main…), pioncent et ronflent allègrement, ou en profitent pour roter et se couper les ongles (évidemment on ne ramasse pas les quelques résidus…).

Bref, j’affirme que l’on peut être productif en écoutant du Trane ou l’intégrale de Michel l’ingénieur informaticien. Bon, mais c’est bien gentil de nous parler de tes états d’âme connard, pourrait on me dire, mais il est où le rapport avec la thématique de la moustache ? J’y viens, et comme dirait l’un de mes acteurs fétiches, « commence pas à me baver sur les rouleaux ».

Alors pour clôturer en beauté cette fumeuse thématique j’ai décidé de proposer une jolie chanson guillerette, rappelant les journées passées au 1D20. Certes, des chanteurs nazes, le 1D20 en a vu passer (la crampe et la grenouille peuvent témoigner), mais le pire, c’est que les occupants chantaient ces trucs… Cela dit, ça n’a pas empêché non plus les deux premiers occupants de ce bureau d’obtenir leur doctorat, à savoir un joyeux passeport pour le chômage, mais je m’égare… Donc par élimination, je peux déjà vous dire que non, la surprise d’aujourd’hui, n’est ni Gérard Blanc et sa magnifique chanson Une autre histoire (avec une prod made in 80’s, un bijou), ni le duo Charly Oleg/Professeur Choron pour un for, for, for, formidable d’anthologie. Non c’est un groupe (enfin, on va définir cela comme ça).

Pour finir avec les devinettes bidons, je peux aussi vous dire que dans cette chose il n’y a pas de Eric moustachu (donc pas de musclada ou de mergez party).En cadeau, la fameuse réplique de Chuck. En remerciant au passage Nanarland.

surprise

Moustache américano-mexicaine

Bon hier j’ai loupé ma transition, mais cette fois ci non. En effet, aujourd’hui le sujet tourne autour de Carlos Santana, et justement ce dernier est un grand admirateur et a plusieurs fois joué avec Wayne Shorter, dont un concert au festival de Montreux.

Certes Carlos Santana et son groupe, si on devait regarder en arrière au vue de sa discographie y’a bon nombre d’albums à jeter, le bonhomme s’est beaucoup trop dispersé et au final à perdu de sa superbe.

Oui mais il fut un temps où le Carlos en plus d’être un tueur à la six cordes, avait un feeling énorme et un appétit musical (c’est sans doute ça finalement, ce qui lui manque aujourd’hui). Après avoir fait sensation à Woodstock en 69 (Ah ! Soul Sacrifice !) et enregistré trois albums mariant à merveille l’énergie du rock et les rythmes latinos (une évidence aujourd’hui, mais à l’époque…), le gars décide d’être encore plus ambitieux.

Faut dire que le III du groupe parait comme un hommage plus ou moins dissimulé à Jimi. Et comme ce dernier, Carlos se sent maintenant à l’étroit dans le style qui l’a fait connaître et veut donc aller encore plus loin. Alors il regarde un peu ce qui se fait à l’époque, et après Hendrix, il s’inspire désormais de la démarche d’un autre grand guitariste John McLaughlin et son Mahavishnu Orchestra.

En 1972, on a droit ainsi à la fusion du style rock latino et du jazz-rock. Alors sur le papier, ça parait indigeste, mais que nenni ! Au contraire, on touche au St Graal, l’album Caravanaserai est sans conteste l’album le plus ambitieux du père Carlos mais aussi le plus réussi (et un des albums culte des années 70, culte car évidemment au niveau vente, un bouillon…). Autant Abraxas était tubesque, autant celui-ci est méditatif et fut incompris à l’époque. Et cet album marquera d’ailleurs le début des délires mystiques du Carlos (à force de traîner avec McLaughlin…), et s’appellera désormais Devadip. Cela dit, ça n’entachera pas au début son inspiration (et celle du groupe), puisque avec Mahavishnu, ils sortiront Love Devotion Surrender la même année (un autre grand album dont une reprise de Naima de Trane, indispensable).

Moustache américano-brésilienne

Après les enregistrements de In A Silent Way et de Bitches Brew, la plupart des musiciens de Miles appartenant à son fameux second quintet on décidé de former leur propre formation. Ainsi le saxophoniste Wayne Shorter avec le nouveau venu Joe Zawinul sont à l’origine d’un des groupes de jazz fusion les plus célèbres des années 70, Weather Report.

Cela dit, entre deux enregistrements du combo, le souffleur décida de s’offrir une parenthèse en 1974 et d’enregistrer un album à consonance brésilienne, Native Dancer. Pour se faire, ce dernier fit appel à son ancien partenaire Herbie Hancock et aux chanteur et percussionniste brésiliens Milton Nascimento et Airto Moreira. Dès lors, on navigue dans une atmosphère très mélodique et lyrique, ce qui peut déplaire à certains (peut paraître un peu too much nous dirons par moment).

Cependant, l’extrait d’aujourd’hui est justement le moins sujet à controverse (surtout dans les seventies, où Herbie, Chick Corea ou Wayne Shorter se sont fait descendre pour avoir verser dans l’électricité) et accessoirement mon préféré de l’album. Le morceau Diana est dédié à la fille d’Airto Moreira et de Flora Purim (cf le post consacré à Chick Corea). Et comme j’ai en plus une version live du dit morceau, cadeau je vous la passe. A noter que la version en public fut enregistrée avec la formation du VSOP, à savoir le second quintet de Miles au complet mais avec Freddie Hubbard à la trompette (à cette époque, Miles il faut le rappeler avait disparu de la circulation, errant entre la dépression et la défonce).

Pour finir, comme hier, avec un tel titre j’aurais aussi pu écrire un petit quelque chose.

Sur un autre musicien qui joua avec Miles et qui incorpora des rythmes brésiliens et qui évidemment porte la moustache, George Duke (et en plus ça aurait fait un lien avec le post d’hier). Mais bon, à charge de revanche comme dit l’expression.

Frankie forever

Après une icône comme Lemmy, il me fallait taper encore plus fort. Et ce fut facile, car finalement, qui est le moustachu le plus talentueux qu’ait connu le rock ?

Frank Zappa, assurément.

Dans le genre touche à tout, tueur à la six cordes, on a rarement fait mieux. On ne lancera pas le débat onaniste, alors c’est le plus grand guitariste de tous les temps ? Car là, c’est du n’importe quoi, alors dans les classements tous pourris la première place est toujours squatté par Jimi, mais évidemment les fans du Zep gueulent, tout comme ceux de Duane Allman et puis restent les fans de Frankie. Débat inutile, puéril, enfin si ça peut faire vendre du papier à des magazines qui sont aussi nauséabonds que ces classements…

Donc l’ami Zappa apparaît dans la fameuse décennie des sixties avec un album qui déjà détonnent Freak out car parodique. Et c’est vrai, que pour moi, ce qui caractérisent le plus le Zappa c’est son humour. Cela dit, on peut déconner, mais à côté musicalement, rien à redire. Et d’ailleurs les groupes barrés, rois de la déconne qui viendront par la suite, Mr Bungle, les Butthole Surfers, Ween ou même les français Carnival in Coal s’en réclament, et peuvent ils faire autrement ?

Et puis, vous en connaissez beaucoup des zicos de rock influencés par Edgar Varèse ? Et comme Miles, en plus d’avoir fait du jazz rock (on peut même dire que l’album Hot Rats représente peut-être le premier véritable album de ce style), Zappa est un découvreur de talent, par exemple : George Duke ou Steve Vai.

De toute façon, y’a tellement à dire sur Frank Zappa…

PS : avec un titre pareil, effectivement je me rend compte après coup qu’il y aurait pu avoir un malentendu et que ce post soit dédié à Frankie Vincent, veuillez me pardonner si ce titre a induit en erreur certains.

2007, année de la moustache ?

Comme l’avait souligné dans un post précédent du blog de Sony Barilla, et si 2007 était l’année de la moustache ?

Dès lors, je me suis penché sur ma cdthèque pour savoir parmi si j’avais pléthore de moustachus. Et ma foi, j’ai réussi à trouver quelques fameux moustachus.

En ce lundi, j’ai donc cherché quelques personnages provenant du metal qui sont reconnaissable entre mille grâce à leur moustache. Et finalement, les deux moustachus les plus cultes du metal sont pour moi : Glenn Benton alias la tête de con du death metal ou Satan est mon ami et l’increvable, l’inoxydable Lemmy Kilmister, reconnaissable aussi avec ses fameuses verrues et sa croix de Malte autour du cou.

On ne va pas s’attarder sur le leader de Deicide, je m’occuperais de son cas prochainement. Non, occupons nous un peu plus du leader des cultissimes Motörhead. C’est en pleine période punk que le monsieur fonde son combo après avoir fait parti du groupe de space rock Hawkind. Etonnant quand même, certes il était juste zicos dans un groupe dont il n’était pas le leader, mais de passer d’un rock prog à une machine comme Motörhead, qui l’eut cru ?

Historiquement, on peut dire que le Lemmy band est le premier groupe de metal extrême, d’ailleurs ce dernier est encore aujourd’hui invité dans les festivals de metal les plus virulents, comme quoi, la vieillesse pour certains, est loin d’être un naufrage.

Alors quelles sont les caractéristiques du groupe ? Et bien déjà on pourrait résumer la chose en caricaturant (pas tant que ça en fait) par du sexe, du rock et des bécanes. Et puis musicalement, bah c’est à fond et puis c’est tout ! D’ailleurs pour Lemmy, le groupe joue simplement du rock’n’roll mais un peu plus fort que les autres. Encore que de temps en temps, Lemmy s’adonne à la balade, mais avec sa voix éraillée (reconnaissable aussi entre mille), on ne verse pas dans le sirupeux. On constatera aussi l’utilisation de la double grosse caisse, qui en traumatisera plus d’un, puisque tout bon groupe de metal extrême se devra d’avoir une double grosse caisse.

Que dire de plus ? Lemmy a passe les soixante ans et quand on voit le gaillard, on se dit que c’est un extra-terrestre le type. A croire que le régime clope et Jack Daniels fait bon ménage pour les artères. Sinon, il y a quelques semaines Télérama et Libération ont consacré des articles à la bête, mieux vaut tard que jamais… Allez rêvons un peu, dans 30 ans, on parlera alors du death metal dans les médias généralistes sans caricaturer la chose.

For Drella (ou le Lou Reed du mois)

Dans la série hommage, on termine comme pouvait le laisser supposer lundi, un album de Lou Reed, à savoir celui où il rend hommage à Andy Warhol. Pour mener à bien cette entreprise, Lou fait appel à son frère ennemi, John Cale ; nous voici donc avec la moitié du Velvet.

Il faut dire que la reformation du Velvet Underground à la fondation Cartier une année plus tôt annonçait déjà la fin des hostilités et des rancoeurs entre ses membres originels. Ce fut évidemment de courte durée (à cause de Lou, forcément…), le temps d’une première tournée européenne en 93, avec en point d’orgue un concert à l’Olympia. Il faut aussi rappeler que dans les années 60 grâce à leur escroc de manager, le Velvet ne mit jamais un pied sur le vieux continent, un comble puisque ce dernier aurait été attendu comme le messie. Enfin bon, Lou avec sa bonhomie habituelle ayant tout fait pour dézinguer cette reformation (querelle d’ego, étonnant non ?), la tournée US fut donc annulée.

Mais avant le retour des hostilités, en 90, sort donc Songs for Drella, Drella étant le pseudo de Warhol, une contraction de Dracula et Cinderella (Cendrillon). Alors pourquoi Lou décide d’enregistrer un album hommage à son ancien ami Andy ? Car il en a gros sur la patate, faut dire qu’avec son caractère de cochon et son melon (et je suis gentil en disant ça), le père Lou s’est désintéressé de Warhol, l’a viré comme un mal propre alors que ce dernier a produit le premier disque du Velvet et a fait finalement connaître le groupe.

Pour se racheter on a droit ainsi à une bio sonore, ma foi fort inspiré, où Lou Reed nous montre ainsi que l’inspiration est de nouveau de retour (faut dire après son chef d’œuvre New York on s’en doutait un peu). Anecdote intéressante, montrant que la hache n'est toujours pas enterrée, dans les interviews actuelles, Cale ne se cache pas pour cracher sur cet album, rancunier le père Cale…

Erik

En 2005, si y’a bien un album qui a surpris pas mal de monde, dont moi, fut celui de Gonzales intitulé Solo piano. Faut dire que le bonhomme ne nous avait pas habitué à ça ! Entre un album de rap foutraque et une collaboration avec sa compatriote Peaches (une Iggy Pop electro au féminin pour situer un peu la demoiselle), nous voici avec un disque fortement influencé par Erik Satie.

Et quelqu’un qui aime Satie ne peut pas être totalement mauvais... Bon là je me la joue un peu, avec mon « vive les artistes normands » et alors ?

D’ailleurs Satie aura aussi influencé un autre artiste anglo-saxon plutôt habitué à nous faire de l’electro déconstruit, un mec qui compte autant de détracteurs que de fans, Richard D. James, Aphex Twin donc. Sur son album Drukqs, sorti en 2001, on a droit donc à de courtes pièces minimalistes au piano rappelant ainsi les compos du normand.

Cela dit, on lui préféra quand même l’album de Gonzales car moins dispersé

Hommage aux souffleurs

En général, dans le jazz, quand on veut rendre hommage à un de ses pairs, on reprend à sa sauce justement un standard de son pygmalion. Cependant, il arrive qu’on tombe sur un petit malin qui décide de faire autrement.

Chris Potter en signant chez Verve décide ainsi sur l’album Gratitude de faire son tribute avec compositions originales à quelques grands noms du saxophone (ou clarinette), alors parmi les incontournables, Bird, Ornette ou Trane, on a droit ainsi à des hommages à Lester Young ou Eddie Harris.

La réussite de cet album vient du fait qu’il ne copie pas le style de ses aînés (cela dit faire du Trane, bon courage…), il cherche pas à jouer les imitateurs. Non, ça reste du Chris Potter, il s’inspire plutôt des ambiances, du son d’une époque. Et puis chose remarquable, le bonhomme est aussi à l’aise au sax alto, au soprano (utilisé pour Wayne Shorter), au sax ténor ou à la clarinette basse.

Sinon, j’ai vu ce souffleur en concert comme sideman pour le Dave Holland quartet, et même en étant pas leader de cette formation, il a confirmé tout le bien que je pouvais ressentir à l’écoute de cet essai.

Un souffleur qui mériterait une meilleure reconnaissance en somme.

Parodie anale

Bon c’est bien gentil de parler de Mr Bungle, mais dans le genre tarés made in America, entre Devo et le groupe de Patton & co faudrait pas oublier la bande à Gibby Haynes, à savoir les Butthole surfers.

On notera déjà que comme nom de groupe ça déchire sa race, les surfeurs du fion, ça le fait grave !! Certes, c’est assez puéril, cela dit ça annonce la couleur de cet OVNI musical. Alors comment résumer leur musique de ces gaillards de San Antonio ? Et bien ils ont réussi à synthétiser deux genres qui sur le papier étaient plus ou moins contraire, c'est-à-dire faire accoupler un rock psychédélique et du punk/hardcore, puis vous rajoutez quelques riffs de metal, des rythmes déconstruits, et on obtient un joyeux foutoir.

Pour l’anecdote, à leur début ils se sont fait connaître grâce à leur shows particulièrement déjantés : des danseurs nus, des vidéo clips d’opération de changement de sexe (tu vas à un concert et tu te tapes la vidéo d’une vaginoplastie, la grande classe) et Gibby qui s’amuse avec le feu.

Alors dans la série hommage, avec ces gus, évidemment on vire forcément à la parodie. Et c’est avec ce joyeux morceau, Sweat Loaf, qu’ils ouvrent leur troisième album Locust Abortion Technician, où comment reprendre à sa sauce un classique de Black Sabbath.


PS: Mme Alice Coltrane, veuve de Trane, la reine du Wurlitzer, est morte dimanche, RIP.

PS2: décidément, sale temps pour le jazz, Mickael Brecker vient aussi de casser sa pipe...

Les enfants de MMM

En attendant vendredi, un petit post pour rendre hommage à un des albums les plus conspués de l’histoire du rock. Lequel me direz vous ? Et bien l’un des plus inaudibles et radicaux qui soit, Metal Machine Music de Mr Lou Reed en 1975. Après quelques bisbilles entre sa maison de disque de l’époque (RCA) et aussi envers ses fans, Lou va nous pondre le plus beau FUCK YOU qui soit.

Petit rappel des faits. Avec son deuxième album, Lou casse la baraque en 1972 avec l’un des meilleurs manifestes du glam rock, Transformer, produit par Bowie et Mick Ronson qui par la même occasion aident Reed à obtenir une reconnaissance qu’il recherchait depuis belle lurette. Après, tout enorgueilli qu’il est le garçon, il nous sort un véritable suicide commercial, un condensé de malaise nommé Berlin. Car hormis en UK où il sera classé numéro un, l’album est un bouillon, et donc forcément RCA l’a mauvaise… Du coup pour lui serrer la vis, Reed sort un album consensuel (et peu inspiré) Sally can’t dance et deux albums live issus de sa tournée Berlin.

Évidemment renversement de situation ; maintenant c’est Lou qui l’a mauvaise, la goutte d’eau étant le live appelé sobrement Live. Alors Lou va brancher son ampli, prépare son 4 pistes, et enregistre un double album de 64 minutes de saturations et autres bruits blancs. Et entre les morceaux pas de fondus, on reprend là où on avait terminé. Ce qui est marrant c’est que la pochette faisant penser à un live, les personnes n’ont pas fait attention et on acheté la chose, du coup, clients mécontents, remboursements, RCA ridiculisé…

Bon, déjà premier point, RCA n’avait pas écouté l’album avant de le publier ? Il ne pouvait pas le refuser ? Deuxième point, il est si affreux cet album ? Oui, assurément, c’est une expérience unique d’aller jusqu’au bout. D’ailleurs Reed ne s’en est jamais caché, lui n’a jamais écouté jusqu’au bout l’album, prétendant qu’il fallait être taré pour le faire. Et puis comme il le soulignait, de toute façon le but de ce disque n’est pas d’être écouté mais d’exister. Et il a raison le bougre.

Alors que vaut cet album ? On navigue entre l’esbroufe, l’arnaque ultime et le chef d’œuvre selon moi. Car oui, il s’est pas fait chier le père, mais dans le genre no compromise fuck you on trouve là un manifeste des musiques à venir, l’expérimental (indus, noise) ou le punk.

Donc j’en arrive à Godflesh après cette intro très longue mais ma foi indispensable pour comprendre le pourquoi du comment. Groupe formé par Justin Broderick, ex-guitariste de la première monture du groupe extrémiste punk Napalm Death (il enregistra seulement la face A de leur 1er album Scum) et Ben Green. En 1988 naît donc Godflesh (entre temps Justin fonda Head of David après le départ de Napalm), groupe qui à l’origine joue une espèce de hardcore lent avec boîte à rythme sur leur 1ère démo. Puis le groupe incorpora des éléments indus et les guitares se feront plus incisifs, pour finir finalement en métal industriel. Mais la particularité de ce groupe, en plus d’être anglais contrairement à Ministry ou NIN, est d’être plus froid, encore plus industriel, plus mécanique que les groupes cités plus haut. Et ces derniers se font un malin plaisir à jouer avec le bruit blanc dès leur 1er album Streetcleaner (on y vient…). Et la filiation avec MMM se fera encore plus évidente sur leur 2ème album Pure, avec le morceau qui le clôture Pure II. 20 minutes de saturations et de bruit blanc. Pour moi du bonheur, pour les autres sans doute une horreur. Pourtant contrairement à MMM, le morceau est mieux produit, plus contrôlé, on dira même plus présentable, enfin il me semble.

Messe noire

1970, le mouvement hippie arrive bientôt à terme, on attend plus que la mort de Jimi et de Janis, un dernier festival culte, et ce sera définitivement plié.

Et finalement la perte des illusions, de cette utopie va provoquer une radicalisation de la musique rock, celle-ci deviendra soit plus décadente, plus pompeuse voire plus violente.

Dans ce dernier cas, la voie a déjà été toute tracée aux USA avec ce qui c’est fait de mieux le MC5 ou the Stooges (annonçant le punk en somme), et chez la perfide Albion un groupe de blues rock qui fait rugir les guitares, Led Zep, et ancien groupe psyché qui a découvert les vertus des décibels, Deep Purple.

Mais dans la bonne ville dynamique et florissante de Birmingham apparaît un nouveau groupe de petits jeunes qui veulent en découdre et qui fera partie d’un des groupes les plus influents de la musique rock, Black Sabbath, les inventeurs du heavy metal.

Tiens petit aparté sur quelques articles que j’ai pu lire il y a quelques temps. Alors il paraîtrait à ce qui parait que le morceau de mon groupe préféré (sic), celui de Liverpool, aurait créer en fait ce style avec leur morceau Helter Skelter sur leur album blanc (certes ce morceau est novateur, surtout pour les Beatles, mais bon... c'est pas le MC5!!!). Là je pouffe, à ce rythme là, l’inventeur du hard rock s’appelle Muddy Waters. On doit pas avoir la même définition du mot heavy metal, cette musique se veut sombre avec un son épais, grave. J’en veux pas trop à ces personnes là car j’ai lu dernièrement que l’avant dernier album de Pink était presque metal (pour le coup Libération a fait très fort), du coup ça explique pas mal de choses finalement… Avant d’écrire et d’utiliser des termes, on se renseigne, c’est pas ça, l’une des notions du journalisme ? Enfin, ce genre de boulette prête à sourire, pas comme la désinformation onaniste de M6.

Donc j’en reviens au groupe d’Ozzy Osbourne, Tony Iommi, Geezer Butler et Bill Ward. Ils arrivent donc en 1970 et ouvre leur album par le titre éponyme Black Sabbath, et là, c’est la grosse claque. Ambiance gothique, une cloche par ci un peu de pluie par là, et juste après cette petite introduction, le riff de la mort qui tue sa race. Un son épais de guitare qu’on avait encore jamais entendu (ah ah ah Helter Skelter, j’en rie encore) et puis ne pas oublier non plus le chant déclamatoire du père Ozzy.

Un style musical était né et il faudra encore attendre une décennie pour que ce dernier s’étoffe et collectionne les étiquettes.

Ram Jam must die

J’ai découvert ce groupe et la chanson Black Betty dans les années 90 à travers une pub ventant les mérites d’un parfum (enfin il me semble). Bon je suis sur que papy D. connaissait déjà ce morceau vu son âge vénérable...

Mais faut l’avouer, quand on connaît pas l’original de Leadbelly, à savoir une version folk/blues dénuée d’électricité (rappel : à l’époque où elle a été composée, on branchait pas encore les amplis), on trouve la version de ces petits blancs pas mauvaise non plus. Ca vire alors en un bon petit jam rock sudiste pas déplaisant, mais bon c’est pas non plus énorme, faut le reconnaître aussi.

D’ailleurs c’est assez symptomatique de la jeunesse blanche des années 50-70 qui reprendra à sa sauce avec plus ou moins de bonheur des classiques du blues. Alors comme toujours y’a les deux camps, ceux qui pensaient qu’ils pillaient le répertoire de manière putassière (Led Zep s’est fait éreinté pour ça, aujourd’hui ça prête à sourire, tout ce fiel) et puis les autres.

A noter que ce morceau n’a pas été repris que par Ram Jam, quelques crooners l’ont aussi chantés comme Tom Jones ou Harry Bellafonte.

Mais si y’en a un qui a réussi à rendre ses lettres de noblesse à l’original, c’est Nick Cave en 1986 sur son album de reprises Kicking Against the Pricks .

Musicalement il se calque à celle d’origine, mais l’interprétation ! Du grand Art, totalement possédé, du coup l’original parait mou du genou à côté...

Quand les garçons coiffeurs découvrirent le noir

En ce mardi, je poste du Depeche Mode, « oh bah tiens on s’y attendait pas à celle là ! », en rapport donc au post de vendredi dernier…

Après quelques divagations et expérimentations sonores, Martin Gore a enfin trouvé son chemin à défaut d’avoir trouvé la lumière (oui c’est un peu fumeux comme formule, mais bon j’assume, c’est mon blog). En effet en cette année 1986, le climat est plutôt noir chez DM, enfin sombre musicalement parlant j’entends. C’est vrai qu’auparavant le gang des garçons coiffeurs pouvait plus ou moins annoncer quelques prémices mais ce revirement, non ! Avant l’album Black Celebration, on a quand même eu droit a un super single Shake the disease (d’ailleurs pour la réédition de l’album, ils auraient pu le rajouter parmi les bonus, merci) qui annonçait la couleur du prochain album, par contre auparavant...

Gore essayait de trouver la formule miracle entre mélodie pop et expérimentation industrielle, mais il n’avait pas encore trouvé l’équilibre. Et puis leur look n’a jamais été non plus leur point fort à ces garçons avant 86 ; je retiens les cheveux peroxydés de Gahan sur le clip Master and Servant (d’ailleurs cette chanson et son refrain bien kitch pour ma part...). Cela dit, au niveau look, après c’est pas mieux…

Oui mais en 1986, faisons table rase du passé, et une nouvelle ère peut commencer (bien pompeux comme accroche ?). Et à partir de là, le groupe de Gore va pouvoir enchaîner les perles noires (enfin jusqu’à Ultra car après j’ai décroché, tout le monde s’est émerveillé de l’album Exciter, pour ma part hormis une pub pour Ford, je retiens rien sauf du recyclage, un père Gore en petite forme en somme).



Ma magie noire

Avec une accroche pareil, je suis quasiment sûr que les personnes de bon goût auront pensé à Philippe Russo et son tube Magie noire. Un bon piège pour celui qui recherche un blog qui parlerait de ce monsieur… (oui je sais on peut rêver, faudrait être atteint déjà pour faire ce genre de recherche, mais laissez moi avec mes illusions, merde !).

Non, aujourd’hui lundi, c’est poésie, musique guillerette, Slayer me parait donc adapté…
Bon déjà Slayer veut dire tueur en anglais littéraire, pourquoi ce préambule ? J’y viens… Si vous tapez le nom du groupe sur google, on tombe sur… Buffy la tueuse de vampire, génial… Et vu la popularité de la série, vous avez intérêt à affiner vos mots clefs car sinon vous risquez de voir défiler pas mal de pages avant de tomber sur le groupe.

Après cet intermède totalement inutile, j’en viens au groupe.

Le groupe se forme vers 1982 et sonne plutôt dans un registre hard rock classique, selon les dires du bassiste/vocaliste Tom Arraya. Puis en 1982, c’est le début de ce que l’on appelle à l’époque la New Wave of American Heavy Metal en corrélation avec la même NWBHM (B pour British) que connut donc la Grande Bretagne quelques années plus tôt avec comme fer de lance Iron Maiden et Saxon. Mais à la différence des anglais, les yankees en plus d’être forcément influencé par la NWBHM vont y incorporer des goûtes de Hardcore et finalement plus de virulence (la supposée finesse US en somme). Ce courant naissant aux USA se fit ainsi connaître par l’intermédiaire d’une fameuse compilation, qui connut bon nombre de volume par la suite, les fameuses Metal Massacre, avec dans le premier volume les débutants Metallica. Et justement ces derniers l’année suivante font sensation avec leur Kill’em all, album fondateur du Thrash metal. La jeunesse, c’est bien connu est avide de bruit, et en décembre 83, c’est le deuxième effet Kiss Cool, Slayer sort son premier album, Show no mercy; le genre a déjà trouvé ses deux leaders.

A la différence des four horsemen, Slayer joue plus dans la catégorie grand guignol, les paroles des débuts sont volontairement pseudo-satanistes, surfant ainsi sur une autre déclinaison du heavy metal, le mal aimé black metal. Tiens en passant, juste pour en rajouter une petite louche, mes amis, les médias réactionnaires généralistes (oui ça fait un peu pléonasme, je sais) qui s’alarment des supposés mauvaises influences du metal extrême. Ce courant justement a plus de vingt ans, alors bon, si écouter cette musique donnait envie de faire partie d’une secte satanique, ça se saurait ! Au bout de deux décennies, on s’en serait rendu compte, non ?

Donc Slayer (d’ailleurs le groupe toujours dans la surenchère, affirmait que les initiales signifiaient Satan Laughs As You Eternally Rot, les rois de la déconne je vous dis, surtout quand on voit leurs gueules…) en 1983 commence à faire parler de lui. Musicalement, les morceaux sont plus ramassés que ceux de Metallica, mais on reste cependant dans un registre où il y a de nombreux breaks et de changement de rythmes, l’une des marques de fabrique du style. Et puis à la différence du groupe de San Francisco, Slayer comporte non pas un soliste mais deux, qui alternent justement rythmique et solo (comme Maiden finalement). Et puis parlons en des solos chez Slayer, c’est peut-être là où l’on ressent plus l’influence Hardcore, des solos relativement courts rapides, destroy, déstructurés, bref, on est loin du solo pompeux qu’on retrouve chez certain soliste dans le heavy metal ou le hard rock.

Electro pop

Bon avec un titre pareil, j’aurai pu mettre du Depeche Mode, et c’est vrai que je m’étonne de ne pas avoir encore posté un titre d’eux, mais bon ça viendra... et puis on reste plus ou moins dans un registre assez équivalent, de l’electro pop pour neurasthéniques.

Non, aujourd’hui pour clôturer cette semaine pop, intéressons nous au duo Tracey Thorn et Ben Watt, c’est à dire, Everything but the girl.

Pour ceux qui les remettraient pas, la chanteuse est aussi connue pour avoir prêter sa voie sur le titre éponyme (et quelle chanson !) Protection du collectif de Bristol, Massive Attack. Ça vous dit toujours rien ? Pfff !...

La force de ce duo est justement l’organe vocale de Tracey, une belle voix grave, forte, gorgée de spleen mais qui reste toute de même suffisamment chaude pour ne pas pousser au suicide, rien à voir avec Nico donc.

En 1996, le duo décide de surfer, avec l’album Walking Wounded, sur la vague électro/dance/trip-hop qui à le vent en poupe après un album précédent fort réussi mais qui était plutôt acoustique. Et à la différence de certains qui tentent de jouer les suiveurs et se plantent magistralement, ces derniers relèvent et gagnent le défi haut la main, aidés il est vrai par les qualités de Thorn.

PS: pour lundi, vous pouvez sortir les cierges noires, ca va saigner...